L'Autobiographie de him ras Tafari Haile Selassie I








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titreL'Autobiographie de him ras Tafari Haile Selassie I
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Chapitre 16

Notre voyage d'Alexandrie à Paris.


Le 1er Genbot (9 mai 1924), Nous embarquions sur le navire “la Cordillère”. Au départ du bateau, une slave de canon était tirée.
Le 6 Genbot (14 mai), après avoir dépasser la Corse et arrivions en vue des formidables fortifications de Toulon, un navire de guerre venait à Notre rencontre. Beaucoup d'avions Nous survolaient à partir de là jusqu'à ce que Nous approchions de Marseille. Cinq navires passaient, alors, à notre droite et à notre gauche et tiraient des coups de feu.
A Notre sortie du bateau, le Préfet de la région et le Maire de Marseille Nous recevaient entourés par de nombreux officiels. Nous étions heureux de voir et de rencontrer parmi eux M. Lagarde qui était, depuis l'époque de mon père S.A. Ras Makonnen, Notre ami et celui de l'Ethiopie et, autre fois, l'envoyé extraordinaire de la France et ministre plénipotentiaire en Ethiopie.
Après Nous être reposé un peu dans les bâtiments administratifs de Marseille, les officiers de la marine venaient Nous chercher pour Nous emmener visiter des navires de guerre. Ils Nous faisaient, alors, remarquer la solidité de ceux – ci et la taille de leurs canons, Nous en fûmes grandement impressionné.
Le lendemain soir, le 8 Genbot (16 mai), Nous partions pour Paris en train. A notre arrivée à 4h 30 (10 h 30) le matin, Nous étions accueilli en fanfare par le nouveau Président de la République S.E. M. Millerand , le Premier ministre M. Poincaré et tous les ministres, le Maréchal Foch et d'autres généraux. Nous avancions le long de la parade militaire, assis avec le Président dans une voiture, et allions vers le Quai d'Orsay au Ministère des Affaires Etrangères où des quartiers avaient été soigneusement préparés pour Nous.
Après Nous être reposé quelques instants dans le palais, Nous allions visiter, à notre tour, le Président de la République au Palais de l'Elysée et revenions au Quai d'Orsay.
L'emploi du temps prévoyait de Nous faire visiter la municipalité de Paris, l'Hôtel de Ville, nous y arrivions à l'heure prévue. Le Président du Conseil Municipal et le Maire, M. Juillard , rassemblés ici avec le Président de la République, tous les ministres, les officiers et les notables de la cité, exprimaient leur plaisir de Nous voir et délivraient un discours amical qui toucha énormément Notre cœur.
Nous avons vu à Paris de nombreuses choses stupéfiantes, parmi celles que Nous avons visitées, voici les principales : La tombe de Napoléon (les Invalides), l'aéroport et la flotte aéronavale, un défilé de chars blindés et un exercice de combat, l'Opéra, Notre Dame de Paris, le Palais de Justice, l'Hôtel de la Monnaie (c'est là qu'étaient frappées les pièces à l'effigie de Ménélik II), les bureaux de la Légion, la Tour Eiffel, le Château de Versailles, le Château de Fontainebleau, l'immeuble de la Radio, le collège militaire et le stand de l'artillerie.
Il Nous est tout à fait impossible d'exprimer avec des mots justes la joie abondante que Nous avons ressentie en Notre cœur tout le long de Notre visite officielle, quand Nous écoutions les discours amicaux qui Nous étaient destinés, délivrés par le Président de la République, S.E. M.Millerand, le Premier ministre, M. Poincaré, ou par les différentes autorités françaises lors des réceptions, des banquets et de Nos visites dans les endroits précédemment cités.
Quand Notre visite officielle fut terminé, Nous désirions rester un peu plus longtemps à Paris afin de débattre de problèmes que nous avions avec le Gouvernement français et la Compagnie des Chemins de Fer Français et, aussi, parce que Nous voulions pouvoir revenir après avoir effectué chacune des visites officielles que Nous avaient honorablement adressées d'autres gouvernements. Nous demandions à Notre ami, M. Lagarde, de rechercher une maison. Il Nous en trouvait une à côté de Paris, elle s'appelait la “Villa Camarand”. Nous pouvions Nous y rendre à la conclusion de chaque visite officielle et Nous y prenions résidence. Aussitôt que les étudiants que Nous avions envoyés étudier en France surent que Nous avions terminé les visites officielles, ils se rassemblaient et venaient à Notre rencontre. Andarge Massai qui était avec eux, Nous délivrait le discours suivant pour Nous remercier de la part de tous :
“ Votre Altesse !
Nous sommes fiers d'étudier et de trouver écris par des historiens étrangers que nos ancêtres éthiopiens surpassaient le monde entier en sagesse et en force dans les temps anciens. Ils étaient honorés et craints pour avoir fait connaître leur puissance aussi loin que dans la terre d'Egypte en établissant les cités de Méréo et Napata.
Mais, comme nos livres étaient écrits en Ge'ez et que l'impression n'existait pas, il était déplorable que, excepté quelques savants, le peuple dans son ensemble ne puissent pas connaître l'Histoire de son pays!
Maintenant, grâce à Votre bonté et à Votre perspicacité, nous avons été envoyés à l'étranger pour étudier, ce qui a grandement impressionné le monde entier. Vous pensiez que l'Ethiopie serait nourrie de sagesse et de connaissance, comme dans le passé, et qu'elle ouvrirait ses yeux. Le monde entier a, aussi, été impressionné par vos actions : la construction d'écoles à Addis Abeba et dans les autres provinces, la construction d'une imprimerie qui permet à de vieux livres écrits en Ge'ez d'être traduits en amharique et édités. Ce sera, sûrement, très bénéfique au fil du temps pour le peuple !
Nous, fils d'Ethiopie, Vous serons éternellement reconnaissant pour nous avoir permis d'étudier, aidant tous ceux qui avaient des difficultés, afin que nous puissions suivre la civilisation européenne et connaître l'histoire de l'Ethiopie !
Ces invitations distinguées que Vous ont offert les gouvernements européens, et jamais à un autre Roi auparavant, prouvent qu'ils savent que Vous serez, grâce à Votre excellente conduite, la cause d'une Ethiopie civilisée. Votre arrivée a permis de faire connaître partout sur la terre le nom de l'Ethiopie !
L'Ethiopie a le devoir de Vous remercier car sa joie ne sera pas éphémère mais durera éternellement, transmise de génération en génération ! Nous avons de la chance, et nous en sommes convaincus, de voir le drapeau tricolore éthiopien (vert, or et rouge) flotté en haut des mats. Par conséquent, tout le peuple d'Ethiopie, les morts dans les cieux et les vivants sur terre, ont le devoir et l'obligation de Vous louer.” Il concluait ainsi après avoir longtemps parler.
En soutien et en remerciement du discours qui avait été délivré, Nous leur répondions ceci :
“Mon souhait, tandis que Nous aidons tout le monde de notre mieux, ne se cantine pas seulement à vous ici mais il est le même pour tous les fils d'Ethiopie qui auraient l'opportunité d'acquérir une éducation et de la connaissance. Nous prions Dieu afin qu'il vous permette de servir votre pays en persévérant dans vos études et en acquérant une vaste connaissance. Dans le futur, ne perdez pas courage ! Car Nous vous aiderons de Notre mieux pour que vous n'ayez aucune difficulté financière jusqu'à la fin de vos études.” Ils exprimèrent, ensuite, tous leur joie.
Alors que Nous étions dans la maison qui nous avait été prêtée, des français importants, amis du gouvernement de mon père et du mien, commençaient à venir Nous rendre visite à la fin de la visite officielle. Par la suite, Nous demandions un rendez-vous au Premier ministre, M. Poincaré, pour discuter amicalement de sujets. Nous nous rendions le jour fixé au Ministère des Affaires Etrangères.
Nous tentions de discuter d'un libre accès à la mer à Djibouti avec les Français, pensant qu'ils pourraient Nous le donner puisqu'ils Nous avaient laissé espérer lorsque Nous étions parti d'Addis Abeba, Nous disant quand Nous avions informé le ministre français de Notre désir de trouver à tout prix une solution à ce problème, qu'il Nous feraient savoir ce que le Gouvernement français voudrait en échange dans le cas où il Nous donnerait cet accès.
Deuxièmement, le traité d'amitié entre le Gouvernement éthiopien et français dit l'accord KLOBUKOWSKI et, en particulier, les cas juridiques inscrits dans le paragraphe 7 sont extrêmement rébarbatif pour nous. Sans abroger le traité, les deux gouvernements pourraient en préservant ses utilités y effectué des améliorations.
Après avoir présenté nos intentions à M. Poincaré, il Nous donnait sa parole qu'il présenterait Nos requêtes au Parlement et qu'ils y réfléchiraient d'une manière amicale.



Chapitre 17

Notre voyage de Paris à Bruxelles.

L'ambassadeur de Belgique à Paris Nous informait que le Roi de Belgique, S.M. Albert , Nous recevrait officiellement le 14 Genbot (22 mai). Nous partions, donc, de Paris en soirée et allions à Bruxelles.
A la gare, S.M. le Roi Albert accompagné de ses officiers et de ses ministres Nous réservait un formidable accueil.
Des appartements Nous avaient été préparés dans une aile du Palais où vivait S.M. le Roi. Nous y allions afin de Nous reposer un peu. Après quoi, il Nous présentait S.M. la Reine Elisabeth et le Prince Léopold, Prince Héritier, qui devenait par la suite Roi, et sa fille la Princesse Mari – José .
Au banquet, S.M. le Roi Nous assurait que son plus grand désir était de développer dans le futur la ferme amitié entre les Ethiopiens et les Belges.
Sur ce que Nous avons vu à Bruxelles et dans les autres provinces belges durant Notre voyage dans le pays, les suivants resteront gravés en Notre mémoire : la Municipalité de Bruxelles, les courses de chevaux, la Banque de Bruxelles, le musé du Congo, le progrès des récoltes et les fermes d'élevages de bétail, Waterloo où Napoléon avait été vaincu, les villes de Ghent et son usine d'allumettes, de Liège et son usine de munitions, d'Antwerp (Anvers) et de Maurage. Nous vîmes, aussi, des mines de charbon et d'autres bâtiments industriels similaires.

De Bruxelles au Luxembourg.

Quand, bien avant Notre départ d'Addis Abeba, la Grande Duchesse Charlotte de Luxembourg ayant appris l'invitation du Roi de Belgique à venir visiter Bruxelles, Nous avait demandé par l'intermédiaire de l'ambassadeur belge à Addis Abeba, M. Gérard, de lui rendre visite durant Notre voyage comme le Luxembourg était voisin de la Belgique. Nous avions accepté son invitation et Nous partions, donc, maintenant, de Bruxelles pour nous rendre au Luxembourg. A la gare, le mari de la Grande Duchesse, le Duc Félix , Nous recevait au milieu de la garde d'honneur et Nous emmenait au Palais. Il arriva que le jour de Notre venue au Luxembourg, la Grande Duchesse donnait naissance à un fils. Elle Nous informait, donc, par lettre de son regret de ne pas pouvoir s'asseoir à nos côtés pendant la réception donnée pour le déjeuner. Nous disions au Prince Félix que le fait que la Grande Duchesse ait donné naissance à un enfant mâle le jour de Notre arrivée au Luxembourg, restera un joyeux souvenir en Notre cœur pour toujours.
Le Prince Nous répétait sans cesse qu'il était heureux que Nous soyons venu visiter le Luxembourg. Après avoir envoyé un message pour prendre congé de la Grande Duchesse, Nous retournions à Bruxelles.
Comme Notre visite officielle était terminée, Nous prenions congé de la Reine et du Roi de Belgique et retournions à Paris le 23 genbot (31 mai).

Notre voyage à Stockholm, la capitale de Suède.

Etant en Europe, Nous voulions découvrir le plus possible de pays, même ceux où Nous n'avions pas été officiellement invité. Mais comme le moment où Notre devions retourner en Ethiopie se rapprochait et vu que Nous étions convaincu que Nous ne pourrions pas tous les voir, Nous avions décidé de visiter les pays nordiques qu'il était important pour Nous de connaître, c'est à dire la Hollande, l'Allemagne et la Suède. Comme Nous voulions séjourner trois jours dans la capitale de Suède, à Stockholm, Nous en informions l'ambassadeur suédois à Paris qui, après avoir prévenu son gouvernement et avoir obtenu la permission, Nous disait qu'il s'était arrangé pour que Nous ne rencontrions aucun problème lors de Notre séjour.
Par conséquent, Nous partions de Paris le 29 Genbot (6 juin), passions par Bruxelles et parvenions à Amsterdam après avoir vu les villes de Rotterdam et de la Haye. Tandis que Notre train s'arrêtait trois heures à Amsterdam, Nous en profitions pour faire le tour de la ville en voiture. De là, Nous voyagions toute la nuit et parvenions dès l'aube à Hambourg, ville portuaire d'Allemagne. Après avoir visité la ville pendant une heure, Nous partions pour la Suède, traversions la Mer du Nord qui se trouve entre la Suède et l'Allemagne et arrivions à Stockholm le 1er Säne (8 juin) à 3 heures du matin (9 a. m).
Lorsque Nous parvenions à Stockholm, S.M. le Roi Gustaf Adolf n'était pas encore revenu de sa résidence à l'étranger où il passait des vacances. Nous logions, donc, au Grand Hôtel Royal.
Nous arrivions le jour de la Pentecôte et, par conséquent, l'Archevêque d'Uppsala, Nathan Söderblom , Nous envoyait ce message : “En raison de la fête de la Pentecôte nous allons prier et tenir un sermon en soirée, nous Vous sollicitons, si tel est votre désir, de venir y participer”. Nous partions de Stockholm à 9 heures (3 pm) et arrivions à Uppsala à 10 heures (4 pm). L'Archevêque Nous recevait à la gare. En attendant la tenue du sermon et des prières, Nous visitions l'Université d'Uppsala et sa Librairie. Nous fûmes très heureux de trouver dans la librairie quelques livres en Ge'ez et en amharéen.
Nous Nous rendions à l'Eglise à l'heure des prières et du sermon. L'Archevêque se tenait à une place élevée , lisait des extraits de la Bible appropriés pour la Pentecôte et donnait un long sermon. Il parlait de l'Ethiopie en ces termes :

“ C'est un fait que l'Ethiopie accepta le Christ bien longtemps avant nous. C'est seulement après ces chrétiens résolus vivants sur ces hauts sommets d'Afrique que nous, suédois, avons accepté le Christianisme et sommes devenus famille et communauté du Christ. Maintenant, voici une expérience inoubliable pour nous : être les hôtes du Prince Héritier et Régent Plénipotentiaire d'Ethiopie à qui nous dédions notre amitié et qui est venu de ces parties élevées de l'Afrique”.

A la fin de son discours vraiment inspiré, je ressentais une grande joie en mon cœur et je lui répondais, alors :

“ Votre Béatitude !

Parmi tous les chrétiens du monde, bien qu'ils soient divisés par des problèmes mineurs, il n'y en a pas un, pourtant, qui ne sache pas qu'il n'y a qu'un Christ. Dans les temps anciens, à cause de la distance géographique, l'Ethiopie et la Suède ne se connaissaient pas, même de réputation, mais aujourd'hui, grâce aux voyages de suédois en Ethiopie, à leur récit de leur beau pays ainsi qu'à leurs actions qui prouvent la bonté du peuple, beaucoup d'éthiopiens désirent voire la Suède et rencontrer son peuple.
Il y en a plusieurs qui ne connaissent pas l'Histoire de l'Ethiopie et son adhérence, il y a 1600 ans, à la foi du Christ, mais vous reconnaissez, grâce à votre sincérité, à votre gentillesse et à votre connaissance de son Histoire, l'adhérence de l'Ethiopie à la foi du Christ avant même que les suédois ne le fassent. Vous en parlez avec conviction et je désire, donc, vous en remercier au nom du peuple et en mon nom. Aujourd'hui, en ce grand jour de Pentecôte, ayant fait la connaissance du peuple suédois, j'exprime le souhait que ceci puisse être un présage de la progressive consolidation et de l'élargissement de l'amitié entre les deux royaumes.”

Quand j'eus fini de parler, toutes les personnes rassemblées ici, y compris l'Archevêque, Nous exprimaient leur joie et le plaisir ressenti en leur cœur. Par la suite, Nous retournions à Stockholm. Etant donné que Notre visite n'était pas officielle mais privée, Nous n'avions pas l'intention de rencontrer le Roi. Mais, aussitôt, qu'il apprit notre arrivée à Stockholm, il Nous envoyait ce message : il serait heureux que nous puissions nous rencontrer comme j'étais à Stockholm. Nous acceptions son invitation non – officielle et allions au Palais Tullgarn au bord de la mer. Le Roi Nous attendait debout à la porte du Palais avec ses courtisans et nous nous rencontrions chaleureusement et amicalement. Après être resté un peu dans le hall, un festin était servi. Nous restions encore quelque temps, après dîner, à parler des moyens par lesquels l'amitié entre les deux gouvernements pourrait progressivement se développer et par lesquels les peuples des deux royaumes pourraient se rapprocher l'un de l'autre. Vers 5 heures du soir, Nous retournions à Stockholm.
Les souvenirs suivants, de ce que Nous avons vu à Stockholm et dans ses environs, sont ceux qui sont restés en Notre cœur : la nouvelle centrale téléphonique qui centralisait 80.000 lignes, l'industrie du fer, les écoles, les hôpitaux et la Librairie de l'Université d'Uppsala.
Après quoi, le 6 Säne (13 juin), Nous quittions Stockholm, traversions la mer du Nord et, lorsque Nous parvenions à Hambourg, Nous descendions du train et visitions la ville en voiture pendant trois heures. Le 7 Säne (14 juin), le lendemain, nous revenions à Paris.


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L\I. ale dialogue ou la double médiatisation du discours I. A. 1Absence de discours commentatif
«je» puisque chaque personnage perle à la première personne, interdit toute possibilité d’autobiographie. (Mch)








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