Littérature québécoise








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Hercule Valjean

Chambre 303



BeQ

Hercule Valjean


Les aventures policières

d’Albert Brien # 089

Chambre 303
détective national des Canadiens-français

La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 646 : version 1.0

Chambre 303
Collection Albert Brien

gracieuseté de Jean Layette

http ://www.editions-police-journal.besaba.com/

I


L’homme assis devant Albert Brien avait l’air nerveux. Il transpirait abondamment, et s’essuyait le front à tout instant.

Grand, mince, le visage hâlé par le soleil, les yeux perçants, il donnait toutes les apparences de ce qu’il était.

D’abord il s’était présenté.

– Je suis Fernand Melville, avait-il dit, de Laredo, Texas.

Ces simples mots avaient suffi à Albert Brien pour qu’il devine l’occupation de l’homme.

– Je suis propriétaire d’un ranch, là-bas... continua-t-il.

Les doutes de Brien venaient de se confirmer, il avait jugé que cet homme devait être un type habitué à vivre à l’extérieur, et probablement là où les espaces sont grands.

Sa provenance, Laredo, était donc logique.

Et son mode de vie, propriétaire de ranch, tout aussi logique.

– Je suis à votre service, dit Brien. L’homme étendit les jambes, tira une longue bouffée de sa cigarette.

Il parlait en anglais, mais son accent était entremêlé. Parfois il était du pur américain, et du sud-ouest encore, et parfois il y avait des intonations britanniques...

– Voici mon problème, expliqua l’homme. Ma sœur demeure ici, dans votre ville, et c’est à ses instances que je suis ici.

– Oui ?

– Voici l’histoire en deux mots. Il y a dix ans, ma sœur a épousé un architecte, à Londres...

– Vous êtes Britannique ?

– Oui. Je ne suis aux États-Unis que depuis quinze ans, et ma sœur est venu ici, au pays, il y a un an seulement.

– Bon. Continuez.

– Cet architecte qu’elle a épousé est un charmant garçon. Fin causeur, habile, doué d’un grand talent. Cependant, c’était un être d’une volonté plutôt faible. Il a commis des erreurs. Il a fait des bêtises, et bientôt les choses se sont mises à empirer...

– En quel sens ?

– D’abord, des infidélités que ma sœur a pu découvrir. Par après, des saoûlades, encore des infidélités, puis finalement la drogue. De ce jour, ce fut la pente. Vous pouvez comprendre ça...

– Certainement.

– Comme il était assez peu fortuné et que ma sœur a beaucoup d’argent, il a volé. Il l’a volée, elle. Des sommes assez considérables. Finalement, elle résolut de le divorcer...

– Tiens...

– Mais la cour ne lui a pas accordé ce divorce, si étrange que cela puisse paraître. Et finalement, elle a convaincu son mari de venir ici, au Canada, pour quitter les compagnons qui le rendaient ainsi, et pour suivre des traitements lui enlevant l’habitude de la drogue.

– Je vois.

– Il est venu ici il y a deux ans. Selon ses lettres, tout allait bien. Ma sœur lui envoyait chaque mois une somme assez rondelette, cinq cents dollars. Au bout d’un an, elle est venue le rejoindre. Mais à l’adresse qu’il avait donnée, elle apprit qu’il était parti. Le propriétaire faisait suivre ses lettres à la distribution générale, la poste restante, d’une station postale de notre ville.

– Étrange...

– Oui. Mais ce n’est pas tout. Elle a continué à lui envoyer l’argent. Et elle a décidé de surveiller, les jours suivant chaque envoi, ce bureau de poste, afin de voir son mari. Mais il n’est jamais venu, et pourtant elle a monté la garde tout le long des heures d’ouverture.

– Mais les chèques, car c’était un chèque qu’elle lui envoyait chaque mois... les chèques étaient-ils changés ?

– Encaissés ?

– Oui, si vous aimez mieux...

– Oui, les chèques étaient encaissés. Ils revenaient tous les mois. Ils reviennent encore.

– Ah, et cela dure ?

– Oui.

– Depuis combien de mois votre sœur a-t-elle découvert toute l’affaire ?

– Dès son arrivée ici, il y a un an.

– Oui, évidemment. Et ensuite elle a continué de verser les chèques chaque mois ?

– Oui.

– Pourquoi ?

Le grand rancher fit une légère grimace.

– Malgré tout elle l’aime, vous savez. Elle est ainsi. Alors comme il lui a écrit...

Brien sursauta.

– Il lui a écrit ? Mais cette lettre, la date postale, les chèques suffiraient presque pour le retracer...

– Non, dit Melville, car l’homme est plus fin que nous tous. Les chèques sont encaissés tantôt dans une succursale, tantôt dans une autre. Il semble faire affaire à trois succursales de banque, et pouvoir encaisser des chèques aux trois. Il faudrait surveiller les trois, et encore... qui nous dit qu’il viendra lui-même ?

– C’est vrai, dit Brien, c’est vrai. Vous avez raison.

– Alors, vous voyez... ? Donc il lui a écrit, lui disant qu’il était réfugié dans un petit village, et qu’il se réhabilitait...

– Ah ?

– Il a dit qu’il avait su l’arrivée de sa femme ici, mais qu’il ne se sentait pas encore digne d’elle, alors il avait préféré se cacher quelque temps encore.

– Et c’est tout ?

– Oui.

– Vous croyez ça, vous ?

Le rancher haussa les épaules, exhala une longue bouffée de fumée, et sourit.

– Je connais mon beau-frère, dit-il. C’est un beau parleur. Je croirais plutôt qu’il a filé, qu’il fait sa petite vie aux dépends de ma sœur, et qu’il va la faire aussi longtemps qu’elle sera assez poire pour lui envoyer cinq cents dollars par mois.

Brien avait le front plissé.

– Maintenant, dit-il, venons-en à moi. Que voulez-vous que je fasse, au juste ?

– Retrouver Ansbury.

– Votre beau-frère ?

– Oui, Patrick Ansbury. Le retrouver, pour que ma sœur puisse aller le voir. C’est ce qu’elle désire.

– Pour le convaincre de revenir à elle ?

– Oui. C’est tout.

– Alors ce devrait être simple. Du moins, je le crois. Je vais me mettre au travail dès que je le pourrai. Demain...

– Ma sœur mettra un chèque à la poste ce soir. Demain, en surveillant le bureau de poste...

– Avez-vous une photo du type ?

– Je regrette, mais nous n’en avons pas.

– Tant pis, j’essaierai de m’y prendre autrement.

Fernand Melville quitta Brien, et le détective national des Canadiens français promit sa coopération.
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