Littérature russe








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La carte de l’Europe occidentale.



Cependant, si les actions des hommes ne s’accordent fréquemment pas avec les principes, il faut dire que leur volonté rencontre souvent des obstacles devant lesquels elle est obligée de capituler.

Examinons la carte de l’Europe occidentale. La nature a partagé le continent en un nombre interminable d’îles et de presqu’îles ; elle a disposé de grandes chaînes de montagnes entre une région et l’autre, en constituant toute une série „d’appartements habitables“ et de cette façon elle a prédestiné la formation de plusieurs états de dimensions relativement exiguës, ayant des frontières strictement déterminées et très nettement dessinées.

Cette fragmentation du continent européen dans l’occident a eu une importance particulière au moment où les nouveaux états étaient en formation et a produit des conséquences durables. À cette époque les individus vivaient isolément, ne connaissaient pas encore la complication des rapports internationaux que nous voyons de nos jours. Actuellement chaque unité ethnographique est menacée dans son existence par le danger d’être écrasée sous la pression d’intérêts multiples, soit purement politiques (territoriaux) soit, encore plus fréquemment, économiques et culturels dans le sens le plus large du mot.

Voyez la Corse, la Sardaigne, la Sicile, l’Angleterre, l’Irlande ; les péninsules, telles que la Scandinavie, le Jutland, l’Espagne, l’Italie, les Balcans ; dans le centre le carré formé par la Bohême et la Moravie, l’entrelacement des chaînes de montagnes et des vallées de la Suisse. Chacun de ces coins est un monde géographique à part.

Dans le centre de l’Espagne, qui est elle-même séparée du reste de l’Europe, nous trouvons la chaîne de la Sierra Morena, celle des Monts Cantabres qui servent encore maintenant de frontières aux Asturies, à la Castille et à l’Andalousie. Il a fallu plusieurs siècles pour que ces unités géographiques individuelles deviennent un tout unique, ce qui a été possible surtout grâce au lien de parenté qui rattache ces diverses unités entre elles et aussi parce qu’elles ont souvent passé par les mêmes épreuves, partagé la bonne et la mauvaise fortune.

Passons maintenant à la chaîne de Scandinavie, cette véritable épine dorsale de la péninsule de ce nom qui la divise en deux parties bien distinctes, en favorisant dans chacune le développement d’un groupe ethnique particulier : les Suédois à l’est et les Norvégiens à l’ouest. Quelles que soient les combinaisons imaginées pour fondre en une seule unité politique ces deux groupes, la nature, c’est à dire les particularités du sol et de l’homme, a toujours, comme de juste, fini par réduire à néant tous ces efforts. Nous avons là un rare exemple de sagesse : sans en arriver aux mains les deux peuples se sont paisiblement retirés chacun chez soi et nous les avons vus en 1907 former deux états indépendants. Est-il nécessaire de dire que cette „sagesse“ a été inspirée par l’influence silencieuse et souvent méconnue du rôle que dans le cas présent a été appelée à jouer la chaîne des montagnes de la Scandinavie ?

Les Apennins qui se déploient en ligne ondulée du nord-ouest vers le sud-est ont aussi joué un certain rôle dans la formation des groupes ethniques de la péninsule, bien que d’une façon moins prononcée que la chaîne des montagnes Scandinaves ; ils ont même empêché, jusqu’à un certain point, leur réunion politique, advenue ces derniers temps : on sait que le Royaume d’Italie est né dans la seconde moitié du siècle dernier. Bien que l’unification obtenue en 1870 et surtout après la Grande Guerre ait transformé la population hétérogène de la péninsule en nation italienne, nous voyons encore les traces de régionalisme avec son patriotisme local, cette force centrifuge qui n’est pas encore complètement éliminée. L’habitant de la Vénétie, l’homme originaire du Piémont, le Sicilien ou le Romain s’affranchissent difficilement des impressions et de l’idéologie du passé récent, du temps où ils se sont souvent trouvés face à face en ennemis. Dans leurs rapports mutuels on remarque encore souvent une certaine partialité au profit des intérêts locaux, qui ne sont pas toujours strictement coordonnés, comme cela devrait être, avec les intérêts de la patrie entière.

La péninsule apennine n’est pas seulement partagée dans le sens longitudinal, mais elle est aussi limitée à l’extérieur par une muraille difficilement accessible, formée par les Alpes. Des efforts surhumains ont été déployés pour les obliger à livrer passage à Hannibal, aux Cimbres et aux Teutons, aux Visigoths et aux Huns ; ensuite, au moment des Campagnes d’Italie, à la fin du XV-e et au commencement du XVI-e siècle, aux rois de France Charles VIII et Louis XII ; plus tard encore à Napoléon. Mais dans la vie de la péninsule toutes ces invasions n’ont été que des épisodes fortuits, des succès momentanés de l’ennemi : aucun conquérant n’a réussi à s’y fixer à demeure.

Il en a été bien autrement de la Pologne. Si ce pays a perdu son indépendance et a vécu plus de 50 ans sous la domination prussienne, autrichienne et russe il en est redevable en grande partie à l’absence de frontières naturelles.

De même l’Allemagne est parvenue à étendre ses frontières ethnographiques et à pousser vers l’Est, au delà de l’Elbe, à coloniser les pays slaves en germanisant leurs habitants précisément par ce que de ce côté les territoires allemands ne possèdent pas de frontières naturelles : la plaine germanique se confond insensiblement avec la plaine slave.

Ni l'Angleterre qui possédait jadis une bonne moitié de la France actuelle, ni l’Espagne qui avait mis la main sur Milan, la Sicile, Naples et les Pays-Bas ; ni l’Autriche qui pendant bien longtemps fut maître de la péninsule italienne en s’appuyant sur ses baïonnettes, aucun pays conquérant n’a su garder les provinces conquises. La raison de ce fait consiste en ceci : toutes ces provinces se trouvaient en dehors des frontières de leur propre territoire ethnographiquement homogène. Tel est le sort de toutes les régions étrangères annexées par la force : justement parce qu’elles sont étrangères elles finissent toujours par se détacher, afin de se réunir à nouveau aux unités politiques auxquelles elles avaient été arrachées.

Déjà bien avant l’ère moderne la France et l’Angleterre ont trouvé en Europe une ligne de séparation dans le canal de la Manche et si des contestations ont quand même eu lieu entre ces deux pays, le théâtre en a été placé presque toujours hors d’Europe, et elles ont éclaté au sujet de colonies situées en d’autres parties du monde. Du côté de l’Espagne la France s’est aussi enfermée chez elle grâce aux Pyrénées, et cela malgré l’assurance de Louis XIV qui affirmait : „plus de Pyrénées“. La séparation d’avec l’Allemagne est plus difficile pour des raisons de même nature : point de canal de la Manche, point de Pyrénées. Le Rhin n’a jamais été une barrière bien solide et actuellement il l’est moins que jamais.

Ce que nous venons de dire doit expliquer à l’avance pourquoi les tentatives entreprises à divers moments pour fonder des empires universels ont toujours subi des échecs retentissants. Les conquêtes égyptiennes au delà de la vallée du Nil n’ont pas eu de lendemain ; on peut en dire autant de la monarchie Assyro-Babylonienne ; la monarchie d’Alexandre a cessé d’exister après sa mort. La puissance universelle de l’ancienne Rome ne se basait pas tant sur la force des armes (surtout depuis que Rome était devenue effectivement la maîtresse du monde) que sur la romanisation qu’elle mettait en œuvre ; disons plutôt que sa puissance valait pour autant que le génie romain parvenait à dénationaliser les unités ethnographiques qu’il attirait de force dans l’orbite de la vie et de la culture romaine. En Espagne les Arabes se sont maintenus assez longtemps, bien que seulement dans certaines parties de la péninsule et au moyen d’une lutte incessante, tandis que de l’autre côté des Pyrénées leur puissance n’a été qu’éphémère. L’empire universel de Charlemagne et de ses successeurs, ainsi que ce qu’on connaît sous le nom de Saint-Empire romain de la nation germanique sont plutôt une idée qu’un fait réel. L’empire de Napoléon n’a même pas survécu à son fondateur.

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