Littérature russe








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Caractère continental du pays.



Il suffit de jeter un coup d’œil sur la carte de la Russie pour se persuader que les frontières de terre sont beaucoup plus développées que les frontières maritimes. L’Océan Glacial Arctique baigne, il est vrai, les frontières de la Russie sur une longueur de plusieurs milliers de kilomètres. Mais peut-on parler de côtes ? Elles ne comptent presque pas : c’est un désert difficilement accessible où la vie est peu apparente. Jusqu’à nos jours il y a des endroits où l’homme n’a jamais pénétré. Même au XX-e siècle, malgré les progrès de la technique, ces côtes peuvent être considérées comme un capital presque mort au point de vue de l'embarquement et du débarquement. Il n’y a que la Mer Blanche qui présente de l’intérêt, et encore faut-il rappeler qu’elle est gelée pendant sept ou huit mois de l’année. La Mer Caspienne n’est une mer que de nom : c’est une étendue d’eau fermée de toutes parts et par conséquent elle est privée de ce qui constitue le privilège essentiel de la mer : l’issue libre.

La vie entière du peuple russe s’est déroulée sur le continent et il n’est pas exagéré de dire que l’énorme édifice qui en constitue l’habitation ne possède que quatre fenêtres : la Mer Baltique, la Mer Noire avec la Mer d’Azov, un coin de l’Océan Pacifique et la Mer Blanche. Cela ressemble si peu aux côtes si développées de l’Italie, de la France, de l’Espagne et surtout de l’Angleterre, où toutes les frontières apparaissent comme des portes largement ouvertes.

Et si nous pensons que la Russie a pu se servir de la Mer Blanche seulement depuis la moitié du XVI-e siècle ; que depuis l’aube de son histoire la Russie a été empêchée par les nomades d’approcher de la Mer Noire et de la Mer d’Azov, jusqu’auxquelles elle n’a réussi à se frayer un passage qu’il y a deux siècles à peine, en même temps que jusqu’à la Mer Baltique ; si nous nous souvenons que la fenêtre ouverte sur l’Océan Pacifique a acquis une importance pratique à une époque encore plus rapprochée de nous, presque sous nos yeux et que le port d'Yekaterininskij, ce guichet de la péninsule de Kola ouvrant sur une portion de l’océan préservé des glaces ne date que d’hier, du temps de la Grande Guerre, si nous pensons à tout cela, le caractère continental de l’histoire russe nous apparaît plus évident encore.

Pourquoi la mer est-elle indispensable à chaque pays ? Parce que, s’il est vrai que la mer divise les terres, elle rapproche en même temps les hommes, elle les unit. Le peuple, privé d’un débouché sur la mer, est, pour ainsi dire, privé de rapports internationaux, il est gêné dans tous ses mouvements, dépend de tous ses voisins. Il ne s’agit pas seulement des grandes puissances qui ne seraient pas grandes si elles ne possédaient pas les mers : nous voyons la Pologne et la Lithuanie actuelles attacher une importance extraordinaire à leurs „corridors“ respectifs, à ce bout de mer, aussi petit qu’il soit. Nous avons vu la Tchécoslovaquie, située si loin de la mer, insister pour que dans le port allemand de Hambourg lui fût réservé un débarcadère pour ses navires, bien que ces navires ne soient que des bateaux de commerce. Plus la Russie se sentait privée de fenêtres et plus obsédant était le besoin qu’elle ressentait d’en avoir : ses efforts pour en obtenir étaient de jour en jour plus acharnés et elle ne cédait devant aucun sacrifice. Que signifient les campagnes de Novgorod contre les peuplades de Čud’ ? (Vod’ et Yam’.) Et la bataille d’Alexandre Nevsky avec les Suédois de Birger sur les rives de la Néva ? Et les guerres d’Ivan III et d’Ivan le Terrible avec la Suède ? Nous avons là différentes étapes d’un même chemin ascendant au bout duquel se dresse Pierre le Grand. Il a suffit de ce que Pierre posât le pied sur les côtes de la Baltique orientale, en repoussant les Suédois pour que la Suède, qui jusque là avait été une puissance de premier ordre, tombât au rang de puissance de second ordre et pour que la Russie en prit la place.

C’est une persévérance encore plus grande et un temps plus long encore que, dès les premiers jours de son existence, la Russie a voué à la conquête des bords de la Mer Noire. Est-il nécessaire de rappeler que sous Catherine II, étant devenue la maîtresse de ce qu’on appelait anciennement la „Mer Russe“, la Russie a considérablement raffermi en même temps sa situation internationale ?

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