Anthropologie préhistorique








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Tableau représentatif des grandes familles issues de la superfamille des Hominoïdes.

Les familles représentées dans ce schéma sont celles ayant encore actuellement des représentants vivants, d’autres nombreuses pourraient venir le compléter. Les chercheurs savent désormais que nous, les Hommes, avons beaucoup de points communs avec la grande famille des Paninés, où l’on retrouve entre autres des chimpanzés et des gorilles. On constate aussi que la famille des Homininés n’est aujourd’hui plus représentée que par l'Homme, ou l’Homo sapiens, alors qu’elle était autrefois une grande famille regroupant de nombreuses espèces différentes. Les Hommes, les chimpanzés, les orangs-outans ou encore les gorilles ont pour particularité d’avoir eu un ancêtre commun ; celui-ci fut découvert en Afrique de l’Est, d’après des restes datés de 18 millions d’années (période du Miocène), et baptisé Proconsul.



L'Hominisation

C'est l’ensemble des processus évolutifs qui ont conduit à l’émergence du genre Homo, au travers de l’acquisition progressive d'un ensemble de caractères, que les espèces intermédiaires n’ont pas toutes :

 la bipédie

 l’encéphalisation (développement du cerveau)  le langage articulé

 le développement des techniques et des manifestations culturelles
Ces caractères ne sont pourtant pas exclusifs, et l’on les trouve chez d’autres espèces, par exemple chez les chimpanzés où l’on a observé la maîtrise d’un certain type d’outils, preuve d’une activité culturelle indéniable.

Il est important de penser que le développement biologique est inextricablement lié à l’évolution technique et culturelle, que leurs parcours sont réellement interdépendants.

Les plus anciens Hominidés connus ont été trouvés en Afrique Orientale, région du monde baptisée « berceau de l’humanité » par l’Abbé Henri Breuil, chercheur qui porta un grand intérêt à l’art pariétal en France et en Espagne.

C’est en Afrique du Sud qu’à été découvert le premier indice de la trace d’un individu
considéré comme le chaînon manquant entre l’Homme et le singe, et ayant des caractères
anthropoïdes : l’Australopithèque. Cette découverte de Raymond Dart (anthropologue Sud-

africain) en 1924 est fondamentale dans l’approfondissement de la connaissance des origines de l’homme.

Les fragments qui ont conduit à de telles déductions sont ceux d’un enfant (désormais
appelé enfant de Taung), et plus précisément son crâne et un moulage endocrânien. Dart a alors pu
établir, d’après la forme de son crâne, ses dents et de l’estimation de la taille de son cerveau, que cet
être se trouvait au seuil de la famille humaine. Il le baptise australopithecus africanus (singe du sud
de l'Afrique)
Pourtant, cette découverte fut très controversée dans le monde scientifique. Il fallu attendre 1957 pour que l’idée soit reconnue et admise, et par conséquent que le statut de l’australopithèque soit accepté.

En 1924, il était encore difficile de pouvoir dater les restes retrouvés par Dart. Lui les estimait à environ 1 million d’années, on le date maintenant de 2.5 Ma. Les australopithèque ont vécu entre -4 et -1 million d’années.

Les Hominidés anciens

Ils représentent les origines du genre Homo. Depuis le début du XXIème siècle, l’ensemble des connaissances sur ces espèces ont beaucoup évoluées, notamment grâce à de grandes découvertes en 2001-2002. On connaît actuellement quatre grands genres archaïques, mais les derniers fossiles trouvés sont toujours en cours d'étude :

 Orrorin (-6 Ma) au Kenya

 Sahelanthropus (-6 -7 Ma) au Tchad
 Ardipithécus en Éthiopie

 Kenyanthropus (-6 à -3.5 Ma) au Kenya
On recherche actuellement celui qui serait à l’origine de notre lignée dans ces quatre genres, mais ils restent très peu connus. D'énormes moyens sont mis à la disposition des chercheurs dans cette quête des origines de l'Homme.




Les Australopithèques
Ils se regroupent en deux genres :

 Australopithécus (genre gracile et omnivore), qui regroupe cinq espèces
 Paranthropus (genre robuste et végétarien) , qui regroupe trois espèces
Certains de ces spécimens ont été trouvés an Afrique de l’Est, d’autres en Afrique du Sud ou Australe. Un seul a été trouvé au Tchad. Les Australopithèques ont vécu entre -4 et -1 millions d’années, selon les espèces, robustes ou graciles. Les restes retrouvés sont très anciens et donc très fragmentaires, d’où une grande difficulté dans les analyses pour établir une phylogénie, une généalogie de ces hommes, et pour connaître les limites de chaque espèce. On sait que les Australopithèques ont cohabité au cours de l’histoire avec d'autres espèces : la lignée humaine n’a pas été linéaire, on parle d'évolution buissonnante.

Le paranthropus a une anatomie qui témoigne de son régime végétarien (face large, crête). L'Australopithécus
« Lucy » a été découverte dans la dépression d’Afar en Ethiopie en 1974, elle fait partie de
l’espèce Afarensis. Ce sont les restes les mieux conservés (52 os). L’individu est caractérisé par :
 Une petite taille (120-150cm)

 Un poids assez faible (30 à 32 kg pour les femelles).
 Une faible capacité crânienne (moins de 600 cm³),

 Une face assez massive et surtout prognathe (mâchoire vers l’avant).
 Un trou occipital (où s’insère la colonne vertébrale) avancé:
 Un bassin plus proche de celui de l’homme que de celui du chimpanzé

Le trou occipital est beaucoup plus en avant chez l’homme actuel que chez les singes et les australopithèques. Il conditionne la station debout et donc la bipédie. Pour la bipédie, il faut étudier la morphologie du bassin et du fémur. Le bassin de « Lucy » est différent de celui des singes, il est plus large, moins haut et permet au corps de se redresser. Il est plus proche de l’homme moderne. Lucy et les australopithèques étaient bipèdes mais avaient aussi gardé une adaptation des membres antérieurs pour grimper aux arbres. Cette adaptation qui était vitale car ils étaient plus chassés que chasseurs. Les australopithécus sont des charognards.
Des traces d’hominidés qui témoignent de la bipédie ont été retrouvées sur le site de Laetoli (Tanzanie). Ces pistes ont été recouvertes par des cendres volcaniques. Presque toutes les découvertes de la paléoanthropologie se situent dans la corne de l’Afrique.

La théorie du grand rift

Les chercheurs se questionnent actuellement sur la nature du processus d’hominisation
qu'ont connu ces espèces, ainsi que sur l’évolution de leurs statuts de primates. En effet, comment
passer du Proconsul, à l’Australopithèque puis à l’Homme. Peu d’hypothèses ont encore été
formulées.

Yves Coppens dans Le Singe, l' Afrique et l' Homme (1983), émet l'hypothèse que la vallée du rift a joué un rôle dans le processus d' hominisation.

Le rift est constitué de deux branches : le rift occidental (ouest) et le rift Gregory (est), dans



la région des grands lacs. Ce Rift part du Mozambique, passe par l’Ouganda, la Mer Morte pour atteindre le Sud du Liban. Ce bassin gigantesque continu de se déplacer. Les grands lacs qui le longent vont finir par se rejoindre, jusqu’à ce que la corne africaine se sépare du continent.
C’est dans les régions de l'est du rift qu’en 1983, on fait la majeure partie des découvertes de restes d’Australopithèques.

Il estimait que ce processus était lié à l’évolution des paléo-environnements. C’est l’effondrement de la vallée du Rift qui aurait perturbé le régime des précipitations, entraînant à l’ouest du rift, le maintien d’une région forestière très humide (habitat des chimpanzés et des gorilles) et à l’est, un environnement de plus en plus sec et déboisé.

L’hypothèse de Coppens est que si l’on ne trouve pas d’hominidés anciens à l’ouest de ce rift, c'est que les chimpanzés et les gorilles seraient les descendants d’espèces vivant dans ces régions, et que l’Homme descendrait d’espèces ayant vécu à l’est, isolées par l'effondrement, dans des paysages plus ouverts et plus arides. Le Rift serait une barrière écologique.

Depuis longtemps, les paléontologues pensent que l’évolution est liée à l’environnement .

Un argument contredit cette proposition : la découverte en 2002 au Tchad d’un hominidé
daté de 6 à 7 millions d’années : le Sahelanthropus tchadensis. On se demande s’il est dans la lignée
humaine. Les avis sont partagés : le découvreur, Michel Brunet, pense que oui mais cette
découverte entraîne des controverses puisque certains pensent qu’il est dans la lignée du gorille.
L'émergence du genre « homo »

Les premier Homo vont apparaitre entre -3 et -5 million d’années en Afrique de l’Est. En
biologie, tous les genres regroupent un certain nombre d’espèces, ayant toutes selon les recherches
actuelles, un ancêtre commun. Le genre Homo ne compte aujourd’hui plus qu’une seule espèce,
alors qu’il en regroupait de nombreuses auparavant, qui se sont toutes éteintes au fil du temps. Le
processus de l'émergence de plusieurs espèces à partir d'une seule s'appelle la spéciation.
« En biologie, la spéciation est le processus évolutif par lequel de nouvelles espèces vivantes
apparaissent. Une espèce n'apparaît pas instantanément par une mutation conduisant à l'apparition
d'un individu d'un type nouveau. Les espèces s'individualisent à partir de populations appartenant à
une espèce d'origine (sauf pour le cas de certains végétaux, voir plus bas). Il s'agit donc de
l'évolution de populations interfécondes - composant une même espèce, par définition - en

population non-interfécondes, c'est à dire isolées sur le plan reproducteur. Elle prennent ainsi le statut d'espèces biologiques vraies. La spéciation résulte de la sélection naturelle et/ou de la dérive génétique, qui sont les deux moteurs de l'évolution. Le concept de spéciation a été essentiellement développé par Ernst Mayr. » Wikipédia
« Homo » est définit en 1758 par Karl von Linné, (« Dieu a créé, Linné a organisé. »
Buffon). La définition la plus complète est basée sur l’idée que le genre humain est définit sur des
caractéristiques de taille (proportions corporelles), de locomotion (bipédie), du niveau

d’encéphalisation (+ de 600 cm³), et du modèle de croissance et de développement (en fonction de l’âge).



Le paléolithique archaïque

Le paléolithique archaïque débute à -2,5 millions d’années en Afrique orientale (Éthiopie,
Tanzanie) où ont été découverts les plus anciens outils attribués à l’Homme (2,6 millions d’années)
Homo habilis et Homo rudolfensis
Les premiers hommes connus sont exclusivement Africain, et se différencient en deux espèces, Homo habilis et Homo rudolfensis.
Le premier squelette de d'homo habilis a été découvert en 1964 dans les gorges d'Olduvai en Tanzanie par Louis Leakey. Il est daté de -2.5 à -1.5 million d’années. Sa taille est supérieure à celle de l’australopithèque, sa bipédie plus évoluée, sa capacité crânienne plus grande (680 cm³), même si il est toujours prognathe et omnivore. D’autres restes ont été trouvé dans d’autres sites de l’Afrique de l’est et d'Afrique australe.
L’Homo rudolfensis est trouvé en 1978 au bord du lac Rudolf (appelé Turkana depuis la

décolonisation) au Kenya, par le chercheur russe Alexialev. Il passe alors inaperçu dans le monde
scientifique occidental (en raison de la Guerre froide). Cette deuxième espèce n'apparaît que

tardivement dans les manuels préhistoriques (il y a environ 10 ans) mais est finalement reconnue par la communauté scientifique.
Sur le site de Laétolie (M. Leakey), on trouve des traces simultanées d’australopithèques et

d’Homo habilis, conservées dans une couche cendreuse. Ces découvertes permettent de comprendre et d’expliquer l’acquisition de la bipédie. Par ailleurs, le crâne de l’Homo habilis présente une réduction du prognathisme ainsi qu’un bourrelet sus-orbitaire plus réduit.
Dans de nombreux gisements, la découverte de ces Hommes a été associée à la découverte d’une industrie lithique (pierres taillées), d'où le terme « habilis ».

Le plus ancien atelier de taille a été trouvé lui aussi dans les gorges d'Olduvai, mais à l’ouest du lac
Turkana (au nord du Kenya), et est daté de -2.3 million d’années. On parle donc de l'Oldowayen.

Ces outils étaient rudimentaires, c’était des galets taillés dans lesquels on a pratiqué des enlèvements d’éclats. Le site d’Olduvai est un site éponyme : il a donné son nom a une industrie et à une culture : la culture oldowayenne : c’est la plus ancienne culture humaine.

Rappel : Tout objet fabriqué par l’Homme (mais aussi les déchets provenant de cette fabrication) est appelé industrie. Ces premiers Hommes (Homo habilis et Homo rudolfensis) et ces industries font le paléolithique archaïque.
Les « galets aménagés » sont travaillés avec différentes sortes de pierres, et on les différencie en deux termes :

 Les choppers : Les galets aménagés seulement sur une face.

 Les chopping-tool : Les galets aménagés sur deux voire plusieurs faces.
Ces galets présentent un tranchant qui sera leur partie utile. Ils sont spécifiques à l’Homo habilis, qui travail la pierre avec violence et encore peu de précision, mais avec une certaine habileté. Ils avaient compris comment débiter des objets à partir d’un bloc.




Homo habilis et rudolfensis ont élaborés des habitats proche de points d’eau (rivières ou lacs), et étaient également dépendants des matières premières pour leurs outils (donc près des plages pour les galets). Dans l’étude de sites au Kenya, en Tanzanie et en Éthiopie, on a retrouvé de nombreuses traces d’habitats de l’Homo habilis.

Les chercheurs ont aussi trouvé un grand site de dépeçage, où une bête entière a été découverte accompagnée d’outils spécifiques à ce travail, signifiant la présence d’un habitat d’une humanité carnivore.

En Afrique orientale, on a retrouvé des sites de boucheries (de dépeçage) où les premiers Hommes ont pu dépecer de très gros animaux. Ils ont pu venir y prendre de la nourriture, des restes de carnés, (surtout d'éléphants et d'hippopotames, beaucoup trop gros pour les ramener à l’habitat). Ces restes sont associés à des objets en pierre taillée qui ont servi à ce travail. Ces premiers hommes n’étaient pas des chasseurs (seules des bêtes très affaiblies pouvaient être chassés), mais des charognards et devaient se disputer les restes avec d’autres animaux.

Beaucoup d’interrogations se posent sur les plus anciens objets taillés, car on a retrouvé que des « galets aménagés », mais de probables outils en bois ou en os, n'ont pas pu traverser les temps en raison de leur mauvaise conservation. La pierre est le seul outil incontestable, fait dans un galet de roche dure, volontairement cassé pour obtenir un « tranchant ».

Les origines et l’évolution de l’Homme posent la question des premiers outils, considérés comme la première manifestation culturelle et sociale. Une question se pose au niveau de l’industrie lithique, l’Homme est-il le seul à pouvoir fabriquer des outils ? On a longtemps cru que c'était le cas mai des études portant sur les chimpanzés ont montré leur habilité à fabriquer et à se servir d’outils en matières végétales, voire à tailler des pierres.
Ces deux espèces, Homo habilis et rudolfensis ont vécu en Afrique orientale et australe, avant de laisser leur place petit à petit à d’autres espèces humaines plus évoluées, avec de plus grandes aptitudes.
Film sur les techniques de la taille de la pierre :
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