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11 septembre 2006

Nous étions plus de 100 ?

On peut le dire, cette 3ème édition des rencontres de Pumpernickel a été un grand succès. Les amis étaient là. Ils sont venus de Wissembourg bien entendu, mais aussi de Strasbourg, de Mulhouse et même d’Ardèche ? Comment tous vous remercier d’avoir fait le déplacement pour être de cet après-midi ou de la soirée (ça s’est terminé aux alentours de minuit), et accompagner le petit journal qui fêtait son 11ème anniversaire. Les surprises ont été nombreuses, qui témoignaient d’abord de notre attachement à un mode d’expression libre, dégagé des contraintes financières ou sociales. Comme le disait l’une des amies de Pumpernickel, ici tout le monde semble faire partie de la même famille, même si ceux qui sont là ne se connaissent pas. Et laissez-moi rappeler cette réflexion d’une autre amie qui disait qu’en voyant la tête des gens qui sont là, on sent que l’on est à la bonne adresse.

Comme les autres années, tout a commencé doucement : les premiers sont arrivés vers 15h00. Et on n’exagère pas en écrivant qu’une certaine inquiétude se lisait sur le visage des organisateurs. Mais les choses se sont arrangées une heure plus tard, et Jean-Loup Baly a pu commencer son «pestacle original» à 16h30 comme prévu. Un comptage des présents affichait 60 personnes à la jauge, mais nous étions tous au couvert. C’est dommage pour le maire du village qui a choisi ce moment pour se rendre en ville, à pied, curieusement, histoire d’emprunter les remparts et de jeter un œil pas trop distrait sur ce qui se passait en bas. De son promontoire, il n’a pas pu noter les noms et les visages de ceux qui se régalaient de cette histoire de Père Noël un peu étrange, récitée par Jean-Loup sur un texte coécrit avec Jean-Pierre Hubert quelques semaines avant son départ le 1er mai. A en juger par l’attention, en particulier celle des enfants, dont le public a gratifié le conteur, cette première n’a pas raté son but. Cela aura été pour la plupart des présents un moment particulier durant lequel nous nous sommes retrouvés avec Jean-Pierre, présent parmi nous l’an dernier pour le 10ème anniversaire d’un trimestriel auquel il avait manifesté son attachement, surtout lors des événements de 2003 (procès de la mairie contre Pumpernickel pour ceux qui auraient oublié) et 2004 (fête de soutien).

 

Alors que le four à tarte flambée était prêt à l’emploi, Serge Rieger et son compère Pascal Spitz ont pris le relais sur un mode musical «country ‘n bluegrass music» pour le plus grand bonheur de l’assistance qui prenait une certaine ampleur. Une petite heure que chacun et chacune a mis a profit pour parler, profiter du beau temps, aller de l’un à l’autre, boire un verre, en bref, passer un bon moment.

On n’allait tout de même pas en rester là, et c’est alors que Pierre Kern, alias Monsieur K, est apparu pour occuper la scène musicale. La nuit commençait à tomber et nous avons eu droit à une série de reprise de ses compositions plus quelques autres connues de son fan-club, ce qui a prolongé la soirée. Mais nous n’étions pas au bout de nos surprises puisque deux autres larrons se sont joints à lui pour nous emmener pas tout à fait au bout de la nuit mais presque, avec un trio aussi talentueux qu’inattendu, reprenant quelques standards à la demande de la petite vingtaine d’aficionados qui s’obstinaient à faire de la résistance. Un vrai cadeau, et la promesse que l’an prochain, pour la 4ème édition (le 9 septembre 2007, veuillez le noter, chers amis), on aura un petit concert qui promet déjà.

 

La relation de la journée sera complète quand j’aurai adressé mes remerciements à tous ceux qui se sont spontanément proposés pour donner un coup, prolongeant même la gentillesse jusqu’à payer leurs consommations ( ?) ainsi qu’à vous tous qui avez fait le détour par le 1 rue Saint-Jean pour partager un moment qui s’est révélé de bonheur. On ne dira jamais assez combien la présence des amis est un merveilleux encouragement lorsque l’enthousiasme s’émousse et que le doute s’insinue.

Et puis reprenons cette réflexion d’un copain, présent à chaque fois, qui disait combien il était content de n’être là que parce que ça lui faisait plaisir (pas comme la première fois parce qu’il avait péril, ou la seconde pour le passage à deux chiffres). Il confiait que cette fois, il décelait ce noyau de copains et de potes qui aiment se retrouver rien que pour le plaisir, et c’est sans doute l’essentiel.
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4 octobre 2006

Réussite routière

Un petit tour le long de la rue étroite n'était pas de trop alors que commençaient les travaux « pour quelques dizaines de milliers d'euros » d'élargissement d'une rue pas encore terminée. On vous met quelques photos pour que vous vous rendiez compte du chaos qui règne grâce à l'imprévision et à l'improvisation générale, sous la houlette de gens auxquels il est maintenant plus qu'urgent de trouver des successeurs. Ne vous en faites pas, le désastre n'en est qu'à ses balbutiements, puisque nous aurons encore de mauvaises surprises quand les pistes cyclables seront mises en service (bon courage, les cyclistes ?). Mais pour l'instant, on s'en tient aux voitures, dont pas moins de 80 ont été comptées cet après-midi qui faisaient la queue en attendant que les feux, ces nouveaux feux qui devaient nous émerveiller, se mettent au vert. Comme il ne faut pas dire des choses qui pourraient faire croire que l'on pourrait penser que le problème de fond, c'est celui de la compréhension générale des enjeux, contentons-nous de nous interroger sur les capacités d'organisateur et de gestionnaire de l'équipe de la rue étroite. Et comme c'est la règle, que chacun se fasse son idée, et n'oublie pas de ne pas se tromper de bulletin de vote au printemps 2008.

Où l'on constate que ce sont les vélos qui créent les plus grands problèmes en matière de circulation. Les voitures passaient au goutte-à-goutte au feu tricolore, après un bon quart d'heure d'attente. Est-ce que Monsieur Le Maire, dans son estimation financière, a compté ce que coûtent les bouchons créés par ses approximations en matière d'équipements routiers ?
Péroraison

On se demande déjà ce que l'on va bien pouvoir réellement apprendre jeudi soir au relais culturel lors de la soirée organisée par les potes de la jeune chambre économique autour de Messieurs Loos et Wehrling, respectivement ministre et responsable des verts. Il est amusant que le thème en soit, forme d'oxymore sans doute involontaire, «développement durable et entreprises» ou quelque chose comme ça.

Cette soirée vient à point après ces semaines durant lesquelles Monsieur Loos a bataillé devant les déoutés pour leur faire avaler la privatisation de gaz de France alors qu'il appartenait au gouvernement qui s'était engagé à ne pas le faire il y a un peu plus de deux ans. Mais, membre éminent du parti radical, il n'a pas oublié son maître Edgard Faure qui savait répéter que ce ne sont pas les girouettes qui tournent, c'est juste le vent qui change de direction.

Quant à Monsieur Wehrling, il trouve là une occasion inespérée de cautionner son existence en «affrontant» avec la pugnacité qu'on lui connaît un rétheur de sous-préfecture en attente de point de chute électoral (tout le monde sait maintenant que l'épisode transylvanien de Monsieur Loos se referme, et qu'il va aller tenter sa chance à Haguenau, nous laissant entre le mains de son actuel suppléant ; à propos de cette personne, on se demande ce qu'il faut en penser quand on se rappelle qu'il se savait pas comment répondre à une interpellation lors d'un débat sur le TCE, et qu'il organise des permanences une fois de temps en temps, le vendredi de 11h00 à 12h00, au moins pour la dernière fois…).

Ces brillants personnages seront interrogés par un représentant de ce que le plan B appelle le PPA pour parti de la presse et de l'argent, et de son avatar régional que Pumpernickel appelle la presse locale de révérence (PLR).

On imagine que la foule sera nombreuse et que les poses seront étudiées pour figurer sur les photos qui ne manqueront pas de remplir les pages des éditions locale et régionale, façon de pas trop forcer sur le rédactionnel, étant donné l'indigence des propos qui seront tenus durant la soirée.

Développement durable, que de bêtises ont déjà été proférées en ton nom, par tous ces gens qui se sont emparés de ce concept pour en faire le cache-sexe de la politique d'injustice et de casse sociale qu'ils mènent ? Il est évident que ce que fait la droite n'a rien à voir avec une gestion durable des ressources qui consiste à ne prélever sur la terre que ce qu'elle est capable de reproduire. Et quand on défend la privatisation de l'entreprise chargée de distribuer l'énergie, on s'engage vers la rétribution des actionnaires au détriment des usagers. Cela évidemment au nom de la croissance, une théorie qui est à l'intelligence ce que la liberté de penser est à la Corée du Nord. Localement, on n'échappe évidemment pas au syndrome, et il suffit d'entendre les sommités locales en parsemer régulièrement leur discours pour se persuader de l'inanité de leur propos.

Bon courage quand même à celles et à ceux qui feront le déplacement, mais si vous vous ennuyez, vous êtes prévenus, vous n'aurez qu'à vous en prendre à vous-même.
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3 novembre 2006

La scène s’est déroulée jeudi 2 novembre, dans un magasin bon marché de Wissembourg.

« Ah, Monsieur, je suis contente de vous rencontrer, il faut absolument que je vous parle de ce qui se passe dans notre quartier, rue Abel-Douay. »

Commence alors le récit détaillé d’une situation dont on peut raisonnablement dire qu’elle lui pourrit la vie. Plusieurs soirs par semaine, des groupes d’adolescents stationnent sous ses fenêtres pour passer des heures, jusqu’au bout de la nuit parfois, à « discuter », boire, fumer, invectiver ou cracher. Et malheur à celui ou celle qui prétend leur faire entendre raison, qu’il s’agisse des proches (les parents eux-mêmes se disent dépassés par la situation) ou du voisinage. On passera sur les insultes proférées à l’adresse de leurs interlocuteurs, tant elles achèvent de disqualifier leurs auteurs.

« En avez-vous parlé à la gendarmerie, à la mairie, à la police municipale, à l’OPUS [ qui gère les immeubles ] ? » Tout ce monde a été contacté, mais ou bien il n’y a pas de patrouille disponible, ou bien il n’y a pas de réponse du tout.

Et pendant ce temps, notre interlocutrice doit prier le Ciel pour qu’il n’y ait pas trop de chahut les veilles des jours où elle doit se lever aux aurores pour aller travailler.

Que lui dire ?

D’abord lui accorder cette écoute qu’elle demande et qui lui a été jusqu’à présent refusée, par indifférence ou par manque de temps.

Ensuite lui expliquer qu’un citoyen ordinaire, fût-il à l’origine d’un mode d’expression original, ne dispose d’aucun pouvoir, si ce n’est celui de la persuasion ou des contacts qu’il a pu nouer dans le passé avec tel ou tel de ces petits personnages pour lui rappeler les règles élémentaires de la vie en collectivité. Sans s’engager pour autant dans des discours moralisateurs intégralement inopérants.

Enfin lui conseiller de se tourner vers l’action collective avec l’envoi d’une lettre à ceux qui devraient être là pour montrer qu’ils sont l’autorité, de façon à les mettre en face de leurs responsabilités, et de leurs contradictions quand on compare leur action aux déclarations tonitruantes de leurs divers champions politiques.

 

Cette rencontre est à mettre en rapport, en relation et en perspective avec l’action entreprise par le bras répressif de l’administration communale, on parle évidemment de l’escouade de policiers municipaux dont l’avatar wissembourgeois de la presse locale de révérence nous a dit qu’ils allaient intensifier la répression …contre les vélos qui circulent en sens interdit (défense de rigoler). Rappelons l’aphorisme selon lequel «un état fort s’attaque aux forts, un état faible s’attaque aux faibles». Il est naturellement infiniment moins coûteux de s’en prendre à un cycliste silencieux et débonnaire et de lui coller une amende disproportionnée dont le tarif fait maintenant l’objet de nombreuses interrogations que de prendre le temps de répondre à la demande d’une citoyenne en réelle détresse, d’aller sur place, de constater, de dresser procès-verbal et d’engager les poursuites qui s’imposent. Tout cela non pas pour faire un exemple dont tout le monde sait qu’il ne sert à rien, mais simplement pour manifester que comme l’a si bien dit le 1er adjoint de Monsieur le Maire lors de l’audience publique du 12 janvier 2004 quand il a attaqué Pumpernickel, « on n’a pas la droit de dire n’importe quoi ? » et ajoutons de laisser faire n’importe quoi surtout quand on est investi de l’autorité publique et que l’on ne manque pas une occasion de le rappeler.

 

En tout cas, je peux vous dire que l’on se trouve bien démuni quand on est interpellé de cette façon. Ce qui m’a amené hier soir à aller faire un tour pour constater que mon interlocutrice pouvait dormir tranquille ce soir-là. Et comme ce blog est un peu lu, cette contribution modeste permettra peut-être que ceux qui font la chasse aux vélos revoient leurs priorités et cessent d’importuner ceux qui ne font rien parce qu’ils laissent les autres tranquilles.

 

Et dernier mot sur la réglementation d’un autre âge qui empêche les vélos de remonter la rue Nationale dans le sens ouest-est. Qui y croit vraiment ? Pas grand monde en tout cas. C’était ce matin, vers 9h30, entre la rue du Sel et la rue des Juifs, donc à quelques pas du bureau de Monsieur le chef de poste, classe supérieure, de la police municipale de Wissembourg : une personne d’un certain âge, d’une vieille famille de Wissembourg, qui circulait, à bicyclette, sur le trottoir, en sens interdit. Et qui dérangeait-elle ? Personne, elle roulait comme il faut le faire, au pas, prudemment, attentivement. Sait-elle qu’elle aurait s’en prendre un maximum ? Peut-être pas, car elle a pris la précaution de ne pas acheter un vélo rose.
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4 novembre 2006

Mon cher Grand-père,

 

Figure-toi que j’ai encore pensé à toi aujourd’hui. Remarque, ce n’est pas très original, puisque comme tu dois t’en douter, il ne se passe pas une semaine sans qu’un fait, une expression ou une situation me ramène à ton souvenir. C’est un peu normal, puisque tu es quelqu’un qui a marqué son entourage à cause ou grâce à ton caractère mais plus encore parce que ta vie n’a pas été banale, si on la compare avec la mienne en particulier.

 

Né en 1895, tu es mort en 1988. Pas mal pour un type qui a traversé un siècle riche en tueries de toutes sortes mais dont tu as réussi à te sortir souvent miraculeusement. Après une enfance dans un milieu de paysans pauvres et de charbonniers de bois, tu es monté à Paris où tu as travaillé dans l’une de ces innombrables entreprises de louage de voitures. Sans trop de ressources, tu dormais dans des sortes de foyers, assis à côté des autres, appuyé sur une corde dont on défaisait le nœud le matin pour réveiller tout le monde. Mais ces traitements plutôt frustes ne sont pas parvenus à te casser le moral quand la première guerre mondiale est arrivée. A ce propos, je me rappelle que tu racontais que tu te trouvais sur les marches de ce que l’on appelait encore « La Chambre » quand tu as vu venir à ta rencontre un député que tu connaissais et qui venait de voter les crédits militaires. Il t’a dit : « Mon p’tit gars, c’est la guerre, faut t’engager ? ». Toi qui n’avais pas encore 19 ans, tu as suivi le conseil de cet homme courageux qui, à l’automne de sa vie, a envoyé à la boucherie barbare des millions de jeunes gens de ton âge, merci pour lui.

Comme tu étais toujours le premier à sauter hors de la tranchée et qu’on t’appelait « le volant », tu t’en es bien sorti. Vieil-Armand, Chemin des Dames, etc., on ne t’aura rien épargné, mais tu as réussi à éviter balles et obus, confiant à ton couteau de nettoyeur de tranchée les derniers moments d’humanité que tes chefs ne t’avaient pas volé.

 

Libéré des obligations militaires, tu es revenu dans ton ouest natal pour faire ta vie, alors qu’à 22 ans tu avais plus mûri que je ne parviendrai à le faire même si je devais mourir centenaire. Emploi modeste au chemin de fer (réseau de l’Etat) que tu menais de front avec une activité de vendeur de produits d’épicerie à domicile, puis loi Loucheur qui t’a permis de construire une maison pour ta famille. Cours du soir, volonté de s’en sortir, sens des responsabilités, tu as tout fait pour contrarier le sort et l’obliger à te réserver une place au soleil que tu n’avais pas volée.

D’autant que lorsque les Allemands sont arrivés à Brest en 1940, et que tu étais responsable d’un atelier de la maintenant SNCF, il a fallu que tu t’accommodes de ces personnages qui t’ont pourri la vie, accumulant les vexations, s’installant partout, réquisitionnant les plus belles maisons, faisant descendre les gens du trottoir, pillant les magasins, arrêtant tes amis, etc. Comme tu n’étais pas homme à te résigner, et que ta situation te permettait d’être efficace, tu as apporté ta part à la clandestinité, sans en faire pour autant plus état que ça.

Sur le plan personnel, un premier veuvage t’a laissé meurtri, mais tu es parvenu à reconstruire ta vie, plutôt bien.

 

Ensuite, la vie s’est déroulée somme toute assez paisible dans une France qui offrait tous les ans à ses enfants un peu plus de bien-être et d’agrément. Tu en as profité pour voyager et découvrir sur le tard tout ce qui t’avait été refusé quand on t’a volé ta jeunesse.

Alors que pendant des années, tu n’as raconté que les bons souvenirs de la guerre (qui n’a jamais été grande que dans les livres ou dans les esprits des historiens contents d’avoir trouvé une formule), quand l’âge est venu, sont remontés tous ces moments d’effroi avec lesquels tu as dû vivre auparavant et que tu parvenais tant bien que mal à refouler. Et là, la guerre, celle que les autres t’ont obligé à faire, elle n’était pas très belle. Il faut dire que vivre pendant 60 ans avec les cris d’agonie d’un camarade, ce n’est pas de tout repos.

 

Pour la reconnaissance sociale, …tiens c’était justement mon propos. A la maison, chez toi, j’ai vu ces médailles que l’on remet au soldat courageux qui a exécuté l’ordre (même celui de Nivelle, en 1917 : attaquons, attaquons, attaquons, …comme la lune ? »), mais il en manquait une dont j’entendais parler déjà tout petit, tu sais cette fameuse légion d’honneur, le summum de ce qui se fait dans la hiérarchie de la monarchie républicaine. Plus tard, j’ai appris par cœur ce qu’en disait le Canard enchaîné, à savoir que le pire, dans la légion d’honneur, ce n’est pas de la recevoir, mais de l’avoir méritée. Donc, pour ton honneur, tu ne l’as pas méritée. Tu ne dois pas en avoir fait assez au service d’une patrie dont tu t’es interdit de contester les institutions, même en 1934 quand tes camarades anciens combattants (on ne disait pas encore « vétérans », cet américanisme complètement décalé) t’ont invité à les rejoindre pour manifester avec eux le 6 février. Non, tout ça, l’héroïsme quotidien, le devoir qui commande, la rectitude morale, l’éducation souvent sévère donnée aux enfants, les privations, n’avoir que 4 dimanche par an pour être avec sa famille (ça, c’était le chemin de fer dans les années 20 & 30), bref, ce ne sont que des détails.

 

Et aujourd’hui, qu’est-ce que je lis dans les pages Bas-Rhin de la PLR ? Qu’une émouvante cérémonie s’est déroulée à Bischheim au cours de laquelle le ministre alsacien de circonstance, Monsieur Loos, a remis à un conseiller général, Monsieur Klein-Moser, les insignes de chevalier de la légion d’honneur.

Il a fait quoi ce brave homme pour mériter ça ? Si tu lisais son curriculum vitæ, je pense que ça te ferait sourire, ou pleurer. J’avais eu la même impression quand la même comédie se jouait à Wissembourg, cette fois. Il s’agissait d’honorer le 1er adjoint au maire, Monsieur Richter. Et là, c’est au titre des services qu’il a rendus à l’éducation nationale (dans ton temps, c’était l’instruction publique, et en fait, ça avait le mérite d’être clair) qu’il reçoit la breloque. Là, pareil, avec le même ministre alsacien de circonstance, Monsieur Loos, et blablabli et blablabla sur le récipiendaire qui est vraiment un type incroyable, mais pour la biographie, je préfère tout de même la tienne, parce qu’elle a quand même une certaine allure.

 

Je t’embrasse.

 

Antoine

p.s. : c'est un coup de fil d'un ami, attentif, qui l'autre soir m'a ramené à la réalité et hors de la passion qu'a pu inspirer ces remises intempestives de médailles aux citoyens méritants. C'est vrai que comme d'habitude, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac, et confondre torchons et serviettes. Ce n'est parce que quelques amateurs de breloques prestigieuses se précipitent pour être là, sur la photo du journal pour montrer qu'ils survivent à défaut d'avoir jamais existé qu'il faut jeter l'opprobre sur ceux qui ont fait tout simplement leur devoir en étant courageux et partant mérité réellement la reconnaissance de la société. La justice et la mesure commandent de reconnaître les mérites des uns et la fatuité des autres. Ensuite, peut-on se demander s'il convient de les considérer à la même aune ? C'est un peu le problème qui nous est posé par ce nouvel article qui cette fois met en scène le Père Ledogar, qui, aux dernières nouvelles a souvent payé de sa personne pour apporter aux souffrants le réconfort dont la société peine souvent à les gratifier.
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9 novembre 2006

Sacrés 9 novembre

9 novembre 1918 : Guillaume II abdique et part en exil aux Pays-Bas où il mourra en 1941. Les conseils d’ouvriers et de soldats se mettent en place dans toute l’Allemagne, comme en témoigne cette photo prise à Strasbourg que tout le monde connaît où l’on voit la place Kleber noire de monde et des orateurs y haranguer la foule.

 

9 novembre 1924 : pour commémorer l’abdication de Guillaume II, le petit caporal autrichien fait son premier coup et tente de renverser une république de Weimar déjà dans la difficulté du fait des conditions du traité de Versailles. Monsieur Hitler est mis en prison. Où chacun doit constater que la récidive est le problème majeur de l’incarcération…

 

9 novembre 1938 : les troupes d’assaut du parti nazi déclenchent la « nuit de cristal » au cours de laquelle des centaines de lieux de culte israélite seront vandalisés, pillés, brûlés puis rasés. Cette opération criminelle était la suite malheureusement logique de tout ce qui avait été entrepris depuis le lendemain de la prise du pouvoir par des brutes aveuglées par la haine de l’autre. Déjà, depuis 5 ans, les Juifs étaient poussés dehors [pour les plus fortunés] ou rejetés aux marges de la société, réduits à la misère, acculés au suicide [pour les autres]. Pour beaucoup d’entre eux, être accueilli à l’étranger relevait de la mission impossible. La France en a accueilli quelques milliers, mais les contrôles aux frontières associés à un courant antisémite puissant et influent ont souvent eu raison des velléités d’exil des malheureux pourchassés. Les Pays-Bas, qui croyaient encore aux vertus de la neutralité et pratiquaient une politique d’ouverture depuis la fin du XVème siècle (avec l’accueil des Juifs expulsés d’Espagne et du Portugal) ont permis à de nombreux Juifs de s’installer sur leur territoire, en particulier à la famille Frank qui y a refait sa vie jusqu’à l’arrivée des troupes allemandes en mai 1940.

 

9 novembre 1970 : c’est la mort du général de Gaulle. Cette fois, c’est plus le hasard qu’autre chose. Cela dit, les commémorations se suivent sans se ressembler et cette année encore, on est loin de la communion que l’on avait voulu installer à l’époque (minute de silence dans les écoles, immense croix de Lorraine, pèlerinage rituel de la gaullocratie) pour en faire l’enjeu de règlements de comptes entre gens qui sont plus « chers faux amis » que « chers compagnons »…

 

9 novembre 1989 : la Stasi , de sinistre mémoire, et ce qui reste de l’autorité de la république démocratique allemande décident d’ouvrir les portes de la cage et de permettre à leurs ressortissants d’aller voir à l’ouest s’il y a du nouveau. Ce sera la chute du mur de Berlin dont il ne reste que quelques centaines de mètres à Berlin même, et l’amorce d’un grand espoir de renouveau à l’échelle mondiale. Depuis, c’est la désillusion qui domine, car en 17 ans, ce qui était injuste l’est devenu un peu plus, et ce qui ne l’était pas l’est un peu moins. Le climat se porte de plus en plus mal, sauf pour Monsieur Allègre, près d’un milliard d’êtres humains souffrent de malnutrition chronique et l’on préfère dépenser des milliards dans des spots politico-publicitaires que de diriger l’énergie créatrice des chercheurs vers la résolution des grands problèmes de l’heure.

 

9 novembre 2006 : pour quelques milliers de voix, 30 sièges de Représentants au Congrès et 6 de Sénateurs, la direction de la politique états-unienne risque de changer. Acceptons-en l’augure ? Les Irakiens, les Afghans, les Libanais, les Iraniens et dans une autre mesure les Palestiniens ne se plaindront pas d’une modification au moins de ton de ces dogmatiques qui confondent tout avec le reste, et prétendent aller réglementer la vie intime au nom de l’ordre moral et de la sécurité. Comme ces gens ne sont pas très courageux, ceux qui avaient inspiré la « pensée » de l’occupant actuel de la Maison-Blanche , sentant le vent tourner, ont pris la précaution il y a déjà quelques mois ou semaines de récuser la marionnette qu’ils ont infligée à leur peuple. Il est pitoyable et pathétique de les voir quitter le navire, sans honte et dans le déshonneur. Tiens ce matin, j’ai loupé Jean-Marc Sylvestre, dommage.

Et mort de Markus Wolf, l'espion le plus populaire de DDR. Quand on vous dit que le 9 novembre n'est pas une date ordinaire.
Si chers élus ?

Paru dans « Le Patriote de l´Ariège » et repris par « La Feuille » de Villeneuve-sur-Lot du 9 novembre 2006. 

 
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