Titre : «La face cachée de la révolution tunisienne. Islamisme et Occident, une alliance à haut risque»








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Extraits « La chute de Ben Ali était programmée »

(…) Certains responsables Tunisiens étaient tout à fait conscients de la colère sociale qui se profilait, mais personne n’a vu venir la « révolution » du 14 janvier. A l’exception des deux pays qui ont très largement contribué à sa provocation – c’est-à-dire à transformer une révolte sociale en révolution politique-, et des renégats qui étaient à leur solde, aucun autre pays du monde, aucun centre de géopolitique, aucun stratège n’a prévu l’écroulement de « l’invulnérable dictature policière » avec une rapidité aussi déconcertante. Pour moi, ces deux pays sont les Etats-Unis et la royauté du Qatar (…).

(…) Comme je vais le démontrer dans les chapitres prochains, la reconfiguration du monde arabe est un plan géostratégique qui a été conçu par les néoconservateurs sous la présidence de George W. Bush, et qui a été intégralement repris par Obama dès son arrivée à la Maison Blanche. Barack Hussein Obama, la colombe aux ailes de faucon, et sa Secrétaire d’Etat Hillary Rodham Clinton, l’hirondelle du « printemps arabe », n’attendaient que le moment opportun pour provoquer le « chaos créatif » dans le monde arabe (…).

(..) Ce n’était donc pas une révolution de la misère, comme on a voulu le faire croire, mais une révolution de la prospérité et de la croissance mal répartie entre les différentes couches sociales et entre les différentes régions du pays. Ce n’était pas une « révolution du jasmin », mais de la liberté et de la dignité. Plutôt que la fausse gifle de Mohamed Bouazizi, c’est le soulèvement des ouvriers du bassin minier de Gafsa, au début de l’année 2008, qui aurait dû déclencher la révolution tunisienne. Mais à ce moment-là, les plans de Washington étaient encore à l’étude et l’armée n’avait pas d’état d’âme pour rétablir l’ordre ! (…)

(…) Ainsi, lorsque le pacifisme subversif ne produit pas les effets escomptés (Tunisie, Egypte), on passe alors au plan B : le bellicisme graduel (Libye, Syrie, Yémen), qui consiste à payer des mercenaires, y compris les barbares d’Al-Qaïda, pour attaquer d’innocents civils et en faire endosser la responsabilité aux forces de l’ordre qui ont déjà beaucoup de sang sur les mains. Tout cela pour légitimer ensuite une intervention militaire de l’OTAN, au nom de l’ingérence humanitaire, pour employer une expression chère à Bernard Kouchner. L’intervention militaire française en Libye, sous le « commandement » philosophique du nouveau Clausewitz français, Bernard-Henri Lévy, coûte à la France 1 millions d’Euros par jour. A moins que la facture soit payée par le Qatar, on espère un retour sur investissement après la chute de Kaddafi. Mais qui a mandaté BHL pour se substituer au Quai d’Orsay ? Par qui a-t-il été élu pour entraîner la France dans une guerre qui n’était pas dans son intérêt mais dans celui des Etats-Unis ? Monsieur Sarkozy a fait en Libye ce que Jacques Chirac a toujours refusé de faire en Irak. Les forces de l’OTAN ne se sont pas gendarmées pour protéger les civils libyens de leur dictateur, qui est effectivement un sanguinaire, mais pour détruire l’armée nationale au profit des groupes qui ne sont pas des révolutionnaires mais des réactionnaires et des intégristes à la solde du Qatar, des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la France et de la Turquie. L’enjeu est évidemment la démocratie chez Kaddafi, c’est-à-dire le partage équitable des richesses de la Libye entre ces cinq pays, plus exactement entre les multinationales qu’ils contrôlent. La France ne s’est engagée dans cet exaltant combat pour les « droits de l’homme » qu’après avoir eu l’assurance du CNT qu’une fois la Libye « indépendante », c’est-à-dire mise sous protectorat occidental, elle aura sa part « légitime » du pétrole libyen (…).

(…) A la suite du second congrès, tenu à Mexico du 15 au 16 octobre 2009, où Hillary Clinton s’est personnellement déplacée, et auquel ont assisté beaucoup d’internautes arabes y compris des Tunisiens, Eva Golinger a écrit ce commentaire on ne peut plus clair : « Ce sommet a…rassemblé des experts en nouvelles technologies et réseaux sociaux, comme Facebook, Twitter et YouTube, ainsi que des fonctionnaires des agences de Washington, spécialistes dans la subversion et la déstabilisation de gouvernements non inféodés à l’agenda de Washington. Le but était de former ces jeunes à l’usage des réseaux sociaux pour promouvoir des actions politiques contre leur gouvernement ». En d’autres termes, former les leaders de la blogosphère aux techniques des renversements de régimes par la non-violence (…).

(…) Si puissants soient leurs moyens financiers et technologiques, je ne pense pas que ce soient les Etats-Unis qui aient fait la « révolution du jasmin ». Ils l’ont juste conjecturée, provoquée et accompagnée. Celle-ci a été faite par mes jeunes compatriotes, qui y étaient psychologiquement et moralement prédisposés tant l’injustice, la prévarication et le chômage étaient intolérables. Réduits à des Moutons de Panurge ou à des idiots utiles, certains jeunes Tunisiens, intellectuellement vulnérables et politiquement inexpérimentés, ont été « pavlovisés », hypnotisés même par des groupes et des individus qui étaient tout sauf des Tunisiens ! Faire que le sentiment d’appartenance à la communauté Facebook soit plus fort que le sentiment d’appartenance à la communauté nationale, tel est le génie des stratèges de la mondialisation, cet autre nom de l’impérialisme. Ce qui s’est passée en Tunisie est sans doute la première cyber-révolution de l’histoire, mais c’est aussi la toute première révolution cosmopolite et multinationale. Je ne parle évidemment pas du moment physique de la révolution mais de sa séquence virtuelle et de son accompagnement logistique et politico-médiatique. Pour être clair, des conseillers américains dirigeaient les actions en temps réel, notamment Alec Ross, l’architecte de la « diplomatie digitale 2.0 » (…).

(…) En Tunisie, les premières images des manifestants impitoyablement tués par balles, notamment dans la ville de Kasserine, « ont sans doute représenté le point de non-retour pour cette crise sociale devenue révolution politique, et c’est incontestablement l’effet Facebook », écrit à juste titre Pierre Haski. On sait maintenant qui a filmé ces scènes et, surtout, qui les a exploitées pour envoyer la jeunesse tunisienne se faire tuer. De même que l’on sait qui a menti sur les raisons du suicide de Mohamed Bouazizi, qui a inventé la gifle, qui a fait de lui un bac plus 4, qui a inventé le mythe du « Général qui a osé dire non à Ben Ali » et qui a lancé l’intox des « snipers » qui visaient les manifestants…etc. Par contre, on ne sait toujours pas ce que sont devenu les « 5 snipers israéliens » arrêtés en plein Tunis. On n’a, en effet, plus jamais parlé de « l’arrestation de 5 snipers israéliens », une « information » diffusée le 19 janvier 2011 sur dailymotion et reprise en boucle par Al-Jazeera ? Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils n’étaient pas des israéliens mais des occidentaux. Ce n’est pas Ben Ali qui les a sollicités, mais leur gouvernement qui les a envoyés en mission pour semer la panique et la pagaille en Tunisie ; un avant-goût de ce qui se passera plus tard en Syrie et en Libye, où on a d’ailleurs parlé d’armes israéliennes livrées à Kaddafi, une désinformation lancée à partir de l’officine anglo-américain à Doha : Al-Jazeera (…).
Extraits « Témoignage embarrassant d’un cyberdissidant »

(…) Ces jeunes sont le produit de 23 ans de politique d’abrutissement généralisée, de nivellement par le bas, d’enseignement éculé, de dépolitisation systématique, de déculturation, de laxisme moral. Ils sont la génération Ben Ali (18 à 30 ans) : une jeunesse acculturée, globalisée, décervelée, formatée, jouisseuse, matérialiste, opportuniste, sans repères identitaires, politiquement vulnérable, intellectuellement superficielle…Tout le contraire des générations précédentes : de l’UGET à Perspectives, en passant par Al-Choulâ, Al-Amal Attounsi, Al-Watad, les panarabes, les nassériens…etc. Je parle de cette jeunesse embourgeoisée et branchée et non pas de la majorité des jeunes Tunisiens de conditions moyenne ou modeste ; cette jeunesse bosseuse, ambitieuse, enracinée, qui s’identifie au patrimoine civilisationnel et culturel du pays, aux causes arabes, aux héros du combat pour l’indépendance, aux fondateurs de l’Etat post-colonial qui ont conduit la lutte contre l’ignorance et le sous développement. Cette jeunesse là, qui a été à la bonne école du patriotisme, a été manipulée par une minorité agissante, une poignée d’internautes-leaders, qui ont été à la bonne école de CANVAS, de l’USAID, de la NED, de la NDI, de l’IRI, de la Freedom House et de l’Open Society Institute. (…)

Extraits « Al-Jazeera, une chaîne pour esclaves »

(…) En moins de cinq ans, Al-Jazeera est devenue pour le public arabe une chaîne sacrée. C’est quasiment la voix d’Allah qui s’exprimait par Al-Jazeera. Pour des spectateurs habitués depuis toujours à leurs télévisions nationales inconsistantes et soumises au pouvoir, la vérité ne pouvait venir que de la chaîne qatarie. C’est en disant les vérités que nulle autre télévision n’osait dire, que cette chaîne a réussi à se constituer un capital confiance et une crédibilité comme nulle part ailleurs. La méthode d’Al-Jazeera est d’une redoutable efficacité : sur dix informations, on glisse une intoxe ; sur dix vérités, on fait passer un mensonge. Ainsi, tout ce que révélait Al-Jazeera était parole biblique, parole coranique pour être plus précis. Al-Jazeera avait un pouvoir hypnotique sur ses téléspectateurs. C’est par addiction qu’on regardait cette chaîne - dans le double sens du terme-, comme si l’on rendait un culte à une idole. Depuis Mohamed, que la paix soit sur lui, les Arabes n’attendaient plus de prophète. Mais celui-ci s’est réincarné en la « personne » d’Al-Jazeera, la nouvelle Kibla des musulmans.(…)

(…) Dès sa naissance, Al-Jazeera a mené sans cesse une campagne d’intimidation et de désinformation contre la Tunisie, sous le prétexte fallacieux de défendre la démocratie et les droits de l’homme, dont le Qatar est l’incarnation parfaite, comme chacun sait. Non point que toutes les informations sur la Tunisie étaient fausses. Bien au contraire et bien malheureusement, elles correspondaient souvent à la réalité. Mais elles étaient toutes idéologiquement orientées selon un plan politique imparable : jeter systématiquement le discrédit sur un pouvoir diabolisé, en se livrant à la sanctification continuelle d’une opposition martyrisée. Tout le monde savait que les vrais patrons de cet Etat-Télévision, le roitelet Hamad Ibn Khalifa Al Thani et son cousin et beau-frère, qui lui sert de Mazarin, Hamad Ibn Jassim Ibn Jaber Al Thani, faisaient chanter la Tunisie selon leurs propres intérêts financiers et leur propre agenda politique. Ils usaient de la même méthode et de la même tactique vis-à-vis de l’Arabie Saoudite, de l’Egypte et de l’Algérie, pays qu’ils voulaient faire plier à leur volonté, notamment en cherchant à réduire la liberté de l’Etat algérien à négocier sur le marché international les prix du gaz. L’opposition tunisienne, arbitrairement privée de parole en Tunisie, comme les autres opposants des pays arabes, n’avait pas d’autres choix que de se prêter à ce jeu dont elle n’était pas dupe. Quant à l’opposition islamiste, les locaux d’Al-Jazeera étaient pour elle une résidence secondaire.(…)

(…) La mort du jeune Bouazizi, le 4 janvier, ne sera pas pour les journalistes-prédicateurs d’Al-Jazeera une tragédie mais du pain béni, l’occasion rêvée pour déstabiliser la Tunisie. Qaradhaoui appelait publiquement au martyr et à « la guerre sainte contre le tyran », comme il lancera quelques semaines plus tard une fatwa pour tuer Kaddafi. Mais au sujet des manifestations au Bahreïn, cet imam pharisien déclarera qu’elles sont « sectaires et anti-islamiques » ! Il faut savoir que depuis le coup d’Etat de l’émir Ubu contre son propre père, Qaradhaoui est devenu la caution idéologique du régime qu’il présente comme « wahhabiste-réformiste », par opposition au wahhabisme saoudien, l’ennemi à abattre. Non point pour concurrence idéologique, mais parce que le Qatar est pour l’Arabie Saoudite ce que le Koweit a été pour l’Irak : une création artificielle anglaise.

Dans la « couverture médiatique » des événements en Egypte, en Libye, au Yémen et en Syrie, Al-Jazeera procédera exactement de la même façon et selon le même agenda politique. Pire encore, dans le cas libyen et syrien, la chaîne qatarie va carrément se transformer en QG de propagande des services anglo-américains, en inventant de toute pièce des horreurs pour susciter l’indignation populaire et provoquer l’insurrection. Nous le savons depuis Sun Tzu, en temps de guerre, tous les moyens sont bons pour détruire l’ennemi.(…)

(…) Ce n’est pas en regardant ce qui s’est passé en Tunisie qu’on comprendra ce qui va plus tard se produire en Egypte, en Libye, au Yémen et en Syrie, mais plutôt le contraire : il s’agit d’observer ce qui s’est passé en Egypte, en Libye, au Yémen et en Syrie, pour comprendre ce qui s’est réellement passé en Tunisie. Autrement dit, d’analyser le traitement médiatique de ces quatre pays par la chaîne de télévision Al-Jazeera. L’erreur analytique de mes compatriotes, c’est qu’ils ont jugé leur révolution à partir du prisme tuniso-tunisien. Erreur analytique et non guère politique, car le départ de Ben Ali et de la mafia qu’il protégeait fut une mesure d’hygiène politique salutaire pour le pays, je dirais même une mesure d’hygiène tout court. Mais c’est en plaçant le cas de la Tunisie dans son contexte géopolitique maghrébin et arabe en général, que l’on saisira l’impact réel et toute l’ampleur géostratégique de la révolution tunisienne.(…)

Extraits « Divinité américaine et prophétie islamiste »

(…) C’est dans un long article paru dans Le Monde (26 avril 2009) sous le titre de la « Vampirisation de l’islam », que j’ai clairement exprimé la tentation américaine de composer avec l’islamisme, y compris dans sa version la plus hideuse, à savoir les Talibans. J’écrivais alors : « Puisque l’Amérique de Bush a été incapable de désintégrer la secte barbare des talibans, celle d’Obama s’apprêterait-elle à la réintégrer…? Jour après jour, cette tentation de l’intégrisme intégré semble probante ». J’ai été frappé à l’époque d’entendre Hillary Clinton invoquer la nécessité de dialoguer avec « les talibans modérés » (avril 2009) ! En lisant le livre de Madeleine Albright, Dieu, l’Amérique et le monde, j’ai compris que la volonté américaine d’intégrer l’intégrisme était d’autant plus forte qu’elle existait déjà dans les choix stratégiques de Bill Clinton. J’ai réalisé que madame Albright défendait implicitement cette position qu’on peut résumer ainsi : au nom de la démocratie et de la spécificité culturelle des peuples, si les musulmans sont majoritairement pour l’islamisme au pouvoir, il faut les laisser faire, à condition de les contenir dans leurs limites géographiques. Après tout, si ces peuples là choisissent les islamistes, c’est leur affaire (islam), pas la nôtre (business). En d’autres termes, sortir du Choc des civilisations, non point par un processus inclusif des civilisations, avec pour idéal et repère une Civilisation humaniste et universelle dans laquelle se reconnaîtraient tous les peuples de la terre, ni d’ailleurs par un processus exclusif, mais par une espèce de démarcation positive. Eux c’est eux et nous c’est nous. Ou, comme l’écrivait déjà Kipling, « L’Orient c’est l’Orient et l’Occident c’est l’Occident, jamais ils ne se rencontreront ».(…)

(…) Parce qu’ils ont été préalablement briefés par des communicants anglo-saxons, tous parlent d’appliquer un islamisme « modéré » à l’image de l’AKP ! Mais cet islamisme « light » ne risque pas de voir le jour en Egypte ou en Tunisie, pour la simple raison que l’AKP n’a pas choisi d’être ce qu’il est ! Il y a été contraint et forcé : par une République résolument laïque, par une armée qui veille à l’héritage du franc maçon Mustapha Kemal, et par une société civile dynamique et fortement politisée. De plus, l’AKP s’est adapté à une tradition démocratique qui existait déjà en Turquie, ce qui n’est pas le cas de la Tunisie ou de l’Egypte. L’AKP est à l’origine un rassemblement de plusieurs tendances politiques, des plus conservatrices aux plus progressistes, ce qui n’est pas le cas d’Ennahda. Les ambitions hégémoniques de l’AKP sont par ailleurs constamment battues en brèche par le puissant CHP, le Parti républicain du peuple que Mustapha Kemal a fondé en 1923. Le parti fondé par Bourguiba en 1934, et qui aurait pu jouer, face à Ennahda, le même rôle du CHP face à l’AKP, a été tout simplement décapité.(…)

(…) Ce qui suscite ma crainte, ce n’est pas seulement la horde précisément talibanesque qui sillonne la Tunisie et défigure jusqu’à sa capitale. Ce qui m’inquiète davantage, c’est l’islamisme new look, l’islamisme « Lacoste », comme l’a un jour ironiquement appelé Salah Karkar, par allusion à cette grande marque d’habit. C’est le nouveau prototype de l’islamiste bien rasé et bien déguisé en costume-cravate anglais. C’est l’islamisme décaféiné qui m’empêche de dormir. J’ai toujours pensé et écrit qu’avant d’être une tenue vestimentaire ou un discours politico-religieux, l’islamisme est d’abord un état d’esprit. C’est pour cela que je considérais, et que je considère toujours, que la Tunisie et le monde arabe en général, pouvaient faire l’économie d’une révolution politique, mais sûrement pas d’une révolution culturelle. « Lâ youbaddilou Allahou bi qaymin hattâ youbaddilou mâ bi anfousihim », enseigne le Coran (Sourate XIII, verset 2).

Les Etats-Unis ont décidé de jouer la carte islamiste, pas seulement pour la Tunisie, la cellule mère du « printemps arabe », le laboratoire d’essai, la rampe de lancement, mais pour l’ensemble des pays visés par ces « révolutions 2.0 » et qui étaient déjà, sous George W.Bush, sélectionnés pour configurer le Grand Moyen Orient (GMO). En termes de géopolitique, les Américains cherchent à constituer en Méditerranée un Arc géostratégique sunnite, qui partirait du Maroc jusqu’en Turquie, en passant par l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Egypte, le Liban, la Syrie et le futur Etat jordano-palestinien ! Avec le Pakistan, l’Afghanistan, l’Arabie Saoudite et les autres pétromonarchies, l’Iran chiite sera ainsi définitivement isolée, le pétrole sera bien gardé et la foi des musulmans, bien conservée.(…)

(…) Cette stratégie n’est pas le fruit d’Huntington mais de Bernard Lewis, le célèbre islamologue qui détestait Edward Saïd et qui a commencé sa carrière universitaire en tant que conseiller des services secrets britanniques pour les affaires turques, dont il est un fin connaisseur. C’est ainsi qu’il est devenu, jusqu’à ce jour, l’un des meilleurs amis de la Turquie. De nationalité anglaise, américaine et israélienne, il a été le conseiller de Netanyahou à l’époque où il était ambassadeur d’Israël à l’ONU (1984-1988). Au sein de l’équipe de George W. Bush, il était l’un des stratèges néoconservateurs les plus influents pour « démocratiser » le monde arabe. C’est d’ailleurs lui, et non pas Huntington, qui a été le premier à employer l’expression « choc des civilisations ». Il y a quelques années, des analystes américains ont écrit que « l’occupation de l’Irak est une mise en application de la doctrine Lewis ». En 2002, peu de temps après l’invasion de l’Afghanistan par les troupes américaines, Bernard Lewis a déclaré au journal israélien Yediot Aharonot, que « les manifestations de joie dans Kaboul auront l’air de cortèges funèbres comparées aux manifestations de joie qui éclateront à Bagdad, Téhéran et peut-être même à Damas si l’Occident provoque l’expulsion de ces régimes despotiques inefficaces qui dirigent ces pays ». Nous y voilà.(…)
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