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La bataille du Corcovado




Levant la tête, elle vit son grand-père engagé dans une lutte sans merci avec son adversaire. L’épée de Lawrence tomba au sol. La présence blanche et étincelante le dominait de toute sa hauteur, brillante, aveuglante comme un soleil regardé en face. C’était le Pourvoyeur de lumière. L’Étoile du matin.

Elle sentit son sang se figer.

— Theodora !

La voix d’Oliver était rauque.

— Tue-le !

Theodora leva l’épée de sa mère, la vit miroiter dans le clair de lune : une longue hampe, pâle et mortelle. Elle la dirigea vers l’ennemi. Courut de toutes ses forces. Poussa son arme vers le cœur.

Et le rata.
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Transcription rapport du Venator classé 1/5
[On entend un sifflement, suivi d’un clic sonore.]
J’ai assuré ma position dans la zone cible et entreprends l’enquête sur la mort par consomption d’Augusta Carondolet. La victime a été retrouvée saignée à blanc dans une boîte de nuit de New York, The Bank. Les individus suivants se trouvaient dans les environs la nuit de l’attaque :

Theodora Van Alen : demi-sang ; père mortel sans distinction ; mère : Allegra Van Alen (Gabrielle) ; quinze ans d’âge.

Bliss Llewellyn : fille de cycle du sénateur Forsyth Llewellyn ; la mère ne serait pas nommée sur l’acte de naissance (est-ce exact ?) ; quinze ans d’âge.

Madeleine « Mimi » Force : fille de cycle de Charles Force (Michel) et de Trinity Burden Force ; seize ans d’âge. Son frère jumeau, Benjamin « Jack » Force, se trouvait également dans les environs la nuit du 12 septembre, mais a été rayé de la liste des suspects une fois établi qu’il avait quitté les lieux avant l’attaque. Situation EXTRÊMEMENT DÉLICATE car cette suspecte est la fille du Rex actuel. Ne pas transmettre la liste des suspects au Rex avant confirmation absolue.

Le suspect initial, Dylan Ward, court toujours ; localisation : inconnue.

Un




Par un petit matin d’un froid piquant, à la fin du mois de mars, Theodora Van Alen passa les portes vitrées du lycée Duchesne. C’est avec soulagement qu’elle pénétra sous le haut plafond voûté de l’entrée, dominé par un imposant portrait des fondateurs peint par John Singer Sargent. Elle garda la capuche bordée de fourrure de sa parka relevée sur son épaisse chevelure noire, préférant l’anonymat aux saluts échangés par les autres élèves.

Cela lui faisait drôle de considérer le lycée comme un refuge, un lieu d’évasion, un endroit où elle avait hâte de se retrouver. Pendant très longtemps, Duchesne, avec ses dallages de marbre brillant et ses vues dégagées sur Central Park, n’avait été pour elle qu’une salle de torture. Elle redoutait de gravir le grand escalier, se sentait malheureuse dans les salles de classe mal chauffées et en arrivait même à mépriser les superbes sols marquetés du réfectoire.

Au lycée, Theodora se sentait souvent laide et invisible, malgré la profondeur de ses yeux bleus et la délicatesse de ses traits qui évoquaient une poupée de porcelaine. Toute sa vie, ses camarades de classe tirées à quatre épingles l’avaient traitée comme un phénomène de foire, une exclue, malvenue et intouchable. Même si sa famille portait l’un des noms les plus anciens et illustres de l’histoire de la ville, les temps avaient changé. Les Van Alen, qui formaient autrefois un clan fier et prestigieux, avaient dépéri au fil des siècles jusqu’à se retrouver au bord de l’extinction. Theodora était l’un de leurs derniers représentants.

Pendant un moment, elle avait espéré que le retour d’exil de son grand-père changerait la donne, que la présence de Lawrence dans sa vie briserait sa solitude. Mais ces espoirs avaient été réduits à néant lorsque Charles Force l’avait arrachée à la demeure en grès brun délabrée de Riverside Drive, le seul foyer qu’elle eût jamais connu.

— Tu vas te bouger ou il faut que je m’en charge ?

Theodora sursauta. Sans même s’en apercevoir, elle était restée plantée immobile devant son casier. La première sonnerie de la journée résonnait bruyamment. Derrière elle se tenait Mimi Force, avec qui elle vivait à présent.

Si elle ne se sentait pas à sa place au lycée, ce n’était rien à côté de la glaciation arctique qu’elle affrontait chaque jour dans le grandiose hôtel particulier des Force, en face du Metropolitan Museum. À Duchesne, au moins, elle n’avait pas à entendre Mimi lui grogner des amabilités à chaque seconde de la journée. Ou au pire, cela n’arrivait qu’une fois toutes les quelques heures. Pas étonnant que le lycée lui parût si accueillant ces derniers temps.

Malgré sa nomination au poste de nouveau Rex, c’est-à-dire chef des sang-bleu, Lawrence Van Alen n’avait rien pu faire pour stopper le processus d’adoption. Le Code des vampires stipulait une stricte adhésion aux lois humaines, afin d’épargner aux sang-bleu une curiosité indésirable. Dans ses dernières volontés, la grand-mère de Theodora avait fait de ses deux domestiques les tuteurs légaux de la jeune fille ; mais par une manœuvre sournoise, les avocats de Charles Force avaient contesté la validité du testament devant les tribunaux sang-rouge. Ceux-ci avaient statué en leur faveur, et Charles, désigné comme exécuteur testamentaire, avait récupéré Theodora avec l’héritage.

— Alors ?

Mimi attendait toujours.

— Ah. Euh… désolée, dit Theodora en prenant un livre de classe avant de se pousser sur le côté.

— Désolée, c’est le mot.

Mimi plissa ses yeux vert émeraude et toisa Theodora d’un air dédaigneux. C’était ce même regard qu’elle lui avait envoyé par-dessus la table au dîner la veille au soir, et le même que lorsqu’elles s’étaient heurtées dans le couloir le matin même. Ce regard disait : Qu’est-ce que tu fais là ? Tu n’as aucun droit à l’existence.

— Qu’est-ce que je t’ai fait ? grommela Theodora en fourrant un livre dans son vieux sac de toile.

— Tu lui as sauvé la vie !

Mimi fixa d’un œil mauvais la sublime rousse qui venait de parler.

Bliss Llewellyn, transfuge du Texas et ex-acolyte de Mimi, lui rendit son regard furibond. Ses joues flamboyaient autant que sa chevelure.

— Elle a sauvé ta peau à Venise, et tu n’as même pas la décence d’être un peu reconnaissante !

Il y avait eu un temps où Bliss était l’ombre de Mimi, où elle se pliait volontiers à toutes ses exigences, mais la confiance entre elles était brisée depuis la dernière attaque de sang-d’argent, dans laquelle Mimi s’était révélée être une conspiratrice zélée, sinon efficace. Elle avait été condamnée au bûcher, mais Theodora l’avait secourue en participant à l’épreuve du sang.

— Elle ne m’a pas sauvé la vie. Elle n’a fait que dire la vérité. Ma vie n’a jamais été menacée, répliqua Mimi en passant une brosse en argent dans ses cheveux diaphanes.

— Ne fais pas attention à ce qu’elle raconte, dit Bliss à Theodora.

Cette dernière sourit, plus courageuse à présent qu’elle se sentait soutenue.

— Pas facile. Ce serait un peu comme prétendre que le réchauffement planétaire n’existe pas.

Elle paierait pour ce commentaire plus tard, elle le savait. Il y aurait des cailloux dans ses céréales de petit déjeuner ; du goudron dans ses draps ; ou encore la nouvelle nuisance du moment : la disparition, une fois de plus, d’une de ses affaires, qui s’évaporaient à vue d’œil. Il lui manquait déjà le médaillon de sa mère, ses gants en cuir, et un exemplaire corné et adoré du Procès de Kafka, dont la page de garde portait les initiales « J.F. ».

Theodora était la première à reconnaître que la deuxième chambre d’amis de la demeure des Force (la première étant toujours réservée aux dignitaires en visite) n’avait rien à voir avec un cagibi sous l’escalier. Sa chambre était décorée avec goût et luxueusement équipée de tout ce qu’une fille peut désirer : lit à baldaquin queen-size avec couette moelleuse, penderies remplies de vêtements de créateur, matériel audio et vidéo dernier cri, des dizaines de jouets pour Beauty, sa chienne de race, et le tout nouveau MacBook Air léger comme une plume. Mais sa nouvelle maison avait beau être riche en biens matériels, elle n’avait pas le charme de l’ancienne.

Sa chambre d’autrefois lui manquait, avec ses murs peints en jaune fluo et son bureau bancal. Le salon aux tentures poussiéreuses lui manquait. Hattie et Julius, qui étaient dans la famille depuis qu’elle était toute petite, lui manquaient. Et son grand-père aussi, bien sûr. Mais ce qui lui manquait le plus, c’était sa liberté.

— Ça va ? lui demanda Bliss avec un coup de coude.

À son retour de Venise, Theodora avait hérité d’une nouvelle adresse et d’une alliée inattendue. Bliss et elle s’étaient toujours plutôt bien entendues, mais désormais elles étaient presque inséparables.

— Bah, oui. J’ai l’habitude. Je la prends sur le ring quand elle veut.

Elle sourit. Voir Bliss au lycée était l’un des petits répits heureux que lui offrait Duchesne.

Elle commençait à monter l’escalier tortueux du fond, suivant les autres qui prenaient la même direction, lorsque du coin de l’œil elle aperçut l’ombre infime d’un vacillement, et elle sut. C’était lui. Elle n’avait pas besoin de regarder pour savoir qu’il se trouvait dans la meute d’élèves arrivant en face. Elle le détectait toujours, comme si ses nerfs étaient des antennes finement réglées qui le captaient dès qu’il était à proximité. C’était peut-être le vampire en elle qui lui permettait de déceler la présence d’un autre vampire, à moins que cela n’ait absolument rien à voir avec ses pouvoirs surnaturels.

Jack.

Il gardait les yeux fixés droit devant lui, comme s’il ne l’avait même pas vue, n’avait même pas enregistré sa présence. Ses cheveux blonds et fins, de la même teinte translucide que ceux de sa sœur, étaient plaqués en arrière de son front orgueilleux ; et contrairement aux garçons qui l’entouraient, habillés de manière plus ou moins négligée, il était souverain en blazer et cravate. Il était si beau que Theodora avait du mal à respirer. Mais tout comme à l’hôtel particulier – Theodora se refusait à dire « à la maison » –, Jack l’ignorait royalement.

Elle coula encore un regard dans sa direction, puis se dépêcha de gravir les marches. Le cours était commencé lorsqu’elle arriva. Elle s’efforça de se faire toute petite en se dirigeant, contrairement à son habitude, vers les sièges du fond près de la fenêtre. Oliver Hazard-Perry y était installé, penché sur son cahier.

Mais elle se reprit juste à temps et traversa la salle pour aller s’asseoir à côté du radiateur crachotant sans dire bonjour à son meilleur ami.

Charles Force avait été très clair : à présent qu’elle résidait sous son toit, elle devrait suivre ses règles. La première était l’interdiction de voir son grand-père. L’animosité entre Charles et Lawrence était profonde, et pas seulement parce que Lawrence avait sapé l’autorité de Charles sur le Conclave.

— Je ne veux pas qu’il te bourre la tête de mensonges, lui avait-il dit. Il dirige peut-être l’Assemblée, mais il n’a aucun pouvoir chez moi. Si tu me désobéis, je te promets que tu le regretteras.

La deuxième règle associée à la vie chez les Force était l’interdiction de fréquenter Oliver. Charles avait piqué une crise d’apoplexie en découvrant que Theodora avait choisi ce garçon (son Intermédiaire désigné) comme familier humain.

— Tout d’abord, tu es bien trop jeune. Ensuite, c’est l’anathème. Une disgrâce. Les Intermédiaires sont des serviteurs. Ils ne sont pas… ils n’exécutent pas les services des familiers. Il faut que tu prennes sur-le-champ un nouvel humain et que tu rompes toute relation avec ce garçon.

Si on avait insisté, elle aurait admis à contrecœur que Charles avait sans doute raison. Oliver était son meilleur ami et elle se l’était approprié, elle avait absorbé son sang pour le mêler au sien, et ses actes n’avaient pas été sans conséquences. Il lui arrivait de souhaiter pouvoir revenir en arrière, avant que tout soit devenu si compliqué.

Theodora ne voyait d’ailleurs pas du tout pourquoi Charles s’intéressait à ses choix en matière de familiers, les Force ayant abandonné l’ancienne pratique consistant à confier leurs affaires à des Intermédiaires. Mais elle suivait le règlement à la lettre. Aux yeux de tout le monde, elle n’avait absolument aucun contact avec Lawrence et s’abstenait de se livrer au « baiser sacré » sur Oliver.

Il y avait tant de choses, dans sa nouvelle vie, qu’elle n’avait pas le droit de faire !

Mais il existait un lieu où les règles n’avaient pas cours. Où Charles n’avait aucun pouvoir. Un lieu où Theodora pouvait être libre.

C’est à cela que servent les cachettes secrètes.

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