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Impressions de voyages

par Jano

S. Allende

Pablo Neruda

CHEMIN CHILIEN (1)

Ce pays bordant le pacifique sud, pourquoi ne pas imaginer qu’il fût un laboratoire où tous les aspects qui s’offrent à notre regard dans de nombreux points de la planète ont fait l’objet ici d’une expérimentation grandeur nature.
Cette force qui oppose tous les éléments et phénomènes naturels est saisissante. Cette bande de terre entre un grand océan et une chaîne de montagnes vertigineuse ne peut que surprendre le voyageur épris d’émotions brutes et sauvages.
Au nord une puissante chaleur qui brûle l’organisme, ensuite au centre une douceur méditerranéenne et en descendant vers le sud, pluie, vent et dans la région antarctique près du pôle, neige, glace, bourrasques d’une extrême violence.
Nous sommes au Chili vous l’aurez deviné.

Mes carnets de voyage n’ont rien d’exhaustif, il s’agit ici humblement de mon ressenti. Là un vol sec Paris-Santiago. Un sac à dos « compagnon de route » même si les courroies scient les épaules. Hébergement sommaire chez l’habitant, la route avec ces petits bonheurs imprévus, des merveilleux moments, des rencontres avec qui l’on partage « l’eau et le pain » dixit Neruda.
Cette géographie exubérante, ces contrastes d’une singularité fascinante qui s’étirent et parfois s’effilochent sur 4.200 kilomètres du nord au sud.
De tous les pays d’Amérique du Sud où j’ai traîné mes savates, c’est bien celui-là où j’ai connu des sensations fortes, des grands bonheurs, des moments d’extase.
«  El Norte Grande de Chile » De Arica à San Pedro d’Atacama, climat et nature désertiques. Les maisons sont construites en terre ou « adobe ». Les églises avec des matériaux semblables sont d’une sobriété absolue, elles ont beaucoup de caractère. Celle de San Pedro d’Atacama fût construite en 1641.

Quelques maisons l’entourent. Principal village précolonial de la région, rues en terre battue, poussière assurée.
Ce pueblo se situe au centre du désert de pierre le plus aride du monde. Il ne pleut ici que tous les quatre ou cinq ans. A l’origine, environ 800 ans, c’était une oasis où vivaient une centaine d’habitants, un point d’accès facile à d’autres pays d’Amérique latine. D’ici il était plus aisé d’aller en Argentine, en Bolivie au Brésil ou au Paraguay car plus au sud la Cordillère est un obstacle majeur.
D’autres oasis de moindre importance ont permis jusqu’à maintenant la survivance d’un peuplement traditionnel, indien ou métis. Ils vivent d’une agriculture maraîchère.

Dans cet environnement minéral ces végétaux qu’au passage notre regard emprisonne sont autant de souvenirs inoubliables.
Sommes-nous encore sur terre ? Ces formations géologiques nous remplissent d’étonnement. Nous voilà sur une immense plate-forme rocheuse, ocre-jaune, battue par les vents, c’est la « Vallée de la Lune » (site classé au patrimoine de l’humanité) qui nous stupéfait par sa beauté, sa grandeur et son importance.

A l’horizon, un volcan avec sa crête enneigée, la Cordillère des Andes par endroit tutoie le ciel. 3.000-4.000-5.000 mètres d’altitude.
A ce niveau, de nombreuses lagunes de couleurs différentes. Leurs eaux colorées sont vertes, bleues, ocres ou jaunes, tout cela dépend du sol ou des algues.
Dans ces lagunes foisonnent en grande quantité des micro-organismes, alimentation des flamands roses. Tels des fleurs aquatiques, ils glissent dans ce décor d’une inimaginable splendeur. Si la beauté pour moi n’a pas de frontière, on peut dire qu’ici ce sentiment est en parfaite osmose avec cet environnement. Mais ici deux pays Chili et Bolivie, où la raison d’état l’a emporté sur toutes autres considérations, on a établi arbitrairement un tracé pour mieux les séparer.
C’est ici que le « CHE » ce révolutionnaire romantique était venu à la recherche d’un absolu. Il est mort ici, quelle belle sépulture dans ce monde peuplé d’éternité où ces volcans aux cimes enneigées prennent des airs narcissiques en se mirant dans les eaux profondes des lagunes.

Autres curiosités les geysers, sur le plateau du Tatio à 4.320 mètres d’altitude l’eau et le feu s’unissent ici, fissurent la croûte terrestre et crachent des vapeurs d’eau à 85° qui s’élèvent à plus de 10 mètres de haut. Quel est ce chorégraphe qui a su avec ces éléments gazeux monter ce ballet pour nous émerveiller. La nature peut encore nous surprendre.
Autres phénomènes naturels les salars du Chili ces immenses étendues de salpêtre où l’on se déplace avec difficulté, leurs cristaux prismatiques acérés brillant au soleil comme des diamants sont autant de cadeaux pour notre mémoire mais de tortures pour nos pieds. Traverser un salar c’est gagner du temps, point d’autoroute sur la Cordillère.

C’est dans cette région que les ressources du sous-sol, l’activité minière plus particulièrement axée sur l’exportation offre à l’économie chilienne d’importantes entrées de devises. L’exploitation des gisements de nitrate, de fer, de zinc, de mercure, de pétrole alimentent les industries locales. Mais ici le minerai superstar c’est le cuivre. Dans les Andes du nord se trouve un des gisements les plus importants du monde.

La mine à ciel ouvert de Chuquicamata produit 600.000 tonnes de cuivre par an et emploi 7.000 travailleurs. Un ballet incessant de camions, monstres gigantesques de 7 mètres de haut et tout autant de large, chargés de roche brute remontent de cet impressionnant cratère où l’on ne fini jamais de creuser.

Au vu de cette démarche empirique, de cet environnement démentiel, titanesque on ne peut en sortir indemne. Toutes les conditions sont ici réunies pour qu’à brève échéance, tout se détériore, se dégrade, hommes, nature, technique et machinisme.

Et bien sûr tout cela au nom du fric. Adios El Norte Grande de Chile. Le dos quelque peu meurtri, la chaleur, la fatigue, même un routard a besoin de repos. Ici c’est tout indiqué. La douceur du climat les plages qui me rappellent celles du Brésil, nous sommes à LA SERENA. Le sable est blanc sur des kilomètres, les eaux sont transparentes et calmes. Pourquoi ne pas s’octroyer deux jours de farniente avant de repartir pour la deuxième partie de voyage, la région centrale du Chili.

CHEMIN CHILIEN (2)

Région Centre

J’ai un attachement particulier pour la région Centre.

Je suis venu ici pour des raisons sentimentales. C’est dans le cœur des deux hommes, sur leur trace, leur grandeur d’âme et leur génie que j’ai rêvé ce voyage « Confidences, confidences ».

J’ai roulé ma bosse pour de multiples raisons, l’aventure, la découverte d’une civilisation, les monuments, les façons de vivre, les coutumes, ou pour mon travail.

L’Europe, l’Amérique du Nord, l’Asie, l’Afrique, l’Amérique latine, l’Océan indien sont autant de destinations que j’ai aimées.

De tous ces pays, quelques passages obligés : la descente du Nil, le lac Nasser, la Pyramide d’Aboul- Simbel, Rangoon, la pagode Shwedagone, le plus spectaculaire monument au monde avec son stupa couvert d’or. Les provinces maritimes du Canada (le New Brunswick, climat rude, bateaux au port pris au piège par la glace, moins 15° durant mon séjour. C’est en 1534 que le français Jacques Cartier a découvert cette terre couverte de glace une partie de l’année), le Machu Picchu, l’Acropole d’Athènes, Delphes, le Cap Nord avec le soleil de minuit, le Cap Horn, toutes ces pérégrinations sont là vivantes en moi, malgré le temps qui passe. Elles ne sortent pas d’un catalogue d’agence de voyages, mais d’un désir de rencontres.

Que serait le Chili sans Neruda et plus tard Allende ?

Neruda, diplomate, poète engagé, fut de tous les combats qui devaient permettre au peuple chilien de vivre dignement. Y-est-il arrivé ?

J’ai lu une partie de son œuvre comme on lit les lettres d’un ami. J’ai visité ses maisons : à Isla Negra face à l’immensité de l’océan pacifique, à Valparaiso (nommée « La Sebastiana »), à Santiago (« La Chascone »). Là sont tous les souvenirs qu’il a rapportés des quatre coins de la terre, témoignages de son vécu.

Il nous a quitté quelques jours après le coup d’Etat de Pinochet  Comment est-il mort ?

Allende a eu un destin semblable. Président de la République élu en 1970, soutenu par une large coalition de gauche, il n’a pas pu mettre en oeuvre un programme de réforme conforme à ses idées. Cet humaniste fut trouvé mort dans son palais. Une nuit noire a depuis recouvert le Chili, l’espérance est en berne.

Avant de reprendre mon sac à dos, puis-je citer deux vers de Neruda, qui sont à l’image de l’homme et de sa pensée :

« Et que rien, plus rien ne divise les hommes »

« Que le soleil, la nuit, la lune les épis ».

Vous me pardonnerez si c’est dans la marge de mes carnets que se situent les quelques lignes ci-dessus. Je reviens vite à mon voyage.

Finies les vacances à La Serena, ce fut bien court. Nous serons dans quelques heures à Valparaiso si tout se passe bien. Il faut être optimiste. On perd beaucoup de temps en voyageant de cette façon. Mais au croisé des routes, au coin de chaque rue, car il faut bien chercher son chemin, n’y-a-t-il pas un être humain pour vous aider, vous guider, la barrière de la langue n’est pas un obstacle. Un regard, un sourire, nous nous comprenons, quel bonheur !
Valparaiso, ville magique de 300 000 habitants.

Port mythique, tous les marins du monde ont un jour jeté l’ancre ici. Passer le Cap Horn ce sont des dangers et d es nuits sans sommeil. Il n’a jamais bercé les Hommes qui l’ont franchi, il les a meurtri, et c’est un euphémisme. Il était toujours bon de faire escale ici pour réparer les organismes et les bateaux qui avaient soufferts dans cette aventure. Après de nombreux jours de mer, une fois reposés, on faisait la fête !

Les marins à qui l’on prête la renommée d’avoir une femme dans chaque port, ne méritent pas plus que d’autres ce type d’intention. Ils ont plutôt du « vague à l’âme », ce sentiment de tristesse, cette mélancolie inhérente à leur vécu.

C’est pourquoi quelquefois c’est dans l’alcool qu’ils noient leurs obscures pensées ou qu’ils rêvent d’un lointain pays où de vrais amours les attendent toujours.

La situation géographique de ce port, découvert en 1536 par un navigateur espagnol est enchâssé dans un écrin de collines escarpées, de vallées encaissées et abruptes.

En aplomb et face à l’océan, la ville est en arc-de-cercle, aménagée en plate forme où sont construites des maisons très colorées.

Les murs, les toits, rien n’a résisté à ce pinceau que le peintre a trempé dans l’arc-en-ciel. Cet amphithéâtre où les pigments minéraux donnent un aspect flamboyant quand le soleil vient les caresser, nous réveille et nous émerveille, il est parcouru par d’improbables ruelles, des labyrinthes où l’on se perd avec délice. Ce dédale piétonnier nous amènera toujours au sommet.

Autre moyen spécifique à Valparaiso pour gravir les collines, les fameux ascenseurs qui permettent sans effort d’accéder aux différents paliers.

Ces célèbres ascenseurs à ciel ouvert sont classés monuments historiques. Ils sont beaux à voir et si par bonheur vous passiez dans cette ville, je vous conseille d’emprunter ces curieuses installations.

Le côté pratique est indiscutable pour les habitants de cette cité mais c’est aussi une attraction touristique, un passage obligé et extravagant que l’on peut voir avec des yeux d’enfants.

Et pourquoi ne pas vous conseiller un moment de folie ? Cela fait partie de la magie des lieux.

Valparaiso by night. Traîner dans le port à la tombée de la nuit et profiter de cette ambiance bohème. Aller manger des crustacés et des poissons face à l’océan. Déambuler et se perdre dans les ruelles où 80 pubs vous ouvrent leurs portes. Ces paradis d’un soir aux plaisirs furtifs, marins et touristes se côtoient sans se mélanger.

Comme au théâtre chacun a un rôle, son propre rôle, les costumes en témoignent.

Ici on boit de la bière et du pisco, cette boisson emblématique chilienne, plus familièrement appelée « pisco saour ». C’est un alcool de vin blanc issu du cépage moscatel. Il est élaboré avec soin comme nous le faisons en France pour le cognac. Après ce nectar euphorisant on chante et on danse le tango argentin. Le bandonéon est roi, un piano, un saxophone, une trompette, et une chanteuse qui se prend pour Piaf (c’est la compagnie Segundo dans « Buena Vista Social Club » film de Wim Wenders).

Ailleurs d’autres sons ou des instruments débridés jouent des musiques anglo-saxonnes.

« Valparaiso, on peut se perdre chez toi », pour des tas de raisons… »

Je pars aujourd’hui, je suis un peu triste. Ces incroyables images resteront clouées en moi ... Y-a-t-il encore de la place dans mon disque dur ?

Demain je vais à l’assaut de la capitale Santiago de Chili. C’est un espagnol, Pedro de Valdivia, qui a fondé cette cité en 1541. Elle se situe dans la vallée centrale, tout près de la Cordillère des Andes, enneigée actuellement. Elle est devenue la capitale administrative du pays. C’est aussi un centre commercial et industriel important. Vivent ici près de 2 millions 500 000 habitants.

Dès mon arrivée, en pèlerin appliqué, ma première visite est pour la maison de Neruda, « la Chascone ». Elle a l’allure de la partie avant d’un navire.

Ici, notre poète devait dans ce décor de Cap Hornier, franchir des mille nautiques de la pensée.

« Au jour resplendissant roulé par l’eau de mer »

« Qui préserva leur pureté rectangulaire »

Mais quelque fois le ciel s’obscurcit, tout change et dans la tribu des hommes apparaît un bête sauvage. Sort d’un bistrot un homme qui a compris d’où je venais, il m’interpelle, m’agresse verbalement. Je ne savais pas qu’il y avait encore des nostalgiques de Pinochet. « Le ventre qui enfanta la bête immonde est encore fécond » Brecht.

Prenons de la hauteur pour oublier. Nous montons le Cerro San Cristobal, cette colline où le saint ostensiblement, du haut de ses 25 mètres domine la ville. Belle vue panoramique, pas un nuage dans le ciel, cliché idéal assuré.

  1. Le quartier de Bella Vista est tout près. Une œuvre picturale attire mon regard, c’est la « Casa Colarada » où un peintre muraliste a montré tout son talent. C’est beau.

Ne comptez pas sur moi pour en faire des tonnes sur le sujet suivant. Je suis passé devant un stade qui est la « Memoria del horror en Chile ». Souvenons- nous du mois de septembre 1973, aucun pays ne peut échapper à son histoire…

Cette capitale est belle : l’église San Francisco en briquettes rouges est entourée d’un espace floral où les amoureux viennent sur les bancs s’enlacer ostensiblement. A deux pas de là, la place des armes (il y en a une dans toutes les villes d’Amérique du Sud), une cathédrale et un bureau de poste d’architecture coloniale et contraste saisissant, quatre immeubles modernes en verre de plus de trente étages, classique et art déco fallait oser !

La place de la Moneda, et son célèbre palais présidentiel. C’est ici que l’on a trouvé mort Allende. Que s’est-il passé ?

J’assiste à la relève de la garde, rien n’a changé. Le même rituel, c’est du spectacle. L’armée en profite pour montrer ses muscles. Visite du marché central et du centre historique. Il pleut sur Santiago… Il faut sortir les vêtements de pluie du sac à dos. Tout cela était bien prévu mais pas si tôt. Nous savons que nous allons traverser des régions où il pleut constamment (nous y reviendrons).

Une heureuse rencontre. Une Chilienne prof de français qui était venue faire un stage en France. Elle nous invite à déjeuner dans sa petite maison au centre ville, c’est simple mais l’accueil est très chaleureux. On nous sert un repas typiquement chilien, des viandes à la braise avec des haricots. Une chose nous surprend, nous sommes seuls à table. La famille a déjà mangé, il faut dire qu’ici on n’est pas encore sorti de cette période disette, les temps sont durs.

Les enseignants sous la dictature ont connu toutes sortes de difficultés. Un programme orienté au détriment de la laïcité avait été mis en place. Les salaires avaient subit des coupes sombres. Les locaux laissés à l’abandon. Par contre dans les immeubles cossus du centre ville il est courant qu’une école privée se soit installée là. De grandes enseignes donnent des indications sur les formations auxquelles elles préparent. En général ce sont des écoles américaines.

Jusque là nous avions voyagé en bus, en train, et quelquefois à pied. Le temps passe, et pour arriver au pôle sud, au détroit de Magellan, au Cap Horn, tous ces noms qui nous font rêver, il nous reste 2500 kilomètres à parcourir. Nous décidons de prendre un vol intérieur sur 1000 kilomètres, nous allons arriver à Puerto Montt. Et de là pour arriver à Ushuaïa, une autre aventure va commencer. Je vous en parlerai dans la « suite et fin » du voyage, la Région Sud, partie où on a vu des chats voler, tant les éléments sont parfois déchaînés.

Chemin Chilien (3 et fin)

Région Sud

On a beau être prévenu, se poser à Puerto Montt est un exercice que seuls quelques pilotes magnanimes et courageux peuvent effectuer. Les courants atmosphériques sont d’une brutalité qu’il est impossible d’imaginer un atterrissage. Si géographiquement j’ai divisé ce pays en trois grandes régions on peut également le diviser en trois zones climatiques.

Ici les grands vents d’ouest qui viennent du pacifique se heurtent à la barrière andine.

Ces phénomènes propres à cette région provoquent des précipitations qui peuvent atteindre plusieurs mètres par an (je ne vous dirai pas chaque fois qu’il faut se protéger de la pluie, il faut savoir que dans cette zone il pleut 350 jours par an).

Au sud de Puerto Montt, l’archipel de Chiloé, se détour est riche en contraste. En bord de mer un habitat sur pilotis, en chilien palafitos. Au premier coup d’œil on ressent un malaise, ces installations précaires et insalubres sont des ghettos de misère. La malnutrition, l’alcoolisme, la violence y sont endémiques. Peut-on dire que pour ceux qui ont eu le malheur de naître ici, ces conditions de vie sont un déni d’humanité ? Ce cocktail explosif, comment le regarder en face. Ici on ne se bat même plus pour la survie.

La mer n’est pas un champ de blé, elle n’est jamais étale. On ne l’affronte que par nécessité. Aller pêcher le cœur glacé de peur, la faim au ventre quand les vagues rageuses frappent violemment les rochers. Le fantôme blanc d’écume et de vent hennit dans les conques marines, les cris lugubres des oiseaux de mer sèment l’épouvante. C’est dans cet environnement inhospitalier que nous devrons vivre pour atteindre le Cap Horn. Quelques enclaves à l’intérieur de l’île où se pratiquent diverses cultures permettent à ces iliens de vivre plus confortablement. Dans cet archipel chaque ilot a son église. Ce sont des monuments qui tranchent avec les petites maisons très colorées aux toits en tôle. Ces églises autour desquelles s’organise la vie ont toutes une architecture identique mais quelque peu différente (tipicas y diferentes las iglesias de Chiloé). De grandes et hautes façades rectangulaires avec une avancée soutenue par des colonnades de style roman. Au-dessus un triangle avec au centre une grande ouverture avec des vitraux. Au sommet du triangle à cheval sur le faîte du toit un clocheton qui semble monter à l’assaut du ciel. Le bleu, l’ocre, le rouge, participent à ces petites folies architecturales.

Pour l’incorrigible curieux que je suis ce petit détour s’imposait.

Maintenant retour sur le continent, nous allons à Puerto Varas. Quelques kilomètres au sud, le lac Llanquihué. Très belle plage au bord du lac, vue magnifique sur le volcan Osorno enneigé. Une vrai carte postale.

Beaucoup de végétation dans cette région humide, de grands arbres, de l’eau qui ruisselle le long des pentes, des cascades spectaculaires ( El Saltos de Pétrohue), crinière blanche, naseau écumant telle un cheval sauvage en pleine course, du bonheur pour les yeux.

Au pied de cimes enneigées, dans des écrins de verdure des lacs tranquilles. Celui de Todos Los Santos est un bijou d’une couleur bleu turquoise qui veut rivaliser avec le ciel.
Retour à Puerto Montt un autre moyen de nous déplacer nous attend, il est à quai.

Regardez une carte du Chili, au-dessous du 37ème degré de latitude sud, la terre ici a éclaté en mille morceaux, c’est dans ces canaux naturels que nous allons naviguer, (un exploit). L’océan comme une pieuvre avec ses bras insatiables pénètre dans la terre et c’est pourquoi l’on entend des longs et sourds gémissements, est-ce notre coque qui pleure  ou la voix de cette immensité liquide ?

Dix jours de mer pour arriver à Puerto Natales, à quelques encablures du détroit de Magellan.Le rafiot sur lequel nous naviguons vient tous les quinze jours apporter à des gens coupés du monde par cette géographie tourmentée tout ce qui est essentiel à leur vie.

Nous avons emprunté l’omnibus de la mer. A son bord les passagers sont peu nombreux. Manque de places, peu de confort, là s’opère une sélection. Quelques touristes téméraires ou plutôt inconscients et quelques chiliens qui reviennent au pays. La Cordillère a par endroits des à pics vertigineux, et certains ports ne peuvent être atteints que par voie maritime. L’essentiel de la cargaison est consacrée au transport de vivres, de médicaments et de matériaux de construction.

Dans cette petite coque, nous partageons les lieux de vie avec les marins. C’est un moyen de transport peu couteux mais spartiate. A certaines escales nous avons quelques heures pour parcourir le pays. C’est le cas aujourd’hui.

Quand l’on pénètre plus à l’est sur le versant de la Cordillère de vastes forêts. Les arbres dans ces régions humides sont surdimensionnés. Cette couverture végétale abrite encore quelques groupes d’indiens, descendance de ceux qui ont survécut à l’arrivée des conquistadors. Ils vivent dans des réserves, il en reste une centaine de mille. C’est le témoignage d’une époque peu glorieuse pour ceux qui prétendaient venir au nom de la civilisation.

Plus tard une migration d’européens, allemands, italiens, français venus ici pour fuir un passé déshonorant. Ils s’y sont installés confortablement, loin du monde et ils participent avec beaucoup de dynamisme à la vie économique du pays.

Mais revenons sur la côte océane et sur notre rafiot. Je ne vous l’avais pas présenté, il s’appelle le Magallanes. Nous naviguons à vue dans ce dédale de pierre. La pluie fait un rideau impénétrable, le vent souffle avec violence. C’est très dangereux de se déplacer sur le pont, il faut adopter une démarche oblique.

Cette nature inhospitalière est l’habitat des otaries et des oiseaux de mer, dans les passages les plus étroits ils se trouvent à quelques mètres de nous, on a l’impression qu’ils nous saluent.

La nuit tombe, il est préférable de sortir de ces canaux naturels où les risques de navigation sont de plus en plus importants. Il faut donc aller à découvert sans le moindre abri face à l’océan. La houle frappe les flancs du bateau, malheur à ceux qui ont le mal de mer.

Quatrième jour, une escale est prévue à Puerto Eden. Là vivent une vingtaine de pécheurs et leur famille. Ce port n’est accessible que par la mer, d’où l’importance de cette liaison. Pas de quai aménagé pour accoster ici, l’ancre est jetée à quelques centaines de mètres du rivage.

Nous sommes attendus, dans le quart d’heure qui suit une dizaine de petites embarcations viennent à l’assaut de notre bateau et débarquement s’opère. Le ventre du Magallanes se vide en partie. L’infirmière de service prend la relève d’une collègue qui était là depuis quinze jours. Après notre départ ces familles vont se retrouver seules sur ce petit rocher du pacifique sud.

Solitude, isolement, tout est figé ici depuis longtemps. Oubliés de tous c’est la chronique annoncée d’une dégénérescence physique et intellectuelle.

Malgré le temps, ce que l’on croyait légende raconté par des cap-horniers est bien une réalité que l’on veut ignorer tant cela est affligeant. Nous franchissons le détroit de l’Ultime Espérance « le bien nommé ». Bravo Monsieur le capitaine c’est du grand art.

Nous faisons escale à Port Williams pour des raisons techniques, l’équipage est fatigué, quelques réglages doivent être effectués sur notre monture. Nous en profitons pour faire une petite escapade. Le terrain est accidenté, difficile mais surprise ! Après une heure de marche du haut d’un petit sommet le point d’orgue du voyage. Des immenses champs de glace qui vont mourir dans l’océan. Le pôle sud est tout près. Nous avons de la chance il fait beau, mais le froid est à la limite du supportable.

Le glacier Balmaceda, le glacier Serrano, nous sommes en Patagonie. De ces glaciers se détachent d’énormes séracs qui flottent sur l’eau. Ce sont des sculptures d’un bleu azur qui dérivent, des œuvres d’art d’une pureté absolue.



Il fait toujours beau, deuxième jour à l’ancre. Cela va nous permettre de faire une randonnée au parc de « Torres del Paine ». C’est un plateau au-dessus de la steppe patagonne, ce parc était autrefois  une « Estancia », domaine spécialisé dans l’élevage du mouton.

Il est actuellement dans la réserve de biosphère de l’Unesco. De nombreuses espèces andines ont colonisé ces lieux, nandous, guanacos, condors. A la périphérie les tours de granit verticales d’une rare beauté.

Entre deux de ces tours, le glacier Grey qui déverse ces figures de glace dans le lac au centre du plateau, lac Grey du même nom que glacier, là aussi c’est féérique.

Nous sommes ici dans la partie la plus méridionale du Chili. La Cordillère est moins élevée et les vallées qui viennent en pente douce jusqu’à l’océan permettent ces randonnées en montagne sans trop de danger.

Je suis émerveillé par cet environnement, je n’en crois pas mes yeux, j’oublie le froid, le sac à dos qui meurtri mes épaules, la fatigue mais cet effort est bien récompensé.

Au retour le rafiot nous attend à l’embarcadère, il est opérationnel, quant à nous quelques heures sur les bas flancs du Magallanes vont nous permettre de reprendre des forces.

Prochaine escale Puerto Natales. Une mer déchainée, un vent violent ne nous permettrons pas d’accoster comme prévu. Nous débarquerons quatre heures plus tard. Ici plus de pingouins que d’êtres humains. Nous allons loger chez l’habitant. Une maison modeste, un énorme poêle à bois au centre de la pièce principale. Il fait chaud et nous allons pouvoir faire sécher quelques vêtements. C’est un village qui vit de la pêche et de l’exploitation de la forêt (grandes scieries autour du port).



Demain nous pourrons repartir, il y a un bus pour Punta Arenas et là nous serons à « Estrecho de Magallanes » détroit de Magellan.

Malgré la violence des éléments nous n’avons pas vu des chats voler, mais chose exceptionnelle nous avons rencontré des enfants entièrement recouverts à cause de l’amincissement de la couche d’ozone «  trou d’ozone antarctique, sujet vedette des médias, Le Monde 1990 ».

C’est la fin du voyage.

Cap Horn, Terre de Feu, Ushuaia ne seront plus le produit de notre imaginaire d’un inaccessible rêve, le mythe est devenu réalité.

Nous n’avons pas vaincu l’Everest soyons modestes mais cette longue aventure va laisser des traces.
Du désert d’Atacama au pôle Sud, ce n’est que beauté, bonheur, émotion, pour qui sait regarder.
C’est « dans l’absolu » que les éléments nous entraînent La chaleur, le vent, le froid, un toit de pierre, la terre et l’eau, la pluie, l’océan fantôme, ils sont là les acteurs de cette éblouissante architecture.

Pardonnez-moi je cite une fois de plus Neruda , en trois vers il résume tout

« Mère de pierre, écume des condors
Hauts récifs de l’aurore humaine
Pelle abandonnée dans le premier sable »

Mais n’oublions pas un autre grand écrivain chilien Francisco Coloane, en 1973 il prononce en public sous la menace des mitraillettes l’éloge funèbre de son ami Pablo Neruda Son œuvre décrit la vie des marins du sud du Chili, celle des paysans, il fut lui-même péon , celle des chasseurs. Plusieurs ouvrages, dont un publié au Seuil, en 1995 « Tierra del fuego ».

Ici ce n’est point l’homme qui fut maître d’œuvre, architecte, bâtisseur.
Pas de Macchu Picchu, de temple, de pyramide, de mosquée, de cathédrale, de musée prestigieux.



Ce sont les forces naturelles quand elles se déchaînent qui façonnent le désert en centaines de cariatides, c’est la Cordillère, cette échelle de granit, ce livre minéral avec sa denture enneigée qui nous raconte des millénaires d’histoire. Volcans encore fumants, lacs colorés, glaciers qui se transforment en mille statues de glace en se jetant dans l’océan, canaux de Patagonie, puzzle géant battu par une chevelure marine.

Comment après tant de splendeur, rivaliser avec cette pure beauté.

Un vol sec, tout ce périple sans une nuit à la belle étoile. Les chiliens sont très accueillants ils vous reçoivent chez eux. Ils vous offrent le gîte et le couvert pour une modeste somme qui les aide à vivre. Ce n’est pas l’hôtel cinq étoiles mais c’est très chaleureux. Je voudrais préciser que je ne me suis jamais fait inviter, qu’aucune caméra ne m’a suivi, j’ai horreur de ces démarches mercantiles qui font florès. Voyage en télé-mobile.

J’ai écrit pour me souvenir, j’ai retranscrit par nostalgie pour me remémorer les êtres avec qui j’ai partagé des rires, des pleurs et parfois le pain.

Et Pablo ajoute
« Et que rien, plus rien ne divise les hommes
Que le soleil, la nuit, la lune et les épis ». Jano


Pérégrinations Birmanes - janvier 2008 -


J'y ai fait de beaux rêves et quelques cauchemars.

Des hommes aux mains d'or, des femmes aux yeux noirs.

Une nature, parfois indomptée, parfois soumise, des contrastes saisissants,

le sourire cache souvent beaucoup de tristesse chez les birmans.
Des marmots parias, pauvres, j'en ai souvent rencontré.

En nous voyant ils accouraient vers nous et leurs bras se tendaient.

Leurs mains agrippaient le cadeau que nous leur offrions pour ensuite partir

loin, comme le font les chats qui vont manger le morceau qu'on vient de leur jeter.

Mais cette répugnante patine de misère, comment faire pour la nettoyer.

Surtout pas en rasant la tête des enfants,

sur des airs de musique tonitruants, avec ripailles et sur des draps blancs.

Ces petits êtres purs et innocents que pourraient-ils souhaiter?

Un supplément de bien être, l'école de la liberté.
Mais ici pour survivre, il faut de la sagesse et ça s'apprend.

Parcours initiatique qui prend beaucoup de temps.

Des temples érigés pour l'unique grandeur,

d'un bouddhisme qui hante tous les cœurs.

Au pied d' un colossal Bouddha, j'ai vu un homme en prière.

Agenouillé, les mains jointes, affublé d'un longyi, le sac en bandoulière.

Tout ramassé contre le piédestal, il lève la tête par moment.

Ses yeux pleins d'admiration sont absorbés par ce Bouddha imposant.

Je crois comprendre dans ce regard son détachement pour les choses humaines,

se veut-il solitaire en cet instant, sait-on où sa folie l'entraine...

Mais le Bouddha regarde au loin avec ses yeux de marbre.
Des couleurs aussi ont leur en a volé et celles-ci ce sont transformées en larmes.

On les fait marcher au pas dans les défilés ou dans des cortèges qui troublent l'âme.

Le vert ne devrait habiller que les forêts et les rizières,

le grenat, les longyis des femmes et leurs colliers de pierres.

Mais il leur reste l'arc en ciel après l'orage,

et le soleil sur la planète qui se dérobe à l'horizon,

spectacle inoubliable, cet or est un miroir sans fond.

Phénomènes imprenables, les seuls où ils sont invités au partage.
Peuple birman réveille toi, il n'y a pas de fatalité.

Par ta force et ta fierté,

tu verras un jour refleurir le sourire dans le regard de tes enfants.
JANO
(Je vous demande beaucoup d'indulgence à la lecture de ce texte, j'ai couché ces quelques lignes sur la papier lors de notre dernière étape de Bago à l'aéroport de Rangoon. N'ayant pas fait de photo je vous donne ici un aperçu de mon vécu et des émotions durant notre aventure birmane.)

Lettre à un ami malagasy



Mada tu as démâté, tu pars à la dérive, tu as rompu tes amarres.

Tes femmes et tes enfants s'accrochent aux bastingages.

Les capitaines ont fuit avant l'orage, ils ont vidé tous tes tonneaux de rhum.

Pourtant tu étais un beau navire fier de ton pavillon.

Dans tes cales les vivres étaient à profusion.

Mais l'ouragan venu du nord a déchiré tes voiles,

bâtiment désarmé trouveras-tu un port pour colmater les brèches qu'il a fait dans ton corps.

Sais-tu ami malagasy qu'il y a d'autres mers où les bateaux naviguent sur des eaux calmes et à l'abri des vents.

Mets le cap sur l'espoir, tiens bien la barre et au bout de tes bras tu verras

pousser un destin et venir à toi des cieux plus cléments.

Et ce jour là si tu le veux, nous pourrons, mon frère, partager la plage avant de ce bateau nommé Mada.

Tamatave




Vives impressions
La nuit tombe sur Tamatave, ici, même en plein jour je ne vois que du noir.

Depuis longtemps déjà on n'y fait plus escale, c'est triste un port sans bateaux.

Dans les bars à marins, le rhum coulait à flot,

il ne reste plus que des filles qui pleurent en regardant leur ventre un peu trop gros.

Sur des tas d'immondices pousse de la misère.

Dès que le jour se lève, la mort est au réveil.

Tamatave, tu as coulé si bas que pas un océan ne voudrait plus de toi.

Je fais des cauchemars depuis que je t'ai vu,

ici la vie n'a aucun sens, l'espèce humaine a disparu, il ne reste que des ombres

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