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Denys DELAGE

Historien et sociologue, professeur au département de sociologie, Université Laval.
(1992)

“L'influence des Amérindiens
sur les Canadiens et les Français
au temps de la Nouvelle-France”
Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, bénévole,

professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi

Courriel: jean-marie_tremblay@uqac.ca

Site web pédagogique : http://www.uqac.ca/jmt-sociologue/
Dans le cadre de: "Les classiques des sciences sociales"

Une bibliothèque numérique fondée et dirigée par Jean-Marie Tremblay,

professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi
Site web: http://classiques.uqac.ca/
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Site web: http://bibliotheque.uqac.ca/


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Jean-Marie Tremblay, sociologue

Fondateur et Président-directeur général,

LES CLASSIQUES DES SCIENCES SOCIALES.

Cette édition électronique a été réalisée par Jean-Marie Tremblay, bénévole, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi à partir de :
Denys Delâge

[Historien et sociologue, professeur au département de sociologie, Université Laval.

]

L'influence des Amérindiens sur les Canadiens et les Français au temps de la Nouvelle-France”.
Un article publié dans la revue LEKTON, vol. 2, no 2, Automne 1992, pp. 103-191. Montréal : Département de philosophie, UQÀM. Numéro intitulé : L'acculturation.

[Autorisation formelle accordée par l’auteur le 27 mai 2008 de diffuser cet article dans Les Classiques des sciences sociales.]
Courriel : denys.delage@soc.ulaval.ca

Polices de caractères utilisée :
Pour le texte: Times New Roman, 14 points.

Pour les citations : Times New Roman, 12 points.

Pour les notes de bas de page : Times New Roman, 12 points.
Édition électronique réalisée avec le traitement de textes Microsoft Word 2004 pour Macintosh.
Mise en page sur papier format : LETTRE (US letter), 8.5’’ x 11’’)
Édition numérique réalisée le 18 juin 2008 à Chicoutimi, Ville de Saguenay, province de Québec, Canada.

Denys Delâge
Historien et sociologue, professeur au département de sociologie, Université Laval.
“L'influence des Amérindiens sur les Canadiens
et les Français au temps de la Nouvelle-France”

Un article publié dans la revue LEKTON, vol. 2, no 2, Automne 1992, pp. 103-191. Montréal : Département de philosophie, UQÀM. Numéro intitulé : L'acculturation.

Table des matières


I. La rencontre
II. Emprunts européens au monde amérindien
Le pays et sa désignation

Le transport

Le vêtement

La chasse, la pêche

Les plantes médicinales

Les autres usages de la flore

L’alimentation

La culture

La diplomatie, la guerre
III. Les valeurs, l’univers symbolique, l’identité
Illusion ou réalité ?
IV. La critique des institutions


Denys Delâge
L'influence des Amérindiens sur les Canadiens et les Français
au temps de la Nouvelle-France
”. 1
Un article publié dans la revue LEKTON, vol. 2, no 2, Automne 1992, pp. 103-191. Montréal : Département de philosophie, UQÀM. Numéro intitulé : L'acculturation.


I

La rencontre

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Un missionnaire jésuite, probablement le père Louis Nicolas qui a vécu une décennie avec les Amérindiens et les a suivis dans tous leurs périples afin d'acquérir leurs connaissances des plantes et des animaux pour écrire son Histoire naturelle des Indes Occidentales malheureusement restée inédite écrivait vers 1685 :
J'ai pris assez souvent un grand plaisir de voir, et d'entendre les nouveaux venus de France qui protestaient qu'il leur serait impossible de mener et de vivre à la manière des Sauvages et qu'ils avaient une grande répugnance de voir seulement leur saleté à manger : mais enfin, dans l'occasion ils s'y sont faits par pure nécessité comme les autres vieux habitants et inséparables compagnons des Indiens 2.
Habitants et Amérindiens furent-ils d'inséparables compagnons ? Oui certainement, bien qu'à des degrés divers. L'interaction la plus étroite eut lieu dans les établissements amérindiens, là où des coureurs de bois se mariaient avec des Amérindiennes. Selon les lieux et les circonstances, ces mariages conduisirent soit à l'assimilation complète dans les sociétés amérindiennes 3, soit à la création des communautés métisses elles-mêmes culturellement très proches des Amérindiens 4. L'interinfluence culturelle fut également très prononcée dans les centres de peuplement français situés à proximité d'importantes communautés amérindiennes telle la colonie du baron de Saint-Castin chez les Abénaquis du nord du Maine, où celle des Canadiens partis de Montréal au début du XVIIIe siècle pour aller cultiver les terres de Détroit ou de Cahokia sur les rives du Mississipi.
Un troisième groupe se distingue, celui des colons installés dans les paroisses du Saint-Laurent et cultivant un territoire dont les premiers occupants sédentaires avaient disparu à la fin du XVIe siècle. Si l’interaction avec les Amérindiens y fut moins intense, elle n'en fut pas pour autant négligeable, bien au contraire. Notre histoire portera surtout sur les premier et troisième types de communautés, à défaut de pouvoir s'étendre sur le cas du MidWest américain. Il importe pour l'instant de retenir qu'il y a eu partout beaucoup d'interaction entre Amérindiens et Franco-canadiens, y compris dans les petites villes de Montréal, Trois-Rivières ou Québec et dans les paroisses rurales.
II

Emprunts européens au monde amérindien

Le pays et sa désignation

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Étrangers en Amérique les Européens durent d'abord faire la connaissance du continent. D'autres Font déjà dit, les Européens n'ont découvert que les routes océaniques pour se rendre en Amérique. Une fois rendus, c'est des Amérindiens qu'ils devront apprendre à découvrir le monde continental. Il suffira de retenir entre mille ce passage de l'Histoire de l'Amérique septentrionale de Bacqueville de la Potherie où il est question du voyage de Nicolas Perrot à la Baie des Puants (Green Bay pour la plupart des auteurs, ou le lac Sainte-Claire 5).
La curiosité de nos Français que Mr de la Barre avait envoyés fut beaucoup excitée par tous les discours que leur tenaient les Sauvages, ils n'entendaient parler à la Baie que de nouvelles nations qui nous étaient inconnues, les uns disaient qu'ils avaient été dans un pays qui était entre le midi et le couchant, et d'autres arrivaient du dernier où ils avaient vu de beaux pays, et dont ils avaient apporté des pierres bleues et vertes qui ressemblaient à la turquoise qu'ils étaient [avaient] attachées au nez et aux oreilles. Il y en avait qui avaient vu des chevaux et des hommes faits comme les Français ; il faut que ce soit des Espagnols du Nouveau Mexique. D'autres enfin, disaient qu'ils avaient commercé des haches avec des personnes qui étaient, disaient-ils, dans une maison qui marchait sur l'eau, au dégorgement de la rivière des Assiniboüels qui est à la mer du Nord d'Ouest. La rivière des Assiniboüels se rend dans la Baie d'Hudson au nord, [elle] est proche de Fort Nelson 6.
Les interlocuteurs de Perrot dans les Grands Lacs ont donc voyagé jusqu’au (ou à tout le moins entendu parler) Golfe du Mexique, à la Baie d'Hudson et manifestement ils connaissent également les Prairies. Voilà qui informe verbalement Perrot et ses hommes de la géographie continentale. Ces renseignements n'avaient pas qu'un caractère global, ils pouvaient également comporter force détails et précisions. Ainsi c'est La hontan qui nous apprend, tout comme le père Lafitau d'ailleurs 7, que les Amérindiens conservent des cartes
[...] les plus correctes des pays qu'ils connaissent auxquelles il ne manque (précise-t-il, et c'est là l'apport européen) que les latitudes et les longitudes des lieux. Ils y marquent le vrai nord selon l'étoile polaire, les ports, les havres, les rivières, les anses et les côtes des lacs, les chemins, les montagnes, les bois, les marais, les prairies, etc., en comptant les distances par journées, demi-journées de guerriers, chaque journée, valant cinq lieues (24 kilomètres) 8.
Il ne faudrait par contre pas croire que l'on pouvait trouver dans un autre village des cartes de toute l'Amérique. Ces cartes devaient représenter les espaces, parfois très grands parcourus par les membres de la communauté. Il est certain que l'on ne possédait pas des cartes de pays que l'on ne connaissait que par oui-dire. Les Amérindiens informent également leurs hôtes des techniques d'orientation en forêt, des peuples, de la faune, de la flore, des ressources y compris minéralogiques telles les sites de mines de cuivre ou de plomb 9.
Sur ce continent, pour reprendre La hontan, chaque port, chaque havre, chaque rivière [...] chaque marais, chaque prairie porte déjà un nom, voire plusieurs. Les explorateurs vont donc habituellement les transcrire phonétiquement, la qualité de la transcription étant fonction de leur connaissance fort variable de la langue de leurs interlocuteurs. En 1847, un chef et interprète iroquois du Sault Saint-Louis (Kahnawake), rappellera l'étymologie de certains noms désormais « européens » : Hochelaga de « Ohserake » chaussée de castor ; Ontario de « Onontario » beau lac ; Érié de « Eri » cerisier ; Niagara de « Jaonniakare » pointe ou portage bruyant ; Ohio de « Ohioonhua » maîtresse ou principale rivière ; Kentuky de « Keintake » dans les prairies ; Toronto (peut-être) de « Thoronhionko » il choque le ciel ou encore il te choque sous le ciel 10. L'origine iroquoienne également, Canada signifierait village. Parmi les toponymes actuels d'origine amérindienne, ceux qui sont de source algonquienne sont les plus répandus au Canada et à l'est des États-unis, ce qui ne devrait pas nous surprendre compte tenu de l'immense aire de dispersion des nations de cette famille linguistique. Retenons du micmac probablement, Québec (gepèg) désignant le rétrécissement du fleuve 11 ; Outaouais ou Ottawa de « Odawa » désignant la nation du même nom et dont le sens serait soit « commerçants » soit « coeur » 12 ; Yamaska de Mamaska (le crapaud) et Missisquoi de Massipscoubie (Peau de silex) sont d'origine abénaquise 13. Romaine de « orumen » signifie terre rouge en montagnais ; l'île Manitouline comme le Manitoba tiennent leur appellation du manitou. Au nord, la transcription s'est fait de l'inuktituut vers l'anglais. C'est ainsi que la rivière Koksoak est une déformation de Kuu Juak : rivière grande 14.
Mais des noms français, et surtout anglais ne caractérisent-ils pas la plupart des toponymes nord-américains. Certes oui. Presque toujours ils prennent la place d'un toponyme amérindien qui peut néanmoins continuer d'être utilisé en parallèle par les locuteurs amérindiens, bien que s'impose officiellement le toponyme de souche européenne. Cela correspond à une appropriation symbolique de l'espace qui consiste à occulter l'antériorité de la présence amérindienne. Cette pratique appartient donc au processus de conquête. Les puissances coloniales venaient en Amérique pour créer de nouvelles Hollande, Suède, Angleterre, Espagne. D'une manière générale donc quand les Européens se retrouvent comme des immigrants dans les sociétés amérindiennes ou encore tant que leurs rapports avec celles-ci se caractérisent par une forte interdépendance comme dans la traite des fourrures, les toponymes amérindiens s'imposent le plus souvent. Par contre là où les Européens coupent la forêt, occupent le sol et refoulent les Amérindiens les toponymes seront européens, le plus souvent sans rapports avec les racines autochtones. On voit bien à cet égard la différenciation qui s'instaure dans la cartographie du territoire de l'alliance franco-amérindienne. Le territoire de la zone seigneuriale française aura une consonance française tandis que partout ailleurs les langues amérindiennes l'emporteront le plus souvent. Ainsi même les Français finiront par renoncer à l'appellation Fort Frontenac (Kingston) pour Fort Cataracoui : terre de glaise tirée hors de l'eau 15. Exception significative, les missionnaires en pays amérindien baptiseront toujours de noms chrétiens les villages des amérindiens qui en retour maintiendront leur toponymes pour restreindre la désignation chrétienne à la mission plutôt qu'au village.
Sur le territoire actuel du Québec en dehors de la vieille zone agricole et seigneuriale presque tous les toponymes étaient encore amérindiens au XIXe siècle. C’est ainsi par exemple que sur une carte de 1829 accompagnant un traité notarié entre Abénaquis et Hurons, intéressant deux groupes d'émigrés qui, se partageaient les aires montagnaises en vue d'une délimitation des territoires de chasse des Laurentides, on ne trouve encore que peu de noms français, alors qu'ils sont omniprésents sur une carte géographique actuelle 16. Pour la basse côte nord, Anne Antane Kapesh rappelle à notre mémoire la même vérité. Qui donc a fait du passé table rase ? C'est la commission de Géographie du Québec qui à partir de 1912 a supprimé des milliers de noms amérindiens 17.
Ne fallait-il pas rayer de la mémoire l'antériorité des Autochtones qu'il fallait exproprier pour coloniser, bûcher et exploiter les mines ? Certes oui ! Par contre la justification qu'on en donna alors ne pouvait qu'occulter cette dépossession. Écoutons Eugène Rouillard, secrétaire de la société de géographie d'alors :
Sait-on tout le tort que cette manie des noms sauvages nous fait à l'étranger ? Jetez, Mesdames et Messieurs, un coup d'œil sur les cartes géographiques de notre pays, et, en particulier sur certaines régions de notre province : ne croirait-on pas y voir un immense campement de Peaux Rouges ? Feuilletez les horaires des compagnies de chemin de fer [...] et vous constaterez, avec épouvante, que la majorité des stations sont décorées de noms sauvages choisis parmi les plus repoussants et les plus rébarbatifs 18.
Cette peur des Canadiens français des XIXe et XXe siècles de « passer pour des Sauvages » constitue, me semble-t-il, un aspect fondamental de leur identité, mais il y a là matière à un débat dans lequel nous ne nous engagerons pas ici.
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