Thèse présentée pour l’obtention du grade de Docteur








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2Fondements épistémologiques


2.1Epistémologie




Les technologies de l’information et de la communication modifient sensiblement les habitudes de vie et les méthodes de travail. Elles apportent des possibilités techniques qui permettent d’envisager des réalisations jusqu’ici réservées à l’imaginaire. Même si les connaissances progressent, les possibilités du cerveau humain n’évoluent pas. Les outils informatiques que l’homme utilise aujourd’hui l’aident à faire plusieurs choses à la fois, mais les fonctions intellectuelles de l’homo sapiens restent limitées aux capacités issues de l’évolution génétique de l’espèce. Obligé de s’accomoder de cette réalité, c’est en développant et en optimisant des méthodes nouvelles que l’humanité peut progresser. Il est pour cela nécessaire de connaître les étapes qui l’ont amenée jusqu’à un certain point avant de vouloir “imaginer la suite”. Les résultats du progrès, au sens de progression, de cheminement, sont bien mis en perspective par l’histoire dont le filtre objectif met en évidence les réussites et les échecs. Histoire et philosophie des sciences permettent de guider une recherche qui est d’abord épistémologique pour découvrir le ou les paradigmes qui vont encadrer efficacement et justifier le travail du chercheur.


2.1.1Histoire




Depuis quelques millénaires, la façon de percevoir et de représenter son environnement a toujours été un souci majeur de l’homme. Utiliser quelques nombres, mesurer le temps et les saisons, observer les mouvements célestes, trouver ou imaginer la cause de ses maux sont des préoccupations humaines depuis la préhistoire.

A cette aune, l’invention récente de l’écriture, en créant l’abstraction structurante du temps et de l’espace a mis en perspective les actions humaines dans l’Histoire.

Les éléments ainsi nommés, ordonnés dans une grammaire des sons et des idées furent rejetés à notre périphérie immédiate d’abord, céleste et stellaire ensuite. Les grecs, en inventant la géométrie [Serre, 1995], apportèrent une capacité à modéliser la réalité, à la construire avec des outils mathématiques voici vingt-six siècles. Cercles ou sphères inspirés de la nature puis carrés, triangles et polygones furent créés pour résoudre des problèmes quotidiens comme calculer la hauteur des arbres. Une fois l’imagination libérée grâce à la modélisation abstraite mathématique, les mesures hors de l’échelle humaine devenaient possibles. La terre démontrée ronde, sa circonférence était évaluée par Eratosthène. Quatre siècles plus tard Ptolémée, au IIème siècle décrivait un système planétaire géocentrique. Les axiomes, théories, hypothèses, démonstrations ou théorèmes des scientifiques ont également commencé, dès l’antiquité, à faire l’objet de réflexions sur la méthode.

En s’interrogeant sur leurs propres travaux et la façon de les conduire ils ont découvert la dualité complémentaire entre philosophie et science. Dichotomie toujours plus utilisée au sein des comités d’éthique qui se multiplient en ce début de XXIème siècle, il n’y a donc pas de vraie science qui ne soit discutable et discutée par la philosophie. La place grandissante des Systèmes d’Information qui ont permis à Internet une extension mondiale le temps d’un lustre participe aussi à ce débat, riche de nombreuses questions philosophiques.
L’Histoire enseigne qu’il y a des périodes d’accélération dans l’accès aux connaissances.

La diffusion, par l’imprimerie à la fin du XVIème siècle, des progrès techniques de la fin de la Renaissance, puis le “Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences” de Descartes firent partager à partir de 1637 une réflexion sur la façon d’aborder les problèmes, ouvrant le débat sur les moyens que l’homme allait devoir mettre en place pour répondre aux questions qu’il pouvait et osait désormais se poser.

Il préconise la méfiance vis à vis des idées reçues, à savoir “de ne jamais recevoir une chose pour vraie que je ne la connaisse évidemment pour telle, c’est-à-dire d’éviter soigneusement la précipitation et la prévention…". Un siècle plus tard, d’Alembert complètera en disant : “on généralise ses premières remarques l’instant d’après qu’on ne remarquait rien” [Bachelard, 1972, p.20]. Vouloir dépasser ses impressions premières, supposer qu’il y a une vérité à découvrir au-delà des apparences pour le premier, prendre du recul, remettre en cause ses hypothèses pour le second, la science elle même devint objet d’étude.

En déplaçant l’Homme depuis le centre de l’univers vers une périphérie inconnue, Copernic (1473-1543) n’a pas seulement brisé le carcan de représentations égocentriques, il a brisé les murailles de l’épistémè d’alors et ouvert pour les générations futures d’autres chemins de la connaissance.
Une fois posé le principe que la connaissance n’a rien d’évident et de spontané, il restait à définir le processus qui permet d’y parvenir, ce que Descartes (1596-1650) a légué dans ses préceptes :

“le second de diviser chacune des difficultés que j’examinerai en autant de parcelles qu’il se pourrait et qu’il serait requis pour mieux les résoudre.[…] Le troisième de conduire par ordre mes pensées en commençant par les objets les plus simples et les plus aisés à connaître, pour monter peu à peu comme par degrés jusqu’à la connaissance des plus composés”.

Après avoir indiqué son chemin d’accès à la connaissance par la “maîtrise” de la complication, Descartes était conscient que cette segmentation pouvait, à force de séparation des “parcelles”, aboutir à oublier l’ensemble de départ. Il pose alors un quatrième précepte : “Et le dernier de faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre.”

Son intuition à ce niveau suppose qu’il existe des entités faites d’un nombre d’éléments qu’il suffit de connaître individuellement pour en approcher le tout. Ses recommandations sont toujours présentes dans la tradition de gestion des entreprises où la division "cartésienne" du travail influence fréquemment les organigrammes des organisations.


2.1.2Actualité




La progression des connaissances impose toujours plus de spécialisation, créant de nouvelles disciplines. Hier inconnues, utopies insoupçonnées par les plus imaginatifs, les innovations appartiennent au quotidien dans des domaines divers et mêlent désormais des connaissances venant de disciplines parfois éloignées.

L’invention de l’écriture a créé l’Histoire, le droit, les cités et les états, le commerce, la pédagogie… Bien d’autres innovations rendent le “retour en arrière” impossible. Il est probable que les nouvelles technologies de l’information et de la communication produisent une évolution comparable.

Les expériences passées enseignent que les adaptations nécessaires de l’Homme, tant à son milieu naturel qu’à ses propres inventions, prennent du temps. L’évolution même des inventions majeures est chaotique, remise en cause par les changements d’habitudes qu’elles impliquent, freinées par des moyens de diffusion limités ou inexistants, limitées souvent par des barrières psychologiques. L’utilisation de la roue, connue en Mésopotamie depuis plus de cinq millénaires, n’a pu se diffuser en Amérique qu’avec l’arrivée des européens. Avec la roue, la traction animale a permis aux sociétés qui en avaient la maîtrise des développements considérables pendant des millénaires. Lorsque la traction animale commença à disparaître au profit des machines à vapeur, il n’a ensuite fallu qu’une cinquantaine d’années pour que l’automobile et son moteur à explosion "chasse" le cheval de notre quotidien.

On assiste à une évolution comparable dans le domaine des télécommunications où le courrier électronique remplace les missives caligraphiées. Les implications collatérales à cette nouveauté ont déjà changé les pratiques de gestion. La circulaire papier qui par définition faisait le tour des services a disparu au profit de la liste de diffusion électronique. Tous les acteurs sont joints simultanément, abolissant le temps et l’espace, permettant de diffuser l’information à des collaborateurs dont l’éloignement géographique devient quasi virtuel.
D’un usage devenu courant depuis une vingtaine d’années, les nouvelles technologies de l’information et de la communication vont aussi provoquer l’extinction de certains métiers, la perte de certaines de nos capacités. Comme la mémoire des individus, sérieusement diminuée faute d'exercice à cause de l’écriture, les changements des comportements individuels et collectifs sont inéluctables.
Les machines auxquelles sont déléguées des tâches toujours plus complexes vont continuer à modifier le rapport sujet/objet. Désormais “intelligentes”, mues par les algorithmes informatiques, qui sont des enchaînements de programmes simples exécutés en séquences, elles peuvent prendre de façon autonome des décisions adaptées à leur environnement et finaliser les actions nécessaires pour atteindre un objectif. Les objets peuvent aujourd’hui être sujets.

L’arrivée des mémoires électroniques illimitées (ce qui ne veut pas dire qu’on n’en mesure pas les capacités physiques) combinées aux outils logiciels apportent des possibilités d’action sur des groupes de dizaines de millions d’individus. Les sujets peuvent aujourd’hui être stockés comme des objets.

L’informatique, la génétique, l’anthropologie et la sociologie concourent ensemble à connaître l’histoire des migrations géographiques des gènes. Le sujet se dissout dans ses composants et la technologie fait maintenant corps avec les sciences humaines.
L’étude des comportements des consommateurs dans sa dimension sociologique est au centre de ces questions. Sans les sciences de l’information, la gestion d’une clientèle se ferait encore comme il y a quelques années avec des fiches clients très longues à confectionner et très difficiles à manipuler. Régler ses achats dans une grande surface serait toujours, à peu de choses près, l’affaire de la “Pascaline”, l’additionneuse mécanique inventée en 1642 par Pascal. Le code barre, sur les emballages depuis 1974, est maintenant sur la carte de fidélité. Le circuit imprimé sur la puce de la carte de crédit ou sur la puce RFID (radio fréquence d’identification) permettent aujourd'hui de mesurer instantanément les flux d’échanges monétaires, tout en rassemblant de nouvelles informations sur les clients.

Cette interrelation des sciences exactes et des sciences sociales nécessite une réflexion soigneuse sur la méthode de recherche qu’il convient d’utiliser. Celle-ci ne pourra être choisie et définie qu’après avoir étudié les travaux des épistémologues.


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