I un principe de dénomination








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1912 : Exposition des futuristes à Paris, à la galerie Bernheim Jeune
Cette exposition sera très critiquée par Apollinaire qui soutient le cubisme, Braque et Picasso. Il juge leur peinture trop littéraire, et loin de la créativité plastique du cubisme. Il considère aussi que le futurisme n’est pas à la hauteur de ce qui s’est passé entre Montmartre et Montparnasse. Boccioni réalise alors qu’il est temps de prendre ses distances avec l’esthétisme parisien.

Les peintres futuristes vont mettre en place un nouveau manifeste. Ils reprochent au cubisme de Braque et de Picasso son statisme. Il pose les bases du dynamisme universel. Si la matière et l’espace relève d’une même essence, un même dynamisme les anime.

OEUVRE : Russolo, dynamisme d'une automobile, 1912-1913, peinture
Il s’agit de la première œuvre futuriste relevant d’un langage plastique cohérent et totalement spécifique. La succession des angles aigues donnent la sensation d’un mouvement très rapide. Les couleurs criardes renvoient à l’énergie de la vitesse, voire à son bruit. Il faut aussi observer une compénétration des plans, ce qui induit des lignes de force. L’Angle de Mach a été inventé par Ernst Mach (1838-1916), un physicien autrichien qui travaillait plus particulièrement dans le domaine de l’aérodynamique. On lui doit l’invention de l’angle de Mach qui correspond à un rapport mathématique entre la vitesse local du son et la direction de la vitesse. D’où la présence de nouveau revendiquée dans le futurisme d’une touche en V (l’angle aigu du V), mais qui dès lors détient une dimension symbolique et un pouvoir de représentation important.
Cette peinture est à mettre en relation avec le monument à Emile Levassor qui venait d’être réalisé à Paris. Cet ingénieur et coureur automobile avait établi en 1895, un record, en parcourant avec sa super voiture Panhard la distance Paris-Bordeaux à la vitesse exceptionnelle de 24, 6 kilomètres à l’heure. Et oui ! Il s’agit pour l’historien de réussir à se replacer dans le contexte de l’époque.

OEUVRE : Severini, Dynamisme d'une danseuse, 1912, peinture
Cette oeuvre est très lumineuse, comme souvent pour les peintures de Severini. Les couleurs vives donnent aussi un caractère ludique, mais les touches en V maintiennent un caractère agressif.

L’approche de la guerre va inciter les artistes à créer des œuvres de propagande. Ils vont aussi défiler dans les rues, signer des pétitions et distribuer des tracts.
OEUVRE : Carra, Manifestation interventionniste, 1914, collage
Cette œuvre répond au cubisme. Elle en reprend le processus du collage, mais lui donne un mouvement concentrique selon un agencement spécifique qui détermine des obliques avec un angle proche de celui de Mach. Les futuristes reprochent à Braque et Picasso, de ne pas avoir créer un art engagé du point de vue politique. La bohème, ce n’est pas la révolution en actes. Cette œuvre renvoie aussi aux affiches politiques qui commencent à couvrir les murs des villes. Elle est réalisée avec une multitude de coupures de presse et des mots sont aussi peints.
Il s’agit donc d’un exemple d’un art de propagande.

4 – La métamorphose du futurisme vers un art plus ludique

Pendant la première guerre mondiale (1914-1918), le futurisme ne disparaît pas mais prend un nouveau visage. Il va s’ouvrir à de nouveaux médiums et ouvrir une brèche importante dans le décloisonnement des arts qui correspond au passage des Beaux-Arts vers le domaine des Arts Plastiques. La peinture et la sculpture ne représentent plus du tout les deux arts principaux dans le cadre de l’Histoire de l’art du XXe siècle. Le siècle s’ouvre à la performance, au design, à de nouvelles formes de théâtre et de danse, à la photographie, au collage, etc.
On peut donc parler d’un deuxième temps du futurisme qui va plus particulièrement s’attacher à renouveler le théâtre, la danse, la musique, l’architecture et les arts décoratifs. De nouveaux artistes du futurisme, une seconde génération, apparaissent. Leurs œuvres seront beaucoup regardées par la suite.
THÉÂTRE - DANSE

OEUVRE : Fortunato Depero, Ballets Plastiques, 1918, huile sur toile, 100 x 70 cm.
Fortunato Depero a une vision machiniste et poétique du monde. Son œuvre s’inspire du théâtre de marionnettes, de marionnettes géantes. Il conçoit des tableaux comme des scènes imaginaires où existent des figures à l'apparence d'automates drolatiques. Les couleurs en sont vives et étranges. Tous les matériaux sont possibles. C’est le temps de l’ère industrielle, et le questionnement des relations entre l’homme et la machine développe un imaginaire de l’homme robot. L’œuvre de Depero propose une perception enchantée d’un monde futur imaginaire.

ARCHITECTURE
OEUVRE : Antonio Sant’ Elia, Ville nouvelle, 1914, dessin
Antonio Sant’Elia est diplômé, architecte, en1912. Il ouvre une agence, mais en temps de guerre, les projets de réalisation concrète n’abondent pas. Aussi, il va réaliser de nombreux dessins qui resteront à l’état de projets utopiques, mais qui développent une nouvelle conception de l’architecture totalement novatrice. Ses dessins mettent en place l’architecture de la modernité, et seront beaucoup regardés ensuite par Le Corbusier, ou encore Mies van der Rohe, qui s’en inspireront pour des réalisations, concrètes cette fois-ci. Dans ses dessins, il faut noter le refus de l’ornementation (les pans des murs sont lisses et sobres), un dépouillement, un gigantisme (les gratte ciels)… La place comme un parvis évoque aussi la ville moderne. Sant’Elia meurt en 1916 au front.
ARTS DÉCORATIFS
OEUVRE : vers 1918, Balla, Lampe Raggiante, laiton découpé, verrine moirée design
On retrouve la forme en chevrons, la forme en V qui représente l’angle de Mach. Cet objet est un prototype qui ne pourra pas être réalisé car le temps de la guerre ne le permet pas. C’est un objet de design qui n’a absolument pas vieilli. Il est très moderne. Par ailleurs, on passe de la représentation picturale de l’électricité à la réalisation même d’une lampe. Le projet visant à changer le monde, même s’il demeure utopique, passe par le projet de changer le cadre de vie dans un esprit de démocratisation.


Le Futurisme pose un paradoxe important au regard des relations entre art et politique. La prise de pouvoir fasciste en Italie le met à jour. Marinetti va chercher à créer un parti politique. Il existe même en 1909 un premier manifeste politique futuriste pour les élections générales. On peu y lire ces mots fort douteux : "Nous exaltons le patriotisme, le militarisme ; nous chantons la guerre, seule hygiène du monde, superbe étincelle d'enthousiasme et de générosité, noble bain d'héroïsme". Le désir utopique de changer le monde, dans sa nature révolutionnaire, va prendre la défense de la guerre, ce qui constitue un paradoxe important de ce mouvement en terme d’éthique. Le nationalisme l’emporte un temps. Marinetti va même rencontrer Mussolini en 1918. Le poète d’Annunzio les rejoindra. A un moment, ils auront le même projet de révolution. Si Marinetti a été tenté par un projet totalitaire dangereux, menaçant, et inacceptable, il faut savoir que les artistes plasticiens ne le rejoignent pas sur ce point. L’étude du futurisme comme mouvement artistique demande donc d’être particulièrement vigilant, et montre toute la complexité, dans ses forces et ses fragilités, des avant-gardes.

4. NAISSANCE DE L’ABSTRACTION (1911 – 1919)

L’abstraction se développe au même moment, mais de manière isolée, dans l’œuvre de plusieurs artistes. Les artistes les plus importants sont Kandinsky, Kupka, Delaunay, Malévitch, Mondrian. Nous nous concentrerons sur deux d’entre eux : Kandinsky et Malévitch. Leurs démarches sont très distinctes et permettent d’étudier deux perspectives différentes de l’abstraction. Ce sont tous les deux des pionniers de l’abstraction. Kandinsky crée l’abstraction non géométrique, une abstraction lyrique. Malévitch crée l’abstraction géométrique, de manière plus radicale. Kandinsky est de nationalité russe mais il travaille en Allemagne, alors que Malévitch est de nationalité russe et travaille en Russie.
Attention ! L’abstraction ne correspond pas un art qui ne représente rien, comme on le lit trop souvent, mais qui représente quelque chose d’invisible à l’œil nu. L’abstraction n’est pas non plus un art coupé du réel, mais un art qui cherche à représenter un réel invisible à l’œil nu. Au début du XXe siècle, avec le développement des sciences, de la psychanalyse et de la photographie, la peinture rencontre une nouvelle ambition. D’où la naissance de l’art abstrait. Ce courant va par ailleurs s’opposer au matérialisme prôné par la montée du capitalisme qui résulte du développement de l’ère industrielle. Kandinsky et Malévitch, chacun à leur manière, vont défendre la spiritualité pour lutter contre le matérialisme. La proximité de la première guerre mondiale leur fait réaliser que la machine n’est pas forcément l’alliée de l’homme, car il a été conduit à créer des machines de guerre. Kandinsky et Malévitch cherchent un art qui préserve l’humanisme, et fasse prendre conscience au spectateur de la survie de l’être humain, du meilleur de son esprit, la spiritualité. Il ne s’agit pas de revendiquer la religion, mais une quête méditative.

I - WASSILY KANDINSKY
Peintre français d'origine russe (Moscou 1866 - Neuilly-sur-Seine 1944)
Historiquement, la première œuvre abstraite date de 1910. Elle est de Kandinsky. C’est un artiste qui ne montrera jamais d’intérêt pour le cubisme, ce qui est assez rare à cette époque. Il bascule peu à peu dans l’abstraction de manière consciente. Il faut bien prendre en compte que basculer dans l’abstraction comporte un risque très grand pour les artistes. Ils vont vers un espace de représentation dont il ignore tout, ils en ignorent les repères, mais ils en ont la vive intuition.
OEUVRE : sans titre, mine de plomb, aquarelle et encre de Chine, 1910
La première œuvre abstraite est cette aquarelle. C’est un médium que l’on travaille de manière rapide. Il permet spontanéité, et rapidité d’exécution. En 1910, Kandinsky commence la rédaction de son livre Du Spirituel dans l’art. La lecture en est passionnante, et permet de bien comprendre sa relation à l’abstraction.

  • L’œuvre de Kandinsky avant 1910


Kandinsky naît dans une famille bourgeoise russe. Il fait des études très poussées de droit et d’économie. En 1896, il a trente ans, et envisage de se consacrer à la création artistique. Il quitte Moscou, et s’installe à Munich, en Allemagne, où règne un climat d’avant-garde. Dans son livre Regards sur le passé, qui paraît en 1913, il raconte a posteriori les trois moments importants de sa vie qui lui semblent marquants eu égard à sa vocation artistique. Le premier a lieu en 1889 à l’occasion d’un voyage à Saint-Pétersbourg au musée de l’Ermitage où il tombe en admiration devant les tableaux de Rembrandt. Le second se déroule alors qu’il assiste à un concert de musique de Wagner. Il réalise qu’il associe dans son esprit chaque note de musique à une couleur. La musique est l’art le plus abstrait qui soit, elle a son propre langage. A partir de ce concert, Kandinsky établira une analogie entre musique et peinture. Enfin, lors de sa visite de l’Exposition des impressionnistes français à Moscou, il aura un autre choc émotionnel devant la série des Meules de Foin de Monet. L’objet est dématérialisé par la lumière.
- Les années de formation
Kandinsky rencontre Jawlensky à Munich en 1908. Ils forment ensemble le collectif Der Blaue Reiter qui correspond à la première vague des avant-gardes en Allemagne, c’est-à-dire l’expressionnisme allemand. Les artistes allemands sont alors très critiques eu égard au gouvernement de l’empereur Guillaume II qui accède au pouvoir en 1888. Afin de parvenir à maîtriser le pays qu’il gouverne, l’empereur va niveler l’ensemble du peuple allemand dans une opinion monocorde, parfois par le biais de la censure et de mesures répressives. Il considère par ailleurs que l’art doit servir son pouvoir, et il bannit toute autre création. L’Allemagne est en effet constituée d’une mosaïque d’états et il est difficile de connaître la situation dans chaque zone. Au début du XXe siècle, il existe aussi un essor économique répondant aux besoins et aux conquêtes d’un capitalisme en pleine expansion. Aux transformations rapides, va correspondre une poussée démographique. Trois villes vont se développer : Dresde, Munich et Berlin. Il en résulte une crise des valeurs importante dans les esprits. L’avant-garde alors naissante s’oppose à la politique répressive de l’Empereur. Kandinsky et Jawlensky pensent qu’il est essentiel de répondre à la crise des valeurs par un art susceptible de répondre à une quête spirituelle qui pourrait s’opposer au matérialisme alors en expansion. Ils décident de quitter Munich, pour s’installer à Murnau, un petit village situé à 60 kilomètres de Munich, entouré d’une campagne luxuriante. C’est à Murnau que Kandinsky va basculer, pas à pas, dans l’abstraction.

OEUVRE : KANDINSKY, Etude de nature à Murnau I, 1909, peinture
Kandinsky travaille à partir de sensations éprouvées face aux paysages naturels entourant Murnau. Il met en évidence le sentiment d’élévation qui renvoie à une quête de spiritualité. Mais attention, il ne faut pas confondre spiritualité avec religion. Ce n’est pas une croyance en Dieu qui anime l’artiste, mais une recherche de connaissance intérieure et de valeurs humanistes. Pour traduire cette quête, Kandinsky privilégie les formes simples qui déterminent l’élémentaire de la peinture, et traduisent synthèse et harmonie. Il existe beaucoup de petites montagnes autour de Murnau. La forme triangulaire va ainsi être privilégiée, et même devenir peu à peu la forme qui symbolisera la spiritualité dans le langage plastique de l’artiste. Au demeurant c’est aussi une forme universelle (pensons aux pyramides en Egypte, entre autres exemples). La quête de spiritualité doit permettre le passage d’un état de l’esprit à un autre état, plus élevé, plus humble, plus riche, plus ouvert au monde.
OEUVRE : KANDINSKY, Murnau avec église, 1910, peinture
La recherche picturale est ici la même, et la présence de l’église, isolée, comme abandonnée dans la nature, confirme la lecture. Le triangle rencontre la diagonale directionnelle du clocher afin de donner une dynamique ascensionnelle au tableau. L’église est abandonnée dans la nature, perdue : la croyance en Dieu n’est plus ce qui domine les relations entre art et spiritualité.

OEUVRE : KANDINSKY, Improvisation III, 1909, peinture
Du point de vue iconographique, le cavalier bleu se veut un manifeste (Der Blaue Reiter). La construction spatiale est également dominée par une diagonale ascensionnelle. Le titre indique ici le désir d’abstraction. Il s’agira par l’abstraction de traduire avec le seul jeu des formes, des dynamiques, des rythmes, des couleurs, etc., la sensation intérieure inhérente à la présence de la spiritualité. Atteindre ce stade, c’est aussi pour l’artiste s’ouvrir à la beauté du monde.


  • Vers l’abstraction


Kandinsky va se détacher peu à peu des formes évoquant la réalité visible, pour privilégier un langage plastique renvoyant à la vie intérieure. Kandinsky avance pas à pas pour basculer dans l’inconnu de l’abstraction, alors que Malevitch, lui, établira une rupture radicale.

OEUVRE : Impression V (Parc), 1911, peinture
Le titre renvoie à une impression ressentie directement au contact de la nature extérieure. Il renvoie aussi à l’idée d’une abstraction spontanée. A partir de 1911, trois terminologies distinctes vont apparaître pour les titres dans la création de Kandinsky : Impression (œuvre traduisant une sensation éprouvée au contact de la nature), improvisation (œuvre traduisant une sensation intérieure seule), composition (œuvre particulièrement complexe dans son élaboration, conçue à partir de la réalisation de nombreuses esquisses). Dans Impression V (Parc), l’artiste dissocie la ligne de la couleur. Il les rend toutes deux autonomes, et donc libres. Dans la tradition, la ligne sert à circonscrire une forme. Kandinsky va établir une rupture avec ces conventions.
Kandinsky fait usage de couleurs primaires et secondaires avec lesquelles il réalise de grandes plages colorées. Une plage rouge domine au milieu, elle prend la forme d’un triangle, forme simple ascensionnelle. On ne voit pas la pointe du triangle, ce qui renforce le sentiment d’élévation. C’est le symbole de l’élan de l’homme vers l’insondable au-delà. La base du triangle est non délimitée. La couleur est posée selon des densités différentes :

- des parties fluides comme des lavis

- des parties plus saturées en plages plus larges

En terme de perception, la complexité est grande face à cette œuvre. Le regard est sollicité de mille manières.
Pour Kandinsky, le terme spirituel signifie que toute chose, qu'elle soit matérielle ou créée par l'homme, a sa propre essence, et par là, peut entrer en VIBRATION avec l'âme humaine et induire des émotions. Il associe aussi le mot spirituel avec les notions de progrès et d’élévation. Dans Du Spirituel dans l’art, il écrit :
" Un grand Triangle divisé en parties inégales, la plus petite et la plus aigüe dirigée vers le haut - un assez bon schéma de la vie spirituelle."
"Il n'en reste pas moins exact que la couleur recèle une force encore mal connue mais réelle, évidente et qui agit sur tout le corps humain. A plus forte raison, on ne peut se contenter de l'association pour expliquer l'action de la couleur sur l'âme. La couleur, néanmoins, est un moyen d'exercer sur elle une influence directe. La couleur est la touche, l'œil le marteau qui la frappe, l'âme l'instrument aux mille cordes. L'artiste, lui, est la main qui, à l'aide de telle ou telle touche, obtient de l'âme la vibration juste. Il est donc évident que l'harmonie des couleurs ne doit reposer que sur le principe du contact efficace. L'âme humaine, touchée en son point le plus sensible répond. Cette base, nous l'appellerons le Principe de la nécessité intérieure."
Pour Kandinsky, le jaune est par ailleurs une couleur terrestre, et le bleu, une couleur céleste.

OEUVRE : Composition IV, 1911, peinture
Kandinsky écrit : "Une expression du sentiment intérieur, lentement formée, œuvrée longuement et presque avec pédanterie, c'est ce que j'appelle une Composition".
Le trait devient plus important, et, ici, il délimite des formes. Deux verticales partagent la toile en deux. A gauche, règne une tension, la confusion. A droite, règne le calme.

La toile est comme un champ de tensions parcouru de lignes ascendantes et descendantes. La palette de couleur est très lumineuse. Le cône bleu est ascensionnel. La dominante bleu/jaune renvoie au couple de sensations froid/chaud. Dans son livre Regards sur le passé, il existe un passage où Kandinsky commente cette toile.

OEUVRE : Avec l'arc noir, 1912, peinture, 189 x 198 cm, collection du Musée national

d’art moderne, Paris.
Cette œuvre correspond à l’aboutissement des recherches. Il ne reste aucun vestige figuratif. La composition est très réfléchie. Le format carré, une forme simple, donne une tension à la peinture, et lui confère un caractère grandiose. On note la présence de trois masses colorées, trois formes aux contours peu définis. Le carré renvoie au cercle dans lequel s’inscrivent les trois formes. Le cercle est une forme ici symbolique, qui traduit un caractère cosmique. Les centres des trois formes s’inscrivent dans un triangle équilatéral, un triangle spirituel. L’arc fait le lien. L’arc renvoie à l’enfance de Kandinsky en Russie : la Douga est un arc qui sert à harnacher les bœufs dans le monde de la paysannerie. Il en avait vu beaucoup enfant. C’est un symbole humaniste. L’œuvre semble une immense cosmogonie.
L’évolution moderne de la sensibilité conduit à l’abstraction. Les découvertes scientifiques engendrent une autre conscience spatio-temporelle. Les théories de Bergson, de Freud, de Plank et d’Einstein développent une nouvelle connaissance. La découverte de l’inconscient dans le domaine de la psychanalyse, la découverte du quanta, la découverte d’un nouvel espace temps, etc. bouleversent la conscience humaine et le regard sur le monde. Les progrès économiques, techniques et scientifiques de la civilisation rendent l’abstraction en quelque sorte inévitable : le réel n’est plus à l’échelle des possibilités perceptives humaines. Il s’agit de créer de nouveaux langages plastiques en conséquence.

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