Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres








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Ourania’’

(2006)
Roman de 320 pages
Le narrateur, Daniel Sillitoe, affirme d’emblée : «La réalité est un secret, et c'est en rêvant qu'on est près du monde.» Puis il raconte qu’enfant pendant la guerre, alors que sa grand-mère fixait du papier bleu sur les fenêtres pour le couvre-feu, et que sa mère se plongeait dans des ouvrages sur la Grèce, il mangeait, dessinait, rêvait ; que, parfois, il s'endormait sur la table de la cuisine dont les motifs imprécis de la nappe lui faisaient penser à un pays imaginaire qu'il nommait «Ourania», mot qui signifie «pays du ciel». Il n'y avait d'autre homme dans la vieille maison de pierre que le grand-père, professeur de géographie, qui avait démissionné pour se consacrer au spiritisme, et qui ne s'occupait pas de l’éducation de son petit-fils.

Puis les Allemands occupèrent le village. Et Mario (ami de la famille, peut-être amoureux de sa mère) mourut en transportant une bombe destinée à détruire un pont : «Quand j'ai compris que Mario était mort, tous les détails me sont revenus. Mario traversait le champ, un peu plus haut, à la sortie du village. ll cachait la bombe dans un sac, il courait. Peut-être qu'il s'est pris les pieds dans une motte de terre, et il est tombé. La bombe a explosé. On n'a rien retrouvé de lui. C'était merveilleux. C'était comme si Mario s'était envolé vers un autre monde, vers Ourania. Puis les années ont passé, j'ai un peu oublié. Jusqu'à ce jour, vingt ans après, où le hasard m'a réuni avec le jeune homme le plus étrange que j'aie jamais rencontré

En effet, Daniel, devenu géographe, est en mission au centre du Mexique, et, au cours d’un voyage en autocar, alors qu’autour les hauts volcans dominent le fleuve Tepalcatepec, rencontre Raphaël Zacharie, seize ans, né à Rivière-du-Loup d'une mère québécoise blanche et d'un père innu. Le jeune garçon livre sa vie par bribes, parle de Campos, communauté d’enfants où son père l’a laissé, douze ans auparavant. Dans «la Vallée», capitale de la terre noire du chernozem, se trouve l'Emporio, établissement où évoluent des chercheurs. Il lui parle encore de la «Zone rouge», royaume de la misère et du travail des enfants, où la jeune Lili doit se livrer à la prostitution.

C’est d’ailleurs à l’Emporio que se rend Daniel. Il y rejoint des anthropologues, des sociologues, des linguistes, des économistes, qui forment une communauté de chercheurs qui prônent un rejet catégorique du monde moderne, et déplaisent au pouvoir politique. Il parcourt les zones inondées et habitées au fond de «la Vallée», où il rencontre Dahlia, communiste portoricaine mal mariée, qui tient une maison d’accueil, et lui lui parle de la révolution sandiniste.

Il grimpe à Campos, ancien campement jésuite reconverti par un illuminé, Jadi, un ancien marine devenu fou dans la guerre, en une communauté utopique pour gens qui s’étaient perdus, des enfants mais aussi des adultes qui y sont arrivés de prison, «des oiseaux de passage», comme les appelle le rusé Don Thomas, directeur bonhomme de l'Emporio. Cette république idéale a ses lois particulières. Les enfants n'y appartiennent à personne, les plus grands élèvent les autres ; un enfant peut y devenir le tuteur d'un adulte ou d'un autre enfant : «C'est le village tout entier qui est une grande école où l'on apprend la vie», explique Raphaël. Un conseiller, sage et âgé, ainsi qu'un couple modèle les guident. On y parle l’«elmen», un mélange de langues et de dialectes. On y pense que la beauté du monde est au ciel, dans ces années-lumière qui avalent le temps humain, seul bien à transmettre ici-bas. Ces parias organisés, qui connaissent les plantes, mènent une vie naturelle sur une terre qu’ils ont rendue assez fertile pour subsister. Mais les dangers étranglent cette économie fragile : différents groupes de prédateurs, en particulier des spéculateurs fonciers et des promoteurs véreux, s'apprêtent à fondre et à répandre le malheur sur cette république idéale.

Et Daniel assiste, impuissant, à l'expulsion de la communauté. Il suit en exil ces pauvres hères dépenaillés, qui quêtent une terre promise, une île où vivre en paix, que Jadi a vue en songe. Ils s'y rendent, mais le caillou s'avère inhospitalier. D’où l'éparpillement final. À chacun de revenir à sa vie, de se refaire un avenir.

Daniel dit adieu à l'Emporio qui subit, lui aussi, ses transformations, les requins de la ville bousculant les pierres posées par ces utopistes. Il rentre dans son pays, transformé par ces rencontres. Il retrouve un poste d'enseignant en Seine-Maritime. À la fin du livre, après avoir mené une vie tranquille sans avoir eu de descendance, il évoque son père, qui fut absent de son enfance, qui est indiqué décédé sur ses papiers scolaires, qui fut un père tout de même, «fluctuant, vagabond, infidèle», parti vivre sa vie par le monde. Y a-t-il eu des enfants? Le lecteur se remémore alors les pensées de Raphaël : «Il pense aux filles qu'il rencontrera le soir, sur les places des villages où sous les magnolias. Ça fait briller les yeux. Il pense aux amitiés qu'il va nouer en cours de route. Tel ce Français, très brun, l'air naïf, qui lui ressemblait comme un grand frère et qui recueillait des échantillons de terre partout où il allait. Ce garçon, comment s'appelait-il? Daniel, c'est cela, Daniel, se dit-il.» Aussi, vingt-cinq ans plus tard, retourne-t-il sur les lieux pour une seconde mission. Et s'avise, presque avec étonnement, peu avant la fin du livre, être allé vers ce pays lointain lors de sa première mission peut-être inconsciemment à cause d'une adresse lue sur une enveloppe reçue par sa mère, qui contenait une lettre de ce père inconnu. Un père dont l’absence a orienté sa vie entière, pense-t-on, lorsqu’il confie que les dernières vingt-cinq années ne comptent pas pour lui, que seul compte l'amour de Dahlia, la femme qu'il a connue là-bas et qu’il cherche à retrouver.
Commentaire
Le Clézio confia qu’il donna à ce livre ensorcelant, en forme de conte, de chant sensuel, le titre d’‘’Ourania’’, qui est en fait le nom de la muse de I'astronomie, parce qu’il s’était imposé à lui dès I'enfance, où il vit son portrait dans un livre de Victor Duruy, ce qui le fit rêver «très tôt d'un lieu où pouvait se réaliser une harmonie céleste, et ce lieu ne pouvait être que le domaine d'une femme, contrairement au mythe grec».

Dans ce roman, qui surprend, déconcerte, fascine par son tragique, sa tristesse, son incroyable richesse visuelle, et sa rébellion contre la pauvreté d'un peuple, il était de nouveau sur son terrain de prédilection ; il célébrait une fois encore la beauté de l'amour, le temps pur de l'enfance, la force poétique de la nature ; il prônait la richesse de la diversité linguistique, la soif d'égalité et de liberté.

Il ne raconte pas seulement l’histoire de Daniel, qui est plus spectateur qu'acteur, mais rapporte des anecdotes locales, des mythes, des légendes ; parle d’Histoire, d’ethnologie, de religion ; évoque des figures tendres ou louches. Une vie foisonnante s'éveille sous sa plume. Lorsque Raphaël évoque le Québec et le voyage jusqu'à Campos, on voit défiler le grand continent, une culture millénaire, et, avec elle, un territoire plus vaste encore, où marchent les étoiles.

Mais le roman se déroule principalement dans «la Vallée», région bénie des dieux, menacée cependant par la cupidité de ses habitants, au point qu’on se demande si l’être humain serait porteur d'un «gène de la destruction». Le romancier, pour qui «les gens des villages de la montagne disent qu'ils existent, que leur langue et leur histoire ne sont pas éteintes, qu'ils ont une voix au chapitre dans le livre général de la patrie», proteste contre l'urbanisation anarchique, et l'implantation intensive des fraisiers américains, qui détruit l'écosystème vieux de millions d'années. Il a indiqué : «Je n'ai pas inventé la ‘’Vallée’’, même s'il s'agit d'une transposition romanesque. J'ai habité pendant une dizaine d'années dans cette région du centre ouest mexicain, où le chernozem et la pluviosité ont permis la culture extensive de la fraise, source d'une richesse incalculable pour les grands propriétaires terriens. Campos a existé, je suis allé assez souvent m'y recueillir, dans les ruines de ce que les Jésuites avaient tenté au XIXe siècle. L'Emporio a lui aussi existé, de façon sans doute moins dramatique que ce que j'ai écrit. Quant à la zone, elle est l'une des plaies du Mexique, comme de tous les pays soumis au tourisme sexuel. Les échecs de Campos et de I'Emporio, cependant, ne sont pas pour moi caractéristiques de ce lieu ni de ce pays, mais ils sont la réalité à l'échelle mondiale, comme l'est aussi la destruction de l'équilibre écologique et les flux migratoires qui se heurtent à la membrane des frontières.» Ailleurs, il fit de Campos l'Afrique de son père : «Pas d'école, nous vivions, nous les enfants, en bande et en totale liberté. C'est là que j'ai découvert un ciel étoilé sans bornes. Il n'y avait pas de religion à proprement parler, pas d'église, et nous parlions un mélange d'anglais, de pidgin et d'ibo. J'ai imaginé que si les circonstances m'avaient maintenu dans cet état, j'aurais eu très tôt accès à l'information sexuelle. Autrement dit, d'une certaine façon, pour moi Campos a réellement existé

Il décrit la gloire et la chute d'une utopie, semblant dire que toute utopie, ici Campos comme I'Emporio ou la révolution salvadorienne, porte en elle son futur échec. À ce sujet, il révéla : «J'ai écrit ‘’Ourania’’ en référence et dévotion au livre qui a le plus compté dans la pensée européenne du XVIe siècle, ‘’Utopia’’ de Thomas More. Ce livre a été admiré, critiqué, et aujourd'hui délaissé, alors qu'il porte en lui toutes les questions et les angoisses de notre modernité. Peut-être qu'aucune époque n'a été plus proche de celle de Thomas More que la nôtre, puisque, comme en son temps, cohabitent les plus grandes aspirations humanistes et les plus grands dévoiements, I'espoir d'une fraternité universelle, et la consolidation des castes et des intolérances.» Comme on peut voir dans le roman une opposition entre les utopies collectives, vouées à l'échec, et les utopies individuelles, qui peuvent réussir, comme celle de Dahlia et de sa maison d'accueil, il précisa : «J'aimerais croire à I'amour comme à une valeur individuelle, seule capable de mettre en échec les systèmes de prédation et les tyrannies collectives !» Il croit qu’on ne peut vivre pleinement qu'en prenant le risque de réaliser I'utopie qu'on porte en soi depuis I'enfance : «Je voudrais renvoyer toujours à I'idée de la romancière Flanery O'Connor, pessimiste et sensible, selon laquelle, par une sorte d'intuition fulgurante, le monde et la société humaine sont perçus dans toute leur complexe violence par tout enfant quand il ouvre les yeux sur la vie qui l'entoure (c'était I'idée de Colette aussi, je crois). Dans la rigueur de l'après-guerre, après avoir eu faim et avoir été dans des bombardements, inventer un rêve de monde des sphères et des astres n'était pas une fantaisie, plutôt une nécessité

Dans cet hymne au paradis perdu, au temps de l'innocence, il reprit aussi l'un des grands mythes de l'humanité : celui de la recherche de l'Éden perdu, de la terre promise, une quête qui n'a jamais cessé, de Moïse aux «hippies», en passant par toutes les révolutions et toutes les tentatives de construction des cités utopiques.

Au fil d’une construction originale, il déroula l’harmonie d'une écriture simple et poétique, marquée de quelques très belles métaphores («Une force qui débordait de l'histoire comme la lave d'un cratère, avançait avec lenteur, avec majesté, une force pareille à la vie.»), de notations d’odeurs, de couleurs, de paysages. Il nous envoûte par sa magie littéraire.

Faisant des confidences sur sa façon de composer ses livres, il révéla : «Il y a un personnage, une jeune femme indienne. Je I'ai appelée Lili, elle vit au bord de la lagune d'Orandino. Elle existe (je crois I'avoir déjà rencontrée), elle a une vie, un itinéraire (elle cherche à fuir l'emprise de son mac, lvan le Terrible, lui aussi un personnage réel). Pourtant, tout part pour moi d'un bateau de mon enfance qui circulait entre Penzance et les îles Sorlingues, et qui s'appelait ‘’Lily of the laguna’’, c'est-à-dire ‘’le lys de la lagune’’. Sans ce souvenir (et tout ce qui s'y rattache), je n'aurais pas pu écrire sur cette femme, sur la lagune, le travail forcé des enfants

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‘’Raga. Approche du continent invisible’’

(2006)
Essai de 137 pages
Le «continent invisible», c’est l’Océanie, dit Le Clézio. D'abord parce que les voyageurs qui s'y sont aventurés pour la première fois l’ont traversé sans le voir ; ensuite, parce qu'aujourd'hui elle «reste un lieu sans reconnaissance internationale, un passage, une absence en quelque sorte.» Balboa, franchissant l'isthme de Panama, découvrit... un océan, qu'il appela le Pacifique, et en prit possession au nom du roi d'Espagne, sans se douter de son étendue. Le territoire fit rêver bien des explorateurs, Queiros, Bougainville, Cook, qui risquèrent leur vie pour l'atteindre, et essayer d'en cartographier les contours. Un peu plus tard, les géographes imaginèrent un continent austral, une masse de terre ferme au sud du Pacifique, qui devait maintenir l'équilibre du globe terrestre en faisant contrepoids au continent asiatique... On essaya de le trouver. En fait, ce continent, ce sont des îles, des milliers d'îles, d’îlots, d’atolls, de massifs coralliens qui s’égrènent en archipels. Aujourd'hui encore, ce Pacifique, cette Océanie invisible, passionne les voyageurs.

Le Clézio s'y est rendu à bord du trois mâts ‘’La boudeuse’’. Il découvrit l'immensité de ce continent fait de mer plus que de terre. Il s'approcha d’archipels, de myriades d'îles, d'îlots, d'atolls, de récifs coralliens. Il aboutit sur une île noire et volcanique des Nouvelles-Hébrides dans le Vanuatu, l'île de la Pentecôte, qu'il nomme Raga comme les Mélanésiens. Il reconstitue l’incroyable voyage de ceux qui y abordèrent pour la première fois. Ce voyage s’effectua avec une pirogue à balancier, faite d’un arbre creusé à l'herminette, comportant un plancher de bambou pour transporter des vivres, des plantes, de l'eau douce, et même faire du feu ; un mât, avec une voile faite de fibres tressées. Au centre étaient assises des femmes, dont Matantaré avec son bébé de six mois qui allait être déshydraté. Les hommes ramaient, et le barreur, Tabitan, se guidait sur les oiseaux et, la nuit, sur les étoiles palpitantes. Des tempêtes incroyables se déclenchèrent. Un cochon, dans une cage, mourut. Des poissons volaient. Tabitan goûta I'eau de mer, et déclara que, dans deux jours, ils arriveraient peut-être dans une île. On découpa le cochon en lamelles pour le faire fumer. On arriva à Raga.

Ils choisirent de s’installer dans la paix des hauteurs, comme s’ils avaient décidé d’oublier la mer, de fuir les tempêtes, les fièvres et les moustiques, les invasions, pour devenir paysans, se détourner du progrès et de la vie moderne, retourner vers la connaissance des plantes, vers les traditions (les cochons sont supposément nés d’un humain, ce qui n’empêche pas de les sacrifier !), les contes, les rêves, l’imaginaire, résister à leur façon, laver ainsi des siècles de pauvreté, d’humiliations et de violence. «Dans l’expérience de la violence, ces peuples ont trouvé le remède de la sagesse, du doute et de l’humour. Leur scepticisme n’est pas feint, il n’a rien à voir avec le cynisme de la modernité. Leur innocence n’est pas une inconscience.» - «À Raga, on est pénétré à chaque instant par le sentiment diffus, inexplicable, de la divinité

Le Clézio rencontra Charlotte Wèi Matansuè, dont il nous raconte la terrible vie (mari brutal et trois filles), mais qui s'en est sortie en organisant une association de femmes artisanes. Avec sa voix bouleversante, elle fut son guide pendant les trois semaines qu’il y passa. Elle lui fit découvrir la culture océanienne, le repérage au moyen des étoiles, la méditation sur l'immensité de la mer, l'amour des mères qui protègent leurs enfants dans la tempête. Il apprit que les Mélanésiens avaient été victimes, comme les Noirs africains, des colonisateurs qui avaient besoin d'une main-d’œuvre mise en esclavage pour faire fructifier leurs entreprises et leurs capitaux.

L’exploration jouant sur deux tableaux, la découverte et la mémoire, il se souvient aussi de son ancêtre arrivant à l’Île Maurice.
Commentaire
Dans ce récit, carnet de bord surprenant, entre état des lieux et cours ethnologique passionnant, description hymnique, merveilleuse histoire de voyage, défense ardente des peuples insulaires d’Océanie, composée de plusieurs épisodes, Le Clézio, qui, plus que jamais, mélange les genres, nous fait connaître une de ces îles lointaines qui ont, de tout temps, bercé nos rêves de voyages et de découvertes exaltantes, qui sont considérées par les voyageurs comme un paradis terrestre, comme le lieu d'exotisme par excellence que notre planète peut porter. Il est à la fois sur les traces de Bougainville, de Paul Gauguin, des religieuses kanakes, puis il s'isole un moment dans les barrancas «où cascade l'eau lustrale». Il étonne par son mélange de précision et de subites magnificences sensorielles qui s'épanouissent et flottent. Il donne des détails discrètement faunesques pour suggérer la beauté des femmes, qui sont très présentes : guides, infirmières, mères, militantes, gardiennes, belles villageoises aux cheveux frisés...

Dans le récit de ce véritable voyage initiatique, le réel et l'imaginaire s'entrelacent, et affleure un poème d’un style délicat et impressionniste. Le personnage du narrateur, fasciné et fascinant, présent à tout, sa voix fluctuante et poétique s’apparentant à celle imprécise des mythes qui, jadis, unissaient ces peuples d’un bord à l’autre de l’océan infini. Il réveille des endroits sauvages, ressuscite des contes endormis. Il s'absorbe dans la mémoire fragmentaire des habitants des îles mélanésiennes.

La colère militante affleurant souvent, Le Clézio nous raconte avec accablement la prise de la grotte d'Ouvéa (répression d’indépendantistes kanaks dans le territoire français de la Nouvelle-Calédonie), ouvre une réflexion et une critique de la mondialisation galopante qui vient mettre en péril l'harmonie d'une civilisation précieuse mais fragile, à peine délivrée du colonialisme.

Il affirme : «Sans doute ne devrait-il jamais y avoir d’autre raison au voyage que celle de mesurer exactement ses propres incompétences.» - «S’il reste un secret, c’est à l’intérieur de l’âme qu’il se trouve, dans la longue suite de désirs, de légendes, de masques et de chants qui se mêle au temps et resurgit et court sur la peau des peuples à la manière des épars en été

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En novembre 2006, Le Clézio fut la vedette du numéro de la ‘’Revue de l’Inde’’ avec une interview intitulée ‘’Indianiste avant l’heure’’ où il raconta sa découverte fascinée de Pondichéry et de ce sous-continent qu’il ne connaissait guère encore, mais dont il se sentait très proche puisqu’il est, pour les natifs de l’Île Maurice, la mère patrie.

Pour la soixantième édition du Festival de Cannes, Gilles Jacob, son président, réussit un bon coup : commander un livre à Le Clézio et le faire entrer au jury de la Cinéfondation et des courts-métrages.

Il publia :

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