L'Autobiographie de him ras Tafari Haile Selassie I








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Chapitre 12

Les améliorations apportées à l'administration interne par proclamation et par ordonnance, et les efforts pour permettre aux civilisations étrangères de venir en Ethiopie.
Jamais depuis le 17 Mäskäräm 1909 (27 Septembre 1916), jour où je suis devenu, Prince Héritier et Régent Plénipotentiaire, jusqu'à aujourd'hui en 1928 (1935), que ce grand danger s'abat sur nous, toutes ces actions violentes entreprises par l'Italie, Nous n'avons cesser de lutter de notre mieux et de faire tout ce qui Nous paraissait bon et prospère pour le peuple et le gouvernement. Bien que Nous ayons nommé des ministres pour ce travail, Nous devions encore faire beaucoup d'efforts, étant donné que l'ultime responsabilité était la Nôtre.
De plus, Nous siégions à la Cour, en tenant compte des coutumes antiques des Rois d'Ethiopie, deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi, puisque le principal aspect de notre travail était de juger certaines affaires en appel. Ainsi, Nous n'avions pas de répit.
Excepté les travaux sans importance exécutés chaque jour et ceux que Nous avons oubliés à cause du temps passé, les suivants sont ceux que je me remémore maintenant :

1) Avant 1909 (1916), des ministres avaient été nommés aux travaux du gouvernement mais aucune des charges allouées à chacun dans leurs postes respectifs ne leur avaient été notifiées par écrit. Bien souvent, ils traitaient les affaires gouvernementales dans leur propre maison puisqu'il n'y avait pas de bureau adéquat. Dès 1913 (1920) les opérations gouvernementales étaient, désormais, allégées grâce à l'importation d'Europe de livres et de règlements pour les aider dans leur travaux, à la construction de bureaux pour chaque ministère et à la collaboration des conseillers étrangers que Nous avions assignés dans certain cabinet.
2) Le fonctionnement général des Cours de justice n'était pas équitable. En 1914 (1921), nous fournissions, alors, à chacune, par écris des textes de loies et des manuels de référence, par conséquent la conjoncture s'améliorait peu à peu. Nous faisions cesser la pratique de l'amputation des membres (mains et pieds), qui était d'usage depuis très longtemps et inscrit dans la Fetha Nagast , ainsi que d'autres punitions cruelles et similaires. Et cela plu à Notre peuple.
3) Certaines coutumes, dont celle-ci, persistaient depuis les temps anciens : lorsqu'un homme commettait un acte criminel, le juge pouvait faire ce qu'il voulait, augmenter ou baisser l'amende, réduire ou alourdir la peine d'emprisonnement, car aucune peine n'avaient été definies. Le juge pouvait, alors, avantager son ami ou désavantager son ennemi puisque aucune loi ne l'y empêchait. Ainsi, lorsque deux hommes étaient arrêtés pour le même délit, il pouvait en libéré un et condamné l'autre.
En 1923 (1930), Nous établissions un Code Pénal qui définissait chaque peine, amende ou emprisonnement pour chaque délit qui avait été exposé en détail et quelle que soit la personne qui avait commis ce crime. Par conséquent, les juges ne pouvaient plus libérer ou emprisonner un homme selon leur caprice, avantager son ami ou désavantager son ennemi et imposer les amandes qu'il voulait. La Justice prenait maintenant un chemin somptueux.
Une autre coutume consistait à transmettre le détenu, après avoir été condamné à mort et reconnu coupable de meurtre par des témoignages ou par l'aveu du crime, à la famille de la victime (partie civile) qui pouvait le tuer comme elle voulait devant le peuple, soit en le battant, soit en le terrifiant.
Nous avons, maintenant, construit une place spécifique ou l'assassin peut finir ses jours et nous avons conclu que, seul, un bourreau officiel pouvait le tuer, à l'abri des regards et à l'aide d'un fusil spécial .
4) Dès 1913 (1920), dans le but de résoudre d'une manière équitable les disputes qui survenaient entre les natifs et des étrangers, Nous construisions des cours spéciales et y nommions des juges experts en lois. Nous assignions aux juges des conseillers étrangers qui avaient une parfaite connaissance de la Loi et de la Justice, ceci permit à l'administration judiciaire de s'améliorer considérablement. Le principal conseiller nommé pour cette tâche était un Suisse, M. Auberson . Un accord important concernant ces disputes et affectant l'honneur de l'Ethiopie, avait été signé par l'ambassadeur français M. Klobukowski et l'Empereur Ménélik en 1900 (1907-8).
5) Comme il n'y avait pas d'imprimerie digne de ce nom pour nos livres en Ethiopie, ils étaient tous écris à la main, par conséquent le peuple trouvait difficilement un livre à lire car ceux-ci coûtaient extrêmement cher vu leur rareté.
En 1914 (1921-2), Nous achetions avec notre propre argent deux imprimeries . De nombreux livres en Ge'ez et en Amharique étaient imprimés. Le peuple pouvait, alors, apprécier la lecture et s'enrichir de savoir car ceux-ci coûtaient moins chère. Un journal hebdomadaire "Lumière et Paix" et un mensuel "Révélateur de la Lumière" étaient, aussi, imprimés. Nous donnions les bénéfices de ces deux imprimeries directement à l'Hôpital Bet Sayda .
Nous désirions établir d'autres imprimeries grâce à l'argent du gouvernement, et lorsque fut terminée l'Imprimerie de Märha Tebäb , nous y faisions imprimer les livres et la correspondance que les ministres avaient besoin pour leurs travaux et leurs affaires respectifs ainsi que le journal "Aymero" .
6) Avant 1915 (1922), aucun règlement concernant les emprunts n'existait. Ceux qui possédaient de l'argent pouvaient le prêter et réclamer jusqu'à 20 à 30% d'intérêts. Lorsque le débiteur n'avait pas d'argent pour rembourser son emprunt, il était conduit devant un juge qui le transmettait au prêteur et qui l'emprisonnait jusqu'à ce qu'il ait réglé son dû.
A partir de 1915 (1922-3), Nous limitions la marge d'intérêts à 9% et punissions d'une sévère amende tous ceux qui percevaient des intérêts a des taux supérieurs. S'il se révélait, après avoir vérifié, que l'emprunteur n'avait pas d'argent pour rembourser et qu'il n'avait ni bétail ni terre à saisir, j'interdisais par décret en 1916 (1923) qu'il soit remis au prêteur.
7) Les maisons d'Addis Abeba et des villes principales étaient éclairées par des lampes à gaz, à essence ou par des bougies, il n'existait pas de lampes électriques
L'installation de l'électricité commença, dans une certaine mesure, en 1909 (1916-1917). En 1915 (1922-1923), nous avions construit un bon réseau électrique qui alimentait le Palais, les bureaux ministériels, les maisons des nobles, les lampadaires tout le long de l'avenue Ras Makonnen , les églises importantes, les villes de Harar et de Dire Dawa et les bâtiments gouvernementaux de Dessie et de Däbrä Marqos .
8) Les fils de Rois et de Princes étrangers ne venaient jamais en Ethiopie.
Dès 1916 (1923-24), vu que Nous avions décidé que les civilisations étrangères viennent visiter le pays, les fils de royautés lointaines vinrent en Ethiopie. Les plus importants furent Le Duc de Gloucester , fils du roi anglais, S.M. George V, le Prince Héritier de Suède Gustaf Adolf , l'oncle du Roi d'Italie, S.M. Victor Emmanuel, le Duc d'Abruzzi et le Prince de Savoie d'Udine .
9) Avant 1915 (1922), il n'y avait, excepté une voiture à moteur , pas d'autres voitures ni de camions en Ethiopie. Le peuple, de l'Empereur aux plus humbles, se déplaçaient à cheval ou à dos de mules et le transport des marchandises était effectué à dos d'ânes. Il fallait, donc, longtemps pour atteindre sa destination.
En 1915 (1922), Nous veillions à ce que plusieurs voitures, motos, bicyclettes et camions soient importés. Par conséquent, le transport de biens et de personnes était peu à peu accéléré.
10) Avant 1915 (1922), deux seules médailles éxistaient, l'Etoile de l'Ethiopie et l'Etoile de Salomon. Maintenant, Nous faisions fabriquer une chaîne en or pour l'Ordre de Salomon qui devait etre décerné aux rois étrangers ayant le même rang que l'Empereur.
Nous crééions aussi un autre ordre avec une chaîne en or, « l'Ordre de la Reine de Shéba » (Saba), destiné à la Reine Consort et aux reines étrangères. De plus, Nous établissions d'autres ordres supérieurs, l'Ordre de Ménélik II et l'Ordre de la Trinité, ainsi qu'une médaille militaire, une médaille artistique et une médaille scientifique pour chaque spécialité. Ces ordres furent décernés à plusieurs personnes.
11) Seulement quelques personnes parlaient une langue étrangère puisqu'il n'y avait qu'une école à Addis Abeba, l'école de Ménélik II , dans laquelle l'enseignement des langues étrangères était offert.
En 1917 (1924), Nous faisions construire, en plus des écoles qui existaient déjà, des collèges à Addis Abeba et dans les villes importantes pour que soient enseignées les langues étrangères. Nous autorisions et aidions les différentes missions à établir des instituts de langue dans chaque province, par conséquent, plusieurs furent ouverts. De plus, les garçons, que nous avions envoyés étudier à l'étranger, avaient été correctement formés et plusieurs d'entre eux étaient, maintenant, prêts à collaborer aux bureaux des différents ministères.
12) Comme il n'y avait à Addis Abeba qu'un seul hôpital, l'hôpital Ménélik II , il ne pouvait pas à lui seul prendre soin de la santé de toute la population.
Dès 1915 (1922), Nous faisions construire plusieurs hôpitaux, à Addis Abeba et dans les villes principales. Nous y participions financièrement et donnions des dérogations aux diverses missions. Grâce à la construction de ces hôpitaux, la santé du peuple fut préservée. Nous faisions venir le physicien suédois, M. Hanner et le nommions à la tête de l'hôpital baptisé Bet Sayda , que Nous avions construit à Addis Abeba avec Notre propre argent. Cet hôpital devint très connu et respecté par tous.
13) Autrefois, les hommes étaient uniquement soldats par coutumes, car il n'y avait pas d'école militaire .
Nous construisions en 1911 (1918-9) une école militaire dans le but d'apprendre à nos soldats toutes les stratagèmes militaires. Nous fondions, de plus, un mouvement de Garçons Scouts sous les auspices de Notre fils Makonnen , Duc de Harar. Ainsi, les enfants faisaient convenablement leurs devoirs.
14) Dans le passé, il n'existait qu'un drapeau tricolore orné d'un lion .
En 1920 (1927-8), Nous donnions l'ordre de modifier le dessin du lion ainsi que l'ornementation en or du drapeau quotidien et cérémonial de l'Empereur, bien qu'inchangé dans ses trois couleurs. La forme et les décors du drapeau de la Reine, du Prince Héritier, de l'armée, de la Poste et des navires devaient être différents les uns des autres, mais avec les mêmes couleurs.
15) Pendant les visites officielles, nous pouvions entendre en Ethiopie les hymnes nationaux étrangers que nous passions sur un gramophone mais il n'existait pas d'hymne national éthiopien digne de ce nom.
En 1920 (1927-8), Nous faisions composé un hymne national et une marche militaire, "Tafari" . Il devait être joué dans le Palais ainsi que partout à l'étranger où des envoyés éthiopiens se rendaient, et au cours des réceptions ou des banquets qui étaient donnés en honneur de leur visite officielle.
Quand des envoyés étrangers venaient en Ethiopie, nous nous arrangions pour que leur hymne national fut , aussi, joué pendant les réceptions et à l'occasion des banquets organisés en leur honneur.
16) En 1900 (1907), la Banque d'Abyssinie était fondée à Addis Abeba, sous les auspices de la Banque d'Egypte, et mis à part celle-ci, il n'y en avait aucune autre. Le bénéfice appartenait exclusivement à la compagnie, comme stipulé dans le traité de la construction de la Banque Abyssinienne. Par conséquent, la position du peuple et du gouvernement était très ambigüe. En 1920 (1927-8), Nous investissions Notre propre argent dans des actions et Nous nommions, aussi vite que possible, comme actionnaire le peuple et les nobles. Nous achetions, alors, la Banque d'Abyssinie, après avoir remboursé entièrement son déficit, et la renommions Banque d'Ethiopie. Il se révéla que cette manœuvre fut très bénéfique.
17) Avant 1920 (1927-8), peu de personnes savaient ce que voulait dire aéroplane. En 1920 (1927-8), Nous achetions des avions et les faisions venir en Ethiopie , ce qui soulageait peu à peu le peuple et le gouvernement dans certaines difficultés.
18) N'ayant aucune ambassade ou consulat éthiopien en pays étranger, quand surgissait un problème avec un autre gouvernement, nous devions déléguer à chaque fois un envoyer spécial ou bien un député étranger devait spécialement venir pour Nous remettre les doléances .
En 1921 (1928-9), Nous ordonnions l'établissement d'ambassades et de consulats dans des pays voisins et lointains. Du coup, ces affaires gouvernementales étaient résolues plus facilement.
19) Comme l'importation de matériel de guerre en Ethiopie avait été prohibée , le nombre d'oisifs sans valeur augmentait dans chaque province.
En 1920 (1927-8), Nous étions autorisé par traité à acheter des armes pour protéger le pays. La sécurité et la paix régnaient en Ethiopie grâce aux ordres que nous avions donné afin de détruire les hommes déloyaux, fournissant, alors, des armes à ceux qui protégeaient le pays dans chaque district. Nous ne pouvons pas oublier qu'au moment où il nous était permis d'importer ces armes et matériels de guerre en Ethiopie, l'envoyé italien objectait, argumentant que le Gouvernement éthiopien ne devait pas avoir l'autorisation de posséder des avions de guerre. Ceci prouve que les Italiens, après avoir détruit la paix, planifiaient et préparaient depuis longtemps la guerre contre l'Ethiopie.
20) Comme la loi ne nous permettait pas de nommer un évêque parmi les prêtres éthiopiens , les natifs étaient, donc, dans la position de ne pas pouvoir être choisis.
En 1920 (1927-8), Nous insistions sur deux faits, que l'Ethiopie avait un grand nombre de province et que ce n'était pas grâce à une spécificité innée mais grâce à son comportement qu'une personne devenait disciple du Christ. Vu qu'après bien des discussions, notre point de vue avait été accepté, Nous nommions à la dignité d'évêques cinq prêtres choisis parmi les ressortissants éthiopiens et leur assignions un diocèse.
21) Il n'était pas coutume, antérieurement, d'inviter des ambassadeurs de gouvernement étranger au couronnement de l'Empereur.
Mais nous nous étions rendu compte que ceci permettrait à l'Ethiopie de progresser vers un plus haut degré de civilisation et renforcerait ses liens d'amitié avec les gouvernements étrangers, c'est pour cette raison que lors de notre couronnement, le 23 Teqemt 1923 (2 novembre 1930), douze gouvernements étrangers venaient à Addis Abeba Nous honorer pendant cette cérémonie. Ceci prouve l'ascendance de l'Ethiopie à un très haut niveau pendant Notre règne.
22) L'Empereur avait l'habitude d'agir selon ses désirs et ses directives, exécutant comme il voulait toute chose, qu'elle soit pacifique ou militaire, y compris l'administration du pays et toutes les affaires similaires.
Mais le 9 Hamle 1923 (16 juillet 1931), Nous promulguions en ce jour une Constitution, fondions le Parlement où Nous nommions des sénateurs, permettions l'élections de députés et d'un président. Nous indiquions que le travail du gouvernement devrait être réalisé dorénavant avec l'accord du Parlement
23) L'Empereur et les nobles se déplaçaient d'une province à l'autre avec un nombreux contingent militaire, et le peuple devait leur fournir gratuitement des provisions tel de la nourriture, du fourrage et du bois .
Mais en 1923 (1930-31), Nous proclamions l'interdiction de forcer les paysans à céder un de leur bien, excepté volontairement et contre un paiement.
24) Le nombre de province raccordée au réseau téléphonique et télégraphique étant plutôt restreint, il fallait beaucoup de temps avant que les litiges du peuple, du gouvernement et des commercants de chaque province soient résolus.
Par la suite, cependant, Nous ordonnions de raccorder le téléphone et d'établir des communications postales dans tous les districts. De ce fait les difficultés rencontrées par le peuple et le gouvernement étaient, peu à peu, soulagées.
25) Les endroits, où étaient emprisonnés les criminels, ne possédaient pas la propreté correspondante aux conditions requises par la santé.
Mais en 1925 (1932-3), Nous construisions une maison d'arrêt (avec notre argent personnel) qui avait ces conditions d'hygiène requises pour la santé. Elle possédait des équipements pour se laver et une clinique. L'enseignement de la lecture, de l'écriture et des travaux manuels y était donné. La détention des criminels enchaînés aux pieds avec des menottes et des chaînes ayant été interdite, Nous ordonnions qu'ils soient gardés par des surveillants.
26) Tout homme possédant des terres devait verser, en plus des taxes fixées et payées annuellement, de l'argent en diverses occasions et était susceptible d'être forcé à exécuter des travaux sans être payé.
Par proclamation et par la Loi, Nous interdisions, maintenant, à quiconque de se soumettre à ces pratiques, mis à part les taxes définies et réglables annuellement qu'il devait s'acquitter , il ne devait plus être forcé à travailler gratuitement.
27) Inutile de dire qu'en Europe il existait un télégraphe sans fil (TSF) clairement audible et qu'en Ethiopie il n'était pas connu.
Nous faisions installer le télégraphe sans fil à Addis Abeba et dans les villes principales en 1924 (1931). Ceci nous a permis d'achever plus rapidement ici et à l'étranger les affaires gouvernementales, commerciales ainsi que d'autres problèmes. Ce service Nous a considérablement aidé en 1928 (1935) quand nous devions combattre l'Italie.
28) Avant 1920 (1927-8), tout le monde portait le même uniforme militaire ou civil car il n'y avait pas de distinctions entre les grades.
Par la suite, Nous demandions de faire des distinctions de grade sur les uniformes militaires et civils. Ceci permit de reconnaître le grade de la personne.
29) Au cours des cent dernières années, lorsqu'une personne s'était fait voler son argent ou tout autre bien, des hommes –apparentés à la famille par descendance ou par mariage – clamaient pouvoir retrouver le voleur en administrant une potion à un adolescent de moins de quinze ans. Ces hommes qui erraient sans but autour d'Addis Abeba et dans les autres provinces, vivaient de leur recherche des voleurs, étant autorisé par le pouvoir. Ils administraient cette potion et recevaient un salaire des personnes volées. Ils disaient avoir trouvé le voleur quand le garçon, à qui il avait administré la potion, pénétrait dans la maison d'un homme et s'installait dans son lit en transe, ou bien quand il attrapait un homme, le frappait énergiquement avec son genou et le désarmait. Par cette seule procédure et sans qu'aucune preuve ni témoignage ne soit retenue contre lui, l'homme était, alors, saisi de force et devait rembourser le propriétaire volé. Des actions frauduleuses étaient, alors, exécutées par des menteurs car il leur était possible d'hypnotiser le liebasha et de l'introduire dans la maison d'un innocent qui n'avait volé personne. Il pouvait arrêter et opprimer le peuple en faisant en sorte que le garçon frappe telle ou telle personne et s'énerve contre elle pendant sa transe.
Nous interdisions la coutume du liebasha car nous étions devenus convaincu, après une reherche aprofondie, qu'il n'était pas possible de démasquer un voleur en administrant une potion à un jeune homme, à moins que des preuves évidentes ou des témoignages aient authentifié ce vol devant un juge. Par conséquent, de grandes réjouissances eurent lieu dans tout le pays, Nous protégions le peuple des iniquités qu'il subissait lors de ces rites.
30) Bien qu'en Ethiopie l'Empereur soit suprême, les loies féodales n'avaient pas cessé.
Dès 1910 (1917-8), Nous devenions convaincu que la souveraineté des propriétaires terriens était nuisible au peuple et au gouvernement. Nous faisions cesser celle de Wallo, de Gojjam, de Bägemeder, de Yajju et de Walläga et Jimma. Nous sélectionnions des serviteurs de Notre Gouvernement et faisions en sorte qu'ils y soient nommés.
31) Par coutume en Ethiopie les gouverneurs provinciaux sont aussi chefs militaires mais il n'y a pas de responsables civils. Par conséquent, le gouverneur paye ses soldats par l'intermédiaire des officiers et les loge dans sa province. Usuellement, dans l'ensemble du pays, la répartition des taxes collectées par des civils officiels, à l'armée et aux autres ministères du gouvernement, n'était pas sous l'autorité du Gouvernement.
Comme Nous savions que d'abolir tout d'un coup une coutume qui existait depuis des temps immémoriaux ne serait pas intelligent et que cela pourrait provoquer des émeutes dans le pays, Nous décidions de faire accepter l'utilité de cette méthode en démontrant son efficacité petit à petit et par étapes successives. Nous commencions, donc, par placer sous l'autorité centrale du gouvernement les provinces de Jijjiga, Tchärtchär, Bale , Walläga, Säyo et Jimma. Nous avions vu dans ceci un exemple instructif : les revenus devant être appliqués aux dépenses de l'armée et des ministères.
32) Les routes des différentes provinces n'avaient pas été entretenues proprement pendant les dernières années. Nous perdions, alors, beaucoup de temps, et dépensions énormement d'argent lors de nos voyages d'une province à une autre.
Mais depuis dix ans, Nous avions ordonné d'entretenir et de reparer les routes principales d'Addis Abeba allant vers l'Est, l'Ouest, le Sud et le Nord, étant convaincu de l'utilité et de l'importance de ces routes pour le peuple et le gouvernement, les districts que nous rejoignions, auparavant, en dix ou quinze jours, pouvaient être, maintenant, atteints en deux ou trois jours en voiture ou en camion.


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L\I. ale dialogue ou la double médiatisation du discours I. A. 1Absence de discours commentatif
«je» puisque chaque personnage perle à la première personne, interdit toute possibilité d’autobiographie. (Mch)








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