Première partie Les héritiers alarmés








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titrePremière partie Les héritiers alarmés
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bêtes noires de la Faculté de Paris. Minoret, l’un des plus vaillants soutiens des encyclopédistes, le plus redoutable adversaire de Deslon, le prévôt de Mesmer, et dont la plume fut d’un poids énorme dans cette querelle, se brouilla sans retour avec son camarade ; mais il fit plus, il le persécuta. Sa conduite avec Bouvard devait lui causer le seul repentir qui pût troubler la sérénité de son déclin. Depuis la retraite du docteur Minoret à Nemours, la science des fluides impondérables, seul nom qui convienne au magnétisme si étroitement lié par la nature de ses phénomènes à la lumière et à l’électricité, faisait d’immenses progrès, malgré les continuelles railleries de la science parisienne. La phrénologie et la physiognomonie, la science de Gall et celle de Lavater, qui sont jumelles, dont l’une est à l’autre ce que la cause est à l’effet, démontraient aux yeux de plus d’un physiologiste les traces du fluide insaisissable, base des phénomènes de la volonté humaine, et d’où résultent les passions, les habitudes, les formes du visage et celles du crâne. Enfin, les faits magnétiques, les miracles du somnambulisme, ceux de la divination et de l’extase, qui permettent de pénétrer dans le monde spirituel, s’accumulaient. L’histoire étrange des apparitions du fermier Martin si bien constatées, et l’entrevue de ce paysan avec Louis XVIII ; la connaissance des relations de Swedenborg avec les morts, si sérieusement établie en Allemagne ; les récits de Walter Scott sur les effets de la seconde vue ; l’exercice des prodigieuses facultés de quelques diseurs de bonne aventure qui confondent en une seule science la chiromancie, la cartomancie et l’horoscopie ; les faits de catalepsie et ceux de la mise en œuvre des propriétés du diaphragme par certaines affections morbides ; ces phénomènes au moins curieux, tous émanés de la même source, sapaient bien des doutes, emmenaient les plus indifférents sur le terrain des expériences. Minoret ignorait ce mouvement des esprits, si grand dans le nord de l’Europe, encore si faible en France, où se passaient néanmoins de ces faits qualifiés de merveilleux par les observateurs superficiels, et qui tombent comme des pierres au fond de la mer, dans le tourbillon des événements parisiens.

Au commencement de cette année, le repos de l’anti-mesmérien fut troublé par la lettre suivante.

« Mon vieux camarade,

» Toute amitié, même perdue, a des droits qui se prescrivent difficilement. Je sais que vous vivez encore, et je me souviens moins de notre inimitié que de nos beaux jours au taudis de Saint-Julien-le-Pauvre. Au moment de m’en aller de ce monde, je tiens à vous prouver que le magnétisme va constituer une des sciences les plus importantes, si toutefois la science ne doit pas être une. Je puis foudroyer votre incrédulité par des preuves positives. Peut-être devrai-je à votre curiosité le bonheur de vous serrer encore une fois la main, comme nous nous la serrions avant Mesmer.

» Toujours à vous,

» Bouvard. »

Piqué comme l’est un lion par un taon, l’anti-mesmérien bondit jusqu’à Paris et mit sa carte chez le vieux Bouvard, qui demeurait rue Férou, près de Saint-Sulpice. Bouvard lui mit une carte à son hôtel, en lui écrivant : « Demain, à neuf heures, rue Saint-Honoré, en face l’Assomption. » Minoret, redevenu jeune, ne dormit pas. Il alla voir les vieux médecins de sa connaissance, et leur demanda si le monde était bouleversé, si la médecine avait une École, si les quatre Facultés vivaient encore. Les médecins le rassurèrent en lui disant que le vieil esprit de résistance existait ; seulement, au lieu de persécuter, l’Académie de médecine et l’Académie des sciences pouffaient de rire en rangeant les faits magnétiques parmi les surprises de Comus, de Comte, de Bosco, dans les jongleries, la prestidigitation et ce qu’on nomme la physique amusante. Ces discours n’empêchèrent point le vieux Minoret d’aller au rendez-vous que lui donnait le vieux Bouvard. Après quarante-quatre années d’inimitié, les deux antagonistes se revirent sous une porte cochère de la rue Saint-Honoré. Les Français sont trop continuellement distraits pour se haïr pendant longtemps. À Paris surtout, les faits étendent trop l’espace et font en politique, en littérature et en science la vie trop vaste pour que les hommes n’y trouvent pas des pays à conquérir où leurs prétentions peuvent régner à l’aise. La haine exige tant de forces toujours armées que l’on s’y met plusieurs quand on veut haïr pendant longtemps. Aussi les Corps peuvent-ils seuls y avoir de la mémoire. Après quarante-quatre ans, Robespierre et Danton s’embrasseraient. Cependant chacun des deux docteurs garda sa main sans l’offrir. Bouvard le premier dit à Minoret : – Tu te portes à ravir.

– Oui, pas mal, et toi ? répondit Minoret une fois la glace rompue.

– Moi, comme tu vois.

– Le magnétisme empêche-t-il de mourir ? demanda Minoret d’un ton plaisant mais sans aigreur.

– Non, mais il a failli m’empêcher de vivre.

– Tu n’es donc pas riche ? fit Minoret.

– Bah ! dit Bouvard.

– Eh ! bien, je suis riche, moi, s’écria Minoret.

– Ce n’est pas à ta fortune, mais à ta conviction que j’en veux. Viens, répondit Bouvard.

– Oh ! l’entêté ! s’écria Minoret.

Le mesmérien entraîna l’incrédule dans un escalier assez obscur, et le lui fit monter avec précaution jusqu’au quatrième étage.

En ce moment se produisait à Paris un homme extraordinaire, doué par la foi d’une incalculable puissance, et disposant des pouvoirs magnétiques dans toutes leurs applications. Non seulement ce grand inconnu, qui vit encore, guérissait par lui-même à distance les maladies les plus cruelles, les plus invétérées, soudainement et radicalement, comme jadis le Sauveur des hommes ; mais encore il produisait instantanément les phénomènes les plus curieux du somnambulisme en domptant les volontés les plus rebelles. La physionomie de cet inconnu, qui dit ne relever que de Dieu et communiquer avec les anges comme Swedenborg, est celle du lion ; il y éclate une énergie concentrée, irrésistible. Ses traits, singulièrement contournés, ont un aspect terrible et foudroyant ; sa voix, qui vient des profondeurs de l’être, est comme chargée du fluide magnétique, elle entre en l’auditeur par tous les pores. Dégoûté de l’ingratitude publique après des milliers de guérisons, il s’est rejeté dans une impénétrable solitude, dans un néant volontaire. Sa toute puissante main, qui a rendu des filles mourantes à leurs mères, des pères à leurs enfants éplorés, des maîtresses idolâtrées à des amants ivres d’amour ; qui a guéri les malades abandonnés par les médecins, qui faisait chanter des hymnes dans les synagogues, dans les temples et dans les églises par des prêtres de différents cultes ramenés tous au même Dieu par le même miracle ; qui adoucissait les agonies aux mourants chez lesquels la vie était impossible ; cette main souveraine, soleil de vie qui éblouissait les yeux fermés des somnambules, ne se lèverait pas pour rendre un héritier présomptif à une reine. Enveloppé dans le souvenir de ses bienfaits comme dans un suaire lumineux, il se refuse au monde et vit dans le ciel. Mais à l’aurore de son règne, surpris presque de son pouvoir, cet homme, dont le désintéressement a égalé la puissance, permettait à quelques curieux d’être témoins de ses miracles. Le bruit de cette renommée, qui fut immense et qui pourrait renaître demain, réveilla le docteur Bouvard sur le bord de la tombe. Le mesmérien, persécuté, put enfin voir les phénomènes les plus radieux de cette science, gardée en son cœur comme un trésor. Les malheurs de ce vieillard avaient ému le grand inconnu, qui lui donna quelques privilèges. Aussi Bouvard subissait-il, en montant l’escalier, les plaisanteries de son vieil antagoniste avec une joie malicieuse. Il ne lui répondit que par des : « Tu vas voir ! tu vas voir ! » et par ces petits hochements de tête que se permettent les gens sûrs de leur fait.

Les deux docteurs entrèrent dans un appartement plus que modeste. Bouvard alla parler pendant un moment dans une chambre à coucher contiguë au salon où attendait Minoret, dont la défiance s’éveilla ; mais Bouvard vint aussitôt le prendre et l’introduisit dans cette chambre où se trouvaient le mystérieux swedenborgiste et une femme assise dans un fauteuil. Cette femme ne se leva point, et ne parut pas s’apercevoir de l’entrée des deux vieillards.

– Comment ! plus de baquets ? fit Minoret en souriant.

– Rien que le pouvoir de Dieu, répondit gravement le swedenborgiste qui parut à Minoret être âgé de cinquante ans.

Les trois hommes s’assirent, et l’inconnu se mit à causer. On parla pluie et beau temps, à la grande surprise du vieux Minoret qui se crut mystifié. Le swedenborgiste questionna le visiteur sur ses opinions scientifiques, et semblait évidemment prendre le temps de l’examiner.

– Vous venez ici en simple curieux, monsieur, dit-il enfin. Je n’ai pas l’habitude de prostituer une puissance qui, dans ma conviction, émane de Dieu ; si j’en faisais un usage frivole ou mauvais, elle pourrait m’être retirée. Néanmoins, il s’agit, m’a dit monsieur Bouvard, de changer une conviction contraire à la nôtre, et d’éclairer un savant de bonne foi : je vais donc vous satisfaire. Cette femme que vous voyez, dit-il, en montrant l’inconnue, est dans le sommeil somnambulique. D’après les aveux et les manifestations de tous les somnambules, cet état constitue une vie délicieuse pendant laquelle l’être intérieur, dégagé de toutes les entraves apportées à l’exercice de ses facultés par la nature visible, se promène dans le monde que nous nommons invisible à tort. La vue et l’ouïe s’exercent alors d’une manière plus parfaite que dans l’état dit de veille, et peut-être sans le secours des organes qui sont la gaine de ces épées lumineuses appelées la vue et l’ouïe ! Pour l’homme mis dans cet état les distances et les obstacles matériels n’existent pas, ou sont traversés par une vie qui est en nous, et pour laquelle notre corps est un réservoir, un point d’appui nécessaire, une enveloppe. Les termes manquent pour des effets si nouvellement retrouvés ; car aujourd’hui les mots impondérables, intangibles, invisibles, n’ont aucun sens relativement au fluide dont l’action est démontrée par le magnétisme. La lumière est pondérable par sa chaleur, qui en pénétrant les corps, augmente leur volume, et certes l’électricité n’est que trop tangible. Nous avons condamné les choses au lieu d’accuser l’imperfection de nos instruments.

– Elle dort ! dit Minoret en examinant la femme qui lui parut appartenir à la classe inférieure.

– Son corps est en quelque sorte annulé, répondit le swedenborgiste. Les ignorants prennent cet état pour le sommeil. Mais elle va vous prouver qu’il existe un univers spirituel et que l’esprit n’y reconnaît point les lois de l’univers matériel. Je l’enverrai dans la région où vous voudrez qu’elle aille. À vingt lieues d’ici comme en Chine, elle vous dira ce qui s’y passe.

– Envoyez-la seulement chez moi, à Nemours, demanda Minoret.

– Je n’y veux être pour rien, répondit l’homme mystérieux. Donnez-moi votre main, vous serez à la fois acteur et spectateur, effet et cause.

Il prit la main de Minoret, que Minoret lui laissa prendre ; il la tint pendant un moment en paraissant se recueillir, et de son autre main il saisit la main de la femme assise dans le fauteuil ; puis il mit celle du docteur dans celle de la femme en faisant signe au vieil incrédule de s’asseoir à côté de cette pythonisse sans trépied. Minoret remarqua dans les traits excessivement calmes de cette femme un léger tressaillement quand ils furent unis par le swedenborgiste ; mais ce mouvement, quoique merveilleux dans ses effets, fut d’une grande simplicité.

– Obéissez à monsieur, lui dit ce personnage en étendant la main sur la tête de la femme qui parut aspirer de lui la lumière et la vie, et songez que tout ce que vous ferez pour lui me plaira. Vous pouvez lui parler maintenant, dit-il à Minoret.

– Allez à Nemours, rue des Bourgeois, chez moi, dit le docteur.

– Donnez-lui le temps, laissez votre main dans la sienne jusqu’à ce qu’elle vous prouve par ce qu’elle vous dira qu’elle y est arrivée, dit Bouvard à son ancien ami.

– Je vois une rivière, répondit la femme d’une voix faible en paraissant regarder en dedans d’elle-même avec une profonde attention malgré ses paupières baissées. Je vois un joli jardin...

– Pourquoi entrez-vous par la rivière et par le jardin ? dit Minoret.

– Parce qu’elles y sont.

– Qui ?

– La jeune personne et la nourrice auxquelles vous pensez.

– Comment est le jardin ? demanda Minoret.

– En y entrant par le petit escalier qui descend sur la rivière, il se trouve à droite une longue galerie en briques dans laquelle je vois des livres, et terminée par un cabajoutis orné de sonnettes en bois et d’œufs rouges. À gauche le mur est revêtu d’un massif de plantes grimpantes, de la vigne vierge, du jasmin de Virginie. Au milieu se trouve un petit cadran solaire. Il y a beaucoup de pots de fleurs. Votre pupille examine ses fleurs, les montre à sa nourrice, fait des trous avec un plantoir et y met des graines... La nourrice râtisse les allées... Quoique la pureté de cette jeune fille soit celle d’un ange, il y a chez elle un commencement d’amour, faible comme un crépuscule du matin.

– Pour qui ? demanda le docteur qui jusqu’à présent n’entendait rien que personne ne pût lui dire sans être somnambule. Il croyait toujours à de la jonglerie.

– Vous n’en savez rien, quoique vous ayez été dernièrement assez inquiet quand elle est devenue femme, dit-elle en souriant. Le mouvement de son cœur a suivi celui de la nature...

– Et c’est une femme du peuple qui parle ainsi ? s’écria le vieux docteur.

– Dans cet état toutes s’expriment avec une limpidité particulière, répondit Bouvard.

– Mais qui Ursule aime-t-elle ?

– Ursule ne sait pas qu’elle aime, répondit avec un petit mouvement de tête la femme ; elle est bien trop angélique pour connaître le désir ou quoi que ce soit de l’amour ; mais elle est occupée de lui, elle pense à lui, elle s’en défend même, elle y revient malgré sa volonté de s’abstenir... Elle est au piano...

– Mais qui est-ce ?

– Le fils d’une dame qui demeure en face...

– Madame de Portenduère ?

– Portenduère, dites-vous, reprit la somnambule, je le veux bien. Mais il n’y a pas de danger, il n’est point dans le pays.

– Se sont-ils parlé ? demanda le docteur.

– Jamais. Ils se sont regardés l’un l’autre. Elle le trouve charmant. Il est en effet joli homme, il a bon cœur. Elle l’a vu de sa croisée, ils se sont vus aussi à l’église ; mais le jeune homme n’y pense plus.

– Son nom ?

– Ah ! pour vous le dire, il faut que je le lise ou que je l’entende. Il se nomme Savinien, elle vient de prononcer son nom ; elle le trouve doux à prononcer : elle a déjà regardé dans l’almanach le jour de sa fête, elle y a fait un petit point rouge... des enfantillages ! Oh ! elle aimera bien, mais avec autant de pureté que de force ; elle n’est pas fille à aimer deux fois, et l’amour teindra son âme et la pénétrera si bien qu’elle repousserait tout autre sentiment.

– Où voyez-vous cela ?

– En elle. Elle saura souffrir ; elle a de qui tenir, car son père et sa mère ont bien souffert !

Ce dernier mot renversa le docteur, qui fut moins ébranlé que surpris. Il n’est pas inutile de faire observer qu’entre chaque phrase de la femme il s’écoulait de dix à quinze minutes pendant lesquelles son attention se concentrait de plus en plus. On la voyait voyant ! son front présentait des aspects singuliers : il s’y peignait des efforts intérieurs, il s’éclaircissait ou se contractait par une puissance dont les effets n’avaient été remarqués par Minoret que chez les mourants dans les instants où ils sont doués du don de prophétie. Elle fit à plusieurs reprises des gestes qui ressemblaient à ceux d’Ursule.

– Oh ! questionnez-la, reprit le mystérieux personnage en s’adressant à Minoret, elle vous dira les secrets que vous pouvez seul connaître.

– Ursule m’aime ? reprit Minoret.

– Presque autant que Dieu, dit-elle avec un sourire. Aussi est-elle bien malheureuse de votre incrédulité. Vous ne croyez pas en Dieu, comme si vous pouviez empêcher qu’il soit ! Sa parole emplit les mondes ! Vous causez ainsi les seuls tourments de cette pauvre enfant. Tiens ! elle fait des gammes ; elle voudrait être encore meilleure musicienne qu’elle ne l’est, elle se dépite. Voici ce qu’elle pense : Si je chantais bien, si j’avais une belle voix, quand il sera chez sa mère, ma voix irait bien jusqu’à son oreille.

Le docteur Minoret prit son portefeuille et nota l’heure précise.

– Pouvez-vous me dire quelles sont les graines qu’elle a semées ?

– Du réséda, des pois de senteur, des balsamines...

– En dernier ?

– Des pieds d’alouette.

– Où est mon argent ?

– Chez votre notaire ; mais vous le placez à mesure sans perdre un seul jour d’intérêt.

– Oui ; mais où est l’argent que je garde à Nemours pour ma dépense du semestre ?

– Vous le mettez dans un grand livre relié en rouge intitulé Pandectes de Justinien, tome II, entre les deux avant-derniers feuillets ; le livre est au-dessus du buffet vitré, dans la case aux in-folios. Vous en avez toute une rangée. Vos fonds sont dans le dernier volume, du côté du salon. Tiens ! le tome III est avant le tome II. Mais vous n’avez pas d’argent, c’est des...

– Billets de mille francs ?... demanda le docteur.

– Je ne vois pas bien, ils sont pliés. Non, il y a deux billets de chacun cinq cents francs.

– Vous les voyez ?

– Oui.

– Comment sont-ils ?

– Il y en a un très jaune et vieux, l’autre blanc et presque neuf...

Cette dernière partie de l’interrogatoire foudroya le docteur Minoret. Il regarda Bouvard d’un air hébété, mais Bouvard et le swedenborgiste, familiarisés avec l’étonnement des incrédules, causaient à voix basse sans paraître ni surpris ni étonnés ; Minoret les pria de lui permettre de revenir après le dîner. L’anti-mesmérien voulait se recueillir, se remettre de sa profonde terreur, pour éprouver de nouveau ce pouvoir immense, le soumettre à des expériences décisives, lui poser des questions dont la solution enlevât toute espèce de doute.

– Soyez ici à neuf heures, ce soir, dit l’inconnu, je reviendrai pour vous.

Le docteur Minoret était dans un état si violent, qu’il sortit sans saluer, suivi par Bouvard qui lui criait à distance : – Eh ! bien, eh ! bien ?

– Je me crois fou, Bouvard, répondit Minoret sur le pas de la porte cochère. Si la femme a dit vrai pour Ursule, comme il n’y a qu’Ursule au monde qui sache ce que cette sorcière m’a révélé,
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