Littérature russe








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LA BIBLIOTHÈQUE RUSSE ET SLAVE


LITTÉRATURE RUSSE —



Piotr Tchaadaïev

(Чаадаев Пётр Яковлевич)

1794 – 1856

LETTRES SUR LA PHILOSOPHIE DE L’HISTOIRE


1829-1836

Œuvres choisies de Pierre Tchadaïef, publiées pour la première foi par le P. Gagarin, de la compagnie de Jésus, Paris-Leipzig, Librairie A. Franck, 1862.

TABLE


PRÉFACE DE L’ÉDITEUR. 3

LETTRE PREMIÈRE. 8

LETTRE DEUXIÈME. 36

LETTRE TROISIÈME. 71

LETTRE QUATRIÈME. 97



PRÉFACE DE L’ÉDITEUR.


Un concours heureux de circonstances a réuni dans mes mains quelques-uns des écrits les plus importants de Pierre Tchadaïef ; je n’ai pas cru qu’il me fût permis de garder ce dépôt pour moi, et je me fais un devoir de le communiquer au public, et surtout à mes compatriotes.

J’ai connu et j’ai aimé Tchadaïef. En 1833, à Munich, le célèbre Schelling me parlait de lui comme de l’un des hommes les plus remarquables qu’il eût rencontrés. Me trouvant à Moscou en 1835, je m’empressai de me mettre en rapport avec lui, et je n’eus pas de peine à me convaincre que Schelling ne m’avait dit rien de trop. Je pris l’habitude, toutes les fois que les circonstances me ramenaient à Moscou, de voir fréquemment cet homme éminent, et de causer longuement avec lui. Ces relations exercèrent sur mon avenir une puissante influence, et j’accomplis un devoir de reconnaissance en proclamant hautement les obligations que je lui ai. Puisse la lecture de ses écrits produire sur beaucoup d’esprits les mêmes impressions que ses conversations ont produites sur le mien !

Penseur original et profond, Tchadaïef se séparait d’une manière bien tranchée des hommes et des idées au milieu desquels il a vécu. Dans sa jeunesse, il s’est trouvé en contact avec le mouvement libéral qui a abouti à la catastrophe sanglante du 14/26 décembre 1825. Il partageait les tendances libérales des hommes qui ont pris part à ce mouvement, il était d’accord avec eux sur l’existence des maux trop réels dont souffrait et souffre encore la Russie ; mais il se séparait d’eux lorsqu’il s’agissait d’en préciser la cause, et surtout lorsqu’il s’agissait d’y apporter un remède. Il ne croyait pas qu’il fallût chercher la racine du mal dans l’état politique du pays, et il repoussait énergiquement la pensée de recourir à une révolution ou à un changement violent de gouvernement. Il aurait dit volontiers, avec le comte de Maistre, que les peuples ont tous le gouvernement qu’ils méritent.

Le malheur de la Russie, suivant lui, était d’être demeurée pendant un si long espace de temps étrangère à la vie intellectuelle et morale de l’Europe ; et la cause de cet isolement, il la voyait dans le schisme, qui depuis des siècles avait tenu la nation russe séparée des autres nations civilisées. C’est l’Église catholique qui a élevé l’Europe, c’est elle qui l’a formée, qui lui a donné cette unité si facile à reconnaître, malgré les différences de nationalités et de constitutions politiques, cet ensemble de principes, de tendances que le protestantisme lui-même n’est pas parvenu à détruire, qui fait que l’Europe est toujours une, qu’elle vit d’une vie commune. La racine du mal ainsi mise à nu, le remède était facile à trouver ; il fallait rentrer dans le concert européen, non par une imitation extérieure et superficielle des résultats de la civilisation, mais par un retour à cette unité, dont le Pape est la personnification la plus haute et la plus sensible.

On comprend dès lors ce qui devait empêcher Tchadaïef d’adopter les idées des Slavophiles, dans la société desquels il a vécu pendant ses dernières années.

En effet, les hommes qui ont été désignés en Russie sous ce nom ne se bornent pas à répudier ce qu’il y a de factice dans cette imitation de l’Europe, dans ces importations étrangères par lesquelles Pierre Ier croyait pouvoir faire sortir son pays de son isolement séculaire et de la barbarie qui en avait été la suite ; ils condamnent la civilisation même de l’Europe, soutenant qu’elle a été radicalement faussée par la Papauté et par l’Église catholique, et qu’il faut demander une autre civilisation plus parfaite et plus pure aux germes latents mais féconds qui existaient et qui existent encore, suivant eux, dans le sein de l’Église orientale et de la nationalité slave. Hostiles au catholicisme, hostiles à l’Europe, à ses idées, à ses mœurs, à ses institutions, ils attribuent tous les maux dont souffre la Russie aux éléments étrangers qu’elle a imprudemment absorbés, et ils font consister le salut de la patrie dans le développement logique de la nationalité slave et de l’Église orientale.

Cette manière de voir attaquait de front les idées auxquelles Tchadaïef tenait le plus. Il ne pouvait pas admettre que la civilisation ne fût pas une, qu’il y eût une civilisation véritable en dehors de celle qui a jeté tant d’éclat sur les peuples de l’Europe, et qui s’appuie sur le christianisme. Il ne pouvait pas admettre que le christianisme complet ne fût pas un, comme la vérité est une ; que la société chrétienne ou l’Église ne fût pas une ; que la hiérarchie divinement instituée pour gouverner l’Église ne fût pas une et n’aboutît pas à l’unité.

Mais il est inutile d’exposer ici les idées de Tchadaïef ; le lecteur aimera mieux les lire dans ses propres écrits. Bornons-nous à donner quelques courtes explications nécessaires pour ceux des lecteurs qui n’ont pas vécu dans le même milieu.

Les Lettres sur la philosophie de l’histoire ont circulé pendant plusieurs années en Russie en manuscrit, et étaient connues d’un certain nombre de personnes. En 1836, la première de ces lettres fut traduite en russe et publiée par surprise dans le Télescope, revue qui paraissait alors à Moscou. Dès que l’empereur Nicolas en eut connaissance, n’écoutant que sa colère, il sévit contre le censeur, contre le rédacteur de la revue et contre l’auteur de l’article, dont la responsabilité aurait dû être couverte par l’approbation de la censure. La revue fut supprimée, le rédacteur en chef exilé dans le nord de la Russie, le censeur fut cassé, et l’auteur fut déclaré fou. Il fut astreint à garder la chambre, et à jour fixe, un médecin désigné d’office venait constater son état mental. Ce fut alors que Tchadaïef écrivit l’Apologie d’un fou.

Le lecteur le moins attentif s’apercevra de la profonde impression que les idées catholiques avaient faite sur Tchadaïef ; il ne faudrait pas en conclure qu’il fût entré dans la communion de l’Église romaine.

On remarquera aussi qu’il y a dans ses écrits quelques tergiversations et même quelques inconséquences qui ne s’expliquent que trop facilement par ce manque d’accord entre les principes et la conduite. J’ai publié ces passages sans rien changer, afin que le lecteur pût connaître Tchadaïef tel qu’il a été. D’ailleurs, si je m’étais permis de supprimer quelque chose, il se serait trouvé des gens pour m’accuser d’avoir substitué mes idées aux siennes, et de l’avoir fait plus catholique qu’il n’était. J’aime mieux que chacun puisse juger par ses propres yeux cet homme remarquable, qui, sans avoir été catholique lui-même, n’en est pas moins un des apologistes éminents du catholicisme.

Je n’ai pas besoin d’ajouter qu’en me faisant l’éditeur des œuvres de Tchadaïef, je n’adopte pas toutes ses idées et toutes ses appréciations. On trouvera sur Homère, sur Épicure, sur Mahomet, sur l’architecture, des jugements qui paraîtront étranges à plus d’un lecteur ; mais ici encore je ne me suis pas cru le droit de faire un choix, et j’ai publié tout ce qui m’a semblé de nature à intéresser les esprits sérieux.

Quant au style, je n’y ai pas touché, me bornant à faire disparaître quelques incorrections qui pouvaient être supprimées sans altérer le sens, et sans changer le mouvement de la phrase. Toutes les fois au contraire qu’il aurait fallu remplacer l’expression de l’auteur par une expression même équivalente, mais différente, j’ai laissé subsister l’incorrection.

J’avais eu la pensée de faire précéder cette publication d’une étude sur la vie et les ouvrages de Tchadaïef, mais après quelques hésitations j’y ai renoncé. Le moment ne me semble pas venu ; peut-être viendra-t-il plus tard.

En terminant, qu’il me soit permis de faire un appel à tous les amis de Tchadaïef ; ils doivent avoir quelques écrits de lui autres que ceux que nous publions ; ils doivent avoir surtout de ses lettres ; qu’ils n’en privent pas le public. Tchadaïef est un des hommes dont la Russie a le droit d’être fière.
J. GAGARIN. S. J.
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