Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres








télécharger 0.55 Mb.
titreAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
page6/14
date de publication07.07.2017
taille0.55 Mb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > histoire > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   14
Trois villes saintes”

(1980)
Recueil de trois essais
Le Clézio y évoque ‘’Les Séparés’’, un groupe maya ayant refusé l'intégration, et leurs antiques villes saintes qui se trouvent à l'est du Yucatan, Chancah, Tixcacal, Chun Pom, où, autrefois, les dieux faisaient tomber la pluie, sans laquelle nulle vie n’est possible. Les envahisseurs blancs étant venus et ayant vaincu, la sécheresse s’installa. Aujourd’hui, les arbres serrés de la forêt forment un mur épais dans l’air immobile. Mais, pour Le Clézio, les lieux terrestres où sont nées les civilisations ne sauraient mourir ; ils attendent qu’un autre peuple ou d’autres circonstances permettent la renaissance. Seuls ceux qui savent attendre seront sauvés, car il a été répandu tant de prières et de sang sur cette terre sacrée qu’il est inconcevable que les dieux restent sourds et muets aux incantations. Les forces qui ont fait naître les «trois villes saintes» ne sont qu’endormies : «Les hommes qui ressemblent à la terre, les hommes qui sont pareils aux arbres, les hommes qui ont la peau couleur de terre, les femmes qui ont la peau couleur de maïs, ceux qui ne vivent que par le pain et l’eau ne sont jamais vaincus. Ce ne sont pas les richesses qu’ils désirent, ni le pouvoir sur les terres étrangères. Ils ne cherchent que l’ordre du monde qu’ils habitent, comme cela, obstinément, par le seul pouvoir du regard et de la parole».
Commentaire
Les textes sont de longues incantations sur le ton impersonnel d’une force qui va. Alternent la prose de l’auteur, aux phrases longues (l’une d’elles fait quatre pages !), ponctuées de virgules, et des textes indiens anciens tirés des prophéties du ‘’Chilam Balam’’.

_________________________________________________________________________________
En 1981, Le Clézio fit un voyage de nostalgie aux îles Maurice et Rodrigues, dans l’océan Indien, où avaient vécu des membres de sa famille.

Il publia :

_________________________________________________________________________________
La ronde et autres faits divers”

(1982)
Recueil de onze nouvelles de 281 pages

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


‘’La ronde’’
Nouvelle
Martine et Titi, deux jeunes filles qui suivent des cours de sténo, mais sans conviction, s’ennuient terriblement. Un jour, Titi suggère de voler un passant. Martine accepte facilement de participer à l’aventure sans se poser de question morale, et sans avoir peur. Elles veulent commettre ce vol pour s’amuser avec l’argent, mais aussi épater les garçons qu’elles fréquentent. Elles leur empruntent deux vélomoteurs, et commencent à rôder dans la ville à la recherche d’une victime. Au départ, elles éprouvent une simple sensation de délivrance, se saoulent de vitesse dans la ville à demi-déserte. Pendant qu’elle tourne dans les rues, Martine commence à comprendre que ce vol est un geste de révolte contre le monde des adultes, qui vivent «dedans», sont assis devant leurs postes de télévision, alors qu’elle veut vivre «dehors», où, «dans la lumière du soleil, il n'y a de place que pour les rêves», vivre hors du système, vivre sans règles, sans horaires et sans contraintes. Elle a envie de tout casser, de faire voler en éclats la ville entière. Elles remarquent une femme seule, une dame en tailleur bleu qui attend l'autobus. Elles ont trouvé leur victime, font encore un tour dans les rues adjacentes pour s’assurer que le champ est libre, puis reviennent en arrière, précipitent la femme au sol en lui arrachant son sac à main. Titi s’échappe à pleine vitesse. Martine la suit, en serrant le sac contre son ventre. Mais, à l’instant où elle traverse le carrefour, un camion de déménagement bondit en avant et la renverse. Elle reste inerte sur l’asphalte, tordue sur elle-même comme un linge, tandis qu’un filet de sang coule lentement entre ses jambes.
Commentaire
L’antithèse entre l’insignifiance du vol et la démesure du châtiment imposé par le destin n’a rien de surprenant. Le véritable nœud, l’événement qui vient perturber l’équilibre initial, n’est pas le vol commis par Martine, mais la proposition qui lui est faite par Titi d’une sorte de rite de passage pour entrer dans le groupe. Dès lors, la mort du personnage ne relève plus de la coïncidence, mais d’une nécessité tragique dont il a lui-même conscience.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’Moloch’’
Nouvelle
Liana, une pauvre fille qui vit seule dans un misérable «mobile home», sur un terrain vague, entre un fleuve et une autoroute, loin de tout, accouche sur la moquette, surveillée par son chien-loup au regard de braise. Puis, comme elle craint l’arrivée de Simon (le père de l'enfant) ou de «la jeune femme aux lunettes dorées» (l'assistante sociale) qui viendraient tuer le chien, emporter le bébé à l’hôpital, et l'enfermer, elle, dans une grande salle blanche aux murs lisses, dont on ne s'échappe pas, elle s'enfuit, serrant contre elle son bébé enveloppé dans une serviette-éponge. Elle en prend soin, elle l'allaite. Elle veut retarder «l'avancée des hommes qui les cherchent, pendant quelques heures encore.» La solitude «emplit l’intérieur du mobile home, c’est elle qui vient maintenant, par vagues de plus en plus serrées, qui vient du fond de la nuit et qui vibre sur les étoiles bleutées des réverbères, et qui fait entendre son terrible silence…»

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’L’échappé’’
Nouvelle
Tayar, un travailleur maghrébin devenu criminel par l’expatriation, traqué par la police à la suite d’une affaire de mœurs, se cache pendant plusieurs jours dans le massif du Cheiron situé dans l’arrière-pays niçois. Il fuit droit devant lui, toujours plus loin, malgré le froid et la faim, et il retrouve, dans cette âpre solitude, les «gestes anciens», ceux de son enfance heureuse de berger kabyle. Épuisé par sa course, il finit par s’égarer, et risque de mourir.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’Ariane’’
Nouvelle
Une adolescente, Christine, en arrivant chez ses parents, dans une cité H.L.M., du quartier de l’Ariane à Nice, grise et désertée en ce glacial lundi de Pâques, se fait surprendre par une horde sauvage de motards casqués qui hante les parkings. Ils l’entraînent dans une cave froide et humide, sordide. Et ils la violent, chacun son tour, en la menaçant : «Si tu parles, on te tue.» Elle ne porte pas plainte, et sauve la face devant ses parents.
Commentaire
Jouant sur le nom du quartier l’Ariane, Le Clézio, dans le titre de la nouvelle, supprima l’article défini, ce qui fit de son héroïne une nouvelle Ariane, enfermée dans un autre labyrinthe et soumise à un autre Minotaure. L’évocation est saisissante : «Dans les quartiers pauvres de Nice, à l’Ariane, il règne, aux jours fériés, un silence âpre et froid, un silence crissant de poussière de ciment, épais comme la fumée sombre qui sort des cheminées de l’usine de crémation.» Le viol collectif est décrit sans pathos, avec justesse et délicatesse.

Alors que le fait divers suppose l’objectivité du rapporteur, Le Clézio nous plonge dans la conscience de la victime dont on perçoit successivement le mal de vivre et l’ennui, les contradictions (la peur d’être seule dehors et celle de rentrer à la maison) et, lors de la scène du viol, la passivité, la douleur qui submerge tout, exprimées en images de vertige, d’écrasement, de chute «au fond d’un puits glacé et noir».

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’Villa Aurore’’
Nouvelle
Le narrateur se souvient de la Villa Aurore, «un grand palais blanc couleur de nuage qui tremblait au milieu des ombres des feuillages», à demi perdu dans un fouillis de végétation envahi d'oiseaux et de chats sauvages ; un domaine étrange et mystérieux pour les enfants qui ne craignaient pas de s'y aventurer ; un domaine rendu encore plus mystérieux par l'invisible présence de la dame qui l'habitait, et qu'ils appellaient la dame de la Villa Aurore. Que d’après-midi d'été passées à rêver dans cette jungle, devant l’inscription mystérieuse au fronton d’un petit temple grec...

Bien des années plus tard, le narrateur retrouve par hasard la villa. «Elle n’avait plus sa couleur d’aurore. Maintenant, elle était d’un blanc-gris sinistre, couleur de maladie et de mort, couleur de bois de cave, et même la lueur douce du crépuscule ne parvenait pas à l’éclairer». Et des immeubles très hauts et de grandes routes ont fait disparaître le jardin. Il sonne à la porte, et rencontre pour la première fois la dame de la Villa Aurore, qui est promise aux démolisseurs. Elle cherche à y rester, face à une menace d'expulsion. Elle cherche un soutien pour continuer à résister à la volonté de spéculation des agents immobiliers en hébergeant ce jeune homme. Mais il refuse. «Les forces destructrices de la ville, les autos, les autocars, les bétonneuses, les grues, les marteaux pneumatiques, les pulvérisateurs, tout cela viendrait ici tôt ou tard, entrerait dans le jardin endormi, et puis dans les murs de la villa, feraient éclater les vitres, ouvriraient des trous dans les plafonds de plâtre, feraient écrouler les canisses, renverseraient les murs jaunes, les planchers, les chambranles des portes. / Quand j'ai eu compris cela, le vide est entré en moi.»
Commentaire
Nostalgie poignante de l’enfance, mystères du jardin secret, écriture d'une poésie délicate et solaire, ambiance impressionniste et onirique, tout contribue à faire de ces pages une des plus belles évocations de maisons qu’on puisse lire. La vieille demeure saccagée représente le monde de l'enfance irrémédiablement perdu, mais dont la beauté et la magie exercent à jamais leur fascination.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’Le jeu d’Anne’’
Nouvelle
Antoine, un jeune homme, monte en voiture sur la Corniche «pour aller rejoindre Anne». Au long du trajet, le paysage qu’il traverse est le décor de différents souvenirs, où des moments passés avec Anne alternent avec des moments de l’enfance. On comprend peu à peu qu’il veut se tuer dans le virage où, un an plus tôt, celle qu’il aimait fut, par la faute d’un camionneur, précipitée dans le vide. Au moment fatal, Anne est comme ressuscitée : «Elle l’a décidé ainsi, pour toujours, et elle tient serrée très fort la main de l’homme qu’elle aime

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’La grande vie’’
Nouvelle
Deux orphelines mal grandies, Christelle et Christèle, se ressemblent, et les gens, les prenant pour des jumelles, les surnomment Pouce et Poussy. Elles vivent avec leur mère adoptive, «maman Janine», dans un petit deux-pièces, dans le Nord de la France. Elles travaillent dans un atelier de confection qui, avec ses fenêtres grillagées et le bruit assourdissant des machines, est comme un bagne pour elles. Victimes du mirage de la société de consommation, elles font des rêves de «grande vie», voudraient faire le tour du monde, visiter des pays lointains comme l'Inde, les îles Fidji et la Californie. Mais elles pourraient commencer par un voyage en Italie.

Un jour d’été, alors qu’elles ont dix-neuf ans, elles décident que le temps est venu de réaliser leur rêves, et, prenant leurs économies et un peu d’argent qui leur a été donné, achètent un billet de train pour Monte Carlo, ce qui les oblige à se cacher alternativement et à profiter de leur ressemblance. Arrivées après un interminable voyage, elles s’offrent un séjour dans un hôtel de luxe, sans payer évidemment, toujours se débrouillant en se servant de leur ressemblance. Quand elles n’ont presque plus d’argent, et qu’elles sont lassées d'avoir à se cacher tout le temps, elles décident de passer en Italie, en faisant de l'auto-stop. L'automobiliste qui les conduit à Menton a des intentions malhonnêtes, mais elles savent l'intimider. Dans un magasin, elles volent des vêtements. Le deuxième conducteur qui les prend est très gentil, et leur achète même des glaces. Elles s’arrêtent à Alassio, et essaient en vain de prendre une chambre dans un hôtel : il faudrait payer d'avance. Cette fois-ci, elles doivent dormir sur la plage. Elles commettent des vols, principalement de nourriture. À cause du froid, Pouce tombe malade. Elles sont donc obligées d'interrompre leur voyage. Pour le retour, elles se font prendre par un camionneur. À la frontière, elles sont contrôlées par la police française, et arrêtées : leur aventure est finie.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’Le passeur’’
Nouvelle
Miloz, un misérable ouvrier yougoslave, passe en fraude la frontière italienne pour travailler en France, pays de rêve. Pendant une année, il travaille dans un chantier de l’arrière-pays niçois. Lui et les autres ouvriers sont exploités sans merci par un contremaître sans scrupules. Miloz organise la révolte, et, après bien des obstacles, obtient du contremaître qu’il leur paie leurs salaires. Cependant, il est renvoyé du chantier, et doit repasser seul les hautes montagnes pour retourner vers son pays natal.
Commentaire
La nouvelle s’achève donc sur l’échec de l’insertion du personnage dans la société française, mais aussi sur l’affirmation de sa liberté.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’Ô voleur, voleur, quelle vie est la tienne?’’
Nouvelle
Un voleur répond à un enquêteur qui veut savoir dans quel engrenage il a été entraîné.

Il était né au Portugal dans un petit village. La famille avait dû quitter le pays pour des raisons politiques, et s'était installée en France. Il eut d’abord une vie professionnelle normale, étant apprenti maçon, puis travailleur dans une entreprise de rénovation de vieilles maisons. Il était heureux, était marié, avait des enfants et des amis. Mais il perdit son travail à cause de la faillite de son entreprise. Il s’efforça de retrouver un travail, mais sans succès. Il n'avait pas assez d'argent pour soigner sa femme, qui était malade. Désespéré, il commença à commettre régulièrement des vols, la nuit, sans en rien dire à sa famille, sa femme ayant cependant probablement deviné ce qu'il faisait. Il raconte en détail comment il procède, seul et ne s’emparant que de choses permettant, après avoir été vendues, de mener une vie simple. Il a l'intention de renoncer à ces vols. À la fin de l'entretien, il se souvient d'une chanson chantée par son grand-père qui commençait par les mots : «Ô voleur, ô voleur, quelle vie est la tienne?»

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘’Orlamonde’’
Nouvelle
Annah, ayant pris conscience de la mort prochaine de sa mère, qui est malade, ne va plus à l'école, et se réfugie dans la Villa Orlamonde où, nichée dans l'embrasure d'une fenêtre à ogive, elle passe ses journée à regarder la mer et le ciel, à suivre des yeux une mouette au point de s’identifier à elle. Mais la maison est condamnée, et, déjà, résonnent les premiers coups de pioche des démolisseurs. La petite fille ne veut pas que cette maison soit détruite, et pense que sa présence la protège. Seul Pierre, un garçon de sa classe, sait qu’elle est dans la maison, mais elle lui a fait jurer de garder le secret. Un jour, des machines, des grues arrivent, et des ouvriers détruisent la Villa Orlamonde.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
‘‘
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   14

similaire:

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de leur biographie s’inscrivent ses œuvres

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
Fille de paysans, elle avait été si bonne écolière que ses parents l'avaient laissée aller jusqu'au brevet supérieur

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
«ardeur juvénile» revenues, IL poursuivit et termina ses études de droit à Strasbourg (1770-1771) où, devant la cathédrale, IL eut...

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres iconAu fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres
«les principaux personnages d’un poème, ce sont toujours la douceur et la vigueur des vers»








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com