Notice sur les livres de Denis Duclos disponibles








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Epilogue, printemps-été




Le temps ne s’est pas arrêté avec la disparition soudaine de sept milliards d’êtres humains. Un maigre filet d’histoire a recommencé à couler. Indécent, abominable, mais vrai. Matériellement vrai : les survivants sont aussi des Humains, non ?

On ne peut pas même vraiment dire que l’humanité soit repartie de zéro, qu’elle ait été renvoyée au paléolithique. Non. En revanche, elle n’a probablement pas progressé aussi vite qu’elle l’aurait fait, littéralement façonnée, sculptée par l’extraordinaire contrainte de la mondialité technologique et de la marée démographique.

Cette contrainte même l’aurait forcée, à l’évidence, à se débarrasser plus vite des grands prédateurs et de leur stupide obsession du profit comptable. C’était déjà en train de se passer : les plus grandes institutions, les plus magnifiques, comme Wikipedia ou Wikileaks, étaient déjà entrées à pieds joints dans l’ère du communisme, de la gratuité, de la pure universalité. Le lucre s’éteignait ici et là comme un brasier dispersé. Plus rien ne rapportait, les rentiers se desséchaient comme des momies. Il aurait suffi de laisser faire et on se serait rendu compte assez vite que la dette n’était qu’une forme du salaire, et celui-ci un revenu universel qui, quelque soit l’emploi ou le non emploi, devait permettre aux gens de consommer ce que la machine productive mettait à leur disposition.

Les milliardaires fous, mais surtout les savants cinglés qui ont suicidé presque tout le genre humain au nom de l’intérêt des classes cultivées du monde entier, ont surtout réussi à ralentir énormément notre nécessaire marche en avant. On a recommencé les enfantillages sanglants, les vendettas, les guerres intertribales, celles-ci découlant des autonomies entrant peu à peu en compétition.

Seule l’anomalie occidentale « pluraliste » a encore joué, en permettant à d’étranges personnages d’inventer « l’escargot », colonisation démocratique et libertaire en spirale de commune à commune.

Ce mollusque totémique ne dit rien de l’extrême rapidité de la reconquête culturelle que cette technique a permise. Au moins sur toute l’Europe et les Etats-Unis, l’idée d’une collaboration mondiale entre les petites groupes de survivants a-t-elle prévalu et pu enrayer la plupart des dérives fatales et de replis les plus autistiques et les plus obscurs.

Le modèle a été repris plus laborieusement en Russie –presque complètement dépeuplée- et s’est trouvé rentrer directement en phase avec la société des villages africains. Ailleurs, il est vrai que les gens, ici ou là, ont pu continuer à se castagner entre clans, même réduits à quelques personnes, ou sont restés largement piégés dans des structures hiérarchiques écrasantes. Mais, dans l’ensemble, l’indicible massacre -que certains appellent « l’effacement », comme s’il ne s’était « rien » passé à proprement parler- n’a pas réussi à casser complètement la dynamique de communication mondiale d’avant l’Evénement.
Pour beaucoup, les protagonistes du filet d’Histoire post-apocalyptique ont rencontré leur destin, comme tous les êtres humains avant eux. Je ne tarderai pas à faire face au mien, ce qui serait plutôt une délivrance, à l’âge avancé auquel j’ai eu l’heur d’accéder.
Je ne vis plus au Mosa, mais dans l’ancienne tour météo au sommet du mont Ventoux et je ne mets pas un pied dehors avec le mistral incroyablement puissant qui sévit jusqu’au mois de mai. La tour a été modifiée, augmentée, amplifiée, magnifiée notamment par un groupe d’architectes chinois tombés amoureux fous du site. Ils se sont pleinement mis au service du projet : en faire le principal Haut-Lieu mondial de la Culture. Les étudiants qui briguent un niveau céleste de sagesse y convergent, parfois après avoir traversé à pied toute l’Eurasie.

Heureusement, nous avons inventé un système très efficace de sélection par le temps et par l’altitude. Les nouveaux impétrants doivent résider une année à hauteur de chacun des trois niveaux de la montagne. Ils ne rejoignent le bâtiment supérieur et la bibliothèque quasi-infinie qu’il contient qu’au bout de quatre années d’épreuves douloureuses, d’astreintes pénibles, de détours et d’exercices périlleux. Inutile de dire que la plupart renoncent (de leur plein gré, ajouterai-je, car nous n’éliminons jamais personne).
Ceux qui réussissent sont –le plus souvent- des personnalités aventureuses et décidées, des personnes attachantes et intéressantes.

Mais je dois avouer que j’éprouve aujourd’hui une fatigue grandissante à la prise en charge de ces Jeunes très doués pour l’initiation finale. Le respect dont je suis entouré m’honore, mais ne me satisfait plus. Et la contemplation du sublime paysage devant moi, courant depuis le Rhône  -ce large serpent d’argent fluctuant jusqu’à une Méditerranée fusionnant avec le ciel, là-bas, à près de deux cent kilomètres au sud-, ne m’émeut plus guère.

Régnant sur des millions d’ouvrages sauvés de la destruction, je me surprends à rêver de ma petite librairie sur la minuscule place ombragée au pied du Palais des papes. Je n’y suis pas retourné depuis quarante ans maintenant, et je la fantasme au-delà de la vague de montagnettes qui me cachent Avignon.

Il y a aussi mon ami Loïc. Il est mort il y a une semaine, pour ainsi dire en opération. Il ne viendra donc plus égayer ma retraite plusieurs mois par an, dans sa quête acharnée de documents révélateurs. Il faut dire qu’il était animé d’une seule passion, au fond, que cachait son statut professoral et de chercheur en sciences humaines.

Chercheur, il l’était indubitablement, mais plutôt tel un détective paranoïaque. La criminalité hors norme qui nous a conduit à cette situation n’a jamais cessé de le hanter, de le passionner, dans un registre, faut-il le dire, de fascination morbide. Et ce qui devait arriver est finalement arrivé : en soulevant le couvercle d’une zone d’ombre, il est tombé sur la haine pure d’un des criminels oubliés.

Celui qui l’a tué est le nommé Terrence Pendle, devenu chef d’une secte itinérante, et contre lequel Loïc avait réuni des preuves. Il l’a descendu d’un coup de pistolet dans la tempe, au café de la commune libre de Seigny où notre ami relisait la dernière mouture de la feuille d’info locales « La Qincaille », avant de la passer au marbre.

Pendle s’est laissé arrêter un peu plus loin, hagard et sans son arme. Personne ne l’avait vu accomplir son forfait, mais il a été reconnu formellement par Suzanne et les présomptions étaient écrasantes. Après un silence de plusieurs mois, il est finalement passé spontanément aux aveux. Satisfaction un peu tardive pour l’âme de Loïc, mais dont j’espère qu’elle a suffi à son repos.

J’ai, en tout cas, tout fait pour que ses funérailles soient à la hauteur du rôle qu’il a joué pour faire lever la pâte de notre « révolution ». Sans lui, sans son acharnement précoce et constant, nous aurions traîné, différé, ralenti. Nous nous serions divisés. Nous n’aurions jamais aussi rapidement conjugué nos efforts avec les Américains. Car celui que tout le monde surnommait « l’intello » ne témoignait pas seulement de connaissances précises sur le passé. Il portait aussi des idées très fructueuses sur la formation d’une société humaine supportable.

C’était un mari aimant et un père attentif. Son épouse, Donatella, est restée longtemps une compagne merveilleuse, bien que sur la fin, sa propre passion –organiser la nouvelle forme d’éducation familiale- l’ait entraînée sur les routes très loin de France. Elle ne m’a pas caché avoir éprouvé une intense jalousie à l’égard de Deanna, la « prophétesse » américaine, avec qui il avait entretenu des relations de grande proximité, et de réelle amitié.

Deanna s’est aujourd’hui retirée dans un haut lieu des Rocheuses, mais elle préside toujours aux cérémonies des Pierres Guidelines, lesquelles attirent chaque année des millions de pélerins venant se lamenter, se frapper le front contre elles, ou encore tourner autour comme naguère les croyants autour des pierres ancestrales de la Kaaba.
Une autre mort, survenue il y a deux ans, m’a beaucoup affecté : celle de Gros-Dos, le « dictateur anar», dont le talent d’organisateur militaire a permis aux organisations communautaires de s’étendre sans rencontrer pratiquement de résistance sur toute l’Europe. Mais on n’échappe pas au dicton ancien selon lequel celui qui vit par le glaive…

Dans son cas, ce fut bêtement une mine qui fit sauter sa Jeep sur un pont, dans le Caucase, alors qu’il tentait de rallier à notre cause des tribus tchétchènes miraculées.

J’ai toujours ma douce Marie et nos deux enfants, nés P-E (post-événement), mais elle n’aime guère monter ici, ni moi descendre sur les pentes caillouteuses. On communique par CB… ou par pigeons voyageurs, et on est resté très romantiques. Au moins dans l’imaginaire. Je pense qu’elle est assez heureuse dans sa fonction : enseigner l’horticulture autonome. Quand elle vient, deux fois par an, elle me ramène toujours des paniers de légumes incroyablement goûteux !
La Suzanne Poitou n’a pas vraiment mal tourné, mais c’est devenu un personnage autoritaire, une « Mère » de secte que je n’aime pas beaucoup rencontrer, bien qu’elle m’ait conservé une affection inaltérable. Il faut tout de même avouer qu’elle représente un rempart contre les dérives mercantilistes et contre la déformation de plus en plus patente des Colporteurs, désormais trop souvent suspectés de trafics illicites, et de toutes sortes de petits chantages sur fond de négoce d’informations. Mais quand elle mourra, je ne sais pas si d’autres prendront la relève avec autant d’énergie. Et puis qui m’enverra chaque année un cache-col aussi bien tricoté contre le mistral ?
Germain Boucquard, Haut Lieu du Ventoux, mercredi 24 mai 2032 de l’ancienne ère (Post Eventum 11)


4.

Le Programme

(sous presse)


Présentation :



238 pages, 10 euros, 53 cts

ISBN-13: 978-1515189152

ISBN-10: 1515189155

BISAC: Humor / Topic / Marriage & Family

Dans ce roman surréel et goguenard, nous en apprenons de belles sur Loïc Suddens, un anthropologue déjanté du CNRS, spécialiste du vaudou, ainsi que sur sa petite famille expatte aux Caraïbes. L'aventure, humblement démarrée sur les plages paradisiaques, s'enfle, s'enfle jusqu'à devenir mondiale. L'avenir de la planète est entre les mains de Loïc et de sa petite bouteille de bensilarium arrangé. Qu'il fasse vite ! Les sous-sols parisiens déjà résonnent des pas sourds des intellos zombifiés ! Arghh !
« Bonnes-feuilles » :

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