«A force de construire, je crois bien que je me suis construit moi-même» P. Valéry. Pour Plotin








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date de publication05.02.2018
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PVI N° 138 (18963 c.)

« C’est en construisant …

qu’on se construit soi-même »

Ou : « Bâtir pour se construire »…



« A force de construire, je crois bien que je me suis construit moi-même » P.Valéry.


Pour Plotin (néoplatonicien, 205,270), le savoir qui permet la construction architecturale doit mêler connaissances divine et sensible ; l'architecte est alors la « métaphore » de ce qui « ré-assemble », non en supprimant toute distance, mais en « re-produisant » l'ordre. De l'édifice, il est le médiateur, il  élève l'âme en présentant dans l'évidence l'image de l'Invisible, c'est à dire l'Unité d'une harmonie que le maçon ne voit pas, mais que l'architecte voit par l’œil intérieur. (L’extase plotinienne, pur mouvement de l’intelligence, s’oppose en effet radicalement à la révélation).
Le temple nous apparaît donc comme un ensemble structuré et ordonné, définissant un espace sacré. La construction une fois terminée présente en elle-même des fonctions symboliques afin que l'esprit averti puisse sans cesse y faire référence. Sa forme carrée ou rectangulaire, surmontée par une coupole, montre la relation entre le ciel et la terre.
Passer du chaos à l'harmonie, des ténèbres à la lumière, de l'extérieur du temple à l'intérieur du cœur, c'est bien là, la quête de l'homme, depuis l'aube de l'humanité, à la recherche de son histoire, de sa présence sur terre et de son inexplicable devenir.
L'homme du XXI° siècle ressemble à l'homme de tous les temps, prisonnier de la « caverne » que Platon évoque dans son célèbre mythe, tournant le dos à la lumière et ne pouvant pas, ne sachant pas ou ne sachant plus se retourner vers elle. Comment, dès lors, retrouver notre demeure, le sens caché de notre matérialité ? En abandonnant d'une part notre esprit sélectif et dualiste, en retrouvant d’autre part à travers la Connaissance et l'Amour le véritable sens de la Vérité, de la Beauté et du Bien, qui est pour nous Franc-maçon contenu dans le temple maçonnique matériel, image voilée et déformée du Temple idéal.
Ainsi la Franc-maçonnerie apparaît-elle, à travers l'image symbolique du temple, comme une vision et une affirmation d'un monde ordonné et orienté.




Construire le Temple, construire l’Homme :
L’initiation à pour but de faire naître un homme nouveau, libre et responsable, dépouillé de ses prétentions et de ses préjugés, et de lui permettre, par une sorte de conversion de son intelligence, de son âme toute entière, de considérer autrement le monde, de changer la nature de son regard sur le monde, sur les autres et sur lui-même.
Ce travail sur la voie ascendante autant que descendante est indispensable à tout Franc-maçon qui a l’objectif et l’ambition de bâtir son temple, au sens le plus large du terme. Il n’y a donc pas de véritable construction du temple sans Architecte au sens étymologique du terme.
L'idée de l'outil, de l'instrument, de l’arché et du tektonicos, débouche sur l'idée de travail, qui permet de former l'objet travaillé et, en même temps, le sujet travaillant, tel l'architecte Eupalinos, cher à Paul Valéry, qui dit qu'à force de construire, il s'est construit lui même. Ce travail valorisé, au centre de l'œuvre de tout Franc-maçon, doit être un instrument de maîtrise, de conquête de soi, de régulation et d'ordre, et en même temps, de libération et de liberté : on y cherche à se parfaire et à réunir la matière et l’esprit, longtemps décrié par le discours scientiste.
De la destruction du Temple de Salomon, il ne reste qu'un souvenir dans la mémoire des hommes : un Temple imaginaire …un Temple à reconstruire… un Homme à reconstruire. Le travail à cette entreprise, l’avancée sur ce chemin, sur ce que nous appelons la Voie Royale, s'effectue au sein d'une communauté traditionnelle dont l'objectif est de tenter de bâtir et de rebâtir sans cesse une Fraternité, toujours espérée pour le monde de demain mais toujours cimentée entre nous, Francs-maçons, par la Chaîne d'Union. Construire le Temple c'est construire l'Homme, accompagné par la Sagesse, soutenue par la Force et illuminé par la Beauté.
« Je ne t'ai donné ni visage, ni place qui te soit propre, ni aucun don qui te soit particulier, Adam, afin que ton visage, ta place et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même » (Pic de la Mirandole).
La Tradition est du domaine de la transmission de certaines connaissances d’ordre historique, culturel et symbolique ; grâce à la tradition nous nous communiquons de générations en générations non seulement une Histoire, c’est à dire une culture et un Mythe mais encore un Rite et surtout des moyens de l’interpréter par le discours et l’enseignement mutuel. En ce sens nous pourrions nous réclamer d’une lointaine Ecole de style pythagoricien … Plus modestement j’affirmerai que l’enseignement maçonnique n’est pas un dogme mais une méthode !
Le Mythe (Mytos ou Mutos = le Mot) est porteur d’un enseignement sous son aspect épuré de conte ou de fable ; il nous ramène à la connaissance de nous-mêmes sous sa forme la plus primitive … Il nous invite à redescendre au fond de notre propre enfer pour y retrouver le feu prométhéen, cette flamme divine que nous ignorons pour certains et que nous utilisons mal pour d’autres : aux ignorants la cupidité, l’envie ou la crainte ; aux savants le risque de l’orgueil, ce qu’Oppenheimer (inventeur de la Bombe A) avait si bien exprimé à regret au lendemain de l’explosion d’Hiroshima en ces termes : «  Ce jour là , les savants ont connu le péché ». Ce jour là, mes frères, ce n’était pas un Mythe !

Le Mythe nous restitue donc en tant qu’homme dans notre nudité existentielle et donc angoissante mais le Rite et l’enseignement maçonnique sont nos gardiens (le ticket retour de l’introspection, si j’ose dire !) : le Rite nous impose une certaine discipline traditionnelle qui évite de nous égarer sur les sentiers battus de l’erreur (v. Parménide, -500, -440) ; il nous appelle à descendre aux tréfonds de notre conscience, certes, mais il nous donne aussi les moyens d’en sortir ; l’enseignement fait de nous des apprentis mais ce n’est que pour mieux dépasser nos maîtres un jour prochain.

Ainsi ce retour à la Terre Mère, à cette « Caverne », l’invitation à méditer sur nous même (VITRIOL), suivi du silence de l’Apprenti puis la participation active du Compagnon - mais avec modestie, rigueur et tolérance - doivent conduire le néophyte vers une exaltation de son être, une véritable renaissance symbolique sur le plan spirituel. Il ne s’agit pas là d’acquérir une connaissance supérieure au sens strict du mot, mais bien d’avoir compris qu’en allant jusqu’au bout de soi même, en passant au Noir et au Feu, en nous rectifiant, nous pouvons prétendre à cheminer vers la Lumière.
Ainsi, passé le premier sacrifice qui consiste à se dépouiller du « vieil homme » dans le Cabinet de Réflexion, c’est à dire d’y abandonner ses préjugés et ses servitudes, la démarche Maçonnique est avant tout libératrice dans la mesure où elle est volontaire et non dogmatique .



Au delà du Mythe et du Rite, il y a donc cette méthode qui consiste à appliquer des Règles et à suivre des Enseignements. La première Règle est de se taire et de tenter de comprendre, d’apprendre à se comprendre : le fameux « Connais toi toi-même » de Socrate !

La seconde est de Travailler sans relâche avec l’espoir au coeur et la tête dans les étoiles, travailler sur soi-même comme avec les autres ; la troisième enfin consiste à conformer nos actes avec nos idéaux, c’est à dire tourner notre action au service du Bien, du Beau et du Juste …
Est-ce si compliqué ? Non, certes pas, mais c’est avant tout difficile parce que la voie qui chemine entre le Blanc et le Noir du pavé Mosaïque de nos Temples est une Voie étroite : «  Ce n’est pas le Chemin qui est difficile, c’est le Difficile qui est le chemin » ! On ne saurait mieux exprimer cette difficulté qu’en citant l’expression du passé Souverain Grand Commandeur Albert Chevrillon : « Le Franc maçon n'est point ce sage imperturbable sur qui les ruines de l'Univers s'abattront sans qu'il frémisse. Il connaît la douleur comme la connaît un autre homme. Il est sujet comme un autre à toutes les faiblesses humaines. Dans les grandes catastrophes il est au fond du gouffre comme tout le monde ; mais, par sa formation en Atelier, avec ses Frères et grâce à eux, il ne doit pas être le dernier à relever la tête, à regarder vers les hauteurs. Il sait en toute modestie qu'il ne va pas changer le monde, il n'oublie pas qu'il n'est qu'une goutte d'eau. Mais il sait que les océans sont faits de ces gouttes : que toute entreprise humaine ne peut être que collective et que, pour réussir, il faut que la Sagesse préside à la construction de l'Édifice » !
Nous sommes des bâtisseurs : l’Apprenti taille sa pierre, le Compagnon construit des murs, le Maître bâtit une Cathédrale … C’est bien, me direz-vous, mais qui va transmettre le savoir-faire ? Tout simplement au cours du Chantier ! Pour comprendre et pour restituer la Lumière, faut-il encore du temps ; faut-il encore que le grain de blé qui a pourri puis germé, devienne blé en herbe et se nourrisse par ses racines – c’est à dire de la Tradition - pour croître et porter enfin ses fruits … Alors seulement pourra-t-on prétendre à restituer ce que nous avons reçu mais c’est aussi en cela que réside toute la difficulté de l’Art Royal.

C’est cette « exaltation » des possibilités de l’homme qui caractérise notre Rite Ecossais Ancien et Accepté. En effet, contrairement à la Maçonnerie Anglaise dite des « Moderns », tournée vers les problèmes de société, prônant une autorité non despotique, une morale libéré du joug de l’église et une société affranchie du fanatisme, la Maçonnerie des « Ancients » - dont nous faisons partie - est, elle, tournée vers l’individu : en lui proposant une démarche initiatique, elle oppose au parti des philosophes une véritable ascèse par l’étude des sciences sacrées, la recherche d’une autonomie spirituelle et d’un perfectionnement de soi-même par la Connaissance.
Le Rite Ecossais Ancien et Accepté est bien sûr aussi dépositaire d’une philosophie structurée au XVIII° siècle dans le cadre de la pensée des « Lumières » ; on comprend donc que l’offre qu’il apporte à ses adeptes soit imprégnée de cette philosophie universelle de la pensée et de l’action, que le concept d’humanisme y prenne toute sa dimension en portant haut la confiance en l’homme dont la perfectibilité ne peut être mise en doute. De la même façon qu’à l’homme du siècle des Lumières, le Rite Ecossais Ancien et Accepté offre à l’homme du XXI° siècle la stabilité et l’immuabilité des espaces-temps de liberté que sont les Loges pour travailler sur soi-même à son propre perfectionnement et, par voie de conséquence, au perfectionnement de l’humanité.

L’instruction du grade d’Apprenti est explicite à ce sujet : nos outils sont la Règle, le Maillet et le Ciseau … Cela implique impérativement que toutes nos heures doivent être utilement employées, que c’est la volonté de perfectionnement qui nous anime et que nous devons rendre notre « pierre » conforme à son emploi pour devenir un membre utile et conscient de la société … Cela signifie qu’une fois opéré le travail de « réflexion » sur nous même, toutes nos actions doivent tendre vers un idéal humaniste et non point se contenter d’un repli égotiste qui consisterait à s’enrichir d’une connaissance qui ne serait point partagée …
Nous avons pris connaissance des symboles, des matériaux et de la méthode : c’est le plan tracé ; le travail peut ainsi commencer … en rappelant :


  • Que la construction est la partie de l’architecture qui consiste à employer les matériaux en

raison de leur qualité, de leur nature de manière à satisfaire aux conditions de solidité, de convenance et de beauté.

- Que le travail doit être essentiellement personnel ; c’est à cette condition qu’il deviendra œuvre utile pouvant être intégré dans un ensemble infini : « Tout Travail commencé ne peut être mieux achevé que par soi-même » (Descartes), quoique l’on puisse rétorquer que l’accomplissement de certains travaux nécessitât plusieurs générations (Bâtisseurs de cathédrales !). Il s’agit donc bien en Maçonnerie d’œuvrer pour changer l’homme tout entier et non point d’essayer de développer des pouvoirs humains particuliers.
Cette transmutation ne peut-être accomplie autrement que par l’Initiation dont les méthodes n’ont aucun lieu commun avec la seule pratique des sciences : Science et Conscience, Savoir et Connaissance …. Il y a donc nécessité impérative d’introduire à ces binaires la relation de moyen terme. Mais si l’orientation est possible, la communication est cependant fort difficile.

Sous l’éclairage de la pensée du Siècle des Lumières, tout nous ramène à l’homme prenant conscience de son histoire, de son devenir et de son accomplissement au sein de la société . Même si l’avènement de la Science , au XVIII° et XIX° et à fortiori en ce début du XXI° siècle, nous a semblé être en mesure de résoudre tous les problèmes matériels, la pensée humaine tendra inévitablement et parallèlement vers un besoin de Juste, de Beau et de Vrai
De cet idéalisme comme de cette ambiguïté naîtront un besoin de « Vérité existentielle » et donc quelque part une soif d’absolu … Sous cette ouverture, l’avenir est en marche et l’homme, « faisceau de questions » par essence, trouvera en lui-même les réponses (v. « Maïeutique » de Socrate, -470 -399)
La Voie semble tracée mais le principal danger de « déviance » demeure, conduisant à des extrêmes - l’histoire en est témoin -, de quelque nature qu’ils soient …Aussi les Lumières du passé sont-elles aussi celles de l’avenir pour celui qui désire trouver les moyens de penser par lui-même, pour celui qui se donne les moyens de construire, de par sa propre et libre volonté, le Temple Universel dont les buts seront toujours tournés au service du Bien.
La construction de ce Temple passe ainsi par la propre connaissance de soi et donc une certaine sagacité de l’esprit toujours en « éveil  ». Nous aurons alors recours à la connaissance intuitive qui seule est vecteur de communication réelle au travers du Symbole.
« Le Symbole, disait Bachelard, donne à penser et à méditer …. Il est une fenêtre ouverte sur le Monde ». L’aspect symbolique prend alors toute sa valeur significative, à double titre :

  • Valeur au niveau de l’Initié qui est « en recherche » … donc individualiste.

  • Valeur au niveau de l’Homme qui tend « vers l’autre » … donc altruiste.

Situées toutes deux entre « la Matière et l’Esprit ».

De cette double dualité existentielle peut ainsi renaître l’Unité au travers du Mythe et du Rite … Notre Rite et notre Rituel nous invitent à la fois à rechercher en nous-mêmes notre essence, c’est à dire ce concept d’Unité, comme à trouver en l'Autre ces différences nécessaires et fécondes …



Cette descente au fond de nous même, cet accouchement qui consistera à devenir ce que nous devons être, n’est pas sans douleur tant physique que morale … Ultime difficulté de l’ouvrage : le passage au «  Noir et au Feu » - Le VITRIOL du Cabinet de réflexion - pour aboutir à la jubilation intérieure de l’esprit, c’est à dire la construction de notre propre Temple intérieur, proposition préalable à celle de toute idée tournée vers l’extérieur, vers un Temple de l’humanité.
En effet : comment prétendre à la construction d’un Temple Idéal, d’une Cité de « toutes les fins »  si ce n’est qu’en passant par la propre édification de nous-mêmes, modeste pierre dont le dégrossissement puis le polissage conduit à son intégration au sein de l’édifice ?
A ce degré comme à tout autre, chaque pierre a sa place, aussi modeste soit-elle …
L’initiation et la symbolique doivent nous orienter vers l’accomplissement d’une renaissance totale à partir d’un centre propre à nous-mêmes et conduisant à la connaissance de Soi, indépendamment de celle d’autrui, même si cet autre est un miroir de nous-même. Il s’agit d’accomplir une révolution morale car la révolution uniquement matérielle ne peut trouver d’écho dans la restitution de l’homme dans le monde de raison et de justice vers lequel il aspire, c’est à dire une soif d’idéal. Il est ainsi nécessaire de se pénétrer d’un état de conscience tel que l’on puisse faire une sorte de prévision du futur immédiat - même de façon très vague - de l’œuvre à réaliser. Alors la construction du temple trouvera-t-elle donc pleinement sa mesure comme sa réelle valeur, à la fois dans l’accomplissement de soi-même comme dans celui des autres.
Confronté aux symboles qui décorent le temple, et plus particulièrement le Delta rayonnant, l’Equerre, le Compas et le Volume de la Loi Sacrée, l’Apprenti ouvre ses yeux à la « Lumière » et travaille à dégrossir sa « Pierre Brute » en se dépouillant de ses préjugés, de ses certitudes… La découverte du symbolisme sera, pour le nouvel Initié, matière à son intégration au sein de l’œuvre commune de construction du temple : La Sagesse doit présider à la construction de l’édifice, la Force le soutenir et la Beauté l’orner…
Cet équilibre, stable mais subtil, devra induire désormais chez le Franc-maçon toute la ligne de conduite de son Idéal, donc une soif d’Absolu, tourné au service du Bien, du Beau et du Juste, en dépit de ses propres imperfections comme de ses doutes…
Les textes fondateurs de la Franc-maçonnerie mettent en évidence que la notion de fraternité est au centre même de l’idée maçonnique : elle est d’abord fraternité initiatique puis fraternité des hommes. On peut dire ainsi qu’elle est d’abord posée comme une qualité spirituelle puis, par voie de conséquence, comme une vertu éthique.
N’oublions jamais que notre Ordre est avant tout Initiatique, Traditionnel et Spirituel !
S’il existe bien une différence entre bonne volonté et capacité, seul le travail sur lui-même permet au Franc-maçon de « poursuivre au dehors l’œuvre commencée au-dedans » (en évitant ce décalage parfois indécent entre le Temple et la vie extérieure). Ainsi, ayant fait en quelque sorte ses Humanités afin de se construire lui-même, l’éternel Compagnon que nous sommes participera donc à la construction de l’homme en général, c'est à dire l’autre, le « tout autre », en rendant le monde qui l’entoure plus humain, témoignant ainsi de son humanisme ; cette idée que l’homme se fait de lui-même dans son plus grand accomplissement intellectuel, moral, voire religieux ou esthétique, en réalisant une synthèse harmonieuse de la connaissance et de la vertu, nous permet de réaliser en nous l’accomplissement d’un idéal .



Il faut donc sans aucun doute bâtir l’Homme parce que, dans son être Social et Politique comme dans son être Spirituel et Culturel, il apparaît le plus souvent comme déchiré, perdu, brisé et plus particulièrement du fait que cet Homme d’aujourd’hui subit le drame majeur de sa génération qui vit à cheval sur deux mondes,  c’est-à-dire un monde qui ne finit pas de mourir et un autre monde qui ne parvient pas à naître !
Notre action sur le Monde peut-elle être autre que celle de nos capacités professionnelles, associatives, éducatives, familiales, relationnelles, transcendées par le travail de perfectionnement de nous même et la valeur d'exemple qui le traduit ? Cette expérience qui s'enrichit de l'Initiation et de la démarche initiatique, construit l'Être et son contact au monde qui l’entoure dans un rapport plus vrai, plus authentique.
Connaître n'est pas savoir ; savoir est apprendre de l'Autre alors que Connaître est apprendre de soi, dans son rapport avec le monde, de sa propre expérience d’Homme Total, à la fois Homme pensant et Homme vivant. L'Initiation est là pour nous rappeler en permanence que nous ne sommes pas un intellect séparé du Monde mais totalement immergé en lui.
Pour appréhender la Vérité du Monde et faire cet acte de Connaissance (qui est de l'ordre de l'expérience), nous avons à réapprendre à le lire, à le déchiffrer pour changer notre regard sur ce que nous pensions connaître et que nous ignorons dans sa réalité propre.
La Voie Initiatique parait ainsi dirigée vers des structures plus profondes, plus antérieures, qui révèlent ce que nous sommes en tant qu’Homme, forme de vie éphémère qui s'interroge sur le sens de sa finitude. Le mythe nous rappelle que notre intellect et ses fruits ne sont outils de connaissance que dans le Comment des choses mais non dans le Pourquoi où le moteur est l'intuition, transcendant nos limites physiques, intellectuelles et émotionnelles.

Accéder à la Connaissance n'est pas accéder à un cursus universitaire qui serait réservé à une élite intellectuelle, écartant les autres. Accéder à la Connaissance n'est pas accéder à un savoir littéraire ou plus généralement culturel. Si les livres nous aident, ce n'est que par notre positionnement à la pensée qu'ils transmettent. La culture dans les Voies de la Connaissance ne sert qu'à donner les moyens de communiquer pour essayer de partager notre propre expérience.
La démarche maçonnique, en tant que chemin de la Connaissance qui est son fondement initiatique, est en cela proche symboliquement du  « pèlerinage » où, pour un but à atteindre, on sort de notre douce quiétude, ici de l'esprit, là du bien être physique, pour améliorer nos capacités de perception par tous nos sens pour vivre la vie et non se contenter de la penser.
Nos opinions prennent naissance dans notre Ego, non dans notre Essence. Notre voie, comme toute voie ésotérique, fait ainsi appel à la fonction analogique de la pensée humaine. Travailler sur le symbole puis sur le mythe, c'est charger de sens au pluriel l'objet symbole, réveiller en nous ces associations subconscientes qui nous séparent de l'Archétype.
S'il y a tout à découvrir, il n’y a rien à ajouter, c’est un travail de « soustraction », de soustraction des personnages auxquels nous nous identifions, à ce que nous croyons être et qui n'est que ce que nous voulons, ou même redoutons.




Au coeur de nous même est l'Essence, objet de notre quête. Ainsi l’enseignement du Rite Ecossais Ancien et Accepté permet-il, au travers d’une certaine synthèse des traditions (« Il y a plusieurs demeures dans la maison du Père »: Jean XIV, 2), d’appréhender « une spiritualisation plus haute de l’Initié qui suit ainsi la voie traditionnelle de sa réalisation intérieure ».
Le Franc-maçon s’incorpore ainsi dans le plan constructif de l’architecture universelle et participe, de ce fait, à l’harmonie cosmique ; car au terme de la réalisation ascendante, l’Initié retrouve son unité ; il n’est plus seul, il est le symbole de l’Unité reconstituée, il a la joie profonde d’appartenir à un « bloc ». C’est parce qu’il travaille sur lui-même que le Maçon construit la Fraternité spirituelle qui le lie à ses Frères et qu’il peut participer à la construction du Temple des hommes.

Bruno Phelebon-Griolet et Michel Ravet

BANDOL







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