Première partie Le tigre blanc








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titrePremière partie Le tigre blanc
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II


Vaincu par la torture. – Le repaire d’un bandit. – En route pour l’El-Dorado. – Navigation interrompue. – Assaut d’une barricade. – Un solo de flûte. – Le jardin des Hespérides et ses gardiens. – Les Argonautes un fuite. – Quel est le général conduisant l’armée des serpents ? – Terreurs de coquins. – La savane noyée. – À la boussole. – La ligne courbe est le chemin le plus court d’un point à un autre. – Chez les Peaux-Rouges. – Exigences de l’étiquette. – Le grand chef Ackombaka doit mettre son habit de gala. – Un formulaire de réceptions recommandé à l’auteur « de l’almanach du savoir-vivre ». – La coupe du l’amitié. – Est-ce enfin le pays de l’or ?

Pendant quatre jours et quatre nuits l’Indien résista. Rien ne put faire fléchir sa froide énergie. Ses bourreaux lui refusèrent jusqu’à la plus petite parcelle de substance alimentaire. Il endura la faim sans proférer une plainte. Il n’eut pas une goutte d’eau à boire. Ses lèvres desséchées laissaient échapper un râle saccadé, mais elles gardèrent le secret de l’or. Les misérables se relayèrent pour l’empêcher de dormir, l’insomnie faillit le tuer. Il fut pris de crampes, de nausées, de syncopes. Il ne parla pas.

Benoît assistait impassible à cette longue agonie. Dix années écoulées n’avaient rien enlevé à sa brutalité ; mais, comme il le disait avec son hideux sourire de tortionnaire, il avait plus de « méthode » que jadis. Maintenant qu’il opérait pour son propre compte, et sans entraves, il pouvait donner carrière à sa cruauté.

Il était né féroce, et comme ses instincts se trouvaient d’accord avec ses intérêts, il éprouvait une véritable jubilation de bourreau amateur qui trouve une occasion de donner l’essor à son dilettantisme.

– Tu vas le tuer, disait Tinguy. La belle avance, s’il meurt entre nos mains.

– Tais-toi donc, poule mouillée. Est-ce que ça crève comme ça, un Peau-Rouge ! Et d’ailleurs, il est à point, maintenant. Je te garantis qu’il va être raisonnable avant ce soir. La preuve, c’est que pendant que Bonnet va l’empêcher de dormir, soit en lui chatouillant les pieds avec des épines d’aouara, soit en lui ratissant le cuir avec une branche de counanan, nous allons tout préparer pour le départ.

« Il nous faut au moins pour trois mois de provisions. Heureusement que ma soute aux vivres est copieusement garnie. L’arrimage dans le canot sera l’affaire de deux heures à peine. Allons, un bon coup de « sec » pour vous remonter.

« Toi, Bonnet, mon fils, veille au grain.

– A pas peur, répondit le forçat avec un rire semblable au glapissement d’une hyène.

Les trois gredins entassaient rapidement les barils, les caisses et les ballots, quand un cri, qui n’avait rien d’humain, vibra dans la nuit. C’était un appel déchirant, renfermant tout ce qu’une créature peut endurer d’angoisses, révolte suprême de la matière animée contre la souffrance arrivée à son paroxysme.

– Mais, il le tue, s’écria Tinguy, moins féroce, ou peut-être plus avare.

– Laisse donc, s’il crie si fort, il n’y a pas de danger. Jamais un homme qu’on tue ne vocifère de la sorte. Tu devrais savoir, ricana-t-il, qu’on dit que les grandes douleurs sont muettes.

– Tout ça, c’est possible. Mais, si à force de le charcuter ainsi on lui colle une bonne fièvre...

– La quinine n’a pas été inventée pour les chiens, et bien qu’un Peau-Rouge ne vaille pas mieux, on lui en administrera en temps et lieu.

– Tu as réponse à tout. Mais je voudrais bien ne pas l’entendre...

Un second cri plus désespéré, qui se termina par un rauque hurlement lui coupa la parole.

– Je ne croyais pas que Bonnet fût si habile. Voyez-vous ça. L’Indien était allongé comme un Mouton-Paresseux, maintenant le voilà qui chante comme le Héron-Butor.

« Décidément, il est à point. Rentrons à la case, maintenant que la pirogue est parée à marcher.

Ils arrivèrent au carbet à peine éclairé par les flammes du foyer. Jacques, tordu par la douleur, les yeux éteints, la face convulsée, claquait des dents et râlait. Son bourreau, assis en face, dardait sur lui son regard mauvais. Un sourire diabolique plissait ses lèvres minces, et sa face de putois aux joues plates, au menton absent, avait comme des crispations de bien-être.

Voici ce qu’avait inventé le misérable. Il s’aperçut que l’infortunée victime, abattue par le jeûne, terrassée par l’insomnie, ne sentait plus les piqûres des épines.

– C’t’animal-là a la peau plus dure qu’un maïpouri. Ça s’enfonce comme dans une pelote, et il ne fait seulement pas ouf ! Attends un peu, mon bonhomme...

Il avisa un fusil à baguette accroché au-dessus du foyer en prévision de l’humidité, retira cette baguette, assujettit le tire-bourre, puis hésita un moment. Il se tâta partout, se pinça comme s’il eut cherché l’endroit le plus sensible. Puis, il sourit. Il avait trouvé.

Saisissant alors une des mains de l’infortuné immobile, et ligotté comme un condamné à mort, il plaça le tire-bourre au bout de l’index, puis tourna lentement la baguette. L’instrument se compose, comme l’on sait, de deux spirales opposées, se terminant par deux pointes éloignées l’une de l’autre d’un demi centimètre. L’une pénétra sous l’ongle, pendant que l’autre s’enfonçait sous la peau. La chair blêmit, une goutte de sang perla. La torsion fut tellement énergique, que l’acier cria sur l’os.

Jacques, secoué par une terrible commotion, sortit de sa léthargie, et jeta le premier cri.

– Parleras-tu ? lui dit d’une voix sifflante le bandit. Nous diras-tu où est l’or ? Nous conduiras-tu ?

– Non... rugit l’héroïque enfant, les dents serrées, la poitrine haletante.

Le forçat donna encore un tour... puis un autre. La sueur ruisselait sur le corps du martyr. Sa bouche écumait. Un hurlement lui échappa.

– Puis, tu sais, quand on t’aura chatouillé comme ça les mains, ce sera le tour des pieds. Allons, ne fais pas la bête...

« Eh bien ! Kalina, es-tu décidé à nous servir de guide ? termina-t-il en donnant un coup sec qui faillit déraciner l’ongle.

Jacques râlait.

– Oui... oui...

Les trois complices arrivaient à ce moment.

– Jure-le.

– Oui... je le... jure.

– Où est l’or ?

– Remontez... le Maroni... pendant...

La voix devint inintelligible.

– Pendant combien de temps, reprit le bourreau en tordant le doigt mutilé.

– Six jours... Oh ! misérable !

– C’est bon... c’est bon... et après ?

– ... La crique !...

– Quelle crique ? À gauche, à droite. Allons, dépêchons-nous.

– À gauche... la sixième... après... le rapide.

– Allons, en voilà assez, intervint Benoît. Nous avons six jours devant nous. Quand nous aurons bourlingué pendant ce temps sur la rivière, nous viserons.

« Sacrebleu ! Bonnet, quel bon juge d’instruction tu fais, mon camarade.

– Peuh ! répondit modestement le bandit en retirant doucement le tire bourre, les curieux (magistrats) ne savent pas leur métier.

– Oui, oui, je comprends. S’ils employaient des petits moyens comme ceux-là, il n’y a pas un fagot qui garderait sa tête sur ses épaules. Ils vous videraient comme des lapins.

– Ça, c’est sûr. Aussi, l’on ne dit à l’instruction que ce qu’on veut bien laisser perdre, et je t’assure qu’il n’y en a pas un qui endurerait, pour sauver sa peau, la millième partie de ce que ce Peau-Rouge de malheur a souffert.

– Enfin, puisqu’il consent, cela m’épargnera la peine d’employer mes petits moyens.

– Tiens, c’est vrai. Tu m’avais dis que tu avais aussi un procédé pour le faire parler. Peut-on connaître ta recette ?

– Comment donc, mais avec joie. Six pouces de mèche soufrée autour des orteils, et je te garantis qu’il aura beau mettre à ses mâchoires la serrure d’un coffre-fort, il faudra qu’il parle.

– C’est parfait, et tu t’y entends, répliqua le bandit en accompagnant son hideux éloge d’un sourire plus hideux encore.

– Et maintenant, en route, mes agneaux. Votre évasion va être connue d’ici peu. Avant quatre heures les embarcations du pénitencier fouilleront les deux rives, et il ne fera pas bon ici. D’autant plus que je ne dois pas être là-bas en odeur de sainteté.

« Ah ! si j’étais encore là, grogna-t-il en fronçant le nez comme un limier en quête.

– Avec ça que t’en ferais beaucoup plus long que les autres, fit Tinguy, en versant le coup de l’étrier. Je me suis laissé dire par les copains qu’il y a une dizaine d’années, tu as été joliment refait par un malin.

– Oui, riposta rageusement l’ancien garde-chiourme. Un malin comme tu dis, et qui en aurait mangé quatre comme vous. Pourtant si je n’avais pas eu une patte croquée ce jour-là par un tigre, je vous f...iche mon billet que je l’aurais bridé comme ce Peau-Rouge de quatre sous.

– Un tigre, s’écrièrent les trois coquins, intéressés comme les reclus à la perspective d’une histoire dramatique. Il y avait un tigre.

– Oui, et il était de taille. Eh bien ! ce fagot de malheur lui a coupé, d’un seul coup de sabre, le cou comme à un poulet.

– Eh bien ! et toi, qu’est-ce que tu faisais pendant ce temps-là ?

– Moi, je me pâmais comme une carpe entre les deux morceaux du tigre.

– Et le fagot marron... qu’est-ce qu’il l’a fait ?

– C’est pas ton affaire... répondit brutalement Benoît. En route.

Cinq minutes après, la pirogue immergée jusqu’à cinq centimètres du plat-bord glissait silencieusement sur les flots du Maroni. Jacques, les jambes entravées, avait les mains libres. Il dévorait avidement un morceau de gigot de kariacou. Son œil noir reflétait une haine féroce.

– Le secret de l’or est mortel, avait-il dit en prenant pied dans la chaloupe. Je vous conduirai, mais il vous tuera. Nous mourrons tous, termina-t-il avec une joie sauvage.

– C’est bon, reprit Benoît avec son rire bestial. Va toujours, mon garçon ; nous nous ferons assurer sur la vie. Nos héritiers aurons de quoi s’amuser.

« En attendant, bois, mange, dors si ça te fait plaisir, mais tâche de ne pas nous mettre dedans, car, tu sais, moi, je ne ris que quand je me brûle.

Jacques ne répondit pas.

Six jours après, l’embarcation avait franchi le rapide, pénétré dans la crique indiquée par le jeune homme et s’était arrêtée un moment devant le saut. Les événements auxquels nous avons assisté au commencement du chapitre précédent s’étaient accomplis, Jacques était libre, et Bonnet venait de tomber, frappé à la cuisse d’une flèche indienne.

– Mais, c’est de l’or, s’était écrié Benoît après avoir essuyé la pointe souillée de sang !

Les quatre bandits, les yeux luisants, regardaient ce morceau de métal grossièrement travaillé. Le blessé lui-même semblait avoir oublié sa douleur. Il ne pensait pas à étancher le sang qui coulait en filet noirâtre sur sa jambe nue.

De l’or !

À cette vue, leurs convoitises se réveillèrent plus ardentes que jamais. Ils touchaient enfin à ce mystérieux pays que nul parmi les blancs n’avait encore foulé. Leurs vœux allaient être comblés. La légende de l’El-Dorado devenait une réalité.

Qu’importait que ce premier échantillon du précieux métal arrivât sous la forme d’un sinistre messager de mort. Au contraire, cet emploi de l’or affecté à un usage aussi vulgaire, n’indiquait-il pas sa folle surabondance. Qu’importait aussi l’évasion de l’Indien, dépositaire du fameux secret. Ses premières déclarations, ajoutées à ce que Tinguy avait pu surprendre de sa conversation au pénitencier, suffisait à ces hommes résolus, bien pourvus d’armes, d’outils ainsi que de provisions et ignorant jusqu’à l’ombre d’un préjugé.

Jacques avait dit au docteur et au commandant : « Après deux jours dans la crique, on trouve sept montagnes ». Or, une éminence boisée se découpait en bleu intense sur l’horizon pâle. Ils pouvaient conclure avec d’autant plus de raison que cette montagne était une de celles désignées par l’Indien, que la provenance de la flèche envoyée par l’archer inconnu ne pouvait être douteuse.

– Rester ici, dit enfin Benoît, ne me semble par sûr. Une pointe en or ne vaut pas mieux qu’une pointe de fer quand elle se trouve au beau milieu du torse.

« En retraite, mes gars, à moins que Bonnet ne veuille profiter de l’occasion pour servir de cible, et faire cadeau à chacun de nous d’une demi-douzaine de ces joujoux-là. Ça vaut cent francs comme un liard.

– Merci, je sors d’en prendre, riposta le bandit qui commençait à pâlir.

– Eh bien ! je le répète, en retraite. La nuit nous portera conseil.

Ils escaladèrent les troncs et les branchages épars, en soutenant le blessé, retrouvèrent leur pirogue et atteignirent sans encombre le « patawa » dont les trois branches se dressaient toujours sur le roc.

Après une longue nuit agrémentée de rêves d’or, les aventuriers résolurent de pousser activement leur travail de sape et de s’ouvrir un passage. Bonnet fut laissé à la garde du campement. Sa blessure, peu grave en somme, nécessitait pourtant quelques jours de repos.

– Voyez-vous, disait Benoît en remontant la crique jusqu’au barrage végétal, leurs damnées flèches ne peuvent nous atteindre jusqu’ici. Nous sommes d’ailleurs protégés par les branchages. Quant à nous prendre à revers, ils n’oseraient pas. Puis, Bonnet est là avec son fusil.

– Je te l’avouerai entre nous, chef, dit à son tour Mathieu, une espèce d’abruti sinistre qui ne parlait guère, je voudrais bien voir un peu clair là-dedans.

– Tu n’es pas dégoûté, toi. J’en dirais bien autant.

– Oh ! toi, t’as reçu de l’éducation, moi, pas.

– Qu’est-ce que ça vient faire là-dedans, mon éducation ?

– Rien du tout. Je veux dire que je ne m’explique pas pourquoi les particuliers qui ont jeté les arbres dans l’eau n’ont pas attendu que nous soyons dessous pour nous aplatir.

– Qui te dit que ces arbres ont été renversés à dessein et ne sont pas tombés tout seuls.

– C’est bien possible. Mais la flèche qui a traversé la cuisse de Bonnet, n’est pas partie toute seule. Eh bien ! pourquoi le particulier qui l’a lancée ne la lui a-t-il pas plantée au beau milieu de la poitrine ?

– Qui sait s’il n’y essayait pas.

– Mais non. Tu n’ignores pas qu’un Indien ne rate jamais son coup. Nous les avons tous vus décrocher du haut des arbres des coatas (singes noirs) ou des parraquâs (sorte de faisan). Il en est même qui ne manquent pas à trente mètres un citron piqué au bout d’une flèche plantée en terre.

– Alors, tu leur en veux de n’avoir pas traité Bonnet comme un « coata » ?

– T’es bête. Je ne leur en veux pas. Je m’en étonne. Il était si facile de nous démolir un à un. Ça m’inquiète, moi. Et toi, Tinguy ?

– C’est ben la peine de se faire du mauvais sang pour si peu de chose. Moi, je crois que s’ils ne nous ont pas échenillés l’un après l’autre, c’est qu’ils n’ont pas osé, ou bien...

– Ou bien, interrompit Benoît, qu’ils ne croyaient pas qu’un gibier comme nous valût la flèche pour le tuer.

« Allons, assez bavardé. À l’ouvrage. Il y a là-dedans de quoi bûcher ferme.

Les trois hommes s’escrimaient depuis près de trois heures de la scie, du sabre et de la hache. Tel était leur acharnement, telle était aussi la vigueur de leurs corps endurcis à tous les travaux de force, qu’ils ne semblaient pas sentir les ardentes morsures du soleil. La sueur ruisselait sur leurs torses qui fumaient comme des solfatares. Mais aussi la besogne avançait. Ces réprouvés étaient de rudes travailleurs. Les coups se précipitaient, emplissant l’étroite vallée de leurs sonorités, et se répercutaient à l’infini sur les cimes pressées des arbres géants.

Pendant trente-six heures, ils bûchèrent avec une énergie farouche, sans que rien ne vînt entraver leur travail. La voie était libre. Un chenal large d’un peu plus d’un mètre coupait le monceau de troncs et de branches.

Ils rechargèrent patiemment les provisions dans la pirogue, abattirent le « patawa », et installèrent commodément Bonnet au centre, sur un matelas de feuilles fraîches. La blessure du mécréant commençait à se cicatriser grâce à de continuelles effusions d’eau froide, le meilleur des sédatifs.

– Tout est paré, n’est-ce pas, les enfants, dit le chef.

« En avant, et au petit bonheur !

Le bonheur fut en effet de courte durée. Le canot venait à peine de s’engager dans l’étroit chenal, et s’avançait lentement, pour éviter de heurter les branches, qu’une singulière musique se fit entendre dans le lointain, à trois ou quatre cents mètres en amont de l’obstacle.

C’était comme un solo de flûte, dont les notes basses très douces, semblant glisser sur les eaux tranquilles, devaient se répercuter fort loin. Cette mélodie primitive, traînante, lente plutôt, peu variée, n’était pas sans charme, bien que légèrement énervante. Quiconque eût vécu quelque temps chez les Galibis de la côte, chez les Roucouyennes ou les Oyampis de l’intérieur, eût de prime abord reconnu le son de la grande flûte indienne, faite avec un long tuyau de bambou.

La mélopée s’arrêta au bout de cinq à six minutes, et reprit aussitôt, sans transition aucune, une octave au-dessus. Les sons devinrent stridents, et produisirent une impression tout autre. À la molle langueur provoquée par le premier motif, succédait brusquement une sensation désagréable d’agacement. Des chiens mélophobes eussent poussé des hurlements désespérés.

Les quatre aventuriers devinrent inquiets. Benoît, la forte tête de l’association, rompit le premier le silence.

– C’te musique-là ne me dit rien qui vaille. J’aimerais mieux une franche attaque. Ces vermines nous voient parfaitement. Que diable peuvent-ils hier nous vouloir avec leurs sifflets de montreurs d’ours.

« Mathieu, et toi, Tinguy, souque ferme. Moi, je vais veiller au grain.

Il saisit un fusil qu’il arma en disant à Bonnet :

– Eh ! toi, clampin, empoigne-moi aussi un flingot. Si tu n’es pas bon pour la nage, tu peux encore envoyer proprement un coup de chevrotines à son adresse.

– Oui chef, répondit brièvement le blessé. Donne.

La musique recommençait avec des intonations basses d’une mollesse et d’une douceur infinies. Les sons qui semblaient se rapprocher partaient de la rive ennemie.

– Mais qu’est-ce qu’ils nous veulent, enfin ? gronda l’irascible aventurier.

Il sut bientôt à quoi s’en tenir. L’embarcation venait de franchir le barrage végétal, et les quatre hommes virent avec plus de surprise que de crainte, la rivière couverte de feuilles de moucoumoucou (
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