Par Henri cordier (1849-1925)








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3a. Watteau. — Fille du royaume d'Ava. (D'après la gravure de Jeaurat.)

cette dernière décoration comprenait trente peintures, qui furent gravées par Boucher, Jeaurat et Michel Aubert. À ce sujet, Edmond de Goncourt écrit :

« Qu'on ne croie pas que les chinoiseries de la Muette fussent des chinoiseries de pure fantaisie. Si Watteau, à cette décoration, ainsi qu'à toutes les choses qu'il touchait, a mis sa marque personnelle, son invention poétique ; le maître, le croira-t-on ? s'était préparé à ces représentations exotiques par de sérieuses études des objets et de l'humanité p.031 chinoises. Un curieux renseignement à cet égard nous est donné par l'Albertina, de Vienne. C'est un grand dessin, une grande étude à la pierre noire d'un Chinois, étudié dans son type, dans le rendu presque photographique de ses vêtements, de ses souliers caractéristiques ; enfin, dans toute



3b. Boucher. — Musicienne chinoise. (D'après la gravure de Hoüel.)

la particularité d'un modèle du Céleste-Empire, dont le nom même a été conservé par le crayon de Watteau sur un morceau de pierre à gauche : F. Sao 1. »

« Malgré leur provenance conjecturale, écrit Paul Mantz, ces Chinois de la Muette n'en ont pas moins engendré une postérité très nombreuse. La Chinoiserie, continuée par Christophe Huet, par Peyrotte et par d'autres dont nous ne savons pas les noms, sera jusqu'à la Révolution l'amusement du XVIIIe siècle 2. »

De la chinoiserie, on passe facilement à la singerie, et le maître dans ce genre fut peut-être Christophe Huet, mort en 1759 ; en dehors de nombreux carrosses et quantité de chaises à porteurs, cet artiste a exécuté une foule de décorations dans divers châteaux : au château de Champs, entre le pont de Chelles et Noisiel, sur la rive gauche de la Marne, construit dans la première p.032 moitié du XVIIIe siècle par l'architecte Chamblin pour le financier Paul Poisson, dit Bourvarlais, passé au duc de la Vallière, puis à Santerre, et plus récemment à M. Louis Cahen (d'Anvers), Huet peignit au rez-de-chaussée un salon chinois :

« La salle de compagnie, écrit d'Argenville, est embellie de panneaux de menuiserie, dans lesquels Huet a peint des Chinois & des Chinoises ; au plafond il y a des ornements légers entremêlés d'oiseaux & d'insectes 1.

Il décora également de camaïeux bleus, représentant des pastorales chinoises, le cabinet attenant à la chambre à coucher de la duchesse de la Vallière. Nous retrouvons Huet, à Plaisance, près Nogent-sur-Marne, chez Pâris-Duverney, où il décore un salon ; chez le Régent, au château de Bagnolet, où il peint une salle à manger ovale ; Coypel y avait exécuté différents tableaux dont les sujets sont tirés du roman Daphnis et Chloé.

C'est probablement de 1745 à 1750 que Huet exécuta une de ses décorations les plus connues, les arabesques et les figures chinoises du Cabinet de l'ancien hôtel de Rohan, depuis le décret du 6 mars 1808 Imprimerie Nationale, construit au commencement du XVIIIe siècle par l'architecte Delamaire, pour Armand Gaston de Rohan, évêque de Strasbourg, p.033 promu au cardinalat en 1712. Gélis-Didot dans la Peinture décorative en France au XVIIIe siècle, Paris, Charles Schmid, s. d., in-fol., a donné 2 planches en couleur de la Singerie de l'Hôtel de Rohan, et 2 planches en couleur de la grande Singerie de Chantilly, sans compter les figures en noir.



4. Singerie de Huet. (Chantilly [Petite Singerie]).
« Toute la surface de ces boiseries et des lambris, portes comprises, et la gorge des corniches, écrit un critique, sont couvertes d'arabesques en couleur et or, de bergeries ou de jeux dont une partie des personnages ont le costume chinois, de camaïeux, de singes, de chiens, d'oiseaux, de guirlandes de fleurs. L'habileté, l'esprit, le vif coloris et le goût de Christophe Huet s'y sont donné carrière. » Malgré l'opinion d'Edmond de Goncourt qui l'attribue à Antoine Watteau — l'hésitation serait bien permise en pareil cas, si Watteau n'était mort dès 1721, alors que les peintures sont probablement de 1735, — c'est à Huet, sans doute, qu'il faut donner la Grande Singerie (Chinois et singes) du salon du premier étage qui précède la galerie des Batailles du château de Chantilly et la Petite Singerie (singes et singesses) du rez-de-chaussée du petit Château, œuvres commandées par le duc de Bourbon. 1

L'hôtel de Flesselle, construit par l'architecte de l'Isle, situé rue de Sévigné, n° 52, démoli récemment pour faire place à une usine p.034 d'électricité, possédait un plafond décoré de singeries de la même époque et dans le goût de celles de l'hôtel de Rohan 2 : il a été sauvé de la destruction par le collectionneur bien connu, M. Fenaille, qui l'a fait démonter avec soin ; auparavant la Société d'Iconographie parisienne en avait fait prendre une photographie 3.

J. Guélard a gravé sur les dessins de Huet deux séries de douze planches de Singeries ou différentes actions de la vie humaine représentée par des singes, mais on n'y retrouve aucun des motifs qui sont peints dans le cabinet de Rohan ; en revanche, ce recueil renferme le sujet de l'écran placé devant la cheminée de la grande Singerie de Chantilly, ce qui suffirait à prouver que Huet fut bien le peintre de ce salon.

Dans un pavillon existant encore au n° 8 de la rue d'Assas, qui communiquait jadis avec l'Hôtel de la comtesse de Verrue, depuis Hôtel des Conseils de Guerre, situé au coin de la rue du Regard et de la rue du Cherche-Midi, se trouve un petit boudoir oblong dont le plafond ovale est décoré d'arabesques sur fond blanc. M. de Champeaux, qui a découvert ce plafond, a dit :

« Ce plafond p.035 peu connu, est peut-être le plus délicat spécimen de singeries que nous connaissions. L'exécution en paraît trop délicate pour Gillot et trop serrée pour Christophe Huet ; son auteur, dont le nom reste à découvrir, nous semble tenir de plus près que ces deux peintres au grand maître de la fantaisie, à Antoine Watteau 4. »

Boucher, que nous venons de voir graver les peintures de Watteau, dessina et grava lui-même un Recueil de diverses Figures chinoise (sic) qui parut chez Huquier, rue Saint-Jacques, comprenant, en plus du titre, onze planches : 2. Médecin chinois gravé par Perronneau ; 3. Dame chinoise ; 4. Botaniste chinois ; 5. Païsane chinoise ; 6. Magicien chinois ; 7. Bastelleuse chinoise ; 8. Musicien chinois ; 9. Demoiselle chinoise ; 10. Autre Musicien chinois ; 11. Soldat chinois ; 12. Autre soldat chinois. — Aveline le Jeune a gravé et publié chez Audran, à Paris, les planches suivantes de Boucher qui sont accompagnées de vers : Le Concert chinois 1 ; le Paquet incommode ; le Mérite de tout pais ; la Rêveuse 2. Nous notons encore une Suite de Figures chinoises dessinées par F. Boucher et Gravés (sic) par J. Houël. Tiré du Cabinet de M. d'Azaincourt. À Paris, chez p.036 Demarteau l'aîné. Parmi les graveurs des scènes chinoises de Boucher citons encore Martin Engelbrecht, d'Augsbourg, et Demarteau.

Jacques Gabriel Huquier, né à Orléans en 1695, mort à Paris, le 30 juin 1772, graveur pour son compte et pour celui des autres, était également un amateur éclairé :

« M. Huquier, Graveur, rue des Mathurins, écrit Joubert de l'Hiberderie, p. 89, est possesseur de plusieurs recueils de Fleurs Chinoises d'une très grande beauté & originales. Il a, outre cela, quatre grands Volumes de Plantes naturelles, destinées pour la Botanique, ouvrage très curieux par la façon dont il est fait. On trouve aussi chez lui gravées, toutes les fleurs de Baptiste, de Robert, & autres Peintres Fleuristes ; & une grande quantité de volumes pleins de dessins & d'estampes, en Marine, Paysage, Chasses, Histoire, Portraits, Architecture, Ornemens, &c. M. Huquier est Amateur & reçoit très bien les Étrangers & les Curieux. »

Audran, rue S. Jacques, à la Ville de Paris, outre les mois représentés par des singes, septembre, octobre, a donné quelques sujets accompagnés de légendes en vers :

le Concert chinois, au bas duquel on lit :

Quand le carillon, les enfans,

Le coq, font chacun leur musique, p.037

Ce doit être, de concertans

Un chœur charmant et magnifique.

le Paquet incommode :

Une femme est un embarras ;

C'est une vérité qui passe pour constante ;

Cet homme si chargé n'en disconviendrait pas,

Plus elle est jeune, et plus elle est pesante.

Boucher exécuta un grand nombre de cartons de tapisserie. Dans l'ouvrage 1 de M. Badin, je relève les sujets de tapisseries chinoises de Beauvais : P. 16. — Grotesques chinois, d'après Bérain. — P. 20. — Le Prince en Voyage. Première Tenture chinoise d'après Vernansal, Blin de Fontenay et Du Mons. — P. 44. — La Foire de la Tenture chinoise de Boucher, esquisse du Musée de Besançon. — P. 48. — Le Pêcheur. — Deuxième Tenture chinoise d'après Boucher et Dumont. — P. 80. — Fauteuil aux oiseaux, Meubles de la Tenture chinoise (?). Collection de M. J. Doucet. — P. 104. — Le Jardin chinois, d'après Boucher. — En 1724, fut exécutée la Tenture des Chinois, en six pièces, d'après Baptiste, Fontenay, et Vernansal ; plus tard, les Grotesques, tenture de six pièces ; p.038 en 1743, la Tenture chinoise d'après Dumont sur les esquisses de Boucher, en six pièces, très probablement les esquisses données au Musée de Besançon par l'architecte Paris, dit M. Badin, les Chinois et les Grotesques furent exécutés par le sieur de Mérou depuis qu'il eut pris possession de la manufacture de Beauvais le 5 juillet 1722, jusqu'au 25 juillet 1724.

Le Musée de Besançon, créé par une délibération du Conseil Municipal de cette ville en date du 7 août 1834, possède de Boucher neuf cartons (nos 29-37, École française) datés de 1752 2 (sic), représentant des Scènes chinoises qui devaient être exécutées en tapisserie ; je pense qu'il s'agit des huit esquisses de sujets chinois destinées à être reproduites en tapisseries de Beauvais, qui furent exposées au Salon de 1742.

Dans l'Inventaire général des Dessins du Musée du Louvre et du Musée de Versailles, École française, par Jean Guiffrey et Pierre Marcel, 1908, nous trouvons, II, nos 1410-1418 l'indication de sanguines attribuées à Boucher avec la reproduction des nos 1410, 1411, 1413, 1414 et 1415. Les deux premières sont des décorations destinées à des écrans et les sept suivantes semblent avoir été faites pour une même décoration ; elles p.039 représentent : le perroquet, les singes, la boîte à images, le thé, le jardin, le goûter, la toilette.

À la cinquième exposition de l'Union centrale des Beaux-Arts appliqués à l'industrie en 1876, figuraient trois pièces de la Tenture chinoise d'après Fontenay, Vernansal et Dumont, appartenant à M. Félix Baldairoux ; elles étaient décrites de la manière suivante au catalogue 3 :

129. Première pièce :

Un prince est assis sous un dais d'architecture baroque, sur un riche tapis oriental ; derrière lui un éléphant ; devant lui des Chinois et des Indiens prosternés. Une femme arrive à gauche dans un char. Fond de paysage. Signé en bas, à droite : Beauvais.

H. 3,30 m. — L. 4,85 m.

130. Deuxième pièce :

Devant une pagode sur les marches de laquelle est un savant tenant une sphère, un Chinois répand des fleurs ; derrière lui deux autres Chinois prosternés. Fond de paysage.

H. 3,30 m. — L. 1,68 m.

Ce savant n'est autre que le savant jésuite Adam Schall, appelé par les Chinois Tang Jo-wang.

131. Troisième pièce :

Sous un pavillon soutenu par quatre légères colonnes, une femme, sur laquelle on tient un parasol déployé, prend une tasse de café. Devant elle une autre femme agenouillée lui présente des fruits. Fond de paysage.

H. 3,30 m. — L. 1,57 m.

p.040 Une tapisserie fabriquée d'après ce grand artiste à Beauvais, vers 1770, et dont le personnage central est un éléphant, a été donnée par M. Jules Guiffrey dans son Histoire générale de la Tapisserie (1878) ; elle appartient au mobilier national.

Ce fut Dumont qui fournit les Délassements chinois à Oudry, directeur de la manufacture de Beauvais. Guy-Louis Vernansal qui fut un des grands fournisseurs de Beauvais, né à Fontainebleau le 12 juillet 1648, était élève de Ch. Lebrun ; il mourut à Paris le 9 avril 1729 ; on a souvent attribué ses cartons à Boucher.

À la vente des tapisseries provenant de la succession du roi Louis-Philippe qui eut lieu le 28 janvier 1852, au domaine de Monceaux, deux tapisseries à Sujets chinois furent payées 1.250 francs.

La manufacture d'Aubusson emprunta également des sujets à la Chine, particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, à la fabrique de Jean-Pierre Picon, seigneur de Laubard, fils de François Picon. Je relève les pièces suivantes dans le catalogue de M. Pérathon 1 :

263. Le Thé, 2,50 m haut., 2,35 m larg. p.041

264. Scène galante, 2,50 m haut., 1,90 m larg.

265. Trumeau, 2,50 m haut., 0,75 m larg. ; un jeune Chinois tourne une manivelle d'un moulin à broyer.

266. Scène champêtre. Physionomies et costumes chinois, 2,50 m haut., 1,60 m larg.

Ces quatre panneaux sont de la fabrique de Pierre Picon de Laubard.

398. Panneau. Sujet chinois francisé. M. R. Daubusson, Mocé et Picon ; à la Cathédrale d'Angers. — M. Pérathon remarque, l. c., p. 46 :

« Mocé était étranger à Aubusson. Il figure avec honneur parmi les artistes tapissiers les plus distingués du XVIIIe siècle. On remarquera que son nom est placé avant celui du fabricant. Nous ignorons l'époque précise à laquelle M. Picon l'avait attaché à sa manufacture. »

431 à 434. Quatre tapisseries, sujets pseudo-chinois, même hauteur 2,60 m.

1° Le Déjeuner, largeur 5,10 m ; 2° le Pêcher, larg. 1,88 m ; 3° la Volière, larg. 2,30 m ; 4° le Pavillon, larg. 1,70 m. Collection Braquenié : « Ces tapisseries, écrit M. Pérathon, p. 49, sont encadrées d'une bordure Louis XV, en tons d'or, rehaussée de cabochons alternativement bleus et rouges. »

813 à 816. Quatre panneaux, sujets pseudo-chinois, pagodes, barques, etc. À l'Exposition rétrospective d'Angers, 1895. p.042

821 à 825. Chinoiseries : 1° le Moulin à café ; 2° la Bergerie ; 3° le Jardinage ; 4° le Perroquet : 5° la Partie de pêche.

1148. Paysage avec rivière, rocher traversé par un kiosque dans le goût chinois.

Le commissaire-priseur Lair-Dubreuil a vendu en 1905 2 sept superbes tapisseries d'Aubusson, à bordures rocailles et bouquets de fleurs, exécutées d'après les cartons de Leprince :

Larg. Haut. (m)

1° L'audience impériale 3,03 2,85

2° Le divertissement 4,63 2,75

3° Les oiseleurs 3,40 2,80


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