Notice sur les livres de Denis Duclos disponibles








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Notice sur les livres de Denis Duclos disponibles 2

sur Amazon.com et Kindle 2

(et/ou à commander par votre librairie) 2

I. Livres publiés par les éditions du Translatador (translatador@translatador.com) 2

II. Ouvrages parus aux Editions La Découverte, Presses Universitaires de France, Payot-Rivages, Poche-Agora, J’ai Lu, L’Harmattan, Nikta, Berg International, Daedalo, Anthropos, (etc.) entre 1996 et 2007. 4

1. Essais et études de philosophie 5

et d’anthropologie politique 5

par Denis Duclos 5

Présentation générale 5

Le « parlage » comme tension collective permanente vers l’unité humaine 7

Préambule 14

1. L’histoire humaine n’est autre qu’une image… 36

de la destinée de la parole 36

Prolégomènes 40

Le « totalisme » actuel, en perspective 40

d’une histoire humaine de la métaphore 40

Le monde contemporain comme approche du moment paradoxal de la métaphore orchestrale 54

II. Romans récents de Denis Duclos 58

Publiés aux éditions du Translatador 58

Le Cycle de « Terre-2351 » 58

Le Cycle « Fins et Commencements » 59

Cycle de Guama 60

Hors cycles : 60

71 63

72 65

20. Tournoi holomédiatique 69

Lake Land (ASSU district), 69

Rappahannock River, le 6 Octobre 251 69

Epilogue, printemps-été 79

4. 83

Le Programme 83

(sous presse) 83

XVI 85


« Bonnes-feuilles » :

Le « parlage » comme tension collective permanente vers l’unité humaine




Langage, langue, parole : les intellectuels intéressés à ces questions les ont soigneusement distinguées, tout comme la pratique populaire le fait. Mais ils ont souvent tenté de formaliser ces distinctions sans ressentir leurs liens dynamiques, historiques, dramaturgiques, subjectifs. Ils n’ont pas, sauf exceptions, reconnu qu’étant engagés dans la parole au point que notre raison en vacille et que notre vie en tremble, nous ne pouvions « raisonnablement » en traiter comme s’il s’agissait d’une factualité matérielle et instrumentale ou d’une idéalité.

Que la parole vienne en premier dans notre expérience actuelle, ce que rappelle la fameuse phrase de l’écriture sacrée – au commencement était le verbe- ne signifie pas qu’elle ait été tout-à-fait première dans l’aventure humaine. A moins de considérer dans la parole son trait élémentaire, inscrit dans l’origine grecque de son terme même : »paravole », à savoir : rapprocher. Oui, vraisemblablement, l’acte distinctif de l’Humain depuis qu’il l’est devenu, c’est sa tendance à évoquer une proximité entre deux « signifiés », quel que soit le moyen (physique ou verbal, naturel ou artificiel) dont il se sert pour réussir ce geste.

Pour ce qui concerne les langues, nous comprenons –en reconnaissant plus tard que d’autres ne parlent pas la nôtre- que ce sont des phénomènes collectifs enveloppant les paroles, mais qu’elles sont aussi traductibles : les enfants d’une cour de récréation cosmopolite en témoignent en quelques heures. Quant au langage, nous l’atteignons par un effort d’abstraction et de généralisation de type universitaire, et l’on aura beau pointer pour nous ce que nous sommes en train de faire en parlant ou en traduisant, il s’agira toujours d’une idée extérieure, superfétatoire. Molière l’a bien croquée dans le personnage du maître de prose de m. Jourdain.

Avant de parler en langues, ou même de présenter à la dissection académique un organe nommé « capacité de langage », je crois que nous avons tenté un énorme effort pour produire une image, une métaphore crédible de notre humanité –opposée à d’autres-. Autrement dit : la première métaphore –et il y en a nécessairement existé une, nous allons voir pourquoi– n’est pas une « parole » au sens ordinaire du terme. Ce n’est pas une simple « figure de style », ou « trope » à l’intérieur d’une phrase. C’est bien un « rapprochement » suggéré à autrui, (ou évoqué avec autrui) mais il prend plutôt la forme d’une poussée collective, d’un chant dansé, martelé, colorié – aurait dit Rousseau–, probablement aussi accompagné de projections quasi-scripturaires.

C’est encore –du même tenant– un rituel, une répétition, une relance, un réemploi, tout cela dans le seul but de faire tenir durablement l’hallucination de « l’être ensemble ».

La forme première de la métaphore, son prodrome nécessaire comme jouissance d’être-en-collectif, est l’hallucination voulue du Tout social, peut-être expérimentée comme addiction grâce aux drogues tôt découvertes, et finalement maintenue par le rituel partagé par chacun (ce qu’on retrouve renouvelé dans certaines sectes « New Age »). Notons qu’à ce stade premier, nous ne sommes encore ni dans le langage – plutôt dans une création collective multiforme peu structurée –ni complètement dans la parole –puisque celle-ci ne peut encore proposer sa place comme réaction, et pas seulement comme participation, acquiescement automatique.

Toutefois, il s’agit bien déjà d’un phénomène qui nous sépare des autres grands singes, y compris de ceux qui nous étaient quasi-identiques anatomiquement, et aussi d’un type d’actes que nous continuons à réaliser aujourd’hui à milliards d’interlocuteurs : quelque chose qui a radicalement changé en nous il y a quelques dizaines de millénaires, entre Es Skhul et Cro Magnon, et s’est poursuivi sans changement de fond jusqu’à aujourd’hui, près de cent mille ans après.

Ce quelque chose qui permet aussi de créer des parures, de changer de support d’outil, de tailler des hameçons, de dessiner un plan d’habitat, de fixer une sépulture, c’est, très probablement cette « culture » plus profonde que son seul alignement langagier, linguistique et « parabolique » (mot dont vient la « parole »), et qui réside encore en nous, presque inchangée.

Son essence n’est pas le recours au larynx phonatoire (bien que celui-ci s’avérera bien utile), mais plus largement elle est l’acte physique de comparaison entre deux objets… absents. Pensons au muet Harpo Marx quand il essaie de « faire dire » une suite de sons à un interlocuteur, ceci pour le pousser à découvrir un sens nouveau, imprévisible au départ.

Les objets à comparer en premier lieu ne sont pas n’importe lesquels : ils ne sont probablement pas des choses, au sens trivial du terme. Ils ne portent pas telle ou telle utilité ou fonction matérielle immédiates, et en tout cas jamais indépendamment de la valeur qu’elles prennent -ou qu’elles donnent- à des personnes. Les objets « qui comptent » sont surtout les témoins des forces que les Humains constituent avec vous -ou contre vous-.

L’objet le plus important n’est pas présent, et son absence même le rend plus crucial encore. Pourquoi ? Parce qu’il est… à construire ensemble, et parce que son existence même -encore imaginaire- dépend de la réussite de l’acte de suggestion de ce « tous ensemble » –désormais si essentiel pour la survie de chaque petite famille– mais jusque-là trop vaste pour tenir bon par la seule opération des systèmes affectifs organisant la forte solidarité du petit groupe d’apparentés génétiquement.

Nous appellerons ce grand objet crucial idéalisé, à faire, à répéter, à conserver, à réparer, le « référé » de la métaphore.

Quant à l’objet qui sert la construction de ce « tous ensemble », (ce qu’on nommera le « référent »), il est absent aussi, mais en un autre sens : il désigne justement le petit groupe affectif, généralement utérin (enfants de la même mère) et réellement existant, mais qui, jusque là, n’était pas désigné, et manquait donc de mots pour se dire. Sa présence concrète indéniable n’était pas ressentie comme telle, alors que, devenant élément d’une métaphore (« le grand groupe est ta vraie famille », par exemple), il est pour ainsi dire expatrié, déplacé de force dans la région du « raisonnement » (disait encore Rousseau).

Il est abstrait de sa propre réalité, toute chargée de sentiment immédiat et sans aucun besoin de paroles, pour devenir un terme, un mot, même si ce mot se connote facilement avec des contenus évoquant toute la gamme des sentiments forts et directs.

Observons aussi un pas décisif : le recours à un troisième terme, celui-ci purement instrumental -au moins dans sa fonction essentielle- et qui est le « moyen » de la comparaison : aune, mesure, registre de qualités, etc. Sans ce « moyen terme », pas de comparaison, pas de métaphore, même si nos intentions sont déjà claires et visant une répétition programmée. A l’inverse, quand bien même nous serions encore plongés dans une hallucination désirante, floue, peu consciente d’elle-même et de son but, l’apparition du troisième terme comme « prédicat » à attribuer au référent comme au référé, suffit à inaugurer une métaphore en plénitude. Pour autant, ne confondons pas le moyen et le but (ce que, néanmoins, la destinée historique des comparaisons n’arrêtera pas de faire) : si la trouvaille géniale du moyen-terme est indispensable pour « instituer » la parole, celle-ci comme acte ne lui est jamais réductible. La parole vient décidément avant la langue et le langage.

Le double acte d’imaginer un référé – comme désignant un « super-objet » supposé doté de bien plus de qualités que son référent réel (mais idéalisé) – et de déplacer ce référent dans la sphère même d’une comparaison (le moyen terme), peut à juste titre être appelé « métaphore ».

Vraisemblablement, il s’agit même de la première et principale métaphore, pour autant que, sans elle, l’humanité ne peut commencer à grandir comme groupe, ni donc à garantir son avenir dans une compétition terrible : sans elle, en effet, rien ne peut être capable d’amener les sentiments les plus puissants, liant et défendant le petit groupe, jusqu’au niveau d’une plus vaste entité de reconnaissance et d’affection réciproques.

Etre capable de mourir pour les siens est très accessible au primate. En revanche, lorsque « les siens » sont devenus une vaste nation, le primate a été remplacé par l’humain, un primate « métaphorisant » cette nation comme cause suffisante pour mourir, comme on le fait (spontanément) pour ses enfants.

La nécessité de cette métaphore pré-langagière et même pré-parolière entre petit et grand groupe devient évidente, du moment que nous acceptons la perspective darwinienne d’un avantage adaptatif crucial accordé au groupe qui, d’une façon ou d’une autre, peut s’allier fermement à d’autres, dans le but de former à plusieurs une « société plus nombreuse ». Darwin examine bien –dans La descendance de l’Homme - l’avantage de la vertu, de l’héroïsme, de l’altruisme, dans les chances de survie de la bande de primates. Il ébauche aussi quelques propositions sur le langage humain. Mais il ne va pas jusqu’à construire une explication sur un fait absolument décisif concernant notre humanité, mais qui n’était pas encore avéré à son époque : qu’elle s’est dégagée d’une terrible conflictualité chronicisée dans la corne de l’Afrique vers moins 60 000 ans, grâce – et seulement grâce – à une capacité de constituer des groupes beaucoup plus nombreux que les tribus concurrentes et avoisinantes.

Nous n’irons guère plus loin dans cette expérience en pensée, relativement inédite bien qu’assez simple, et nous n’avons pas l’intention d’entrer dans la série des ergotages sur sa vraisemblance ou son aspect « mythique ». Notons seulement qu’elle ne remplace pas le « mythe freudien » du meurtre du chef de horde tout puissant sexuellement, par ses fils, ces derniers s’interdisant du même coup mutuellement de le remplacer dans son pouvoir exorbitant. Elle se situe plutôt dans un passé plus lointain, celui de la formation de l’idée de « groupe » en tant que métaphore, laquelle implique, dans sa réalisation, que des formes d’échanges bien ritualisées soient trouvées entre les familles appartenantes pour stabiliser le grand groupe « commun ».

L’échange « de femmes » – cher aussi bien à Freud qu’à Lévi-Strauss – induisant la prohibition de l’inceste reste, dans ce cadre, une hypothèse forte, mais notre schéma de départ de la culture permet d’en relativiser le statut, et de le décaler dans le temps. Car la « loi » est d’abord celle d’une participation de chaque individu à l’hallucination désirée du « Tout », et c’est de cette obligation d’adhésion intime que proviennent une variété de « devoirs » pour chacun et chacune.

Le pacte entre les mâles est bien évidemment l’un des devoirs les plus fondamentaux, mais il s’impose comme tel parce que l’idée de loi est déjà là, dans sa fonction immédiate de « production de la société ».

N’oublions pas à ce propos que, si l’on lit Shirley Carol Strum dans ses grandes études des babouins du Kenya, il apparaît que d’autres solutions ont pu être choisies par des primates pour passer de la horde à la troupe de centaines d’individus : ainsi de la « hiérarchie des harems », qui établit un compromis entre la « possession de toutes les femelles » (qui n’existe d’ailleurs chez aucune espèce de grands singes) et le principe de domination masculine.

D’autres techniques sociales comme celle de « l’amitié » entre femelles et mâles de troupes étrangères peuvent aussi limiter la conflictualité, produire une intermédiation entre appartenance et hostilité. Les recherches de Jane Goodall ou de Frans De Waal montrent d’ailleurs que chez les chimpanzés aussi, c’est le compromis qui est de mise : les mâles supposés « dominants » ne peuvent régner qu’en partageant nombre de leurs prérogatives avec des proches ou des anciens, voire avec leurs mères et leurs compagnes !.

Nous incitons donc le lecteur à se plonger dans de passionnantes études éthologiques, mais nous en resterons ici au principal : la voie humaine a bien été celle du rapprochement, de la comparaison, de la métaphore entre deux réalités évoquées, déplacées dans le raisonnement : celle « existante » mais faible du groupe affectif immédiat, et celle « prospective » du grand groupe, ce dernier pouvant être auto-produit et perennisé par l’acte de métaphorisation lui-même.

Et c’est bien cela qui constitue le cœur de la trouvaille culturelle d’homo sapiens : il n’a pas besoin de fabriquer un bunker, ou de tisser un système d’échange fixe liant de très nombreux individus entre eux (comme les babouins). Il suffit qu’il se réunisse entre membres se reconnaissant mutuellement « appar-tenants » pour manifester leur adhésion et leur constante réaffiliation. La gestuelle métaphorisante, pour autant qu’elle est réciproquement reconnue, est l’acte réalisant et répétant le groupe lui-même !

C’est assez extraordinaire du point de vue de l’inventivité, et en même temps, nous voyons d’emblée comment l’espèce qui se lie à cette procédure engageant tout un chacun dans la répétition se contraint à des pratiques lourdes, mobilisantes et fragiles.

Faut-il, pour se savoir ensemble, danser tous les jours, sans interruption ? Faut-il revenir souvent dans des lieux sacrés, marqués et toujours davantage réimprégnés de notre présence en tant que membres (par exemple en peignant le contour de nos mains jusqu’à ce que toute une vaste paroi rocheuse soit couverte de nos empreintes ?). Faut-il que nous répétions inlassablement tel sacrifice, tel chant, telle processus initiatique pour être enfin rassurés sur la force de la solidarité acquise et maintenue dans un grand groupe dont les membres sont loin de se voir à chaque moment, et parfois même ne se connaissent « ni des lèvres ni des dents » ?

Nous ne remarquons pas, en constatant cela, que c’est précisément cette lourdeur et cette fragilité qui vont nous pousser constamment à « techniciser la métaphore », à choisir des dispositifs plus légers, plus efficaces, plus solides, de telle manière qu’au bout d’une évolution spécifiquement culturelle (vers la vocalisation, notamment), cette métaphore essentielle s’opérera de façon aisée, comme coulant de source, sans trop d’effort physique ou mental, sans participation continue, sans dispositif trop envahissant.

L’étape qui vient est donc de comprendre comment la métaphore, en se répétant constamment au cours de manifestations collectives, finit par construire des structures de société telles que retourner à la dissociation primitive entre petits groupes est devenu pratiquement impossible.

Nous entrons dans la description conjecturale d’un processus analogue au développement d’un embryon, à la différence près, entre autres, que l’embryon peut involuer et mourir, se décomposer, alors que, dans la compétition même pour renforcer la totalité culturelle se forme quelque chose de cumulatif, une « perfectibilité » permanente qui apparaît –jusqu’à aujourd’hui- comme propre-ment indestructible.

Le stade le plus nettement marqué, véritable assise d’une culture humaine irréversible, c’est - en apparence - le langage parlé. Son principal avantage n’est pas du tout, comme le croient encore la plupart des linguistes, de permettre la métaphore, mais il va la soutenir en la formalisant par une grammaire qui lui est adaptée, et surtout en l’entreposant dans un registre fermé, réservé, qui est celui de la linéarité vocalique, puis, par extension, celui du dépôt des suites articulées de sons dans une écriture.

L’existence de ce registre permet, comme dans la boîte de rails d’un train pour enfants (ou pour adultes), d’autoriser les branchements à loisir, de déployer et de réduire des arborescences sémantiques, de créer des sous-registres isolables, et surtout de créer des boucles et des retours.

Nous connaissons tout cela, souvent ressassé. Ce qui est moins considéré, c’est le mouvement même de la métaphore principale, celle qui fait « conversation sociétale » et l’emporte de loin par sa puissance sur toutes les occurrences des « figures de style » dans les innombrables occasions de parler et d’écrire. Ce qui est donc oublié, c’est la cause même de toute la dynamique qui, sans interruption, passe de la horde inventive par nécessité… au genre humain planétisé…par passion.

Or, retrouver le fil de cette mouvance géante, c’est découvrir comment, sous les mises en ordre techniques de la métaphore, et donc sous le système du langage, des langues et des paroles échangées, se poursuit sa visée la plus constante, même dans les conditions où celle-ci peut devenir sans objet ou même absurde : la poussée collective vers l’unicité1.
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c:\users\denis\desktop\desktop\maison d\'édition\livres sur la pluralité à éditer\édition pluralité mondialité\image couverture pluralité solution à mondialité.jpg

168 pages, 9 Euros, 91 cts

ISBN-13: 978-1519699701
ISBN-10: 1519699700
BISAC: Social Science / Future Studies
Présentation :

Il a existé plusieurs sortes de pluralités dans l'histoire humaine, chacune correspondant à un état des "métaphores orchestrales" en vigueur. La pluralité des religions a fonctionné par rapport à des logiques discursives qui les rassemblaient et les séparaient à la fois. Ainsi les monothéismes occidentaux (moyen orient inclus) forment-ils une discussion sur le jugement porté par une instance supérieure quant à la qualité des relations sociétales : unité dans la dispersion pour le judaïsme, égalité pour le christianisme, rassemblement des énergies tribales nomades pour l'islam. La pluralité des nations a tenté de gérer (impérialismes inclus) l'homogénéité des peuples, promis de toute façon à l'universalité. Mais quand cette dernière s'instaure profondément avec la mon-dialité actuelle, on cherche la pluralité qui lui est adéquate. Celle-ci s'avèrera nécessaire, pour autant que toute totalité est autoréférence, et toute autoréférence est paradoxe et finalement antinomie. Nous en vivons les souffrances et les symptômes au travers des réactivités violentes à l'individualisme "pour tous", cette logique totaliste inévitable de la modernité universaliste. Une pluralité spécifique de notre temps réside probablement dans la division interne de la totalité mondiale, non plus seulement en religions et nations, mais en grandes dimensions ou modes de vie humains. Cette pluralité "anthropologique" commencera par faire scandale et marginalité, car elle s'élève contre la tendance à la fusionalité établie, par exemple, dans la souveraineté nationale. Mais plus tard, elle est appelée à exiger sa part de souveraineté mondiale : ainsi du monde des villes, du monde de la culture et de ses hauts lieux, du monde des vicinités, de celui de la nature non artificialisée, ou même celui des technophilies. Ainsi, demain sera-t-il celui du "multimonde" et des sociétés civiles différentes qu'il implique. Ou bien les paradoxes inhérents à l'autoréférence mondialitaire se voulant totaliste, égalitaire et humaniste exerceront des ravages par l'impossibilité de former des identités supportables. Toute la difficulté est de penser cette pluralité de la mondialité sans se rabattre sur les anciennes globalités partielles prétendant, comme religions et nations, à une souveraineté absolue. L'auteur s'adresse ici en chacun à notre projection dans l'avenir proche et inévitable. Il est en effet plausible qu'une nouvelle pluralité soit une condition sine qua non pour résoudre, par exemple, l'antinomie émergente entre l'intérêt des humains vivants et celui des générations futures, ou entre l'individu abstrait et ses investissements affectifs et ses solidarités particulières. La réflexion proposée, sous l'apparente affabilité un peu molle de l'idée de "pluralité", invite à dépasser les catégories identificatoires extrêmement conflictuelles de l'actualité, qu'elles renvoient au clocher, à la mosquée, ou à la planète supposée entièrement peuplable de clones éthiques et de robots démocrates. Elle propose un effort vers l'intelligence et son courage propre : celui de ne pas s'en remettre aux métaphores éteintes, et d'imaginer les nôtres et celles de nos enfants.
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