L'Autobiographie de him ras Tafari Haile Selassie I








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Chapitre 25

L'instigation des italiens dans la rébellion de Ras Gugsa Wale

Il est surprenant d'observer comment les italiens, qui accusaient constamment l'Ethiopie devant la Ligue des Nations d'être un pays sans unité, s'étaient engagés dans des activités propagandistes dans le seul but de diviser l'Empire Ethiopien. Il est réellement stupéfiant de voir tout ce que Nous devions faire pour neutraliser leur propagande. Néanmoins, malgré tous leurs essais, ils étaient incapables de provoquer des scissions internes.
Tous ce qui s'est produit récemment démontre que l'Italie envisageait, depuis longtemps, de faire la guerre à l'Ethiopie.
Ils diffusaient des propagandes qui causaient beaucoup de tort à notre peuple, mais disaient néanmoins – de façon convaincante aux étrangers – que l'Italie était l'amie de l'Ethiopie. Nous ne doutons pas que tous les diplomates en place en Ethiopie étaient au courant de cela, et si Nous devions nommer toutes les ruses et les propagandes que l'Italie a employées contre l'Ethiopie, Nous aurions besoin de beaucoup de feuilles – mais Nous n'en ferons rien. Néanmoins, le travail de tromperie et de propagande qu'ils effectuaient avec la connivence de Ras Gugsa Wale et de Ras Haylu est connu de tous en Ethiopie, et il ne serait pas normal de ne pas le révéler.
Ras Gugsa était le fils de Ras Wale, le frère de l'Impératrice Taitu. Son père, Ras Wale, le nommait Dejazmatch d'une partie de sa province et plus tard allait à Shoa.
Depuis que l'Impératrice Taitu s'était mariée à l'Empereur Ménélik, elle s'efforçait de créer un rapprochement entre sa famille, les peuples de Bägemeder, Semien et Yäjju, et le peuple de Shoa. Son but principal était de célébrer des mariages entre ses parentes féminines et les nobles de Shoan et ses parents masculins avec des demoiselles de Shoan. Elle arrangeait, donc, en 1892 (1899/1900), le mariage de Ras Gugsa , le fils de son frère Ras Wale, avec la fille de l'Empereur Ménélik, Wayzäro Zawditu, par la suite Impératrice d'Ethiopie. Il atteint, grâce à ce mariage, le rang de Ras en 1893 (1900/1901). Lorsqu'il était gouverneur de Bägemeder, Ras Bitwaddäd Täsämma, devenu Régent Plénipotentiaire du Royaume Ethiopien à la suite de l'internement de l'Empereur Ménélik dans le Palais pour raison de santé, le fit prisonnier et donnait son gouvernement à Ras Waldä Giyorgis. Après être resté en prison à peu près sept ans, Wayzäro Zawditu était choisie le 17 Mäskäräm 1909 ( 27 septembre 1916) pour succéder à la Couronne et au Trône d'Ethiopie. Quand Sa Majesté régna en tant qu'Impératrice, elle déclara : “ Je ne vivrais pas avec mon mari, mais je fais le serment de rester seule, car Dieu m'a choisie, moi une femme, et m'a permis de vivre pour cette merveilleuse couronne et ce merveilleux trône.” Puisqu'elle avait choisi d'être seule, et, comme Ras Gugsa était au courant de la ferme décision prise par la Reine, ils convenaient ensemble de se séparer. Nous donnions à Ras Gugsa le gouvernement d'Embabo en Walläga, et de Sayent. Mais lorsque, un an plus tard, le gouverneur de Bägemeder, le Roi Waldä Giyorgis, mourrait, Nous lui restituions le gouvernement de Bägemeder et, à ce moment, il fut enchanté de récupérer son ancienne province. Mais les italiens ont toujours été le fléau du peule éthiopien, certains allaient ici et là entre Bägemeder et Asmara , prétendant venir pour le commerce ou pour visiter le pays. Ils rencontraient Ras Gugsa et semaient des troubles en son cœur. Ainsi, à la fin, ils se débrouillaient pour changer sa joie en tristesse.
Le pire fut que la principale occupation de l'agent commercial italien résidant à Gondar était de répandre des fausses propagandes.
La résidence du gouverneur de Bägemeder est dans la ville de Däbrä Tabor . Les italiens avaient été autorisés, avant Notre arrivée, par l'Empereur Ménélik et Ledj Iyassu, à construire une agence commerciale à Gondar où vivaient des prêtres et des commerçants et elle leur semblait appropriée pour servir de base de lancement de leur propagande. Ils présentèrent, ensuite, les propositions suivantes, par écris, à Ras Gugsa Wale comme celui-ci possédait un terrain héréditaire près de Gondar : “Si vous nous louez par bail votre terrain héréditaire, nous développerons pour vous cette terre. Après quoi, quand nous la quitterons, nous ne vous demanderons rien pour toutes les maisons ou toutes autres choses que nous aurions construites sur ces terres”. Il leur donnait son consentement comme cela lui paraissait être une aubaine.
Un homme appelé Signor Pollera s'établit à cet endroit en tant qu'agent commercial. Afin de se préparer pour sa supercherie et sa propagande, il payait une femme éthiopienne, se maria avec elle et lui fit des enfants.
De plus, il était âgé, et, comme il est de coutume en Ethiopie de respecter les personnes âgées, personne ne le considérait comme un étranger mais tous l'honoraient. Lui, de sa part, donnait de l'argent à la naissance d'un enfant ou au décès d'une personne. Bien qu'il était catholique, il allait dans les églises orthodoxes et priait tandis que les prêtres le regardaient. Les jours de fête, il invitait les prêtres et les commerçants, selon les coutumes des nobles éthiopiens, leur offrait de la bière , faisait préparé du Tädj , et abattait un bœuf. Il avait, pour toutes ces raisons, de bonnes relations avec la population locale.
Il savait, de plus, que Ras Gugsa Wale, le gouverneur de Bägemeder, croyait fermement dans la foi orthodoxe et était un adversaire de la religion et de la civilisation européenne. Il allait le voir, par conséquent, et lui disait : “Il serait préférable que l'Ethiopie vive selon ses anciennes coutumes car cela ne lui sera pas bénéfique de suivre la civilisation européenne. Le bruit coure que le Prince Héritier et Régent Plénipotentiaire a l'intention d'introduire en Ethiopie la civilisation occidentale. Une fois que cette civilisation se sera implantée en Ethiopie, il s'ensuivra forcément une liberté de religion. Après ce droit à la liberté de religion, la religion orthodoxe se trouvera, obligatoirement, affaiblie tandis que la religion catholique s'accroîtra peu à peu. Le bruit coure, ainsi, que le Prince Héritier, lui-même, à décider de se convertir au catholicisme. Nous avons, aussi, appris qu'il a publié une proclamation visant à éliminer l'esclavage en Ethiopie. Mais après que tous les esclaves aient été libérés, comment vont vivre les seigneurs et les nobles de Bägemeder ? Est-ce que les maîtres vont devoir labourer de leurs mains et leurs femmes moudre avec les leurs ? Il fut, de même, coutume en Europe, bien que l'esclavage ait cessé depuis que le travail est exécuté par des machines, qu'un homme tel que vous ait plusieurs esclaves. Une grande calamité s'abattra sur vous dans ce pays, à moins que des nobles et des grands hommes de votre rang fassent attention”. En parlant en ces termes à Ras Gugsa, Pollera l'incitait à se révolter, lui et son armée, contre Nous et désirait persuader, ainsi, d'autres nobles à le suivre. Il rassemblait ses officiers et leur faisait part de ce secret : “un de mes amis, disait-il, m'a dis tout ceci, que devons – nous faire ?” Certains de ces hommes étant convaincus que c'était un mauvais conseil me prévenaient en secret.
Nous ne nous doutions pas que Ras Gugsa préparait de mauvais desseins contre Notre gouvernement, vu qu'il avait écouté la supercherie des italiens. Par conséquent, Nous attendions Notre heure patiemment avec l'intention de clarifier tous ces problèmes. Nous étions patient, aussi, par égard à la Reine Zawditu.
Par pure coïncidence, au même moment, la municipalité d'Addis Abeba autorisa qu'un étranger fonde une usine de cuir dans la ville. En plus des peaux de bœuf et de chèvre, il se servait, aussi, de peaux de cheval, de mule, d'âne et de chiens qu'il tannait après les avoir amené à l'usine. Lorsque les italiens l'apprirent, ils firent courir le bruit qu'à Addis Abeba on avait abattu tous les chiens et les ânes et qu'on les avait donné à manger aux officiers et aux troupes lors de banquets officiels et qu'il n'était pas impossible que soit proclamée dans toute l'Ethiopie un décret afin que l'on mange à l'avenir de la viande de chien et d'âne. Le peuple de Bägemeder fut très choqué à l'annonce de cette nouvelle.
En Ethiopie, même les gens qui avaient accepté récemment la foi du Christ – sans parler du peuple de Bägemeder qui y adhère depuis longtemps – ont eu un profond dégoût quand ils entendirent que la peau des chiens et des ânes leur était enlevée pour être tannée, sans parler quand ils entendirent que l'on mangeait leur chair! Certainement qu'en Europe beaucoup de gens, aussi, n'auraient pas supporté cette idée.
Bien que Ras Gugsa Wale s'était séparé de l'Impératrice de son propre gré, il avait commencé à exprimer à quelques-uns de ces amis son chagrin d'être contraint de résider à Bägemeder et de ne pas pouvoir aller à Addis Abeba pendant cette grande période de joie. Dès que les italiens l'apprenaient, ils réalisaient que c'était le moment opportun pour séduire Ras Gugsa et ils lui dirent des choses qui le touchèrent au plus profond de son cœur. Tel que : “nous sommes disposés à vous fournir les armes que vous demanderez et, avec l'aide du gouvernement italien, vous pourrez vous révolter et vous battre contre le gouvernement actuel, être proclamé Roi à côté de l'Impératrice Zawditu et devenir le souverain de toute l'Ethiopie”. Saisissant cette opportunité, il disait qu'il préférait mieux mourir que de vivre sans ses esclaves et sous l'autorité d'un gouvernement qui forçait le peuple à manger de la viande de chien et d'âne. Il tentait de rallier, à ses côtés, le peuple de Bägemeder et de renforcer la puissance de son armée. Il annonçait cela ouvertement lors d'une proclamation.
Comme nos soldats qui gardent les frontières de Notre Empire dans les provinces de Dankali et Aussa , désertes et propices aux maladies, souffrent beaucoup, ils sont autorisés occasionnellement à monter dans les hautes terres pour se reposer. Quand les italiens furent mis au courant par leurs espions de ce fait, ils guettèrent un moment afin de savoir quand les troupes étaient parties et envoyèrent sur les lieux des ingénieurs militaires pour dresser des plans des montagnes, des rivières, des vallées et des escarpements. Ils fournissaient des armes et de l'argent au Wajjerat , au Raya et Azäbo Galla et leur expliquaient toutes les ruses possibles pour se révolter contre Notre gouvernement mais certains des Wajjerats venaient nous en informer. Alors que Nous étions sur le point d'enquêter pour savoir si l'Italie faisait ces choses et avait oublié le traité amical qu'elle avait conclu avec Nous en 1920 (1928), Nous apprenions que des Wajjerats, des Rayas et des Azäbos Galla exhibaient les armes et l'argent que leur avait offert l'Italie, montaient vers les hautes terres, tuaient les gens et pillaient le bétail. Par conséquent, comme Nous savions que Ras Gugsa avait grandi à Yajju et comme il était près de Bägemeder, Nous lui ordonnions de se rendre à Yajju pour lancer des appels au calme et conseiller amicalement les Wajjerats et Azäbos Galla d'abandonner leurs mauvais actes. S'ils refusaient, il devait, alors, les attaquer avec son armée. Nous pensions, alors, que s'il n'accomplissait pas sa mission à Yajju, cela confirmerait les accusations dont il était victime, c'est à dire d'être en relation avec l'Italie.
Lorsque Ras Gugsa reçut cet ordre, il proclama la mobilisation de l'armée de Bägemeder et partit pour Yajju, faisant croire, à cet instant, qu'il exécutait les ordres. Mais après être entré dans Yajju, Nous apprenions qu'il s'en retournait vers Bägemeder sans avoir accompli sa mission. En faite il s'était mis d'accord avec les Wajjerats, Azäbos et Rayas Galla pour qu'ils le rejoignent plus tard pour le soutenir. A son retour, il se dépêchait de rassembler une armée et d'obtenir des armes de guerre. Comme Nous voulions être très prudent, de peur que le sang de nos frères soit versé en vain et que le vœu des italiens se réalisent, Nous envoyions un message à Ras Gugsa dans l'intention de le rencontrer à Warräyelu afin de débattre de la raison qui l'avait fait abandonnée cette expédition militaire ainsi que d'autres affaires, et lui disions qu'il serait libre ensuite de repartir. Après qu'il Nous ait répondu, en Nous mentant, disant qu'il était avec Nous et qu'il était décidé à mener à bien cette campagne, Nous apprenions qu'il se préparait en faite pour la guerre. Par conséquent, Nous envoyions des troupes sous le commandement de Dejazmatch Mullugeta et les positionnions à Wadla et Dälanta pour surveiller et empêcher Ras Gugsa de se faufiler vers Yajju et de s'allier avec les Wajjerats et les Rayas – Azäbo Gallas.
Comme les agents de la propagande italienne avaient trouvé des magiciens et des rêveurs et les avaient rassemblés à Bägemeder, ils les envoyèrent rencontrer Ras Gugsa pour l'encourager et lui dirent : “le temps est venu pour vous d'être Roi, ne perdez pas espoir et ne craignez rien. Des preuves de tout cela étaient découvertes dans son portefeuille qui fut trouvé pendant la guerre,
Comme certains éthiopiens ne possèdent, excepté du savoir religieux, aucune autre éducation dans la politique séculière, lorsque des moines ou des ermites leur disent que telle chose se produira à tel moment, ils le croient car pour eux ces hommes sont des envoyés de Dieu. Quand les italiens s'en rendirent compte, il en firent leur principal instrument et en profitèrent beaucoup.
Anxieux de vérifier l'implication ou non de l'Italie, Nous consultions l'ambassadeur italien à Addis Abeba : “Pourriez-vous Nous vendre un avion pour le maintien de la sécurité intérieur et Nous prendrons un pilote italien”. Il Nous répondait qu'il allait en informer son gouvernement et qu'il attendrait leur réponse avant de se prononcer. Il tardait à Nous donner une réponse, et un jour avant l'attaque de Ras Gugsa contre Notre armée, il Nous disait qu'il n'avait pas réussi à envoyer d'Asmara l'avion. Comme Nous Nous attendions en Notre cœur à cette réponse, elle ne Nous surprit pas le moins du monde.
Ayant été trompé par leurs mensonges, Ras Gugsa déclarait la guerre. Il proclamait l'acte de mobilisation et marchait, en hâte, vers nous. Le 22 Mägabit 1922 (31 mars 1930), il attaquait à Qwana , Dejazmatch Mullugeta. Il fut vaincu après seulement trois heures de combats.
Tout le plan qu'avait mis au point les italiens pendant plusieurs années fut, ainsi, démolit en trois heures et Ras Gugsa était arrivé à sa fin. Nous avions la confirmation, par le fait que les armes de guerre capturées au cours de cette bataille ou trouvées en main des hommes de Ras Gugsa étaient des fusils Vetterli venus d'Asmara, que les italiens avaient aidé Ras Gugsa dans sa rébellion.
L'Impératrice Zawditu décédait le 24 Mägabit 1922 (2 avril 1930), deux jours après que Ras Gugsa soit mort.
L'Impératrice souffrait depuis longtemps de diabète. Il avait été diagnostiqué par le suédois le docteur Hanner et le suisse le docteur Mayberg. Comme la maladie empirait de jour en jour et était de plus en plus virulente chaque année, elle fut ces derniers temps très malade. Pour cette raison, nous ne l'avions pas informée de la mort de Ras Gugsa de peur que cette nouvelle n'aggrave son état. Ses médecins, les docteurs Mayberg et Hanner qui la soignaient, avaient ordonnées de ne la déranger sous aucun prétexte car elle n'était pas capable de supporter de mauvaises nouvelles. Mais les italiens, voulant parachever la pleine mesure de leur sinistre propagande, disaient à qui voulait l'entendre qu'elle était morte en apprenant cette nouvelle. En faite, chaque prince, noble ou ministre à Addis Abeba savait qu'elle était décédée sans avoir appris la mort de Ras Gugsa au cours de la bataille



Chapitre 26

L'instauration et l'élaboration progressive d'une réforme au sein de l'Eglise et de la transformation des ses tâches

Depuis des temps immémoriaux les rois d'Ethiopie étaient, en tant que responsable du travail gouvernemental, aussi chargés des affaires de l'Eglise. Ils sélectionnaient des personnes parmi les savants et les érudits, faisaient les nominations ainsi que les renvois de tous les bureaux des églises et des monastères et, en général, contrôlaient leur fonctionnement. Mais en raison de l'augmentation progressive des tâches gouvernementales et à cause des guerres contre les païens des pays avoisinants, ils n'avaient, tout simplement, plus le temps de contrôler intégralement les affaires de l'église. Par conséquent, plusieurs choses nuisibles aux règlements de l'église s'étaient infiltrées par erreur dans la communauté cléricale et avaient au cours du temps persisté au sein d'elle.
Mais, maintenant que Nous avons établi une constitution , introduit une structure légale dans chaque ministère pour que chaque ministre puisse être complètement responsable du travail qu'il effectuait, Nous provoquions petit à petit une amélioration progressive dans le travail du clergé et rencontrions les responsables de l'église et les prêtres lorsque nous avions un moment après Nous être occupé des affaires de l'état.
Voici ces changements :

1) Le peuple éthiopien, petit et grand, hommes et femmes étaient disciples du Christ et chaque dimanche ou à chacune des fêtes, ils allaient à l'Eglise écouter la messe . Tout le monde pouvait recevoir la sainte cène. Les messes étaient tenues en Ge'ez, langue que tout le peuple ne connaissait pas. Les gens rentraient, alors, chez eux sans avoir compris les explications des différents mystères, ils venaient juste écouter les chants . Mais, maintenant, Nous décidions de faire traduire le plus vite possible les saintes messes en Amharique, de les faire publier et de les distribuer dans toutes les églises. Le peuple commença à comprendre entièrement ou en majeur partie les textes qui lui étaient lus à haute voix dans sa propre langue. Il fut de même décidé que les Evangiles, les Actes des Apôtres et les Epîtres soient lus en Amharique.

2) Pour provoquer l'arrêt des disputes concernant les moyens de subsistance qui surviennent entre les doyens et les prêtres , entre les gardiens et les pères supérieurs et entre les moines et les adjudants vivants dans les différents monastères et églises, Nous demandions aux savants et aux érudits de venir avec les règles de vie et les anciennes coutumes de chacune de leurs églises ou de chacun de leur monastère et les rassemblions. Nous leur faisions abandonner les anciennes coutumes et faisions établir de nouvelles règles plus justes. Ce qui nous a beaucoup avantagé par la suite. Les règlements susmentionnés établis, depuis peu de temps, se trouvent dans les monastères de Zequala, de Däbrä Libanos, de Jérusalem et dans tous les autres.

3) Nous pouvons trouver dans chacune des église en Ethiopie une copie de la Mäshafä Täklil ce qui prouve qu'il existe depuis les anciens temps une cérémonie de couronnement matrimoniale en Ethiopie. Cependant, les cérémonies de l'église s'étaient, peu à peu, éteintes et, par conséquent, les mariages par couronnement se faisaient de plus en plus rares, même au sein du clergé, sans parler parmi le peuple. Nous ne savons pas si ces coutumes furent abandonnées au moment de la rébellion d'Ahmad Gran ou durant l'extermination des Chrétiens par la tribu de Yodit des Falashas qui régnait pendant un moment. Néanmoins, il restait encore quelques personnes, parmi le clergé et le peuple, qui consolidaient leur mariage en recevant l'eucharistie avec leur épouse.
Nous demandions, alors, aux érudits et aux savants de prêcher et d'exalter le mariage par couronnement, et grâce à cette initiative, il devint plus fréquent et habituel.

4) Depuis l'aube des temps, à la mort d'une personne, sa famille, en accord avec le Täzkar (le service funèbre), préparait du Tälla (bière), du Tädj (boisson au miel) et d'autres boissons enivrantes. Ils invitaient les prêtres dans la maison du défunt et offraient plus de nourriture et de boissons qu'il n'en fallait, dépassant les besoins réels. Nous étions convaincu que cela était contraire aux Saintes Ecritures et qu'une telle conduite ne convenait pas à cette ère civilisée. Nous faisions cessé le Täzkar et interdisions l'emploi de boisson enivrante et l'abondance de nourriture, et bien que les prières d'absolution étaient toujours données pour les parents du défunt, nous décidions à la place que ceux-ci rémunéreraient selon leurs moyens les prêtres qui avaient donnés l'absolution et lus les prières. Nous n'interdisions pas, cependant, que de la nourriture et des boissons soient donnés aux pauvres à condition que cela soit fait raisonnablement. Nous recommandions vivement aux prêtres et évêques d'informer les gens de ces changements.
Pour que cela serve d'exemple, lorsque Notre fille la Princesse Zänäbä Warq mourrait, Nous distribuions de l'argent, lors des rituels d'absolution, à diverses églises et monastères. A partir de ce moment, de nombreuses personnes commencèrent, alors, à faire pareil.

5) Dans certaines parties de l'Ethiopie, il était coutume depuis très longtemps à la mort d'une personne, que ses parents se coupent les cheveux pour porter le deuil, se tapent la poitrine et gémissent généreusement. Nous ordonnions aux savants de passer dans les églises et de prêcher l'obligation de porter, dorénavant, en guise de deuil une pièce noire sur leurs costumes et d'arrêter ces coutumes, c'est à dire de se couper les cheveux, de gémir fortement, de se taper la poitrine et de porter des vêtements spéciaux. D'où, comme les savants prêchaient prudemment, le deuil et le désespoir dû au décès d'un parent s'amoindrissaient peu à peu.

6) Puisque Nous avions la responsabilité, et Nous en étions fermement convaincu, de protéger l'Eglise et de veiller à ce que les lois, qui lui avaient été données, soient fermement maintenues en vigueur de peur que sa Foi soit ébranlée, Nous accordions une journée chaque semaine aux savants et aux docteurs afin qu'ils puissent Nous parler des difficultés de l'Eglise et attirer Notre attention dessus. Par conséquent, certains problèmes étaient peu à peu résolus.
Excepté cela et bien que des règlements aient été entrepris, les problèmes suivants sont toujours d'actualité pour le moment :
En Ethiopie, il y a beaucoup de prêtres. Le gouvernement a attribué à chacun d'eux, en tant que "terre de repos" personnelle, dans chaque province une demi à une gasha de terre (approximativement 20 à 40 hectares). Cette terre, étant attribuée comme héréditaire, passe de génération en génération et, par conséquent, l'église n'a aucune autorité au sein de cette propriété. De plus, l'Empereur, les Princes, les Nobles et d'autres personnes du même rang, sans exclure les dames, peuvent assumer les devoirs de gardien de l'Eglise. Dans ce cas, l'Empereur a coutume de leur attribuer une terre héréditaire de 200 à 700 gashas. Nous avions l'intention, cependant, de faire cesser cette pratique où les terres héréditaires appartenaient aux individus qui étaient chargés de cette fonction, gardien de l'Eglise. Celles-ci devenaient la propriété de l'Eglise ; ainsi, les doyens des églises pouvaient rémunérer, à partir des revenus des propriétés, suffisamment les prêtres, les choristes, les assistants pour qu'ils puissent vivre correctement. Avec le bénéfice restant et après avoir consulter le gouvernement pour qu'il les aide à faire face financièrement au moindre problème qu'ils pourraient rencontrer, les doyens des églises devront bâtir des écoles et des hôpitaux, des maisons de retraite et des établissements pédagogiques pour les enfants des pauvres.

Nous savions qu'il faudrait beaucoup de temps avant que nos idées se réalisent dans toutes les églises d'Ethiopie, Nous décidions, donc, de commencer à démontrer l'utilité de ce projet et de ses méthodes de travail dans les monastères de Zequala, Addis Aläm et Assäbot ainsi que dans les églises d'Addis Abeba et dans l'église du Mausolée de Ménélik II.



Chapitre 27

L'organisation de la nomination d'évêques choisis parmi les savants éthiopiens


Il ne Nous paraît pas pensable que quelqu'un puisse douter que l'Ethiopie - hormis d'être un très grand pays - ait vécu fermement dans la foi du Christ du 4éme siècle jusqu'à présent, plus de 1600 ans. Dans tous les cas, on peut être facilement convaincu de ce fait en étudiant l'Histoire de l'Ethiopie.
A l'époque où l'Ethiopie acceptait le Christianisme, le siège du gouvernement et la cité principale du royaume était Aksum ; par conséquent, un seul évêque fut nommé dans cette province par l'Archevêque responsable de l'évêché de Saint Marc à Alexandrie. Lorsque Il mourut, un autre le remplaçait, mais aucun autre ne fut nommé malgré la taille du pays.
Dernièrement, en 1864(1872), durant le règne de l'Empereur Yohannes , quatre évêques coptes (égyptiens) furent nommés et ils venaient finalement en 1873(1880/1). Comme l'Empereur Yohannes avaient mis sur le Trône de Shoa le Roi Ménélik et le Roi Täklä Haymanot sur Gojjam, et comme il avait l'intention de donner à son fils Ras Araya la dignité de Roi de Bagemeder, il engageait, à ce moment-là, un évêque pour lui et la province de Tigre et trois évêques pour les trois autres rois. Le quatrième évêque mourut avant de parvenir à Aksum et alors que Ras Araya mourrait avant de devenir Roi, l'Empereur divisait l'Ethiopie en trois diocèses et leur affectait à chacun un évêque. Le clergé était, ainsi, soulagé d'un voyage fatigant jusqu'à une lointaine province, pour recevoir l'ordination comme prêtre ou frère, où le seul évêque résidait. Deux de ces trois évêques mourraient et n'étaient pas remplacés, il ne restait pour toute l'Ethiopie qu'Abuna Mattewos qui résidait dans la capitale d'Addis Abeba. Les membres du clergé des diverses provinces d'Ethiopie qui devaient s'y rendre pour recevoir les fonctions de prêtre ou de frère, rencontraient de grandes difficultés et étaient gênés par cette situation.
Puisque Nous étions conscient des grandes difficultés rencontrées par les membres du Clergé lors de ces déplacements, Nous faisions connaître par écris Notre opinion, y joignions plusieurs documents appropriés et demandions que des évêques soient nommés et choisis parmi les savants éthiopiens afin qu'ils puissent visiter leur diocèse, prêcher, conférer les sacerdoces et ordonner les diacres. Cette lettre fut expédiée, avec le sceau de l'Impératrice Zawditu et le mien, au Patriarche Orthodoxe, Abuna Yohannes à Alexandrie.
Apres qu'Abuna Yohannes ait examiné lucidement le problème, il devint convaincu du bien fondé de notre demande et par conséquent il Nous envoyait la réponse suivante : "Vous choisirez cinq personnes parmi des savants éthiopiens et Vous nous les enverrez, car nous voulons les nommer évêques. Cependant, un évêque copte (égyptien) qui sera responsable des évêques Ethiopiens reviendra avec eux, nous espérons que cette nouvelle Vous ravira ”
Lorsque Nous le disions aux princes, aux docteurs et aux savants, la majorité était enchantée par ce déroulement. Quelques membres du clergé bien qu'étant dans l'impossibilité de s'opposer ouvertement à Notre point de vue n'arrêtaient pas de contester ; non pas parce qu'ils l'avaient examiné minutieusement et l'avaient compris mais parce qu'ils étaient attachés aux anciennes coutumes. Cependant, peu à peu, Nous réussissions à les convaincre que cette proposition conférerait un grand honneur à l'Eglise d'Ethiopie si elle était effectuée. Par la suite, ils Nous informaient qu'ils avaient changé de point de vue et Nous assuraient qu'ils acceptaient Notre idée.
Par la suite, Mämher Dästa , Mämher Haylä Maryam, Mämher Waldä Kidan et Mämher Haylä Mika'el étaient sélectionnés et Nous convenions qu'ils aillent en Egypte au mois de Genbot 1921 (mai - juin 1929).
Pendant ce temps, le Patriarche Abuna Yohannes attendait, il avait déjà choisi Abuna Qerillos parmi les moines du monastère d'Asqetis pour l'envoyer en tant que chef des évêques éthiopiens. Dès que les savants éthiopiens parvenaient au Caire, le 25 Genbot (2 juin), il les nommait immédiatement et sans délais évêques.
Le Patriarche leur attribuait les noms suivants : à Mämher Dästa, Abuna Abreham, à Mâmher Haylä Maryam, Abuna Petros, à Mâmher Waldä Kîdan, Abuna Yeshaq, à Mämher Haylä Mika'el, Abuna Mika'el .
Abuna Petros est l'évêque qui est mort dans la douleur entre les mains des Italiens lorsqu'il fut capturé en Hamle 1928 (Juillet 1936), prêchant, alors, pour la liberté de l'Ethiopie. Abuna Mika'el fut battu à mort et torturé par l'ennemi dans la ville de Core .
Après que les évêques furent nommés à leur fonction épiscopale, ils revenaient en Ethiopie accompagné de l'Archevêque Abuna Qerillos. Puisque Nous étions convaincu que cet événement était sans précédent en Ethiopie et glorifiait l'Eglise Ethiopienne, Nous décidions qu'à leur arrivée à Addis Abeba les princes et les nobles, les docteurs et les savants ainsi que les prêtres des diverses églises se rassembleraient en masse, que des coups de canons seraient tirés en leur honneur et qu'un accueil cérémonial leur serait dédié.
Nous avions l'intention qu'ils commencent leur travail éducatif en visitant leur diocèse respectif, et Nous prenions les dispositions suivantes :

Le diocèse de l'Archevêque Abuna Qerillos inclut tout Shoa, les districts autour d'Addis Abeba ainsi que Harar et Arussi.
Pour Abuna Abreham, Gojjam et Bägemeder.
Pour Abuna Yeshaq, Tigre, Lasta, Wag et tous les districts environnants.
Pour Abuna Petros, les provinces complètes de Wallo et Yajju.
Pour Abuna Mika'el, les régions appelées Kaffa, Ilubabor , Walläga et tout l'Ouest de l'Ethiopie.
L'homme choisi pour être le sixième évêque était le Etchäge Gäbrä Mänfäs Qeddus de Däbrä Libanos. Mais comme il lui était difficile de voyager pour l'Egypte avec les savants, il eut beaucoup de chance que, plus tard en Tahsas l922 (Décembre – Janvier 1929/1930), le Patriarche Abuna Yohannes vint à Addis Abeba visiter ses enfants de foi et lui accorda; immédiatement, le rang d'évêque et le nommait Abuna Sawiros. Nous lui attribuions comme diocèse tout le Sud de L'Ethiopie.

Il fut merveilleux qu'à cette époque, Dieu par Sa grande Charité donnait deux merveilleux cadeaux d'un très grand profit pour l'Eglise éthiopienne.

1) la nomination d'hommes choisis parmi les propres savants d'Ethiopie aux fonctions d'évêques - ce qui ne s'était jamais produit, jusqu'à présent, en 1600 ans depuis que l'Ethiopie avait accepté le Christ au quatrième siècle.

2) le voyage du Patriarche Abuna Yohannes à Addis Abeba, sa célébration d'une messe dans une église éthiopienne ainsi que sa bénédiction du peuple, et qu'au même moment il nommait le Etchäge de Däbrä Libanos à la dignité d'évêque.



Chapitre 28

Notre couronnement comme Empereur

Le 17ème jour de Mäskäräm 1909 (27 Septembre 1916) Je fus choisi comme Héritier du Trône et Régent, et la Reine Zawditu pour siéger sur le Trône. J'effectuais patiemment depuis 14 ans le travail du gouvernement comme Régent Plénipotentiaire quand la Reine Zawditu mourut le 24 Mägabit 1922 (2 avril 1930), et le lendemain, Je fus proclamé, par conséquent, Empereur et acceptais le Trône.
Sur la succession au Trône et à la couronne, Nous avions appris en histoire qu'à l'époque où l'Ethiopie était isolée, et bien avant qu'elle n'ait établi des relations avec des pays étrangers, la coutume dominante était de garder secret la nouvelle de la mort de l'Empereur lors de son décès , de placer son fils et héritier sur le Trône et de le couronner sans perdre de temps le même jour. Et ils n'enterraient cérémonieusement le Roi défunt qu'après avoir proclamé le règne de son fils et son couronnement.
Sinon, quand l'Empereur décédait, les officiers et la famille royale emmenaient son corps clandestinement et l'enterraient avant que quiconque ne le sache. Une fois qu'ils avaient placé son fils et héritier sur le Trône, conclu la cérémonie du service royal et du couronnement, ils proclamaient alors, en même temps, la mort du père et le nouveau règne du fils.
Aujourd'hui que L'Ethiopie a conclu des traités commerciaux et amicaux avec douze gouvernements étrangers, est entrée dans la Ligue des Nations et a fondé des relations diplomatiques, Nous étions convaincu qu'il était correct d'inviter à Notre sacre – comme le font les gouvernements les plus civilisés lors de ces cérémonies - les pays qui avaient installés des délégations et des consulats en Ethiopie. Comme cela allait prendre pas mal de temps pour, dans un premier temps, envoyer les lettres d'invitations et ensuite attendre l'arrivée des délégations, ainsi que de préparer tout ce qui est nécessaire au couronnement, Nous convenions de reculer de sept mois la cérémonie.

Ensuite, Nous envoyions des lettres d'invitation aux rois et présidents dont les noms suivent

A S.M. George V, Roi d'Angleterre et Empereur de l'Inde
A S.M. Victor Emmanuel III, Roi d'Italie
A S.M. Hirohito, Empereur du Japon
A S.M. Albert II, Roi des Belges
A S.M. Gustave V, Roi de Suède
A S.M. Wilhelmina, Reine de Hollande
A S.M. Fuad I, Roi d'Egypte
A S.E. M. Doumergue, Président de la République française
A S.E. M. Hoover, Président des Etats Unis d'Amérique
A S.E. Field Marshal von Hindenburg, Président de la République d'Allemagne
A S.E. Mustapha Kemal Pasha, Président de la République turque.
A S.E. M. Condouriotes, Président de la République grecque

Le gouvernement polonais avait entamé des relations diplomatiques avec le gouvernement éthiopien dans le but de conclure un traité commercial, mais ces pourparlers n'étaient pas encore achevés alors que le jour de Notre couronnement se rapprochait. Les Polonais, démontrant leur bonne foi, déclaraient, par la suite : “Bien qu'aucun traité ne soit encore signé, nous enverrons quand même un représentant à votre couronnement puisque nous avons réciproquement manifesté notre amitié”. Nous informions, par conséquent, le Président Mosciki que Nous serions ravi de recevoir leur envoyé.
Cette marque d'amitié, que le gouvernement Polonais Nous manifesta à ce moment, restera pour toujours gravée en Notre cœur.
De plus, comme Nous l'avons expliqué auparavant, depuis des temps immémoriaux le couronnement avait lieu le plus vite possible pour que le fils et héritier accède au Trône. Il n'avait, de ce fait, pas assez de temps pour inviter les princes et les nobles de chaque région. Mais vu que Nous avions reculé de sept mois la date de Notre couronnement, Nous pouvions envoyer des invitations aux princes, aux nobles, à tous les chefs et les supérieurs des monastères et aux doyens des cathédrales, afin qu'ils viennent participer à Notre joie. Une invitation fut aussi envoyé à Abba Amdä Maryam, le Prêtre de Däbrä Bizan que beaucoup de personnes connaissent et estiment, même s'il se trouve, aujourd'hui, dans la colonie italienne de l'Erythrée, à cause de sa notoriété qui date du temps où les Rois éthiopiens en avaient fait un monastère.
La saison des pluies allait faire rage dès les prochains mois et Nous transmettions à tous l'instruction de ne pas bouger, de se préparer pour le voyage et de ne partir qu'à la fin du mois de Mäskäräm (tôt en octobre) lorsque la saison des pluies serait finie, et, surtout, de ne pas venir à Addis Abeba avant le 20 Teqemt (30 Octobre).
Après que ces invitations aient été envoyées aux gouvernements étrangers et aux notables de l'Ethiopie, des dispositions étaient prises afin de réparer les rues principales d'Addis Abeba, les maisons le long de chaque rue, et, d'installer des lampadaires le long des rues principales et l'électricité dans toutes les maisons où les invités se rendraient.
Les vêtements impériaux, la couronne et l'orbe, le sceptre impérial et l'épée, la bague et le reste étaient fabriqués tout spécialement avec de l'or et des diamants.
Autre fois, il n'existait qu'une seule marque distinctive d'honneur pour les princes, une (petite) couronne en or. Nous avions décidé maintenant que cette couronne en or serait réservée, exclusivement, pour les Ras qui avaient été nommés grâce à leur travail et aux services rendus. Pour le Prince Héritier et pour les princes de descendance royale, Nous fabriquions une couronne parsemée de perles, plus petite que la Couronne Impérial mais dépassant la couronne en or des Ras en taille et en beauté dans sa réalisation. Pour les dames de Notre Famille et pour les femmes des princes, des diadèmes en or, plus petit que celui des princes et correspondant à leur rang, leur étaient réservés.
Pour les commandants militaires (Dejazmatch) les vêtements et la couronne étaient faits avec de la crinière de lions qui était tressée avec de l'or et brodée sur du velours.
Nous fabriquions, de plus, en grande quantité des médailles en or sur lesquelles étaient gravées les effigies de Moi-même et de l'lmpératrice Mänän. Elles devaient être données comme souvenir aux étrangers, aux notables et aux personnes importantes du pays qui avaient été invités à Notre couronnement ou étaient venus d'eux-mêmes.

Entre le 8 et 20 Teqemt (18 et 30 octobre), les ambassadeurs invités commençaient à arriver l'un après l'autre à Addis Ababa. Voici les noms des envoyés :

S.A.R. Le Duc de Gloucester, envoyé de S.M le Roi d'Angleterre
S.A.R. Le Prince d'Udine, envoyé de S. M. le Roi d'Italie
S.E. M Gerard , envoyé de S.M le Roi des Beiges.
S.E. le Baron H. K C Bildt, envoyé de S.M le Roi de Suède
S.E. Jonkheer Hendrik Maurits van Haersma de With, envoyé de S.M. La Reine des Pays-Bas
S.E. M. Isaburo Yoshida, envoyé de S.M. l'Empereur du Japon
S.E. Muhammad Tawfiq Nasim Pasha , envoyé de S. M le Roi d'Egypte
S.E. Maréchal Franchet d'Esperey , envoyé de la République Française
S.E. H.M Jacoby, envoyé des U.S.A
S.E. le Baron Von Waldthausen, envoyé de la République Allemande
S.E. le Conte P. Metaxa, envoyé de la République Grecque
S.E. Muhittin Pasha, envoyé de la République Turc
S.E le Conte Dzieduszycki, envoyé de la République Polonaise

Les invités furent enchantés par l'accueil cérémonial et la réception que Nous leur fimes à leur arrivée.
Nous avions décidé de faire ériger la statue du grand Empereur Ménélik II tout près de l'église royale de St George. Quand l'œuvre fut achevée, Nous décidions, finalement, de ne l'inaugurer que la veille du couronnement. Par conséquent, après l'arrivée cérémoniale de tous les invités, ravis d'être venus à Notre couronnement, Nous délivrions un très grand discours et expliquions la raison de l'érection d'une statue à Ménélik Il. A la fin du discours, Nous donnions, à S.A.R le Duc de Gloucester, l'honneur d'enlever le tissu qui la couvrait et de dévoiler la statue. Il s'approcha du monument et retira le rideau. Lorsque la statue fut dévoilée, tous les éthiopiens ressentirent une joie inestimable en leur cœur.
Le même jour, dans la soirée, le Bäjerond (Trésorier) plaçait les vêtements impériaux, la couronne, l'orbe, le sceptre impérial, l'épée et l'anneau de diamants ainsi que les robes, la couronne et la bague en diamants de l'Impératrice sur un char et, lors d'un formidable défilé, il les apportait à l'église royale de St George. Il les remettait, alors, à l'Archevêque et ils y restaient toute la nuit afin d'être bénis.
Nous, l'Impératrice, Notre famille et les nobles allions à l'église à minuit.
Il fut convenu que les invités étrangers ne devraient arriver qu'à 7 h du matin et qu'ils prendraient, alors, chacun la place qui leurs avaient été préparée selon leur rang à la droite et à la gauche du Trône, les nobles et les princes seraient répartis parmi les invités étrangers suivant l'ordre des places.
Avant que la ser'atä negs (le rituel royal) ne commence, l'Archevêque Abuna Qerillos s'approcha avec un évangile relié en or et Nous demandait d'accomplir les paroles du serment suivant :

(1) Nous devrons fortifier la foi orthodoxe qui est restée ferme en Ethiopie depuis les jours des Saints Rois Abreha et Asbeha et garder sans trouble les lois et ordonnances que l'Eglise Orthodoxe a fondées.

(2) Tout ce que Nous ferons de Notre autorité et grâce à Notre pouvoir pour le peuple du Royaume Impérial d'Ethiopie, devra être fait en ayant considéré les intérêts du peuple d'après la loi, ainsi qu'avec bonté et patience.

(3) Nous devrons maintenir de façon permanente les lois que Nous aurons établies après les avoir soumises de Notre plein gré à l'Assemblée pour examen. Nous devrons protéger tout le Royaume d'Ethiopie et le peuple conformément aux lois et aux ordonnances du Conseil.

(4) Nous devrons, de notre plein gré et par Notre autorité, aider à construire des écoles où l'éducation spirituelle et laïque sera mise en valeur en Ethiopie et dans lesquelles les évangiles seront prêchés.

Après que avoir achevé la cérémonie et affirmé Notre souhait de préserver tout ce qui était inscrit dedans, Nous apposions Notre signature dessus.
Par la suite, l'Archevêque assignait au six évêques leur fonction respective lors du service du couronnement et, dès ce moment, les prières commencèrent. De ces évêques, cinq étaient éthiopiens. Le sixième était Abuna Yosab venu d'Egypte envoyé par le Patriarche d'Alexandrie, Abuna Yohannes, pour être là et partager la joie de Notre couronnement; et ainsi Nous transmettre sa bénédiction.
Après que l 'Archevêque et les évêques eurent achevé le service et donné les prières et les louanges, et, alors que la chorale chantait, 1'Archevêque s'approchait de Nous, Nous oignait de l'huile des Rois et plaçait sur Notre tête la Couronne Impériale.
Au même moment, Notre Héritier du Trône. S.A. Asfa Wassän retirait sa couronne et s'agenouillait devant Nous. L'Archevêque s'approchait, alors, muni de l'Evangile et lui demandait de prêter le serment suivant :

(l) Qu'il honorerait son père de tout son cœur et lui serait obéissant.

(2) Qu'il ne rechercherait pas en s'associant à de mauvais hommes ce que Nous ne lui avions pas donné de Notre plein gré.

(3) Qu'il conserverait les lois que Nous avions établies après les avoir soumises, de Notre plein gré au Conseil pour avis.
Après avoir juré de réaliser tout ceci, il y apposait sa signature

Par la suite, le service du couronnement de l'Impératrice commença. La procédure de l'investissement de l'lmpératrice sur le Trône était vraiment différente aujourd'hui de ce qu'elle avait coutume d'être auparavant. Selon Notre recherche historique sur les premières pratiques, l'Impératrice n'était pas ointe avec l'huile des rois car elle ne partageait pas la souveraineté avec l'Empereur. La couronne était purement symbolique et très petite. C'était dans le palais que l'Empereur plaçait la couronne sur sa tête, et non à l'Eglise. Ceci se produisait le troisième jour, car il ne lui était pas permis d'être couronnée le même jour que l'Empereur. Mais après des négociations, il a été décidé, qu'excepté l'onction royale, l'Archevêque placerait sur la tête de l'Impératrice une couronne et mettrait à son doigt une bague de diamants le même jour que 1'Empereur.serait couronné.


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