Une vie à mon idée








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titreUne vie à mon idée
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Roger-René DAGOBERT
une vie à mon idée
préambule

Le temps est venu d'en finir avec le Prieuré de Sion et cette histoire de trésors qui a perturbé mon existence depuis le 14 novembre 1973 parce qu'un notaire peu scrupuleux avait favorisé les desseins de trois individus en mal de célébrité dans les années 60, à Gisors.
Le 7 octobre prochain, j'espère fêter mes 77 printemps et comme le laboureur de la fable de La Fontaine, celle que j'avais apprise par cœur, autrefois, à l'école laïque des hussards de la République, j'ai envie de la dire à tous ceux qui sont assoiffés de pouvoir et de richesses sans prendre le temps. Travaillez, prenez de la peine, c'est le fonds qui manque le moins et c'est pourquoi le labeur honnête est en soi un trésor qui donne de la sérénité à la fin de ses jours.
C'est ainsi que j'ai mené toute ma vie et je croyais avoir eu de la chance en ayant un cousin notaire qui m'avait conseillé dès 1952 lorsque je me suis marié avec une jeune fille originaire du pays de Redon comme cette famille Plantard dont l'un des représentants, Pierre, était l'un des trois individus assoiffés de pouvoir, d'argent et d'honneur qui ont fait appel à Maître Jean Guillemet.
Lorsqu'il me fallut régler la succession de ma première femme et établir le contrat de mariage avec ma deuxième épouse, c'est encore vers lui que je me tournais ayant entière confiance envers celui qui était le fils aîné d'une sœur de mon père et son neveu préféré, pour ne pas dire son petit frère puisqu'ils avaient été élevés ensemble par ma grand-mère après la mort d'Alexandre Guillemet, son gendre, tué à 35 ans au début de la Grande Guerre en 1915.
Mon père n'avait que huit ans d'écart avec son neveu et lorsqu'il fut mobilisé en 1918, peu avant l'Armistice, il aurait pu lui aussi tomber au champ d'honneur.
Il n'en fut rien, heureusement et, après quelques mois d'occupation dans la Ruhr après l'Armistice du 11 novembre, il termina son service militaire à Paris à l'École militaire de 1920 à 1921 en qualité de secrétaire du ministre. Cela lui permit de faire des recherches sur l'histoire du général Dagobert, cousin de son arrière grand-père, dont le nom se trouve inscrit sur l'Arc de Triomphe avec tous les généraux de la Révolution et de l'Empire.
Une fois démobilisé et après un stage aux usines Schneider - Batignolles à Nantes, il entra comme cadre dans une grande société nationale jusqu'à sa mort le 23 mai 1956, juste un mois avant que Pierre Plantard fonde le Prieuré de Sion, aboutissement d'une carrière chaotique qui avait commencé à Paris pendant l'occupation allemande dans les milieux ultra catholiques, conservateurs et antisémites dont la Cagoule fut le bras armé en attendant mieux avec l'Opus Dei.
Mort subitement à 56 ans, mon père n'avait pas fait de testament et, si toute la famille éplorée assista aux obsèques, seul, son neveu Jean Guillemet, alors premier clerc de notaire à Nice, n'assista pas à la cérémonie et n'adressa même pas de carte de condoléances, ni à ma mère, ni à moi, qui lui avait pourtant rendu visite dans sa villa de Cimiez, deux ans auparavant lorsqu'il était venu s'installer avec son patron, ancien notaire à Nantes, afin d'échapper à d'éventuelles poursuites judiciaires pour avoir acquis l'appartement d'une famille juive déportée en Allemagne et exterminée dans les camps de la mort, ce que mon père n'avait pas apprécié et lui avait fait savoir.
.../...
Mais, la vie continue malgré tout. Et, en 1962, alors architecte à Nantes, deux de mes riches clients tenant des boutiques de luxe, concessionnaires d'Yves Saint Laurent, dont le PDG était Pierre Bergé, ami fidèle de François Mitterrand, alors opposant au général De Gaulle, me firent des confidences très précises sur les causes du massacre d'Oradour-sur-Glane par les SS de la Division Das Reich le 10 juin 1944.
Deux ans après, en 1964, Maître Jean Guillemet, devenu notaire à Gisors, était très fier de nous recevoir dans son hôtel particulier de la rue de Vienne.
Président du Lyon's Club et en relations avec tous les notables du Vexin normand dont un député maintenant maire d'un petit village des Pyrénées Orientales, près du château de Salces, il se fit aussi un plaisir de nous parler du secret du trésor des Templiers et de l'aventure étonnante de Roger Lhomoy chez un écrivain journaliste et historien, Gérard de Sède, ce qui n'avait pas manqué de susciter la convoitise de Pierre Plantard avec celle de Philippe de Cherisey dont la famille, d'authentique noblesse, avait des attaches en Loire-Atlantique et connaissait bien mon père pour l'avoir hébergé en 1942 dans un hôtel particulier, rue Servandoni, lors d'un transport du corps d'un ingénieur tué dans les bombardements de Saint-Nazaire.
Je n'avais guère apprécié les propos de mon cousin, emprunts de vanité pour sa réussie sociale et financière, ce qui m'avait fait dire à mon épouse, lorsque nous nous sommes retrouvés en tête à tête, "Sacré Jean ! Il n'a pas changé ! Après avoir fait fortune à Nantes, puis à Nice, avec son notaire véreux de patron, le voilà très intéressé par une histoire de trésors dans des caves de la rue de Vienne !"
Et, sur le ton de la plaisanterie, j'avais ajouté à ma femme "j'espère que la malédiction de Jacques de Molay ne poursuivra pas notre famille comme celles des rois de France depuis Philippe Le Bel jusqu'à la Révolution Française" !
Je ne croyais pas si bien dire, hélas !
Après "la chienlit de 1968", ses deux fils entraînés par un gourou, philosophe au passé sulfureux, et fondateur de l'école freudienne de Paris, firent le désespoir de leur père par leurs comportements. L'aîné, dans l'incapacité de supporter l'autorité paternelle, préféra partir faire sa vie au Canada. Quant au puîné, voulant suivre l'exemple de son maître à penser, il sombra dans la drogue et la délinquance pour finir sous curatelle à 63 ans et à la charge de sa sœur.
En 1973, ma malheureuse femme trouva la mort le 14 novembre au lieu-dit Mon Idée sur la route de Vannes par la faute d'un adepte du Prieuré de Sion, médecin et maire de Fay-de-Bretagne, ami de la famille Plantard.
Quant à mon cousin auquel j'avais demandé de faire la liquidation de la succession, entre mon fils aîné et moi, il fut manipulé par un notaire de Rochefort-en-Terre sur les injonctions de cette secte millénariste. Et son travail fait en dépit du bon sens n'a satisfait ni mon fils, ni moi-même, ce dont je lui fis reproches en 1979 alors que son jeune fils était interpellé par la police pour le meurtre involontaire d'un clochard par suite de son état sous l'emprise de stupéfiants... ce que j'ignorais.
Choqué, mon cousin mourut des suites d'une attaque cérébrale en mai 1980 juste un an avant l'élection de François Mitterrand dont la campagne avait été financée par les fonds secrets du Prieuré de Sion de Pierre Plantard.
Quant à moi, il s'en fallut de peu que je ne sois ruiné par suite des agissements de cette même secte qui avait infiltré le Parti Socialiste à Nantes.
C'est ce que je raconte dans cette autobiographie qui sera jointe au testament que j'ai déposé chez mon nouveau notaire de Nantes.
.../...
Jean-Luc Chaumeil, journaliste, grand spécialiste du Prieuré de Sion, vient de publier "Le Testament du Prieuré de Sion" aux éditions Pégase dirigées par Michel Vallet qui m'a fait parvenir ce livre aujourd'hui même.
J'en ai pris connaissance et j'ai constaté que Jean-Luc Chaumeil confirme mes propos sur Pierre Plantard et le Prieuré de Sion.
J'espère que Thomas Plantard, son fils unique, ne suive pas le même ténébreux chemin que son père et que, suivant l'exemple des enfants du laboureur de La Fontaine, il fasse sa vie selon "Ses Idées" et ne se laisse pas entraîner par tous les maîtres à penser que l'on peut voir sur Internet dans les sites de Rennes-le-Château. Bien assez d'avoir à supporter les élucubrations de Dan Brown, l'auteur américain du Da Vinci Code qui s'est inspiré de l'histoire du Prieuré de Sion.
"Le père mort, les fils vous retournent le champ,

Deçà, delà, partout ; si bien qu'au bout de l'an

Il en rapporta davantage.

D'argent, point de caché. Mais le père fut sage

De leur montrer, avant sa mort,

Que le travail est un trésor".


Nantes, le 9 août 2006



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