Littérature québécoise








télécharger 112.36 Kb.
titreLittérature québécoise
page1/6
date de publication07.11.2016
taille112.36 Kb.
typeLittérature
ar.21-bal.com > loi > Littérature
  1   2   3   4   5   6



Hercule Valjean

Le bain tragique



BeQ

Hercule Valjean


Les aventures policières

d’Albert Brien # 040

Le bain tragique
détective national des Canadiens-français

La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 615 : version 1.0

Le bain tragique
Collection Albert Brien

gracieuseté de Jean Layette

http ://www.editions-police-journal.besaba.com/

Personnages de ce roman

Nous inaugurons un nouveau genre aujourd’hui ; au début de chacun de nos romans policiers nous publions la liste des principaux personnages du roman afin que le lecteur puisse référer à la première page quand il ne se souviendra plus du caractère de certaines des personnes qui évoluent dans les pages qui suivent.

Albert Brien, détective privé de renom, surnommé le détective national des Canadiens-français, qui a solutionné les problèmes policiers les plus épineux dans le passé et qui recherche la solution de celui-ci.

Rosette Brien, son épouse et collaboratrice, charmante et jolie femme très intelligente et brave comme Triquet.

Cairine Wilson, amie de cœur de Rosette, chimiste du laboratoire médico-légal de Montréal.

Frisette Garceau, actrice du théâtre Arcade, poupée pomponnée mais géniale dans son métier.

Guy Garceau, le mari de Frisette et un apprenti-gigolo.

Henri Bernier, l’homme-mystère autour duquel tourne et retourne cette histoire.

Eddie Garant, le propriétaire de la maison où a lieu le crime.

Hervé Hameau, qui habite aussi cette maison.

Ninette Rose, propriétaire d’un café où l’on boit autre chose que du café.

Nadine Comeau, vieille fille qui demeure avec sa sœur dans la maison d’Eddie Garant et qui a des allées et venues mystérieuses.

Renée Comeau, la sœur de Nadine, aux trois quarts paralysée.

Ernest Déry, détective, le personnage le moins important de ce roman.

I



L’étage étrange


Entre l’Islet et Saint-Jean-Port-Joli, le fleuve pénètre profondément dans les terres formant une baie que Gilles Mousseau, matelot du voilier qui amena le marquis de Montcalm au pays, baptisa l’Anse à Gilles.

La grève y est sablonneuse, blanche et soyeuse comme celle d’Old Orchard, et la route nationale de Gaspésie la longe jusqu’au village Port-Joli où elle monte temporairement dans les hautes terres.

De l’autre côté de la route, presque vis-à-vis de l’Anse à Gilles, s’élève une maison de brique rouge à trois étages, entourée d’un grand jardin où se prélassent des peupliers, des chênes et quelques érables. La maison est d’une architecture simple et inharmonieuse, représentant le type parfait d’un cube.

Il faisait beau et chaud ce jour-là, et un fort vent du sud soulevait les vagues du fleuve qui retombaient en écume sur la grève pour finir par expirer en clapotant dans le sable.

Le sévère rationnement de l’essence faisait les automobiles très rares sur la route. À ce moment elle était déserte sauf pour une jeune femme qui était arrêtée près de la maison.

Elle la contempla longuement et se dit à elle-même :

– Ce doit être ici.

Elle poussa la barrière pendant que le soleil, se jouant dans ses cheveux blonds et massifs, auréolait son visage d’une grande beauté douce et bonne. La jeune femme tira le marteau de cuivre vissé à la porte et le fit claquer.

Quelques instants plus tard la porte s’ouvrait.

Un homme parut ; il était dans la cinquantaine avancée :

– Pour vous, ma jeune dame ? dit-il.

– Je suis Cairine Wilson.

– Ciel ! s’écria-t-il, vous arrivez trois jours avant votre temps.

– Oui, expliqua-t-elle en souriant, le bureau médico-légal de Montréal m’a donné trois jours additionnels de vacances, monsieur Garant... Car vous êtes bien Eddie Garant, le maître de la maison, n’est-ce pas ?

– Oui, mais...

Le vieil Eddie Garant paraissait embarrassé.

Il dit :

– C’est que l’appartement que vous avez loué et qui constitue tout le premier étage ici est encore très sale. Je l’avais loué à des étrangers l’an dernier, et ils sont partis sans faire le ménage. Je devais le faire, mais comme dans votre lettre qui contenait votre chèque pour le paiement du loyer, vous me disiez que vous ne deviez arriver que dans trois jours, j’avais l’intention de commencer demain à nettoyer.

Cairine sourit indulgemment :

– Ce n’est rien, dit-elle, je vous aiderai dans votre ménage ; nous ferons ça ensemble.

Eddie Garant parut soulagé d’un grand poids.

– Je vais aller vous chercher votre clef, dit-il ; mais vous pouvez entrer tout de suite chez vous, car la porte n’est pas barrée.

Ils étaient tous deux dans un vestibule tout blanc. À gauche il y avait un escalier, et à droite une porte :

– C’est celle-ci, lui indiqua-t-il.

Cairine entra.

Garant avait dit que c’était sale.

Elle s’écria :

– Oui, et comment donc !

De la poussière partout, de vieux papiers et des tas de bouliers ici et là. Il y avait un salon, un vivoir, une chambre à coucher et une salle de toilette. L’évier et le bain de celle dernière étaient entourés à l’intérieur d’un épais cerne de crasse graisseuse.

Elle faillit avoir un haut-le-cœur.

Puis elle haussa les épaules.

Enfin Garant allait lui aider à nettoyer le lendemain, n’est-ce pas ?

On frappa à la porte.

Cairine alla ouvrir.

C’était le propriétaire de la maison.

– J’ai une autre déception pour vous, mademoiselle Wilson, dit-il ; je ne trouve pas la clef de votre porte ; il va vous falloir attendre quelques jours, car il n’y a de serruriers ni à L’Islet ni à Montmagny ; il va me falloir aller à Québec chercher un expert.

La jeune fille sourit :

– Je ne suis pas à Montréal où le banditisme règne à l’état épidémique ; je me sens en sécurité ici, même sans clefs. Les voleurs sont excessivement rares à la campagne.

– Vous avez raison.

Il se dirigea vers la porte de sortie, puis se ravisa :

– Mademoiselle, dit-il, je suis assez âgé, je pourrais être votre père, je crois donc que je puis vous faire une certaine invitation.

– Quoi donc, monsieur ?

– Vous allez m’aider demain à faire le ménage ici ?

– Mais oui ; une main de femme, vous savez, est plus experte que celle d’un homme dans ce genre de travaux domestiques.

Il dit en souriant :

– Alors je vous récompense tout de suite en vous invitant à souper avec moi ce soir.

– Ici ?

– Non, dans le meilleur restaurant de L’Islet.

– J’accepte naturellement.

Cairine demanda :

– Avez-vous le téléphone ici ?

– Non, mais il y a un téléphone public au Café l’Islet, là où nous allons souper ; alors si vous voulez appeler là... Je pourrais vous conduire d’ailleurs tout de suite dans mon auto si c’est pressé.

– Non, non, je veux simplement annoncer à ma mère que j’ai fait un excellent voyage et que je me suis bien rendue.

Garant badina :

– Ne lui décrivez pas l’état de votre logement, je vous prie.

Elle éclata de rire :

– Non, non, ne craignez rien.

*

Le café L’Islet était sur le bord de la rue principale de la petite ville dont il portait le nom.

Cairine Wilson et Eddie Garant y entrèrent.

Une femme à la beauté bien conservée malgré sa quarantaine, mais beauté dure qui aurait aussi bien convenu à un homme qu’à une personne du sexe féminin, vint à eux :

– Bonsoir, monsieur Garant, dit-elle.

Garant présenta Cairine :

– Ma nouvelle locataire, dit-il. Mademoiselle Cairine, madame Ninette Rose, la propriétaire de ce café et aussi ma locataire, car elle occupe la moitié de mon second étage.

Il ajouta :

– Le téléphone est là, mademoiselle Wilson.

– Ah, oui, j’oubliais...

Cairine se dirigea vers la petite cabine, mais un homme était à l’intérieur ; il ne la vit pas et elle l’entendit dire :

– Il faut que je vous rencontre ?

Il y avait de la terreur dans le timbre de voix de l’inconnu.

– Où voulez-vous que je vous rencontre ?... Dans l’appartement du 1er étage de la maison que j’habite ?... C’est vrai, il est inoccupé... Tout de suite ?... Très bien, j’y cours.

Il sortit de la cabine et sortit en coup de vent, la figure altérée.

Cairine entendit dire à Ninette Rose :

– Hein, monsieur Garant, Henri Bernier semble bien préoccupé ce soir...

Oubliant son téléphone la jeune fille revint à sa table et demanda :

– Vous connaissez l’homme qui vient de sortir de cette cabine téléphonique ?

– Mais oui, c’est un autre de mes locataires, Henri Bernier.

Cairine résolut de ne pas répéter la conversation.

Elle sourit intérieurement. Bernier faisait-il don rendez-vous amoureux chez elle ? Car le premier étage de la maison qu’il habitait était son logement à elle.

Tout de suite elle mit cette pensée au rancart ; car il y avait de la terreur dans sa voix et de l’égarement sur ses traits quand, s’il se fût agi d’une affaire d’amour il aurait eu le sourire...

Non, ce n’était pas cela...

Il y avait une chose, une chose sinistre qui rôdait quelque part dans la maison de brique rouge.

Mais elle ne pouvait pas parler ; car qu’avait-elle à dire sinon qu’Henri Bernier avait fait un rendez-vous avec quelqu’un ? Le reste n’était que de l’impondérable.

Elle se tut.

*

Le soleil se couchait quand elle sortit du café avec Eddie Garant.

La distance n’était pas très grande entre le restaurant, et son nouveau logis.

Lorsqu’elle entra chez elle elle se dirigea rapidement vers la chambre de toilette, car elle venait de voir que l’eau était sortie de là et se répandait dans le vivoir.

Le robinet avait été laissé ouvert ?

Par elle ? Non, c’était impossible ; elle se rappelait fort bien n’y avoir point touché.

Elle ouvrit la porte :

– Oh...

Puis elle se mit à crier :

– Au secours, au secours !

Le premier à arriver fut Eddie Garant :

– Mais pour l’amour du ciel, qu’y a-t-il, mademoiselle ?

– Il y a un homme nu dans mon bain.

– Un homme nu ?

– Oui, et il est mort... Noyé, le robinet coule encore.

Garant regarda et dit d’une voix blanche après avoir examiné le cadavre :

– C’est Henri Bernier, le voisin de Ninette Rose sur le second étage. Il porte une ecchymose sur l’arrière de la tête, ecchymose qui prouve qu’il a été assommé, mis dans le bain et noyé pendant qu’il était inconscient.

– Quelle magnifique réception j’ai eue ici aujourd’hui ! se lamenta Cairine ; une maison archi-sale n’était pas suffisante ; il me fallait un cadavre par dessus le marché.

Peu à peu quelques autres personnes étaient entrées.
  1   2   3   4   5   6

similaire:

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com