Littérature russe








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LETTRE QUATRIÈME.


(SUR L’ARCHITECTURE.)
Vous trouvez, dites-vous, un rapport singulier entre le génie de l’architecture égyptienne et celui de l’architecture tudesque, vulgairement appelée gothique, et vous me demandez d’où vient ce rapport, ce qu’il y a au fond de commun entre la pyramide des Pharaons et l’ogive, entre l’obélisque du Caire et la flèche des temples d’Occident ? Il existe en effet une analogie frappante entre ces deux phases de l’art, toutes séparées qu’elles sont par trente siècles et plus, et je ne m’étonne guère que vous soyez arrivée à ce rapprochement intéressant, car il résultait en quelque sorte du point de vue auquel nous nous mettons, vous et moi, pour considérer l’histoire de l’humanité. Et d’abord remarquez, je vous prie, cette figure géométrique du triangle, qui encadre ces deux styles et les dessine si bien. Voilà pour leur nature plastique, pour leur forme extérieure. Considérez ensuite ce caractère d’inutilité, ou, si vous aimez mieux, de simple monument, qui leur appartient encore à tous les deux.

C’est là, selon moi, leur idée intime, ce qui constitue essentiellement leur génie commun. Mais voici qui est fort curieux. Mettez en face de la ligne verticale de ces architectures, la ligne horizontale de l’architecture hellénique, et vous aurez parfaitement caractérisé les diverses physionomies de toutes les architectures de tous les âges et de tous les pays. Cette vaste antithèse vous donnera le trait le plus profond de chaque époque, de chaque lieu où elle se produira. Dans le style grec, ainsi que dans tous ceux qui s’en rapprochent plus ou moins, vous trouverez la demeure, la maison, le goût de la terre et de ses bonheurs ; dans le style égyptien et gothique, le monument, la pensée, l’aspiration vers le ciel et vers ses félicités ; le style grec, avec tous les styles qui en dérivent, se rapportera aux besoins matériels de l’homme, les deux autres à ses besoins moraux ; l’architecture pyramidale sera la chose sacrée et céleste, l’architecture horizontale, la chose profane et terrestre. N’est-ce point là, dites-moi, toute l’histoire de l’idée humaine, s’élançant d’abord vers le ciel dans sa nature vierge, puis rampant terre à terre dans son état de corruption, et de nouveau projetée vers le ciel par la main toute-puissante du Sauveur du monde !

Il faut remarquer que l’architecture que l’on voit encore aujourd’hui aux rives du Nil est positivement la plus ancienne de l’univers. Il existe, il est vrai, une antiquité plus reculée encore, mais non pour l’art. Les constructions cyclopéennes, par exemple, celles de l’Inde entre autres, les plus vastes de ce genre, ne sont guère que des tâtonnements de l’idée de l’art, et non encore l’art proprement dit. On peut donc considérer avec raison les monuments de l’Égypte comme contenant les premiers types du beau architectonique et les premiers éléments de l’art en général. L’art égyptien et le gothique sont donc en effet placés aux deux bouts de la voie parcourue par le genre humain, et l’on ne saurait méconnaître dans cette identité entre la pensée des commencements de l’homme et celle qui préside à ses destinées finales, un merveilleux cycle embrassant tous les temps accomplis, peut-être même tous les temps à venir.

Mais parmi les formes variées dont l’art s’est tour à tour revêtu, il en est une surtout qui mérite à notre point de vue une mention particulière, c’est le beffroi gothique, sublime inspiration du christianisme grave et pensif du Nord, où la pensée tout entière du principe chrétien semble se résumer. Peu de mots suffiront pour vous en faire apprécier la portée dans la sphère de l’art. Vous savez combien l’atmosphère diaphane des contrées du Midi, leur ciel pur et jusqu’à leur végétation décolorée contribuent à faire ressortir les monuments de la Grèce et de Rome. Ajoutez à cela cette foule de souvenirs charmants qui circulent, se groupent autour d’eux et les environnent de tant de prestiges et d’illusions, et vous aurez les éléments dont se compose leur poésie. Mais la tour gothique, qui n’a pour toute histoire que l’obscure légende contée au coin du feu aux petits enfants par la vieille grand’mère, toute solitaire, toute triste, n’empruntant rien à ce qui l’entoure, d’où lui vient sa poésie ? Autour d’elle on ne voit que des masures et des nuages, voilà tout. Sa magie est donc tout en elle. Ne dirait-on pas une pensée forte et belle, qui toute seule s’échappe vers le ciel ; une idée qui n’est pas une idée d’ici-bas, mais une merveilleuse intuition sans cause ni origine sur la terre, qui vous enlève de ce monde et vous porte dans un monde meilleur ?

Enfin voici un trait qui achèvera d’exprimer notre pensée. Les colosses du Nil, ainsi que les temples d’Occident, ne nous apparaissent d’abord que comme de simples décorations. On se demande pourquoi tout cela ? Mais, si vous y regardez bien, vous trouverez qu’il en est absolument de même des beautés de la nature. En effet, l’aspect de la voûte étoilée, de l’Océan furieux, de la chaîne de montagnes couvertes de glaces éternelles ; le palmier de l’Afrique se balançant dans le désert, le chêne d’Angleterre se mirant dans le lac ; tous les spectacles les plus imposants de la nature, tout comme les objets les plus gracieux, ne font point non plus naître d’abord aucune idée d’utilité dans l’esprit, ne réveillent au premier moment que des pensées parfaitement désintéressées ; l’utilité y est bien, pourtant, mais elle se dérobe au premier coup d’œil pour ne se révéler plus tard qu’à la réflexion. Ainsi l’obélisque, ne projetant pas même assez d’ombre pour vous abriter un instant contre les ardeurs d’un soleil presque tropical, ne sert de rien, mais il vous fait élever vos regards vers le ciel ; ainsi la grande église du monde chrétien, lorsqu’à l’heure du crépuscule vous vous égarez sous ses voûtes immenses et que de profondes ténèbres ont déjà envahi toute la nef, tandis que les vitraux de la coupole brûlent encore des derniers feux du soleil couchant, vous étonne plus qu’elle ne vous charme par ses dimensions surhumaines ; mais ces dimensions vous apprennent qu’il fut donné à l’œuvre de l’homme, pour honorer Dieu, de s’élever une fois jusqu’à la grandeur même de la nature29. Enfin lorsque par une douce soirée d’été, cheminant le long de la vallée du Rhin, vous vous approchez de l’une de ces antiques cités du moyen âge, humblement prosternées au pied de leur immense cathédrale, et que le disque de la lune plane déjà dans la brume au faîte du géant, pourquoi ce géant est-il là devant vous ? Mais peut-être vous inspirera-t-il quelque rêverie pieuse et profonde ; peut-être vous prosternerez-vous avec une ferveur nouvelle devant le Dieu de cette poésie puissante ; peut-être enfin un rayon lumineux, parti de la cime du monument, percera-t-il les ténèbres qui vous environnent, et, éclairant soudain la voie que vous avez parcourue, effacera-t-il la trace sombre d’une vie d’erreurs et de fautes ! Voilà pourquoi il est là devant vous, le géant.

Après cela, allez donc voir Paestum et demandez-lui aussi des émotions. Voici ce qui vous arrivera : toutes les mollesses, toutes les délices du monde païen se revêtant de leurs formes les plus séduisantes, soudain surgiront en foule autour de vous et vous enlaceront de leur réseau fantastique ; tous les souvenirs de vos plus folles joies, de vos emportements les plus ardents, se réveilleront en vos sens, et oubliant alors vos croyances les plus sincères, vos convictions les plus intimes, vous adorerez malgré vous, de toutes les fibres de votre être terrestre, les puissances impures que l’homme encensa si longtemps dans l’ivresse de sa chair et de son âme. C’est que le plus beau temple grec ne nous parle pas du ciel ; c’est que le sentiment agréable que nous inspirent ses belles proportions n’est destiné qu’à nous faire mieux goûter encore les voluptés de la terre ; c’est que les temples des anciens n’étaient guère au fond que de belles habitations qu’ils construisaient pour leurs héros devenus dieux, tandis que nos églises sont de véritables monuments religieux. Aussi je l’avoue, quant à moi, j’ai éprouvé mille fois plus de bonheur au pied de la cathédrale de Strasbourg qu’en présence du Panthéon ou même qu’au milieu de ce Colisée, témoin auguste des deux plus grandes gloires de l’humanité, de Rome souveraine et du christianisme naissant. Madame de Staël a dit quelque part, en parlant de la musique, qu’elle seule était d’une belle inutilité, et que c’est pour cela qu’elle nous émouvait si profondément. Voilà notre pensée exprimée dans l’idiome du génie ; nous n’avons fait que signaler ailleurs le même principe. En résumé, ce qu’il y a de certain, c’est que le beau et le bien viennent d’une même source, qu’ils obéissent à une même loi, qu’ils ne sont tels que parce qu’ils sont désintéressés, que l’histoire de l’art, enfin, n’est autre chose que l’histoire symbolique de l’humanité.

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Texte établi par la Bibliothèque russe et slave, déposé sur le site de la Bibliothèque le 24 octobre 2012.
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Les livres que donne la Bibliothèque sont libres de droits d’auteur. Ils peuvent être repris et réutilisés, à des fins personnelles et non commerciales, en conservant la mention de la « Bibliothèque russe et slave » comme origine.
Les textes ont été relus et corrigés avec la plus grande attention, en tenant compte de l’orthographe de l’époque. Il est toutefois possible que des erreurs ou coquilles nous aient échappé. N’hésitez pas à nous les signaler.

1 Joann. XVII. 11.

2 Nous éprouvons le besoin de protester contre cette doctrine. Nous comprenons qu’une personne élevée dans le sein de l’Église russe et ayant des doutes sur cette Église se tienne éloignée des sacrements tant que ces doutes subsistent ; mais il nous semble que ce n’est pas là ce que dit Tchadaïef.

Cette phrase a été supprimée dans la traduction russe publiée par le Télescope. — J. G.

3 Photius.

4 Opinion est mis ici pour idées. — J. G.

5 1829.

6 Nécropolis, la ville des morts, dans la pensée de Tchadaïef, désigne Moscou. — J. G.

7 Cette expression pourrait faire croire qu’il nous manque une ou plusieurs de ces lettres, nous ne les avons pas retrouvées. — J. G.

8 Il est inutile de rechercher le point précis de la terre où se trouvait ce foyer ; mais ce qu’il y a de certain, c’est que les traditions de tous les peuples du monde s’accordent à faire venir les premières connaissances des hommes des mêmes régions du globe. — P. T.

9 Schleiermacher, Schelling, Cousin, etc.

10 On ne cherchera plus, par exemple, comme on faisait naguère, la grande Babylone dans telle ou telle puissance de la terre ; mais on se sentira vivre au milieu même du fracas de son écroulement, c’est-à-dire que l’on saura que le sublime historien des âges futurs qui nous a raconté cette épouvantable chute ne songeait à celle d’aucun empire quelconque, mais à celle de la société matérielle en général, telle que nous la voyons faite. — P. T.

11 Alexandre, Séleucides, Marc-Aurèle, Julien, Lagides, etc., etc.

12 Il y a d’importants enseignements à recueillir du spectacle que nous offrent l’Inde et la Chine. Grâce à elles, nous sommes contemporains d’un monde dont nous ne retrouvons plus autour de nous que la poussière ; c’est là que nous pouvons apprendre ce que serait devenu le genre humain sans l’impulsion nouvelle qui lui a été donnée ailleurs par une main toute-puissante.

Remarquez que la Chine est en possession depuis un temps immémorial des trois grands instruments qui ont, dit-on, le plus accéléré le progrès de l’esprit humain parmi nous, de la boussole, de l’imprimerie, de la poudre à canon. Or, à quoi lui ont-ils servi ? Les Chinois ont-ils fait le tour du globe ? Ont-ils découvert un monde nouveau ? Possèdent-ils une littérature plus vaste que celle que nous possédions avant l’invention de l’imprimerie ?

Dans l’art funeste du meurtre, ont-ils eu des Frédéric, des Bonaparte, comme nous ? Quant à l’Hindoustan, l’état abject où la conquête, d’abord des Tatares, puis des Anglais, l’a réduit, fait bien voir, il me semble, cette impuissance et ce principe de mort qui sont inhérents à toute société qui n’est pas fondée sur la vérité immédiatement émanée de la raison suprême. Pour moi, je crois que cet avilissement extraordinaire du peuple dépositaire des plus antiques lumières naturelles et des germes de toutes les connaissances humaines, renferme encore, outre cela, quelque leçon particulière. Ne serait-ce pas l’application de cette loi à l’intelligence collective des peuples, dont nous voyons les effets chaque jour dans l’individu, à savoir, qu’une raison qui par quelque cause que ce soit, n’a rien tiré de la masse d’idées répandues dans le genre humain, et ne s’est point soumise à l’action d’une loi générale, mais qui s’est trouvée isolée de la famille humaine et s’est retirée tout entière en elle-même, subit nécessairement une dégradation d’autant plus grande que son action propre a été plus insubordonnée ? Jamais, en effet, nation a-t-elle été réduite à un tel état d’abjection, que de devenir la proie, non d’un autre peuple, mais de quelques trafiquants, sujets eux-mêmes dans leur propre pays, potentats absolus au milieu d’elle ? Au surplus, outre cette dégradation inouïe des Hindous, résultat de la conquête, le dépérissement même de la société indienne date, comme on sait, de bien plus loin. Cette littérature, cette philosophie et jusqu’à la langue dans laquelle tout cela a été débité, appartiennent à un ordre de choses qui n’existe plus depuis longtemps.

13 Lorsqu’on dit d’une nation civilisée qu’elle est stationnaire, il faut dire depuis quand elle l’est devenue, autrement ce n’est rien dire du tout. — P. T.

14 Matth., VI, 33.

15 Depuis que ces lignes ont été écrites, M. Guizot a rempli en grande partie notre espoir. — P. T.

16 Joann., XVII, 14.

17 Voyez dans une autre lettre. — P. T.

18 On ne peut reprocher ni à Hérodote, ni à Tite-Live, ni à Grégoire de Tours, de ne pas faire intervenir la Providence dans les affaires des hommes ; mais faut-il dire que ce n’est pas à l’idée de cette intervention superstitieuse et journalière de Dieu, que nous aurions voulu voir revenir l’esprit humain ? — P. T.

Est-il besoin de dire que nous n’acceptons sans réserve, ni cette note ni la théorie développée dans le texte ? — J. G.

19 Dans cette Rome dont on parle tant, que tout le monde va voir, et que l’on conçoit si peu, il est un monument singulier, dont on peut dire que c’est un fait ancien qui dure encore, un événement d’un autre âge qui s’est arrêté au milieu des temps : c’est le Colisée. À mon avis, il n’y a point de fait dans l’histoire qui suggère tant de profondes idées que la vue de cette ruine, qui fasse mieux ressortir le caractère des deux âges de l’humanité, et qui démontre mieux ce grand axiome de l’histoire, savoir, qu’il n’y a jamais eu ni véritable progrès ni véritable permanence dans la société avant l’époque du christianisme. Cette arène où le peuple romain venait en masse s’abreuver de sang, où tout le monde païen se résumait si bien en un jeu épouvantable, où toute la vie de ces temps se déployait en ses jouissances les plus vives, en ses pompes les plus éclatantes, n’est-elle pas en effet là, debout devant nous, pour nous dire à quoi le monde avait abouti, à une époque où tout ce qu’il y avait de forces dans la nature humaine avait déjà été fourni à la construction de l’édifice social, où sa chute s’annonçait déjà de toutes parts, et où une nouvelle ère de barbarie allait recommencer ? C’est là encore qu’a fumé pour la première fois le sang qui devait arroser la base du nouvel édifice. Aussi, ce monument à lui seul, ne vaut-il pas un volume ? Chose singulière, jamais il n’a inspiré une pensée historique pleine des grandes vérités qu’il renferme ! Parmi les nuées de voyageurs qui affluent à Rome, il s’en est trouvé un, qui, d’une hauteur voisine et bien fameuse, d’où il pouvait le contempler tout à son aise dans son cadre étonnant, a cru, dit-il, voir les siècles se dérouler à ses yeux et lui apprendre l’énigme de leur mouvement..... Eh bien ! il n’a vu que des triomphateurs et des capucins. Comme si rien ne s’était jamais passé là que des triomphes et des processions ? Petite et mesquine vue à laquelle nous devons la production menteuse que tout le monde connaît ; véritable prostitution d’un des plus beaux génies historiques qui fut jamais ! — P. T.

20 Remarquez qu’au fond, les personnages bibliques devraient être pour nous les mieux connus, car il n’y en a point dont les traits soient mieux tracés. C’est là un des grands ressorts de l’Écriture. Comme il fallait que l’on pût s’identifier tellement avec ces hommes, qu’ils agissent directement sur notre sens le plus intime, afin de préparer ainsi les âmes à se soumettre à l’influence autrement nécessaire de la personne du Christ, elle a trouvé le secret de si bien dessiner leurs traits, que leurs images se gravent dans l’esprit de manière à faire l’effet sur nous d’hommes avec lesquels nous avons vécu familièrement. — P. T.

21 Si je n’écrivais à une femme, j’aurais surtout engagé le lecteur, pour s’en faire une idée, à lire le Banquet de Platon. — P. T.

22 Rien de plus simple du reste que l’énorme gloire de Socrate, le seul homme que l’ancien monde ait vu mourir pour une conviction. Cet exemple unique de l’héroïsme de l’opinion a dû, en effet, étrangement étourdir ces peuples. Mais pour nous qui avons vu des populations entières donner leur vie pour la cause de la vérité, n’est-ce point folie que de nous méprendre comme eux sur son compte ? — P. T.

23 Pythagore ne fait pas exception. C’était un personnage fabuleux à qui l’on attribuait tout ce que l’on voulait. — P. T.

24 Dans l’origine, les mahométans n’avaient nulle antipathie contre les chrétiens ; ce n’est qu’à la suite des longues guerres qu’ils eurent avec eux, que la haine et le mépris s’introduisirent parmi eux. Pour les chrétiens, il est naturel qu’ils durent les considérer d’abord comme des idolâtres, ensuite comme ennemis de leur religion, ce qu’ils devinrent effectivement. — P. T.

À la rigueur, on peut bien considérer le mahométisme comme une secte chrétienne, aussi bien que l’arianisme, par exemple ; mais il n’est pas possible d’admettre qu’il faille quelquefois que la vérité se combine avec l’erreur. — J. G.

25 L’expression est outrée, mais le fond de la pensée n’est pas contraire à la vérité. — J. G.

26 Les effets de la poésie homérique se confondent naturellement avec ceux de l’art grec, parce qu’elle en est le type ; c’est-à-dire qu’elle a fait l’art, et que l’art grec a continué son effet. Du reste, qu’un homme tel qu’Homère ait jamais existé ou non, c’est ce qui est fort indifférent ; la critique historique ne pourra jamais anéantir le souvenir d’Homère ; c’est donc l’idée qui se lie à ce souvenir qui doit occuper le philosophe, et non la personne même du poëte. — P. T.

27 C’est une véritable bonne fortune de notre temps que cette région nouvelle qui vient de se découvrir depuis peu à la méditation historique, que l’homérisme n’avait pas infectée. Déjà l’influence des idées de l’Inde sur la marche de la philosophie se fait-elle sentir fort utilement. Dieu veuille que nous arrivions le plus tôt possible par cette voie indirecte au point où une route plus courte n’a pu jusqu’ici nous conduire ! — P. T.

28 En livrant (cette lettre) ces lettres à l’impression, peut-être aurions nous dû réclamer l’indulgence du lecteur pour la faiblesse, voire pour l’incorrection du style. Écrivant dans une langue étrangère et n’ayant aucune prétention littéraire, nous savions naturellement ce qui nous manquait à cet égard. Mais d’abord nous croyons qu’au temps où nous sommes, le lecteur entendu n’attache plus, comme jadis, plus d’importance à la forme qu’il ne convient, et ne dédaigne pas de se mettre un peu en frais pour retirer la pensée, si elle lui paraît le mériter, du fond d’une exposition quelque imparfaite qu’elle soit. Ensuite nous croyons qu’aujourd’hui plus que jamais la civilisation demande que les idées se répandent sous quelque forme que ce soit, et qu’il y a tel cas, telle position sociale où l’homme qui s’imagine avoir quelque chose dont il faut qu’il informe le genre humain, n’a pas le choix : il faut qu’il parle la langue universellement connue, dût-il ne parler qu’un patois ridicule. Enfin, nous croyons que la royauté littéraire est trop généreuse aujourd’hui, pour imposer à tous ses sujets de tous les climats et de toutes les latitudes le langage officiel de son tribunal académique, et que, pourvu qu’on dise le vrai, peu lui importe qu’on le dise bien ou mal. Voilà sur quoi nous avons compté. — P. T.

29 C’est à dessein que nous avons confondu Saint-Pierre de Rome avec les temples gothiques, car, selon nous, quoique composés d’éléments différents, ils doivent le jour au même principe, et en portent le cachet. — P. T.

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