Littérature russe








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Viazemski (prince Piotr Andréiévitch) (1792-1878), poète, essayiste et critique.

12 — Biélinski (Vissarione Grigorovitch) (1811-1848), le plus grand critique de son temps. Il dirigea de 1838 à 1839 l’Observateur de Moscou (Moskovski Nablioudatel) ; puis collabora de 1840 à 1846 aux Annales de la Patrie (Otiétchesvennya Zapiski), et de 1846 à 1848, au Contemporain.

13 — C’est du moins l’opinion traditionnelle ; mais il est possible, comme le veulent d’aucuns, que l’aventure ait été racontée à Pouchkine par Vladimir Ivanovitch Dahl (1801-1872), lexicographe illustre et auteur de nombreuses nouvelles très précieuses pour la connaissance des mœurs et de la langue de l’époque. Dans une de ces nouvelles : Vakh Sidorov Tchaïkine, dont le héros est, lui aussi, une sorte de Gil Blas au petit pied, nous trouvons en effet ce passage, relatif à un certain Poroubov, hobereau excentrique, chez qui Tchaïkine a passé une année :

« Au cours de cette année, Vassili Ivanovitch ne fit qu’une action sensée : il acheta dans toute la province jusqu’à deux cents âmes mortes, c’est-à-dire des âmes qui figuraient sur les dernières listes de recensement, mais étaient passées entre-temps de vie à trépas. Vassili Ivanovitch acheta ces défunts de 5 à 10 roubles chacun, et par un acte en bonne et due forme, leur assigna comme résidence un marécage qui lui coûta dans les 500 roubles. Alors il engagea le tout au Conseil de Tutelle, en tant que propriété de deux cents âmes, au prix légal de 200 roubles l’âme. Ces quarante mille roubles en poche, il laissa le Conseil gérer à sa guise le marécage et les défunts. Je n’arrive pas encore à comprendre comment Vassili Ivanovitch put inventer pareille fourberie. »

La nouvelle en question est parue dans la Bibliothèque de Lecture quelques mois après la publication des Âmes Mortes ; mais sans doute avait-elle été écrite plus tôt ; au reste, Dahl n’a guère fait que romancer des « choses vues ». Pouchkine le tenait en grande estime : si l’un des deux amis a indiqué à l’autre un sujet de ce genre, il est plus probable que ce fut l’ethnographe qui rendit ce service au poète. Nous serions donc assez disposé à voir dans un récit oral de Dahl à Pouchkine (récit repris plus tard par lui dans Tchaïkine la source première des Âmes Mortes. En tout cas, l’aventure repose sur un fait réel.

Une lecture attentive de Dahl nous permet au reste d’inférer que Gogol l’a beaucoup pratiqué : il lui doit certains détails de mœurs, certaines tournures de style, certains noms (Potsélouïev)...

14 — Annenkov (Pavel Vassiliévitch) (1813-I887), essayiste, dont les Souvenirs (1877-1881) sont particulièrement précieux.

15 — Gniéditch (Nikolaï Ivanovitch) (1784-1833), poète, dont la traduction de l’Iliade (1829) et une églogue intitulée Les Pêcheurs sont les plus beaux titres de gloire.

16 — Chévyriov (Stépane Pétrovitch) (1806-1864), critique et historien, enseigna pendant de longues années (1833-1857) la littérature à la faculté des lettres de Moscou, et en devint doyen en 1847. Grand ami de Pogodine, il dirigea avec lui le Moscovite.

17 — Iazykov (Nikolaï Mikhaïlovitch) (1803-1846), poète du groupe de Pouchkine, à tendances slavophiles. Gogol, qui fit sa connaissance en Allemagne et l’attira en Italie, tenait son poème Le Tremblement de Terre pour le chef-d’œuvre de la poésie russe ; c’est beaucoup dire.

18 — Odoïevski (prince Vladimir Fiodorovitch) (1803-1869), romancier, critique, mélomane et mécène.

19 — Le comte Vielgorski (Mikhaïl Iourévitch) (1877-1859), mélomane et mécène ; sa femme fut une des amies « spirituelles » de Gogol.

20 — Nikitenko (Alexandre Vassiliévitch) (1804-1877), écrivain et censeur (depuis 1833), a laissé un Journal très curieux.

21 — Boulgarine (Thaddée Bénédiktovitch) (1789-1859), dirigea de 1825 à 1857 l’Abeille du Nord (Séviernaïa Ptchéla), revue extrêmement répandue parmi le grand public. C’était un publiciste de talent, mais sans conscience. Il écrivit quelques prolixes romans : un seul, Ivan Vyjiguine (1829), imitation de Gil Blas, se laisse encore lire sans ennui.

22 — Senkovski (Ossip Ivanovitch) (1800-1859), critique et orientaliste, grand ami de Boulgarine, dirigea de 1833 à 1856 la Bibliothèque de Lecture (Bibliotéka dlia Tchténia), revue également très répandue. Il signait le plus souvent du pseudonyme de baron Brambeus ses brillants mais superficiels feuilletons. Sa manière rappelle celle de Jules Janin.

23 — Polévoi (Nikolaï Alexéiévitch) (1796-1846), romancier et critique, dirigea de 1824 à 1834 le Télégraphe de Moscou (Moskovski Télégraf), importante revue où il rompit des lances pour le romantisme — et en particulier pour le romantisme français. Sa revue ayant été supprimée pour une critique trop acerbe d’un mauvais drame chauvin de Koukolnik, il se rapprocha de ses anciens ennemis Boulgarine et Gretsch et collabora au réactionnaire Messager Russe (Rousski Viestnik). Ce revirement et ses attaques contre Gogol lui retirèrent les sympathies de la jeunesse. Il mourut dans la misère.

24 — Lazare Baranovitch (1620-1694), le meilleur prédicateur de son temps ; ses sermons ont été réunis en plusieurs recueils dont le Glaive Spirituel (1666) est le principal. — Dmitri (Daniel-Touptalo), métropolite de Rostov (1651-1709), autre prédicateur célèbre. Ses Recherches sur les Doctrines des Sectaires de Brynsk, dirigées contre les vieux-croyants — dont la forêt de Brynsk, prov. de Kalouga, fut longtemps un des principaux lieux de refuge — rappellent, mutatis mutandis, l’Histoire des Variations des Églises protestantes. Stefane Iavorski, métropolite de Moscou (1658-1722), a écrit contre les calvinistes la Pierre de la Foi de l’Église catholique orthodoxe orientale (1728).

25 — Mathieu, XVIII, 3.

26 — Luc, XXIII, 43.

27 — Par âmes on entendait les serfs mâles, les seuls pour qui le propriétaire payait la capitation.

28 — Ville de la Russie centrale, dont les armes, les bijoux, les samovars sont depuis longtemps renommés.

29 — Déformation populaire du mot : galerie. Il s’agit ici d’un escalier couvert extérieur.

30 — Sorte d’hydromel fortement épicé, très aimé des gens du peuple.

31 — On a cru bon de maintenir, lorsqu’elle diffère sensiblement du français, la forme russe des prénoms. Voici la transcription des principaux :

Agraféna : Agrippine.

Akoulka, dim. pop. d’Akoulina : Aquiline.

Alexéï, dim. péjor. Alexacha : Alexis.

Andriouchka, dim. d’Andréï : André.

Antone, dim. péjor. Antochka : Antoine.

Fédosséi : Théodose.

Fiodor : Théodore.

Grigori : Grégoire.

Iéréméi : Jérémie.

Iliïa : Élie.

Ivan : Jean.

Kiriouchka, dim. de Kirill : Cyrille.

Kouzma : Côme.

Macha, dim. de Maria : Marie.

Mavra : Maura.

Mikhaïl, dim. Micha : Michel.

Mikhéï : Michée.

Mitiaï, dim. pop. de Dimitri : Démétrius.

Nikita : Nicétas.

Nastassia : Anastasie.

Nikolaï, dim. péjor. Nikolacha : Nicolas.

Ossip : Joseph.

Paracha, dim. de Praskovia : Parascève.

Pavel, dim. Pavlouchka : Paul.

Piotr, dim. Pétrouchka : Pierre.

Pimione : Poemen.

Prochka, dim. péjor. de Prokhor : Prochor.

Savéli : Sabel.

Sélifane, forme pop. de Silvane : Silvain.

Sémione : Simon.

Serguéi : Serge.

Stépane : Etienne.

Oulineka, dim. de Ouliana : Julienne.

Trichka, dim. péjor. de Trifone : Tryphon.

Vassili : Basile.

Vissarione : Bessarion.

32 — Houppelande en peau de mouton, la laine en dedans.

33 — Dans la Russie « d’avant les réformes », chaque province (goubernia), avait à sa tête un gouverneur civil, résidant au chef-lieu, dont les pouvoirs étaient assez semblables à ceux des anciens intendants français. Il était assisté d’un conseil de régence, composé d’un vice-gouverneur, de trois conseillers et de un ou deux assesseurs. Tous ces fonctionnaires étaient nommés par le ministère de l’Intérieur. À ce conseil étaient adjoints, pour les affaires de la couronne et les affaires criminelles, un procureur et deux substituts, nommés par le ministère de la Justice. On trouvait encore au chef-lieu une sorte de préfet de police appelé, tantôt à la russe gradonatchalnik, tantôt à l’allemande polizeimeister (Gogol confond toujours les deux noms, que nous traduisons par « maître de police », forme qui était adoptée dans les milieux officiels russes pour la transcription française de ce terme) ; un inspecteur du service d’hygiène — qui présidait une sorte de conseil d’assistance publique ; — un directeur des postes ; un arpenteur, un ingénieur et un architecte « provinciaux » ; un directeur des manufactures de l’État — tous nommés également par le pouvoir central.

À côté du conseil, figuraient : une Trésorerie ou Cour des comptes, qui vérifiait les revenus de la couronne et les dépenses administratives — et deux Cours de justice : la Chambre civile et la Chambre criminelle. Ces deux chambres étaient constituées par un président et deux assesseurs élus par la noblesse, un vice-président nommé par le ministère de la Justice, deux assesseurs nommés par les bourgeois.

Une sorte de commission des ponts et chaussées dite Commission des bâtisses et des routes, était présidée par le gouverneur.

Tous les services publics — tant administratifs que judiciaires — étaient établis dans un immense bâtiment appelé, d’un nom collectif, prisoustvennia miesta (bureaux, services publics) que nous traduisons par Tribunal, — faute de mieux, et parce que dans les Âmes Mortes, il n’est guère question que d’un rouage de ces services : la Chambre civile.

Dans les chefs-lieux de district, les fonctions de police étaient remplies par un gorodnitchi, nommé par le pouvoir central, dont le rayon d’action comprenait la ville et sa banlieue. Ces fonctions étaient analogues à celles du gradonatchalnik dans les chefs-lieux de province. Gogol confond les deux noms.

La police du district — sauf le chef-lieu— était confiée à un capitaine-ispravnik, élu par la noblesse et chargé de tout ce qui avait trait à l’ordre public : enquêtes criminelles, perception des impôts, réquisition des charrois, etc.. — Ce magistrat présidait le Tribunal de police rural, qui comprenait deux paysans nommés, sur sa présentation, par le pouvoir central, et deux assesseurs élus par la noblesse. C’est d’un de ces assesseurs (zaciédatel) qu’il sera assez souvent question au cours du récit, le tribunal rural exerçant une certaine surveillance sur la perception et la répartition des impôts.

34 — Sixième grade de la hiérarchie civile russe. La plupart des grades qui constituent cette hiérarchie étant cités au cours du poème, nous croyons bon d’en donner ici le tableau complet (tabel o rangakh), tel qu’il fut dressé par Pierre Ier, en indiquant les grades militaires correspondants :

1 Chancelier : Général feld-maréchal ;

2 Conseiller secret actuel : Général de cavalerie ; d’infanterie ; d’artillerie.

  1. Conseiller secret : Général-lieutenant ;

  2. Conseiller d’État actuel : Général-major ;

  3. Conseiller d’État : Général-major ;

  4. Conseiller de Collège : Colonel ;

  5. Conseiller de Cour : Lieutenant-colonel ;

  6. Assesseur de Collège : Major ;

  7. Conseiller titulaire : Capitaine ;

  1. Secrétaire de Collège : Capitaine en second ;

  2. Secrétaire des Constructions navales : Capitaine en second ;

12 Secrétaire de Gouvernement : Lieutenant ;

  1. Régistrateur de Sénat : Sous-lieutenant ;

  2. Régistrateur de Collège : Enseigne ou cornette.

Dans le service civil le neuvième grade conférait la noblesse personnelle ; le quatrième grade, la noblesse héréditaire et le droit au titre d’Excellence. — Par collège, il faut entendre : ministère.

35 — Varsovie.

36 — Les enseignes « parlantes » sont encore aujourd’hui une des curiosités des villes russes.

37 — Les aigles indiquaient un débit officiel d’eau-de-vie ; elles disparurent lorsque la vente des spiritueux fut monopolisée aux mains de fermiers généraux, qui avaient sous leurs ordres de nombreux commis.

38 Voir note 131.

39 Voir note 33.

40 — Il s’agit de la Mort de Rolla (Die Spanier in Peru oder Rolla’s Tod), drame romanesque en cinq actes (Leipzig, 1705), que madame de Staël tenait pour le chef-d’œuvre d’August von Kotzebue. Cet auteur dramatique allemand (1761-1819) habita longtemps la Russie où ses pièces eurent une vogue prolongée. En 1827, le catalogue du fameux libraire-éditeur Smirdine indique 130 traductions de Kotzebue publiées depuis le commencement du siècle. Dans les « années quarante », ses pièces alimentaient encore le répertoire des théâtres provinciaux ; mais, vers 1850, l’oubli vint, définitif.

41 — Boisson fermentée à base de pain noir et de malt. Il y en a de plusieurs sortes ; certaines sont aromatisées avec des jus de fruits.

42 — La verste = 1.067 mètres.

43 Voir note 33.

44 — Le portrait de Pétrouchka ne figurait pas dans la première rédaction. Celui de Sélifane était ainsi crayonné : Le cocher, tout petit, tout rond, bien qu’il répondît au nom de Sélifane Legrand, paraissait ce jour-là encore plus rondelet, car il portait sous sa houppelande une sorte de caftan.

45 — La monotonie du paysage russe paraît avoir particulièrement frappé Gogol, à qui son Oukraïne natale offrait une nature plus riante. Il développe ici un passage de ses Notes sur Pétersbourg (1836).

46 — Les deux vignettes ci-contre, que nous empruntons aux Études sur la situation intérieure, la vie nationale et les institutions rurales de la Russie, par le baron Auguste de Haxthausen (Hanovre, 1847), donnent une bonne idée des izbas et de leurs décorations.




47 — Dans la toute première rédaction la rencontre des deux manants est rendue de façon plus pittoresque :
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