L'Autobiographie de him ras Tafari Haile Selassie I








télécharger 0.66 Mb.
titreL'Autobiographie de him ras Tafari Haile Selassie I
page4/22
date de publication03.04.2017
taille0.66 Mb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > histoire > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   22

Chapitre 4
A propos de ma nomination au gouvernement de Harar et de sa province (1910).
Dejazmatch Baltcha (gouverneur d'Harar) fut convoqué à Addis Abeba au mois de Tahsas (décembre 1909 – janvier 1910). Le bruit recommençait à courir au sein du peuple, avant même qu'il soit arrivé à Addis Abeba, que l'Empereur était sur le point de donner à Dejazmatch Tafari la province de Harar. Dejazmatch Baltcha l'apprit pendant son voyage et, dès qu'il arriva à Addis Abeba, il entreprit de faire le maximum pour conserver le gouvernement de Harar allant jusqu'à user de pressions et d'argent. Mais, j'attendais patiemment mon heure et exécutais mes autres devoirs, tout en sachant que le gouvernement de Harar me serait confié quand Dieu voudrait me manifester cette faveur.

Plus tard, alors que je ne m'y attendais pas, Ras Bitwaddäd Täsämma , Ras Bitwaddäd Mängäsha Atikäm , Fitawrari Habtä Giyorgis , Tsähafe Te'ezaz Gäbrä Selasse Waldä Aragäy se rassemblèrent, me convoquèrent et me dirent “ : Bien que vous soyez jeune, votre manière de gouverner Sidamo nous a montré que vous êtes bien formé. L'impératrice Taitu vous donne maintenant Harar, la province qui était à votre père”. Je m'inclinais et leur dis : “ Grâce à vous, je m'occuperais correctement de l'administration (de la province) car je sais qu'être le gouverneur de Harar est une grande responsabilité ”. La proclamation fut annoncée publiquement au Grand Square le 24 Yäkatit 1902 (3 mars 1910). En me rendant chez moi, je pus ressentir la joie incroyable du peuple. Comme certaines ambassades avaient un consulat à Harar, elles vinrent me présenter leurs félicitations et me dirent “ : Nous sommes certains que vous gouvernerez Harar d'une excellente manière, tout comme votre père l'a fait avant vous”.

Je pris la décision de nommer Fitawrari (plus tard Dejazmatch) Gäbre , qui fut un disciple loyal de mon père, député de Harar et lui ordonnais d'y rester pour protéger le pays jusqu'à ce que je puisse venir. Alors que je me préparais à rentrer à Harar, des personnes vinrent me dire que Ras Bitwaddäd Täsämma animait encore une rébellion contre l'Impératrice Taitu. Ras Bitwaddäd était le leader de la conspiration et ses principaux supporters étaient Dejazmatch Gäbrä Selasse , Fitawrari (plus tard Dejazmatch) Wassäne , Dejazmatch Berqe et Dejazmatch Märed . Le bruit courrait que Dejazmatch (plus tard Ras) Dämes , qui vivait ici depuis qu'il avait été renvoyé du gouvernement, dirigeait secrètement ce complot.

Quelques jours après ma nomination au gouvernement de Harar, tous les nobles se rassemblèrent dans la demeure de l'Archevêque, Abuna Mattewos , portèrent diverses accusations séditieuses contre l'Impératrice Taitu, et s'exprimèrent de la manière suivante : “Nous ne voulons pas que vous vous chargiez des travaux du gouvernement. Mais, vous (l'Impératrice) devrez dorénavant rester au Palais afin de vous occuper de la santé de l'Empereur”. Comme l'Impératrice avait plus d'un partisan, rien ne se passa, et il était difficile de résoudre ce problème. L'Impératrice Taitu avait beaucoup de volonté et était une experte dans l'art de diriger. A ce moment, j'étais en admiration devant les qualités royales de l'Impératrice Taitu. Depuis que j'avais été nommé, grâce à elle, à la tête du gouvernement de Harar, les nobles n'osaient plus me parler et me révéler le déroulement de cette affaire.
Après que cette histoire soit restée en suspend à peu près quinze jours sans qu'aucune décision ne soit prise, une réunion se tint, le 11 Mägabit (20 mars 1920), dans la demeure de Fitawrari Häbtä Giyorgis. Nous y fûmes tous convoqués et nous nous y rendîmes . Ras Bitwaddäd Täsämma s'y rendit aussi. Il avait été convoqué comme les autres nobles pour faire croire qu'il n'avait pas instauré cette affaire. Après quoi, Fitawrari Häbtä Giyorgis, qui avait demandé cette réunion, déclarait : “Nous ne sommes pas content du travail exécuté par l'Impératrice Taitu, tout particulièrement des renvois et des nominations. Il n'y a que la nomination de Dejazmatch Tafari à l'ancien gouvernement de son père qui soit excellente et c'est la seule qui puisse être validée, mais le reste des nominations et des renvois doivent être annulées. Dorénavant, l'Impératrice Taitu ne nous gênera plus dans le travail gouvernemental.” Et le discours finissait ainsi : “ Nous affirmons tous d'un commun accord que la nomination de Dejazmatch Tafari est valable, mais qu'il est convenable d'annuler toutes les autres nominations et les autres renvois”.
Le lendemain, le 12 Mägabit (21 mars), ils entrèrent tous dans le palais, s'approchèrent de l'Impératrice Taitu et lui dirent : “D'après nous, Vous, Impératrice Taitu, devriez résider dans le palais et vous occuper de la santé de l'Empereur, mais laisserez les tâches du gouvernement au Régent, Ras Bitwaddäd Täsämma”. Après les avoir écouter, l'Impératrice Taitu se retourna vers Ras Bitwaddäd Täsämma et dit “ : Pourquoi portez – vous la faute sur autrui quand vous savez que c'est vous qui avez tout fait et tout planifié ? J'ai tout entendu mais je suis attristé parce que vous avez agi réellement furtivement. Il y a quelque mois, déjà, alors que je vous disais que je voulais arrêter mon travail au sein du gouvernement et abandonner les affaires de l'Etat pour prendre soin de l'Empereur souffrant, vous m'envoyiez Ras Mängäsha Atikam comme intermédiaire pour me dire : “ Vous vous êtes occupée des tâches du gouvernement sans nous avoir initier. Que connaissons – nous à ce sujet ? Votre souhait d'abandonner les affaires de l'Etat équivaut à nous dire qu'est – ce que cela peut bien me faire si tout s'effondre ?” Ensuite, lorsque vous me disiez : “C'est par le travail que vous entreprenez actuellement que vous montrerez de la gratitude à Ménélik” ; ne vous disais – je pas en réponse que je ferai de mon mieux, et utilement, ce travail ? De plus, quel travail ai – je fait sans vous consulter ? Venez me dire maintenant face à face que vous n'étiez pas au courant de tel ou tels travaux.” Après avoir parlé ainsi, elle leur reprocha trois faits :

1) D'avoir fomenté secrètement cette conspiration
2) D'avoir envoyé un intermédiaire pour lui demander de poursuivre son travail au sein du gouvernement
3) Qu'elle n'avait rien fait sans les prévenir ou sans les consulter !

Après ce discours, Ras Bitwaddäd Täsämma et les autres nobles se sentirent honteux ; ils s'inclinèrent et lui demandèrent de les pardonner. Mais vu que tout cela affligeait grandement l'Impératrice Taitu, elle ne leur répondait pas et pleurait en silence. Néanmoins, les affaires du gouvernement – en accord avec la décision prise dans la demeure de Fitawrari Häbtä Giyorgis – étaient confiées à Ras Bitwaddäd Täsämma et il commençait à s'en occuper.
Il me paraissait nécessaire d'attendre, pour cette raison, que tout cela soit fini avant de redescendre à Harar. Mais, lorsque je demandais à Ras Bitwaddäd Täsämma l'autorisation de partir, car tout me semblait réglé il me demanda d'attendre et de rester parce que, selon une rumeur qui commençait à courir dehors, des moines, prétendant avoir eu des visions pendant leurs rêves, lui avaient dit que “Si Dejazmatch Tafari redescendait à Harar, il pouvait devenir très dangereux pour le gouvernement de Ledj Iyassu”. Le quatrième jour de sa Régence plénipotentiaire, Ras Bitwaddäd Täsämma arrêtait Fitawrari Tayye Gullelate , prétendant qu'il était un ennemi de Ledj Iyassu. Je commençais, donc, à être anxieux. Mais comme l'homme ne peut changer ce que Dieu a décidé, le plan de Ras Bitwaddäd Täsämma consistait à tout faire pour que Ledj Iyassu et moi concluions un accord qui empêcherait de gêner son travail. Ainsi, il nous emmenait, les officiers de mon père et moi, à la demeure de l'Archevêque Abuna Mattewos et nous prêtions le serment suivant :

1) Je ne pendrai pas le trône de Ledj Iyassu par tricherie ou par rivalité
2) Mes officiers ne me donneront pas de mauvais conseils pour que je m'empare du trône de Ledj Iyassu
3) Ledj Iyassu, me regardant avec des yeux de rivaux, ne me dépossèdera pas du gouvernement de mon père, Harar
4) Ras Bitwaddäd Täsämma ne donnera pas de mauvaises critiques à Ledj Iyassu pour qu'il me renvoie du gouvernement de Harar, et il ne causera pas ma destruction à cause de cette prétendue rivalité

J'allais saluer ces formidables hommes de rang (la coutume veut qu'on aille tous les voir dans leur demeure respective) puisqu'il m'autorisait, ensuite, à partir pour Harar. Bien que le moment était très délicat pour dire au revoir à l'Impératrice Taitu, je sentais que ma conscience me reprocherait de ne pas avoir été la saluer avant de partir. Je décidais, donc, d'aller lui dire au revoir au Palais et j'entrepris, alors, mon voyage.

A cette époque, le chemin de fer entre Addis Abeba et Dire Dawa n'avait pas encore été construit, et le voyage était extrêmement fatiguant. Nous parvenions à Harar vers la fin de Miyazya (mai). Nos députés attendaient impatiemment le jour de Notre venue et avaient préparé un grand banquet mais, par coïncidence, nous apprîmes le jour de notre arrivée à Harar, que le Roi anglais Edwards VII était mort le 28 Miyazya 1902 (6 mai 1910). Par conséquent, Nous ordonnions d'annuler la réception prévue et de mettre le drapeau en berne. Nous informions, alors, le consulat anglais d'Harar de Notre participation à leur chagrin. Nous ressentions, en effet, un chagrin particulier parce que mon père s'était rendu au couronnement du Roi Edwards VII comme Roi d'Angleterre et Empereur de l'Inde en tant qu'ambassadeur de l'Empereur Ménélik, et m'avait raconté l'honneur avec lequel la Maison Royale d'Angleterre l'avait reçu. Lorsque mon père était arrivé à Londres pour le couronnement, il avait apprit l'ajournement de la cérémonie dû à la soudaine maladie du Roi Edwards. Il était allé, alors, à l'Abbaye de Westminster et avait donné – en accord avec les coutumes observées dans notre pays l'Ethiopie – une grande croix en or à l'église comme offrande ex – voto en disant : « Si je rentre dans mon pays alors que la cérémonie du couronnement n'a pas eu lieu, comme à mon arrivé à Londres, j'ai trouvé le Roi en grand danger, je vais être considéré comme un porte-malheur, par conséquent, pour me faire plaisir, mon Dieu, faites que le Roi Edwards, votre fidèle serviteur, se rétablisse ”. Mon père m'en avait parlé et j'avais aussi appris sur place l'existence de la Croix lors d'une rencontre similaire. Ainsi quand je suis venu visiter Londres en 1916 (1924) – le Roi Georges V m'ayant fait l'honneur de m'inviter - l'archevêque de Canterbury, Rt. Hon. Randall Thomas Davidson – me fit visiter l'Abbaye de Westminster et me montra cette croix en or. Il me dit : «C'est celle que votre père S.A. Ras Makonnen a donné à l'Eglise comme offrande ex – voto pour la maladie du Roi Edwards”.

La cérémonie de bienvenue s'achevait joyeusement sept jours plus tard et Nous entreprenions d'administrer la province. Ce que signifie prendre en charge une telle province, ne peut être apprécié que par ceux qui ont eu à porter une telle responsabilité. Rien que le fait de rédiger les affaires administratives est un fardeau qui ne peut être vraiment ressenti par ceux qui les lisent. Cela peut leur sembler banal. Cependant, ce fardeau était lourd, très épuisant et très différent de celui des autres gouverneurs, voici les principales raisons :

1) A l'époque de mon père, les paysans et les soldats n'avaient pas connu d'autres gouverneurs et ils vivaient en harmonie. Ils le reconnaissaient comme leur seul maître et père. Mais, depuis la mort de mon père, à cause du bail éphémère et successif de Dejazmatch Yelma et de Dejazmatch Baltcha, l'état des affaires avait changé. Il était de mon ressort, maintenant, de concevoir une méthode avec laquelle il m'était possible de gouverner en réconciliant les paysans, les soldats et en les satisfaisant tout comme mon père.
2) Puisque mon frère Dejazmatch Yelma était mort peu de temps après sa nomination à Harar et que Dejazmatch Baltcha avait été nommé en succession gouverneur, 3.000 hommes de l'armée de mon père m'avaient été donnés. Ces hommes étaient, par la suite, allés à Walläga , nominalement comme armée de Ledj Iyassu, comme ils m'étaient, maintenant, de nouveau, restitués, Je devais leur redonner des quartiers.
3) Il y avait beaucoup de serviteurs de Dejazmatch Yelma et de Dejazmatch Baltcha qui étaient restés à Harar parce qu'ils voulaient vivre avec moi. Je devais, maintenant, leur trouvés à eux aussi des logements.
4) Comme j'étais au courant du traité de Klobuwski , que l'Empereur avait conclu avec le Gouvernement français en 1900 (1907-8), concernant tous les problèmes de relations avec les étrangers, je devais faire fonctionner le joug de ce traité dans lequel l'Ethiopie s'était engagée.

Les nobles, les soldats et les paysans importants de chaque district s'étaient rassemblés et venaient participer à notre joie d'être nommé au gouvernement de Harar. Nous leur disions que Nous les informerions, dans le futur, de tous les actes que nous ferions pour administrer le pays. Nous les congédions alors. Nous étions résolu à poursuivre cette tâche, l'administration de la région.
Nous étions aussi convaincu que les ordonnances administratives seraient, à présent, inopportunes pour l'armée. Ces règlements, néanmoins, deviendront, sans aucun doute, familiers, au fil du temps. Nous poursuivions, alors, Nos idées. Conscient qu'il était nécessaire de faire tout ce qui était bénéfique pour un bon gouvernement. Nous recherchions tous les dossiers sur lesquels les gouverneurs précédents avaient travaillé (pensant qu'ils Nous aideraient dans Notre tâche), mais il fut impossible de tous les retrouver. Nous ne trouvions, en faite, que quelques dossiers de mon père, S.A. Ras Makonnen, et de mon frère, Dejazmatch Yelma. Nous devions, par conséquent, enquêter et interroger les plus anciens habitants de Harar.

De plus, les problèmes de logement des officiers et des troupes Nous gênaient fortement. Les officiers n'habitaient pas avec leurs hommes, ils avaient chacun des quartiers séparés. Ils ne se rencontraient que lors des expéditions militaires, ne se connaissaient pas tous forcément et ne connaissaient pas celui qui les commandait. Nous étions convaincu que s'ils ne vivaient pas ensemble dans le même quartier (abandonnant leurs quartiers présents), s'ils ne s'habituaient pas à se voir et au commandement ainsi que s'ils ne se rencontraient que lors des opérations militaires, cela nuirait certainement à la discipline. Nous devions obligatoirement connaître, en premier, le nombre d'hommes et l'étendue de leurs quartiers afin de nous donner la possibilité de prendre les bonnes décisions. Nous ordonnions, par conséquent, que des hommes aillent dans chaque district de la province de Harar recenser les paysans capables de payer des taxes et de rassembler rapidement ces informations. A leur retour, trois mois plus tard, ces hommes nous présentaient leurs registres de recensement qui démontraient que plus de 70.000 paysans pouvaient payer des taxes.

Après cela, nous convenions de diviser la province de Harar en douze larges districts : Tchärtchär , Qori , Wabbära , Mietta ,Anya , aux alentours de Harar, Gara Mullata, Afrän Qalo, Djarso, Jijjiga , Ogaden, Issa et Gorgora . Nous nommions plusieurs députés à la tête de ces districts et convenions de répartir dans chacun, proprement et selon leur rang, des hommes et des officiers. Les propriétaires fonciers, les soldats et les officiers étaient recensés dans un registre spécial. Il fut décidé que les officiers et les hommes vivent ensemble et ne soient pas éloignés les uns des autres, ainsi, lorsqu'ils seront mobilisés pour une raison ou pour une autre, ils se connaîtront. Nous prenions soin de fonder un palais de justice dans chaque district qui était responsable des différents bureaux administratifs. Bien que l'administration de l'Eglise soit, aussi, concernée, nous n'avions plus de place dans notre plan pour nous en occuper maintenant ; Nous la laissions inchangée.

Beaucoup de structures gouvernementales à Harar, que mon père avait fondées, avaient été détruites après sa mort lors des changements successifs de gouverneur. Je ressentais, donc, en mon cœur, le poids du joug gouvernemental sur le peuple car les gouverneurs provinciaux (Abägaz ), les chefs de districts (Dämina ) et les chefs locaux (Gärada ) ne les protégeaient pas équitablement. Nous commencions, donc, par rechercher à améliorer cette situation. L'Abägaz est en effet le régent de la province. Le Dämina se tient entre le percepteur de taxe et le peuple pour qu'il paie ses taxes en temps. Il doit contrôler que les taxes ou tout autre acte du percepteur ne fassent pas de tort au peuple. Certain Dämina ont en charge 20 à 300 paysans. Le Gärada publie les arrêtés et agit sous l'autorité du Dämina. Ce système est resté en vigueur jusqu'à maintenant, il a été implanté à Harar pendant l'époque très courte, environ dix ans, où les Turcs ont occupé Harar.
Après la mort de mon père, les structures gouvernementales qu'il avait mises en place, s'écroulaient. Certains percepteurs recevaient jusqu'à 12 dollars en liquide quand il devenait impossible aux paysans de produire assez de miel pour payer leur impôt foncier. Nous ordonnions, alors, aux percepteurs et aux gouverneurs de ne pas nuire au peuple avec leur loi car ils avaient déjà commencé à lui faire du tort. Le peuple ne refuserait pas de payer ou ne contesterait pas ces impositions, à moins, et nous en étions convaincu, qu'il ne soit mis au courant de cet ordre en le proclamant. Nous promulguions, donc, l'arrêté suivant :

Proclamation

Vous qui êtes Abägaz, faites attention aux voleurs et aux brigands qui sévissent dans le département que vous contrôlez comme député. Si j'apprends que dans certaines provinces des personnes ont été volées, elles seront dédommagées par l'Abägaz. Vous qui êtes sans maîtres et sans travail, allez dans la ville que j'ai donnée à l'Abägaz et restez-y ! Mais ne dérangez pas les paysans dans les villages. Si les routes de vos départements respectifs sont en mauvaise état, réparez les pour ne pas gêner les commerçants qui vont et viennent dans la région. Entre tout, travaillez le jour du Sabbat est interdit. Maintenant, vous serez puni quand vous travaillerez le jour du Sabbat. J'ai indiqué à votre Abägaz la quantité correcte de miel qui doit être versée comme taxes par ceux qui en possèdent assez ; ne donnez donc que la quantité demandée. Si vous n'avez pas de miel, vous donnerez à la place 4 dollars si vous êtes Gärada, 3 dollars pour un Shebäta, 2 dollars pour un locataire et 1 dollar pour un berger. Vous qui possédez du miel mais aimeriez mieux donner de l'argent, vous paierez, alors, le double de la valeur de la quantité de miel demandée si vous en faites le commerce. Vous serez un Gärada payant la même somme de taxe qu'un Shebäta, 3 dollars pour votre miel. Gärada, Shebäta, locataire et berger, excepté si cela vous est impossible, votre taxe est le miel. D'où, accrochez vos ruches. Et vous, Mälkänna (percepteur du district), ne touchez pas au miel avant qu'il soit prêt. Vous travaillerez dans le futur tout comme vous l'avez fait dans le passé avec votre Dämina afin de l'aider dans ses devoirs. Auparavant, je vous avais déclaré lors d'une proclamation : “ Vous qui vagabondez de province en province, mais, néanmoins, n'avez pas conquis de nouvelle province, vous ne pouvez pas bénéficier de la Kobe Basa ” ; mais J'apprends aujourd'hui que vous l'avez encaissée. Rendez, alors, aux paysans l'argent que vous avez reçu malgré les termes de cette proclamation. Abägaz et Dämina faites attention, dorénavant, que les Mälkänna (percepteur de district) n'aillent pas au – delà de ce qui leur a été permis de peur qu'ils volent l'argent des paysans. Si des paysans vous parlent d'argent qui leur a été extorqué et que vous persistiez à ne pas vouloir leur rembourser, qu'ensuite ces paysans refusent de travailler et viennent se plaindre à moi, alors, dans ce cas, la perte serait votre, vous devrez leur rendre et reprendre cet argent à la personne qui leur a dérobé. Paysans ! Ne venez pas me voir avant d'en avoir parlé à l'Abägaz et aux Dämina. Lors des trois festivals annuels, Mäsqäl, Noël et Pâques , vous recevrez 2 dollars chacun à la place des chèvres castrées, mais à part à ces fêtes vous ne recevrez rien
Harar le 13 Hamle 1905 (21 juillet 1913).

Quand la proclamation fut divulguée, les Abägaz et les percepteurs de district ne furent pas contents, mais, après quelques mois, ils s'habituèrent à la nouvelle réglementation administrative et découvraient son utilité. Tandis que les paysans, maintenant que leurs taxes et le joug du gouvernement s'étaient allégés, entreprenaient, avec un cœur paisible, leurs ouvrages.


1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   22

similaire:

L\I. ale dialogue ou la double médiatisation du discours I. A. 1Absence de discours commentatif
«je» puisque chaque personnage perle à la première personne, interdit toute possibilité d’autobiographie. (Mch)








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com