Par Henri cordier (1849-1925)








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Le Chinois de retour, Scene lyrique Représentée à Paris, sur le Théâtre de l'Opéra, en 1753. Prix douze sols. À Paris, Chez la Veuve Delormel & fils. MDCCLIII. Avec approbation & privilege, in-8, pp. 19. — Bibl. Nat. Yth. 3330.

Le Chinois poli en France, Parodie du Chinois de Retour, Intermède Italien. En un acte. Représentée pour la première fois sur le Théâtre de la Foire S. Laurent, le samedi 20 Juillet 1754. Par M. Anseaume. Le prix est de 24 s. avec la Musique. À Paris, Chez Duchesne, Libraire, rue Saint Jacques, au-dessous de la Fontaine Saint Benoît, au Temple du Goût. MDCCLIV. Avec Approbation Privilège du Roi. in-8, pp. 48. — Bibl. Nat. Yth. 3331.

*

Après les philosophes, les gazetiers, les dramaturges, les nouvellistes et les romanciers s'emparèrent des Chinois, mais ils ne leur empruntèrent guère que le nom : nous eûmes : en 1745, L'Espion chinois en Europe, Pékin, chez Oucha-lou-lou, libraire de l'empereur Choanty, dans la rue des Tygres, 2 vol. in-8, dont l'auteur Victor de la Cassagne, connu sous le nom de Dubourg, enlevé à Francfort par les agents de la Police royale et p.128 enfermé dans une cage de fer au Mont St. Michel, y périt de privations et de chagrin au bout d'un an et quatre jours de captivité, le 27 août 1746 ; en 1765, 1768, 1774, l'Espion chinois ou l'Envoyé secret de la Cour de Pékin pour examiner l'État de l'Europe. Traduit du chinois ! Par Ange Goudar (Cologne, 6 vol. in-12) ; en 1739-1746, les Lettres chinoises attribuées au Marquis J.-B. de Boyer d'Argens, en réalité de Frédéric II, puis les Lettres chinoises, indiennes et tartares, à Monsieur Pauw, par un Bénédictin qui n'est autre que Voltaire (Londres, 1776, in-8) ; rappelons les Anecdotes secrètes pour servir à l'histoire de la Cour de Pékin, d'Antoine Pecquet (1746, 2 vol. in-12) ; La Balance chinoise, ou Lettres d'un Chinois lettré sur l'éducation, contenant un Parallèle de celle de la Chine avec celle de l'Europe, s. d. Crébillon le fils attribue à un auteur chinois la critique qu'il fait du Cardinal de Rohan, de la Bulle Unigenitus et de la Duchesse du Maine dans le roman satirique paru en 1734 sous le titre de Tanzai et Néadarné. Histoire japonaise avec l'adresse : À Pékin, Chez Lou-chou-chu-la, Seul Imprimeur de Sa Majesté Chinoise pour les langues étrangères ; nous apprenons par la préface que :

« Cet ouvrage est, sans contredit, un des plus précieux monuments de l'antiquité, & les Chinois en font un si grand cas, qu'ils n'ont pas dédaigné de l'attribuer au célèbre p.129 Confucius... Ce livre est cependant de Kiloho-ée, personnage illustre, antérieur à Confucius, de plus de dix siècles... traduit de l'ancienne langue japonoise.

Dix lignes à faire frémir un sinologue ; il est vrai que les sinologues ne lisent pas Crébillon le fils.

Dans les Mémoires de Madame du Hausset 1 on a intercalé, pages 77-81, une satire sous forme de Conte japonais, adressée au Roi, à Madame, etc., qui était sans doute une moquerie des austérités du Chevalier de Montaigu :

« Le Dieu Faraki, que nous adorons, est ainsi nommé d'un mot qui veut dire fabrication ; c'est lui qui a fait tout ce que nous voyons, la terre, les astres, le soleil, etc. Il a donné à l'homme des sens qui sont autant de sources de plaisir, et nous croyons que la seule manière de reconnaître ses bienfaits est d'en user.

Et la première de toutes les jouissances que ses adorateurs doivent à ce Dieu bienfaisant est celle que procure l'amour. La femme de chambre de Madame de Pompadour ajoute :

« On soupçonna le maréchal de Richelieu d'avoir fait faire le conte par quelqu'un de ses complaisants. Le roi en fut fort scandalisé, et donna ordre au lieutenant de police d'en p.130 rechercher l'auteur ; mais il n'y put parvenir, ou ne voulut pas le divulguer.

Citons encore :

— Grigri, histoire veritable. Traduite du Japonnois en Portugais par Didaque Hadeczuca, Compagnon d'un Missionnaire à Yendo ; & du Portugais en François par l'Abbé de*** Aumônier d'un Vaisseau Hollandois. Premiere partie. Derniere édition moins correcte que les premieres. À Nangazaki, De l'Imprimerie de Klnporzenkru, seul Imprimeur du très Auguste Cubo.— L'an du monde 59749. in-12, pp. XXIV-167, 221 pour la seconde partie.

Par L. de Cahuzac.

— Ma-gakou histoire Japonnoise ; traduite Par l'Auteur D.R.D.S...— À Goa, — Par exprès commandement de l'Empereur. 1752. in-12, pp. 160.

Par F. A. Chevrier.

— L'Optique ou le Chinois, a Memphis. Essais traduits de l'Égyptien Premiere partie. À Londres, Chez Marc-Michel Rey. Libraire. — MDCCLXIII. in-8, pp. IV-176 et 263 pour la seconde partie.

Critique de Paris par un Chinois ; imitation de Voltaire par J. N. M. Guérineau de Saint-Péravi.

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VII

Les Chinois en France :

Chin Fo-tsoung - Arcade Hoang - Jean Hou - Ko et Yang

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p.131 Nous ne pouvons passer sous silence, les rares Chinois qui franchirent les mers pour venir jusque chez nous et qui, s'ils ne nous ont pas apporté de lumières nouvelles, nous ont au moins présenté des échantillons vivants de leur race.

Un Chinois de Nan-king, Chin Fo-tsoung, baptisé sous le nom de Michel, que le père Couplet avait amené de Chine, fournit lors de son passage à Oxford, au célèbre Thomas Hyde, orientaliste et bibliothécaire en chef de la Bodléienne, divers matériaux que ce savant a utilisés pour écrire plusieurs dissertations extrêmement intéressantes. Ce Chin paraît être le premier Chinois lettré venu en Europe dont on ait conservé le souvenir.

En 1703, le vicaire apostolique du Se-tch'ouan, Artus de Lyonne, évêque de Rosalie, étant envoyé à Rome pour prendre part aux débats de la fameuse p.132 Question des Rites, ramena de Chine un chrétien du Fou-kien, Arcade Hoang, né à Hing-hoa le 15 novembre 1679 ; Artus de Lyonne, retenu en Europe par le mauvais état de sa santé, se rendit de Rome à Paris où il passa les dernières années de sa vie au Séminaire des Missions étrangères. Hoang accompagna son patron, s'habitua à l'existence de Paris, et enfin s'y maria. Il semble avoir joué, auprès des savants de l'époque, le même rôle que Chin auprès de Hyde : il leur donna le goût de la langue chinoise et le désir de l'apprendre. Attaché à la Bibliothèque du Roi, Hoang fut chargé par Pontchartrain de rédiger un dictionnaire de la langue chinoise ; il mourut prématurément le 1er octobre 1716, ne laissant que des matériaux de médiocre valeur et quelques livres chinois.

Vers la fin de 1721, le père jésuite Foucquet sur le point de quitter la Chine, chercha un lettré pour l'accompagner et l'aider à expliquer les 4.000 volumes chinois qu'il emportait avec lui ; il accepta les services d'un certain Jean Hou, néophyte qui se trouvait en qualité de portier depuis trois mois dans l'église de la Propagande à Canton et savait un peu écrire. Le Chinois tomba malade en arrivant en France, devint ensuite fou et refusa de suivre son patron à Rome. Bref, vers la fin de 1723, la Sacrée Congrégation fit un décret que le Chinois p.133 serait nourri à ses frais et on chargea le nonce à Paris de rapatrier le Chinois quand il serait en état d'entreprendre le voyage. 1 Le père Foucquet retiré à Rome fut nommé évêque in partibus d'Eleutheropolis, par l'influence du Cardinal Gualterio, ami du duc de Saint-Simon.

Ko et Yang étaient deux jeunes Chinois envoyés en Europe par les jésuites pour compléter leur éducation ; au moment où ils allaient retourner dans l'Extrême-Orient, l'illustre Turgot leur adressa une série de cinquante-deux questions sur la Chine : Richesses. Distribution des terres. Culture. — Arts (Papeterie, Imprimerie, Étoffes). — Histoire naturelle. — Quelques points d'histoire (Juifs en Chine, Miao-tseu) ; pour permettre à Ko et à Yang de répondre à ces questions, le grand économiste écrivit ce chef-d'œuvre : Réflexions sur la formation et la distribution des richesses, paru en novembre 1766. En cent paragraphes

« il renferme, dit un bon juge 2, sur les capitaux, la monnaie et la concurrence, les vérités les plus précieuses et les plus nouvelles pour l'époque où elles ont été produites. Il devait être et il a été nécessairement et incessamment présent à l'esprit d'Adam Smith, quand l'auteur de la Théorie des sentiments moraux p.134 écrivait, neuf ans plus tard, sa Richesses des nations

Ces deux Chinois originaires de Pe-king, de parents chrétiens, après avoir poursuivi leurs études chinoises et demeuré trois années chez les jésuites de cette ville, « se proposèrent de passer en Europe pour y voir la splendeur du christianisme. Ils crurent et ne se sont point trompés, que la religion ne fleurit dans aucune autre nation plus qu'en France, ils se déterminèrent à y venir. » Ils partirent de Pe-king le 7 juillet 1751. J'ai raconté 3 les péripéties du voyage et les circonstances du séjour en France de ces jeunes Chinois ; ils rentrèrent dans leur capitale en janvier 1766, pourvus d'une pension annuelle du roi de France de 1.200 livres.

D'autres Chinois visitèrent la France depuis la Révolution mais je n'ai pas à en parler ici : leur rang social ne leur permettait d'ailleurs pas de fournir des notions bien exactes ou bien utiles. Il ne faudrait pas se faire grande illusion sur les renseignements que l'on pouvait tirer des indigènes venus dans nos pays ; avant l'établissement de légations chinoises permanentes en Europe, à la suite de la signature de la Convention de Tche-fou en 1876, peu de Chinois distingués avaient voyagé en Europe : les Chinois qui s'égaraient dans nos p.135 « pays barbares » étaient des boys au service d'étrangers, des cuisiniers échappés de leur navire, ou au mieux des marchands de Canton, gens parfois fort honorables, mais pas plus en état de donner sur leur nation des renseignements dignes de foi que nos compatriotes dans une position équivalente n'eussent pu le faire sur la France. La badauderie parisienne se contentant de peu, ne sachant faire aucune différence entre un lettré et un ma-fou (palefrenier), acceptant bénévolement toutes les sornettes qu'on lui débite, les exotiques remportent chez nous des succès faciles : j'ai bien entendu l'ancien domestique d'un consul décrire devant un public nombreux et attentif la condition de la femme en Chine,., alors qu'il avait quitté son pays à l'âge de quatorze ans, après avoir reçu une instruction sommaire dans une mission éloignée, dans l'ouest de l'Empire !

*

J'ai tenté dans ces quelques pages de décrire l'engouement plus que passager suscité en France au XVIIIe siècle par une mode exotique. Ces crises sont fréquentes chez nous. Toutefois il faudrait se bien garder de croire que les rares objets de véritable valeur noyés dans la masse des produits de l'industrie de l'Asie orientale, suffisent à nous p.136 donner une notion juste de l'art chinois. Il a fallu plusieurs guerres et deux actes qui ont donné aux Asiatiques une triste idée de la civilisation européenne : le pillage du Youen Ming Youen, résidence d'été de l'Empereur, en 1860, et surtout le sac des palais impériaux de Pe-King, en 1900 — actes difficilement excusables mais qui ont singulièrement servi l'histoire de l'art puisqu'ils ont mis à jour des chefs-d'œuvre ensevelis jusqu'alors — pour apprendre qu'il y avait une peinture chinoise digne de notre admiration ; peinture qui remonte à une haute antiquité dont le British Museum possède un modèle du IVe siècle de notre ère dans l'œuvre de l'artiste Kou K'ai-tche récemment acquise, tandis que de notre côté nous conservons au Louvre des peintures rapportées par M. Pelliot appartenant à la dynastie des Soung (960-1280) aussi célèbre dans les annales de l'art que dans celles de la littérature.

Et pour compléter nos renseignements dans le domaine de l'art, nos voyageurs et nos archéologues nous ont fait connaître les remarquables sculptures sur pierre exécutées du Ve au VIIIe siècles de notre ère que nous ont léguées les empereurs Wei et T'ang.

Il reste encore à écrire l'histoire de l'art chinois.

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1 G. Macon, Les Arts dans la Maison de Condé. Revue de l'Art, XI, 1902, p. 203.)

1 Macon, l. c., XI, p. 202.

2 Macon, l. c., XI, p. 203.

3 Macon, l. c., XI, p. 206.

1 Essais historiques sur Paris. Pour faire suite aux Essais de M. Poullain de Saint-Foix. Par Aug. Poullain de Saint-Foix. À Paris, An XIII 1805), p. 194, note.

2 Macon, l. c., XI, p. 206.

1 Germain Bapst, Inventaire de Marie-Josèphe de Saxe, Dauphine de France. Paris, 1883, in-4, p. 143. — Mars 1767.

1 Lettres de Gui Patin, 1630-1672. Nouvelle édition collationnée sur les manuscrits autographes publiés... par le docteur Paul Triaire. T. I. Paris, Honoré Champion, 1907, in-8, pp. 567/8. [c.a. : ou bien ici.]

1 L. c., pp. 574/5. [c.a. : ou encore ici.]

2 La vie privée d'autrefois... Le café, le thé et le chocolat, 1893, p. 130/1.

2 Épigrammes et autres pièces de M. de Sénecé. À Paris, 1717, in-12, p. 272, LI.

1 Sénecé, l. c., p. 274.

3 Pierre de Nolhac, La Création de Versailles. Versailles, 1901, in-fol., pp. 188-9.

4 Bib. Nationale, Inv. Y2 24048.

1 E. de Concourt, Catalogue raisonné de l'Œuvre d'Antoine Watteau. Paris, Rapilly, 1875, pp. 155-156.

2 Paul Mantz, Gazette des Beaux-Arts, 3e pér., I, 1889, pp. 24-25.

1 Voyage pittoresque des environs de Paris..., par M. D*** [d'Argenville]. À Paris, 1755, in-12.

1 [c.a. : Voir sur Images d'art, l'album proposé par chineancienne.fr sur les Singeries, attribuées à Christophe Huet ; lire aussi
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