Le Portugal n’est pas un pays méditerranéen ! Seuls les deux tiers de l’Espagne, un tiers de la France appartiennent à l’espace méditerranéen. J’éviterai de








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C) La France en Tunisie et au Maroc457
Si la France, fût-ce en renâclant, laissa le Godon occuper l’Égypte à laquelle la liait tant de souvenirs et de rêves, c’est que l’année précédente elle s’était emparée de la Tunisie. Dix ans après la défaite face aux États allemands, elle n’était pas en mesure d’avaler deux pays à la fois, d’au­tant que l’expansion coloniale continuait, plus ou moins incontrôlée, en Afrique noire et en Indo­chine, et que l’opinion publique était, nous l’avons vu, très hostile aux aventures coloniales.

En Tunisie, il y eut des tentatives pour susciter une colonisation de peuplement en attribuant des terres aux colons européens. Selon une procédure inspi­rée de celle en vigueur en Australie (et qui aboutit à l’expropriation massive des abori­gènes), un colon pouvait décla­rer une terre « vacante » auprès de l’administration, et si au bout d’un certain délai elle n’avait pas été réclamée, elle lui revenait. Comme peu de Tuni­siens parlaient français et osaient affronter l’administration coloniale, les abus se multi­plièrent. Au départ, les bénéficiaires du système étaient essentiellement de grandes compa­gnies capitalistes, la Tunisie étant censée ne pas être une colonie de peuplement ; à partir des années 1890, face à la menace italienne et notamment pour contrebalancer le fait qu’il y avait plus d’Italiens que de Français en Tunisie (une situation qui se prolongea jusque vers 1930458), Paris se mit à encourager les petits colons — il y eut notamment des ventes de biens habous459. C’étaient de bonnes terres, et pourtant les résultats furent décevants : le paysan français, qui ne crevait pas encore trop de faim sur son bout de Massif central et faisait très peu d’enfants, ne se laissa guère tenter ; le paysan sicilien ou calabrais en revanche accourait en un peu trop gand nombre, flanqué d’une pléthorique marmaille italophone, et tout ce petit monde bossait dur et acceptait des salaires si bas qu’ils contribuaient à décourager les Fran­çais, bien mieux payés, de s’installer en Tunisie. À long terme, les naturalisations (bien plus aisées qu’en métropole, encore facilitées par une loi de 1922) en feraient des Français, mais aux deux ou trois première générations on craignait que leur patriotisme ne fût des plus tièdes. Au total, il n’y eut jamais plus de 7-8 % d’Européens en Tunisie460 : plus qu’au Maroc, mais nettement moins qu’en Algérie.

Il apparut, entre autres choses, de belles oliveraies dans la région de Sfax, et l’industrie afférente. En 1885, les Français découvrirent un important gisement de phosphates à Gafsa461. Il y avait plus de 2.000 km de voies de chemin de fer dans les années 1920, un réseau cepen­dant handicapé par l’existence de deux écartements différents selon les lignes, d’où nécessité de tansbordements complexes ; en revanche, les routes ne firent que des progrès limités (il faut dire qu’elles servaient essentiellement aux indigènes : les produits coloniaux quittaient le pays par le rail), même si l’administration commença à s’en préoccuper vers 1907. L’approvi­sion­ne­ment des villes en eau s’améliora, il cessa de dépendre exclusivement de citernes dont certaines remontaient à l’Empire romain. On assista à un essor des villes (essentiellement celles de la côte), des quartiers européens apparurent à proximité des médi­nas et les dépas­sèrent rapidement en importance (voyez plus bas un pas­sage plus précis sur Tunis). Surtout, dans les années 1900, il apparut, autour de la bourgade de Bizerte, une ville nouvelle et un port qui servait de port d’attache à la marine française en Afrique du nord ; il était célèbre pour abriter la « vie culturelle » que je vous interdis d’imaginer.

L’hygiène et la médecine firent des progrès, même si la population musulmane demeurait relativement négligée. Il apparut un réseau d’écoles à la française, qui scolarisaient essentiellement les enfants européens et juifs462, puis, à partir de 1908, un réseau d’écoles musulmanes modernes : on passa de 2 % d’enfants scolarisés en 1900 à 20 % en 1953 (dont 94 % des Français et 12 % des Tunisiens musulmans463), et la culture arabe a été moins margi­nalisée en Tunisie qu’en Algérie ; on peut aussi noter que les programmes d’histoire faisaient une place à celle de la Tunisie. Mais le pays ne compta aucun établissement d’enseignement supérieur avant 1945, à l’exception de la medersa de la mos­quée de la Zitouna à Tunis qui délivrait un enseignement préhistorique.

Le pays était assez calme mais, comme en Égypte, il y eut des incidents : ainsi, en 1911, une émeute secoua Tunis à la suite de l’engagement d’une procédure de délimitation du cimetière de Djellaz, que les habitants du quartiers prirent pour une tentative de sécularisa­tion464. Il y eut des morts, plus 7 condamnations à la peine capitale ; l’état de siège proclamé à cette occasion à Tunis ne fut levé qu’en 1921.
Trente ans après le traité du Bardo, le Royaume-Uni laissa la France s’emparer du Maroc, qui fait pourtant face à Gibraltar — c’était sans doute le prix à payer pour une alliance contre l’Allemagne (voyez un peu plus haut). Je traite la conquête de ce pays plus vite que celles de l’Algérie et de la Tunisie parce qu’il n’est que marginalement méditerranéen, et prce que l’exemple tunisien devrait suffire. À l’issue d’une lente déliques­cence de l’État marocain (à laquelle des pressions françaises ne furent pas étrangères : ici aussi on retrouve une logique d’endettement, un consortium bancaire dirigé par Paribas ayant été chargé de gérer la dette), puis d’une pénétration militaire française plus ou moins clandestine depuis l’Oranie à partir de 1903, et au prix de deux graves crises avec l’Al­le­magne (en 1905 et 1911, voyez mon cours sur la France465), le Maroc devint un protectorat fran­çais, comme la Tunisie ; vu que l’Es­pagne proclamait à cor et à cri que la région « lui revenait » par droit de croisage, on lui céda, en lot de consolation, l’extrême-nord et les déserts du sud, et l’on fit de Tanger une ville neutre et un port franc. L’ensemble était censé toujours consituer un seul pays, mais le « pro­tec­teur » variait selon les régions…466

La conquête du Maroc a donné lieu à l’un des grands mythes coloniaux français, celui de Louis-Hubert Lyautey (1854-1934), colonisateur modèle respectueux de l’indigène : cette image se cristallisa à la fin de sa vie, surtout au moment où on en fit le directeur de l’Ex­position coloniale de 1931 (il se révela pourtant assez rétif au rôle d’aimable potiche qu’on voulait lui faire jouer, et finit même par démissionner). La réalité est évidemment plus com­plexe : Lyautey avait la main fort lourde à l’occasion (il prenait des otages et ouvrit des bagnes), mais il est indéniable que ce semi-bourgeois aux valeurs très aristocratiques, aussi peu républicain que possible, a eu le « coup de foudre » pour la société très aristocratique du Maroc traditionnel (pour les jeunes Marocains aussi) : « cette race marocaine est exquise. Elle est restée le refuge de tout ce qui nous ornait au XVIIIe siècle », a-t-il déclaré. Il voulut à tout prix éviter les erreurs faites en Algérie, qui représentait pour lui un véritable repoussoir. Ce légitimiste res­pectait profon­dé­ment la révolte des Marocains contre l’envahisseur chrétien (tout en la com­battant), parce qu’il l’assimilait à une Vendée : il sut tenir aux Marocains un discours tradi­tion­naliste, chosit de conserver le sultan avec son titre et son prestige de « com­mandeur des cro­yants », sans l’humilier (au contraire, lors des cérémonies officielles, il tenait hum­blement la bride de son cheval), ainsi que (en apparence toujours) les structures de l’État, réformé et en quelque sorte « restauré », figé en un espèce de décor de théâtre. Il sut se ral­lier l’élite, qu’il tranquillisa par son respect de l’islam (il interdit l’entrée des mos­quées aux Euro­péens, refusa de restreindre la sharia, créa deux collèges musulmans à Fès et Rabat) et à qui il assura qu’elle conserverait sa place dans la société — quitte à tolérer pas mal d’abus entre indigènes. Il tenta aussi de séparer physiquement les indigènes des Français, pour éviter une évolution à l’algé­rienne mais aussi par phobie du métissage physique et culturel : il fit cons­truire de nouveaux centre-villes européens à l’écart des médinas précoloniales467 et, en matière de colonisation agricole, très hostile à une colonisation de peuplement, il choisit de favoriser les grandes exploitations plutôt qu’une colonisation de peuplement par de petits pay­sans ; il limita les refoulements et cantonnements de tribus et autres spoliations, imposa une certaine égalité fiscale entre colons et indigènes.
L’influence culturelle française dépassait largement l’influence territoriale directe : voyez les différents passages sur l’Égypte et l’Empire Ottoman. Par ailleurs, la France était alors de loin le premier investisseur en Méditerranée. Juste avant la première guerre mondiale, elle assurait la moitié des investissements ccidentaux dans les régions musulmanes (hors Magh­reb) ; le Royaume-Uni investis­sait six fois moins dans l’ensemble de la zone.
D) Côté chrétien : les acteurs secondaires. Les guerres balkaniques de 1912-1913.
L’Italie ne parvint pas vraiment à tirer parti de son unité d’un point de vue maritime : sa flotte marchande régressa du cinquième rang mondial (en 1870) au sixième (à partir de 1896) ; jusqu’en 1907, elle était composée en majorité de voiliers, un signe évident d’ar­chaïsme. Aucune compagnie maritime italienne ne comptait à l’échelle mondiale : même les émigrants italiens en partance pour l’Amérique voyageaient sur des navires autrichiens, qui partaient de Trieste et faisaient escale à Naple ou à Palerme. Des armateurs triestins assuraient même une partie du commerce entre l’Italie et les côtes dalmates… Par ailleurs, les tensions sociales étaient de plus en plus aiguës dans les campagnes, notamment dans le nord, plus sen­sible aux nouvelles formes de luttes : il y eut des grèves des bracchianti (ouvriers agricoles) et notamment des ouvrières des rizières de la plaine du Pô, dont le travail était particulièrement dur.468

L’Italie lorgnait du côté de l’Adriatique oriental : en 1896, le roi Victor-Emmanuel II épousa en grande pompe une princesse monténégrine. L’irrédentisme s’exaspéra progres­si­ve­ment, surtout après 1900, d’abord dans les milieux culturels, mais très vite certains milieux politiques nationa­listes « récupérèrent » partiellement cette fièvre, sans pour autant parvenir au pouvoir avant 1914. Il faut dire que les italophones d’Autriche-Hongrie nourrissaient un fort sentiment rattachiste. En 1899, des Triestins fondèrent une « Société Dante Alighieri de Défense de la Langue Italienne ». Soutenue par Rome, elle se préoccupait également du main­tien de l’italianité des émigrés en Amérique. La figure emblématique ce ces milieux irréden­tistes est bien sûr le (très ampoulé) poète Gabriele d’Annunzio (1863-1938). Né à Pescara au bord de l’Adri­­a­tique, il avait été traumatisé par la défaite de Lissa, qu’il voulait venger : il évoquait (en 1908) « la grande amertume de l’Adriatique ». Le destin de Venise lui inspira un « drame patriotique », La Nave, qui fut un triomphe à sa création en 1908 : il y était ques­tion de l’invasion de la Vénétie par les « barbares germains » et de la fon­dation de Venise par des fuyards, puis les Vénitiens partaient à la conquête du monde sur l’eau, à l’exemple de Rome. Pour d’Annunzio, l’Adriatique était une mer vénitienne, donc ita­lienne, et par ailleurs l’Illyrie (qu’il étendait de l’Istrie à l’Albanie) avait été latine et romaine et devait donc le redevenir. Vis-à-vis des Slaves, au départ l’atittude des nationalistes italiens était plutôt protectrice, dans la lignée de Mazzini : l’Italie se voulait la généreuse patronne de leur « résurrection » en tant que na­tion. Mais l’aigreur gagna au fur et à mesure que les esprits d’échauffaient dans la pénin­sule et qu’à l’est de l’Adriatique se développait un patriotisme yougoslave indifférent à l’Italie, voire de plus en plus inquiet de l’irrédentisme italien. Dans ce contexte, les recense­ments autrichiens devinrent des armes politiques : ils avaient un peu trop tendance à montrer que les Italiens ne formaient en Dalmatie que de petites concentrations en recul (on y comptait 5,7 % d’Italiens en 1880, mais seulement 2,8 % en 1910 — la ville la plus net­tement italienne était Zara469), aussi en Italie on accusait Vienne de les manipuler, ce qui était d’ailleurs exact dans une certaine mesure. Même en Istrie où ils étaient plus nombreux, les Ita­liens reculaient lentement en proportion face aux Croates (la région comptait 40 % d’Ita­liens, 15 % de Slo­vènes et 43 % de Croates en 1880 ; les proportions étaient passées à 38 %, 14 % et 44 % en 1910), ce qui pro­voquait les hurlements des irrédentistes : au premier congrès de la Société Dante Alighieri, en 1899, un conférencier dénonça « l’onde montante des Slaves ». L’irré­den­tisme italien en Adriatique avait tendance à se focaliser sur Trieste, d’au­tant que la ville était prospère et s’embellissait d’année en année — même si c’était grâce à son rôle de débouché méditerranéen de l’Autriche, qu’un rattachement à l’Italie risquait de remettre en cause.

Mais l’irrédentisme italien ne se limitait pas à l’Adriatique. Plus largement, les natio­nalistes italiens (à commencer par D’Annunzio) rêvaient d’un Empire circumméditerra­néen (on utilisait pour s’y référer la métaphore de « la troisième Rome »), mais pour l’intant, frus­trée de Tunisie, Rome se voyait contrainte de « collectionner les déserts », selon une autre expression d’époque470. Juste avant la première guerre mondiale, l’Italie se lança dans une offensive sur la Tripolitaine et la Cyrénaïque, les dernières possessions de l’Empire Ottoman au sud de la Méditerranée, coincées entre l’Égypte britannique et la Tunisie française. Il s’agis­sait de venger l’humiliation d’Adoua (voyez la dernière note) et aussi de compenser l’oc­cu­pation du Maroc par la France — par ailleurs, les petits pays des Balkans étaient en train de sortir les couteaux pour dépecer ce qui restait de Balkans ottomans : il fallait désor­mais faire vite pour ne pas passer complètement à l’écart de la ruée sur les dépouilles de la Porte. Les milieux natio­nalistes italiens lancèrent une campagne à l’intention, notamment, des ruraux du Midi surpeuplé : l’idée était qu’il fallait à l’Italie un Empire colonial pour déverser ce trop-plein de population qui prenait le chemin de la Tunisie française, des États-Unis et de l’Argentine. La thématique romaine jouait aussi ; c’est elle qui explique que la région con­quise fut rebaptisée « Libye », du nom d’une province romaine que tout le monde avait oubliée.

Les troupes italiennes vinrent sans peine à bout des 5.000 soldats ottomans471, mais elles eurent plus de mal avec les sénoussis. L’envahisseur riposta avec des moyens nou­veaux (ce fut la première guerre où l’on employa des avions, pour repérer les mouvements de l’ennemi) mais la résistance des sénoussis dura jusqu’en 1931472 — il « fallut », entre autres, « con­centrer » la population Libyenne sur la côte, dans des camps473. L’Empire Ottoman, débordé par la dégradation de la situation dans les Balkans (voyez plus bas), renonça rapide­ment à résister : la Libye devint italienne en 1912. L’Italie y gagna un désert supplémen­taire474, mais aussi de nouveaux mythes guerriers (après ceux de l’Unité) qui allaient se révé­ler explosifs après 1918 : le chèche grotesque qu’arborait fièrement Mussolini était à l’ori­­gine un élément de l’uniforme des troupes coloniales italiennes (il remontait lui-même à un élé­ment du costume ottoman). Au passage, pour empêcher l’Empire Ottoman d’envoyer des ren­forts en Libye, l’Italie bombarda Beyrouth, bloqua les Dardanelles et surtout occupa Rhodes et le Dodécanèse, c’est-à-dire « douze îles » au débouché de la mer Egée, qu’elle annexa en 1912. C’était une position stratégique sur la  route des Détroits, mais on y sentait aussi l’effet du rêve italien d’une prise de contrôle de la Grèce, comme dans l’Antiquité… En attaquant la Grèce en 1941, Mussolini n’a donc pas tant innové que ça : en faire un extrémiste, une espèce de monstruosité du XXe siècle, c’est excu­ser les responsabi­lités du nationalisme italien du XIXe siècle dans les drames de la période 1914-1945475.

La mise sous protectorat de la Tunisie par la France avait provoqué un rapprochement entre l’Italie et les Empires centraux : la Triplice, conclue en 1882. Les réjouissances liées à la signature de l’accord furent cependant perturbées par la pendaison d’un rattachiste triestin accusé d’avoir préparé un attentat contre l’Empereur : cela montrait que la Triplice était une alliance contre nature, puisque l’essentiel des terres irrédentes étaient en Autriche-Hongrie. Dans les années 1900, tout en restant officiellement l’alliée de l’Autriche-Hongrie et de l’Al­le­magne, l’Italie se mit à négocier en sous-main avec la France un éventuel changement d’al­liance : les négociations portèrent essentiellement sur l’Istrie et la Dalmatie. Une grave crise affronta l’Italie à l’Autriche-Hongrie en 1908, à la suite de l’annexion de la Bosnie-Herzégo­vine par Vienne, avec manifestations étudiantes des deux côtés, mais en 1914, officiellement, la Tri­plice était encore en vigueur.
L’Autriche-Hongrie était alors à son apogée dans l’Adriatique. Il faut dire qu’elle n’avait aucune colonie extra-européenne : les Balkans étaient son seul horizon d’expansion ter­­ri­toriale. Sa marine marchande était la dixième d’Europe en 1914, un exploit pour un pays aussi enclavé. Elle avait aussi une importante marine de guerre, concentrée dans l’Adriatique (où elle se sentait prise au piège476). Au qua­­­trième rang mondial dans les années 1860, elle recula par la suite, en partie parce que, l’Italie n’étant pas un adversaire sérieux, les budgets dimi­nuèrent, ce qui permit à la flotte italienne (mal gérée pourtant) de prendre l’avantage. L’Au­triche-Hongrie se ressaisit un peu dans les années 1890. En 1914, à l’issue de 40 ans de course aux armements locale (entre alliés théoriques !), l’Italie conservait l’avantage en nombre de bâtiment mais sa flotte était plus âgée.

À la veille de la grande boucherie, l’essor, dans toute l’Europe, d’idéologies nationalistes, dar­wi­nistes et vitalistes, et surtout impérialistes, entraîna en Autriche-Hongrie un renou­veau d’intérêt pour la mer, y compris chez les Hongrois  et certains Tchèques. Pour cette école de pensée les provinces terriennes, balkaniques, étaient des far­deaux : il fallait se tourner vers le commerce international, donc vers la mer et notamment vers Suez, donc peser davantage en Méditerranée. En 1904, il apparut à Vienne une « Ligue Navale », qui théori­que­ment ne promouvait que la flotte mar­chande, mais se laissait aller parfois à faire l’éloge d’une marine de guerre forte ; cependant, elle ne fut jamais aussi influente que son homologue allemande. En 1913, il y eut au Prater477 une grande « Exposi­tion Adriatique » : ses promo­teurs insistaient beaucoup sur l’importance de la puis­sance navale pour un État moderne. Une certaine fascination pour la Méditerranée s’implanta ainsi parmi les populations d’Europe cen­trale478, mélange d’intérêt économique, de rêveries géo­stra­­tégiques, d’expériences bal­néaires et touristiques (voyez plus haut) et d’intérêt pour les travaux des ethnographes, lin­guistes et folkloristes — ainsi, à l’Exposition Universelle de Paris en 1900, la section « arts et traditions populaires » du pavillon de l’Autriche-Hongrie mit l’accent sur les broderies tra­ditionnelles des Serbo-Croates de Dalmatie, sans doute pour souligner que ces populations méditerranéennes et slavophones faisaient pleinement partie de l’Empire, que celui-ci ne les opprimait pas mais au contraire faisait preuve de beaucoup d’intérêt pour eux.

L’Autriche-Hongrie annexa la Bosnie-Herzégovine en 1908479, pour éviter que les élites de cette région ne lorgnassent trop vers la Serbie480. Mais, de manière générale (et même si cela dépasse largement le cadre du cours de cette année, car cela concernait autant les pays hon­grois, tchèqes, slovaques et roumains que les provinces balkaniques), il faut noter que la montée des natio­nalismes se poursuivait sans que les élites viennoises n’y pussent mais481, et con­tribua à « pour­rir » la double monarchie, laquelle, à la veille de la première guerre mon­diale, fonctionnait de plus en plus mal. L’idéalisation dont ce pays bancal, répressif et archa­ïque, connu sur place sous le sobriquet évocateur de « Cacanie »482, fait l’objet en France depuis les années 1990, est passablement saugrenue : il n’a jamais été un Paradis de coexis­tence inter­eth­nique et interreligieuse !

Dans l’Istrie et la Dalmatie austro-hongroises, il s’engagea une concurrence aiguë pour l’alphabétisation des population rurales (en 1910, il y avait 40 % d’analphabètes en Istrie et 63 % en Dalmatie, avec des pointes à 90 % dans certaines zones slavophones orthodoxes de l’intérieur). Le recours à l’italien comme langue d’enseignement n’allait plus de soi, et cette langue ne cessait de reculer, comme à Malte mais pour d’autres raisons. Ses concurrentes étaient l’allemand, mais aussi, de plus en plus, les deux langues slaves, le slovène et le (ser­bo)-croate. À partir des années 1870, le Parti National Croate s’empara progressivement d’une série de municipalités et mena une politique de clôture systématique des écoles ita­liennes : dés 1890 il n’en restait que trois, toutes à Zara, seule ville à majorité nettement ita­lienne. La situation était un peu moins catastrophique pour l’italien en Istrie. Des sociétés culturelles (matica) croates secondaient le réseau scolaire, notamment par un réseau de bibli­othèques. Il apparut une presse en croate. En 1909, l’administration de la Dalmatie passa au croate. Les évêques étaient de plus en plus des Croates, en 1900 il n’y avait plus que deux évêques italiens. Cela n’empêchait pas les Croates d’être divisés : certains relevaient de l’Au­triche, d’autres de la Hongrie (la plupart réclamaient l’unification des territoires croates) ; sur­tout, aux yougoslavistes, forts aussi dans les zones serbes, s’opposaient des anti-yougosla­vistes. Les Serbes, hostiles à tout ce qui était proprement croate, soutenaient leurs propres ins­titutions, officiellement yougoslavistes, comme le Parti National Serbe (1880) ; leurs rela­tions avec les partis croates était houleuse, quoique pas toujours hostile vu qu’il y avait des ennemis communs (les germanophones et les Hongrois).
Un nouvel acteur centre-européen, l’Allemagne, vint se surajouter à l’Autriche (son alliée en déclin) dans les Balkans483. Elle tentait de faire de l’Empire Ottoman un partenaire éco­no­mique et un allié militaire, essentiellement dans le but de résoudre son problème d’en­clavement en cas de guerre euro­péenne, mais aussi en substitution à un Empire colonial assez étique. Guillaume II fit une visite officieille à Istanbul en 1890, puis une autre à Damas et Jéru­salem en 1898 ; il multiplia les prclamations d’amitié de l’Allemagne envers les musul­mans. Les relations commerciales entre les deux pays aumentèrent (la part de l’Allemagne dans le commerce ottoman était de 2 % en 1878, de 12 % pour les importations et de 7 % pour les exportations en 1914 : à la même date, la part de l’Allemagne dans les investissements étran­gers dans l’Empire Ottoman était de 23 %). La construction du Bagdadbahn, déjà men­tionné, com­mença en 1899 : pour l’Allemagne, il représentait une voie en direction des mers libres, du blé et des ressources minières d’Anatolie, et (cela commençait à devenir stra­té­­gique) du pétrole d’Irak. Comme je l’ai déjà mentionné, il apparut en 1912 une Turkish Petro­leum Company qui associait capitaux allemands (la Deutsche Bank, par ailleurs princi­pale actionnaire du Bagdadbahn, en détenait 25 %), et britanniques (la compagnie pétrolière Shell, en fait anglo-néerlandaise, en détenait un autre quart)484. Par ailleurs, du point de vue militaire l’Empire Ottoman passa en partie dans l’orbite allemande dans les années 1880 : le Reich fournissait à l’armée de terre ottomane des instructeurs et des munitions485.
La situation dans les Balkans ottomans ne faisait que se dégrader, sous la pression des différents rattachismes liés aux petits pays chrétiens des Balkans : les 1/3 à 1/4 de musul­mans que la région abritait vers 1900 étaient de plus en plus inquiets et nerveux. La dégra­da­tion était par­ti­culièrement sensible en Macédoine486, d’abord sur le plan éducatif et reli­gieux. Deux exar­­chats orthodoxes (le grec et le bulgare) se faisant une féroce concurrence, d’où des que­relles clochemerlesques autour des églises, des sacrements, des processions, des écoles etc. La Bul­garie, mais aussi la Russie, soutenaient financièrement l’exarchat bulgare, la Grèce l’exar­­­chat grec. Ajoutons que la Serbie aussi lorgnait sur la vallée du Vardar, au nom des souvenirs de l’Empire d’Etienne Dušan et d’une conception extensive du concept de « langue serbo-croate » : avec un temps de retard, elle se mit à ouvrir des écoles serbes dans le nord de la zone, et l’exarchat serbe tenta (non sans peine) de s’implanter dans la région. Comme il y avait également en Macédoine des lati­­nophones, et qu’ils se trouvent être désignés du nom d’Aroumains487, la Roumanie aussi, quoique non frontalière de la zone, tentait d’y jouer sa propre carte, sans grand succès : quelques écoles roumaines apparurent et, je l’ai déjà men­tionné, la Porte reconnut un millet arou­main en 1905, essentiellement pour essayer d’affaiblir les trois autres. Enfin, pensez à connecter ce paragraphe aux notes sur l’ouvrage de Nathalie Clayer, Aux origines du nationalisme albanais (annexe n°2). Glo­balement, on assista à un recul du grec comme langue liturgique et d’enseigneemnt488.

Les choses commencèrent à « tourner vinaigre » lorsqu’en 1893, il apparut une « Or­ga­­ni­­sa­tion Révolution­naire Intérieure Macédonienne » (O.R.I.M.), dont le slogan était « La Macé­­doine aux Macédoniens » (un double concept géographique, pas ethnique). En 1895, la Bulgarie suscita l’apparition d’une « Organisa­tion Exté­­rieure » pour lui faire concurrence ; l’une et l’autre s’adonnaient au terrorisme contre les auto­rités turques (de 1898 à 1902, la seule O.R.I.M. commit 132 attentats qui firent 4.373 victimes !). Entre-temps, en 1894, des Grecs avaient fondé une organisation « concurrente », l’Eth­niki (ou Philiki selon les sources) Hetaira, destinée à affirmer l’hellé­nité de la même région489. La voie ferrée de Thessalonique à Gevgelija sauta à 20 reprises, les touristes étaient rançonnés sur les routes… En 1903, l’O.R.I.M. lança une grande révolte qui échoua, mais les nouvelles « horreurs bul­gares » de la répression ottomane déclenchèrent une nouvelle cam­pagne d’opinion en Occi­dent. Les Puis­sances n’eurent aucun problème à soutenir des assas­sins terroristes dès lors qu’ils étaient chré­tiens, et imposèrent à la Porte un programme de réformes et surtout un accrois­sement de la présence étrangère sur le terrain, quoique dans la plus sourcilleuse neutralité vis-à-vis de que­relles nationalistes locales. Sur le territoire de l’Empire Ottoman, pays indépendant, il y avait désormais des oficiers de gendarmerie russes, autrichiens, fran­­çais, italiens et britanniques ; le gouverneur ottoman était « assisté » par un représentant de l’Autriche et un autre de la Russie. Bref, dès avant 1912, Istanbul avait perdu le contrôle effectif de la région. Bien entendu, le terrorisme reprit de plus belle, mais surtout entre chré­tiens. Cette dégradation de la situation en Macé­doine servit de toile de fond à la révolution jeune-turque de 1908 : les troubles qui débouchèrent sur ces événemens éclatèrent en Macé­doine (voyez plus bas)490.

L’État ottoman était pourtant de plus en plus présent dans les Balkans, grâce notam­ment à une centralisation croissante et à un réel effort éducatif ; mais tout cela venait trop tard, et puis, même si c’était, en termes d’efficacité, un progrès par rapport au passé ottman, l’Europe elle aussi avançait sur ce terrain, et sans doute plus vite. Il se développa notamment une bureaucratie de type plus européen (aisni l’administration centrale du sandjak de Korçë occupait déjà une centaine de personnes dans les années 1890), un réseau routier, télé­gra­phique et ferroviaire ; il apparut aussi des recensements, des systèmes d’inspections, etc. Mais ces processus étaient très hétérogènes selon les régions (ainsi un sandjak voisin de celui de Korçë n’avait que 8 fonctionnaires centraux à la même date) ; dans l’éducation, les établisse­ments confessionnels (instruments et vecteurs des nationalismes) continuaient à faire concur­rence aux établissements publics, musulmans et turcophones pour la plupart. Et puis, bien sûr, les chrétiens ne supportaient pas que la centralisation croissance menaçât de rogner l’autono­mie de leurs milletler, de plus en plus réduite à la gestion des affaires religieuses et éducatives.
En 1912, le dépeçage de l’Empire Ottoman reprit : c’est ce qu’on appelle les « guerres balkaniques ». Les petits pays des Balkans virent dans l’anarchie consécutive à la révolution jeune-turque (voyez plus bas) une occasion unique de chasser « les Turcs » d’Europe.

Depuis la fin des années 1890, la vie politique crétoise était dominée par Elefthérios Vénizélos (1864-1936)491, qui joua un rôle décisif dans l’enosis de son île natale, puis, devenu un homme poli­tique de premier plan à Athènes, reprit la megalè idea. Il prit le pouvoir à la suite d’un coup d’État militaire en 1910492, dans un contexte d’extrême nationalisme : le nou­veau roi qui monta sur le trône en 1912 se proclama Constantin « XII », successeur du dernier empereur de Byzance Constantin XI, ce qui valait revendication explicite sur Istanbul. La Ser­bie, qui était devenue un royaume en 1882, se prenait de plus en plus pour un autre Piémont, notam­ment depuis que Pierre Ier (1903-1918) était monté sur le trône de Belgrade493.

Ce fut le Montene­gro, qui rêvait d’un débouché maritime digne de ce nom, qui déclen­cha le conflit en intervenant dans ce qui est aujourd’hui le nord de l’Albanie pour prêter assis­tance à des catholiques révoltés ; la Serbie, la Bulgarie et la Grèce « lui vinrent en aide » (la chose avait été concertée) en octobre 1912. Très vite, comme d’habi­tude, les Turcs, par ail­leurs en difficulté face aux Italiens en Libye, furent débordés. Pénétrant au Kosovo, les Serbes massacrèrent des villages entiers de musulmans ; ils obligèrent des catho­liques à se convertir à l’orthodoxie après avoir tué leurs prêtres, mais l’Autriche prit ces derniers sous sa protection et parvint à stopper ces massacres-là, nettement plus intolérables que les autres.

L’Empire Ottoman perdit pratiquement toutes ses possessions en Europe : la situation de sa capitale devenait franchement intenable, à moins de 50 km des frontières occidentales de ce qui restait du pays. Mais les vainqueurs se déchirèrent en une deuxième guerre (juin-juillet 1913) que perdirent les Bulgares, seuls contre tous les autres. À l’issue de cette double crise, l’Empire Ottoman récupéra Andrinople sur la Bulgarie, desserrant un peu l’étau sur Istanbul494. Dans l’affaire, la Serbie avait doublé son territoire (en s’emparant zone ethniquement douteuse, la Macédoine du nord-ouest, et d’une autre qui devint un casse-tête à la fin du XXe siècle, le Kosovo495) ; le Monte­negro également, et la Grèce avait avancé de 100 à 200 km vers le nord, s’emparant du sud de la Macédoine496. Dans l’angle mort, il apparut une mini-Alba­nie qui rassemblait moins de la moitié des Albanais (définis par la langue) : c’était le premier pays musulman entièrement européen depuis la disparition du royaume de Grenade en 1492. En l’absence d’un mouvement national aussi fort que dans les pays chrétiens voisins, il eut beaucoup de mal à fonctionner réellement jusqu’à la fin des années 1920497 (voire jusqu’en 1945). Le sud de l’Albanie était d’ailleurs réclamé par la Grèce, sous le nom d’« É­pire du nord », au prétexte que la population « était grecque » (traduisez : en partie ortho­doxe, en plus petite partie encore de langue grecque) et que l’Épire avait été, vers le IIIe siècle avant J.C., un royaume grec ; tandis que la Serbie se serait bien vue annexer le nord pour avoir un accès à l’Adriatique. L’Albanie indépendante n’ap­parut, et ne survécut, que parce que l’Au­triche et l’Italie voulurent justement barrer la route de l’Adriatique à la Serbie.

Tout cela était extrêment dangereux, et pas seulement pour l’équilibre local mais aussi pour celui de toute l’Europe, car depuis les années 1880 les Puissances avaient pris l'habitude de signer entre elles des traités d'alliances secrets et contraignants, qui, en se multipliant, menaçaient de transformer toute crise bilatérale en conflit européen. Or chacune d'entre elles ou presque « patronnait » un ou plusieurs des petits pays des Balkans : la Russie avait pour clientes la Serbie et la Bulgarie, un peu la Grèce aussi ; la Grande-Bretagne, la Grèce (quitte à ce qu’un pays chrétien s’emparât des Détroits, ce qui semblait de plus en plus inéluctable, autant que ce fût ce petit pays faible et à l’économie largement satellisée par Londres, com­men­çait-on à se dire au Foreign Office) ; l'Autriche-Hongrie et l'Allemagne, la Serbie à cer­taines époques, la Roumanie et surtout l'Empire ottoman — l'enjeu essentiel était toujours les Détroits, que la Russie et les Puissances centrales rêvaient d'atteindre, et que Londres vou­lait laisser libres. La France, qui avait moins d'intérêts cruciaux dans la région, entre­tenait des amitiés en Serbie et surtout en Roumanie, « petite sœur latine » numéro 2 après l’Italie (et terre pétrolifère à partir des années 1900). Si vous avez lu attentivement ce qui précède, vous avez remarqué que la plupart des pays des Balkans entretenaient des amitiés dans les deux grandes alliances — ce qui veut dire, plus simplement, qu’ils étaient à vendre498. En 1914, le bitoniau de la cocotte-minute balkanique sauta à Sarajevo, mais il aurait aussi bien pu sauter ailleurs — entre autres choses, tout le monde s’attendait à un nouveau conflit gréco-turc autour de la région de Smyrne.
La zone était par ailleurs de plus en plus profondément pénétrée par le capitalisme, notamment depuis que le Danube avait été internationalisé au traité de Paris (1856). Des élites de moins en moins minuscules adoptaient des modes de consommation occidentalisés, et achetaient des produits occidentaux ; en revanche, l’agriculture balkanique exportait, entre deux crises poli­tiques, des porcs (la Serbie499), du blé (la Roumanie), des raisins de Corinthe (la Grèce), du tabac (la Bulgarie), mais l’on vit aussi apparaître des ébauches d’industrie, d’abord en Grèce500. En Bulgarie en 1914, il y avait environ 800 entreprises industrielles, qui produisaient 14 % du P.I.B. En Roumanie, la même année, 82% du capital des entreprises industrielles était étranger (à cause de l’importance du pétrole : en 1913, la Roumanie était au quatrième rang mondial pour sa production). On peut aussi noter des investissements français et belges dans les banques roumaines et bulgares et dans des mines en Serbie, italo-français dans les fameuses mines au Laurion en Grèce ; les Britanniques, eux, étaient surtout présent dans l’ar­me­ment naval, les assurances, les chantiers navals (trois secteurs surtout développés en Grèce). La région se dotait peu à peu de chemins de fer (1872 pour la Roumanie, 1878 pour la Bulgarie) ; en 1888, l’Orient-Express relia Vienne à Istanbul à travers les Balkans.

Ce dévelop­pe­ment, et les guerres incessantes, faisait que tous ces pays étaient dra­matiquement endettés : la Grèce, la Serbie et la Roumanie durent accepter un certain degré de tutelle extérieure sur leurs finances (voyez plus haut en note le cas de la Grèce). Le tout sur fond de forte croissance démographique : de 1880 à 1910, la Roumanie passa de 4,6 à 7 millions d’habitants, la Bulgarie de 2,8 à 4,3, la Serbie (où 90% de gens vivaient encore à la campagne en 1874, 80% en 1911501) de 1,7 à 2,9. La pauvreté persistante des campagnes balkaniques nourrissait l’exode rural, mais aussi une certaine aigreur contre les villes : en Bulgarie, des politiciens imaginatifs traitaient Sofia de « nouvelle Sodome et Gomorrhe ». Il faut dire qu’en Bosnie par exemple, la population musulmane était plutôt urbaine.
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