De beaubourg à la république, en passant par le temple; L’Émergence de "la sociale"








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DE BEAUBOURG À LA RÉPUBLIQUE, EN PASSANT PAR LE TEMPLE ; 
L’ÉMERGENCE DE "LA SOCIALE"




Bien difficile, aujourd’hui, d’imaginer l’entrelacs de ruelles enchevêtrées autour de l’ancienne voie romaine, prolongement sur la rive droite du Cardo de Lutèce, l’actuelle rue St Martin. Victor Hugo lui-même aurait, en ce début du 21ème siècle, du mal à retrouver l’emplacement du cabaret Corinthe, ou celui de la barricade St Merry.

1830, 1832, 1834, 1839, 1848 à deux reprises — en février et en juin —, 1849, 1851, 1871… autant de dates marquées par des insurrections qui investirent ce quartier ; un des plus industrieux alors de la capitale. Des dates qui correspondent précisément à une période où émergeait, un demi-siècle à peine après la révolution bourgeoise de 1789, une nouvelle classe sociale à laquelle Arthur Desjardins donna en 1832 le nom de "Prolétariat". Est-ce un hasard si les premiers bouleversements de la géographie parisienne s’effectuèrent dans ce secteur, avec Rambuteau d’abord, timidement, puis à la hache, avec Haussmann, qui perça les rues Beaubourg et de Turbigo, débouchant sur la place, qui ne s’appelait pas encore "de la République", où l’on construisit la caserne du Prince Eugène ; un "établissement" qui allait héberger une garnison à usage de sécurité explicitement "intérieure".

C’est du coup, bien sûr, le quartier où s’installent à la fin du Second Empire les premières organisations ouvrières, et en particulier l’Association Internationale des Travailleurs fondée à Londres en 1864. Et c’est donc ce quartier que nous allons parcourir cette fois, en évoquant ces événements qui ponctuèrent la naissance du Mouvement Ouvrier.

Place Georges Pompidou

Pas grand-chose à dire de cette place et de "l’usine à culture" qui la domine. Le centre Pompidou, dont l’architecture fut tant décriée lors de sa construction, est aujourd’hui intégré dans la paysage parisien. Il faut dire que celui dont il porte le nom n’avait pas fait dans la dentelle en matière d’urbanisation sauvage… Il se dispute avec Haussmann le prix Attila.
Toujours est-il que ces parages constituent aujourd’hui un des lieux les plus vivants de la capitale ; une vie bien mercantilo-touristique, mais une certaine vie malgré tout. Il semble que les parisiens, jouant des coudes avec les hordes de touristes, aient réussi à s’emparer de certaines soutes de ce vaste navire. Foin donc de nostalgie. Vivons avec notre temps ; même s’il est bon parfois de voyager dans le passé afin d’en tirer des leçons pour le présent... et pour l’avenir. C’est l’objet même de ce site.

Rue St Martin

C’est dans cette partie de la rue St Martin, "face la rue de Venise", qu’habitait Valentin Conrart. Il réunissait chez lui un certain nombre de littérateurs qui constituèrent le noyau de la future Académie française. Celle-ci sera fondée quelques années plus tard par Richelieu. L’histoire de cette prestigieuse institution a retenu que la première de ses "séances" aurait eu lieu ici le 22 février 1629.
On peut admirer au passage la belle fontaine Maubuée, survivante des temps anciens, à l’angle de ce qui reste de l’étroite rue de Venise.

Rue Rambuteau à droite

Ce fut la première artère moderne percée dans le centre de Paris, resté jusqu’alors très médiéval... et insalubre, il faut le dire.
De violents combats s’y déroulèrent, sur une barricade dont nous ignorons l’emplacement, en février 1848.
18 : Maxime Lisbonne, le "citoyen Lisbonne", revenu de déportation, transforma le 1er avril 1886 le théâtre des Folies Rambuteau, situé ici, en Taverne de la Révolution française. Les serveurs y étaient déguisés en sans-culottes. Le d’Artagnan de la Commune en fit bien d’autres du même tonneau...

Rue du Temple à gauche

60-62 : Emplacement de la première porte du Temple, percée après coup dans l’enceinte de Philippe Auguste en 1288, et démolie en 1536.
60 : Emplacement du magasin "À la Belle Héloïse", où se connurent Ernest Cognacq et Marie-Louise Jaÿ, futurs fondateurs de la Samaritaine.
62 : Le passage Ste Avoie suit précisément le tracé de l’enceinte de Philippe Auguste, construite en 1190.
Le connétable Anne de Montmorency y meurt, dans l’Hôtel de Mesmes, après le combat de St Denis contre les huguenots le 10 novembre 1567.
Son fils, le duc François de Montmorency, gouverneur de Paris et chef du parti modéré, démissionne 15 jours avant la St Barthélemy en 1572.
L’Hôtel de Mesmes deviendra plus tard le siège de la Banque générale de dépôt de change et d’escompte, le 2 mai 1716.
69 : Vestiges d’une tour de l’enceinte de Philippe Auguste. Un vieux puits traverse la cave.
71 : Hôtel de Saint-Aignan, demeure de Claude de Mesmes, ministre des Finances de Louis XIV en 1641.
Il abritera le siège de la 7ème municipalité en 1795, puis la mairie de l’ancien 7ème arrondissement de 1800 à 1823.
Ce sera par la suite, alors au 57 rue Ste Avoye, la demeure des frères Étienne et Louis-Antoine Garnier-Pagès, quartier général de la Commune centrale républicaine pendant les Trois glorieuses, les 27, 28 et 29 juillet 1830.
77 : Demeure de Jean-Baptiste Bouchotte, ministre de la Guerre sous la Convention en 1791. Plaque.
79 : Hôtel de Montmor, haut lieu de la science au 17ème siècle. Il sera en 1628 le théâtre de la controverse sur la circulation sanguine, entre "circulateurs" derrière William Harvey, et galianistes "anticirculateurs".
Gassendi y sera hébergé à la fin de sa vie par Henri-Louis Habert de Montmor, son ami et mécène, jusqu’à sa mort le 24 octobre 1655.
Lieu de culture aussi, où se rencontrent toutes les gloires de l’époque, de Mme de Sévigné à Molière qui y fera une lecture de son Tartuffe.
En 1871, l’Hôtel de Montmor sera un lieu de réunions pour les femmes de la Commune, dont Elisabeth Dmitrieff et Nathalie Le Mel, militantes de l’Association Internationale des Travailleurs.
82 : Emplacement de l’échelle de justice du Grand prieur du Temple, où l’on exposait les condamnés jusqu’à 1780.

Rue Michel le Comte à gauche

3 : Demeure de la famille Weil et port d’attache de leur fille Simone, de 1929 à 1940.
Ils y cachèrent Léon Trotsky, au 3ème étage, le 30 décembre 1933. Ce dernier, qui décidait à cette époque la création de la IVème Internationale, organisa ici des rencontres clandestines.
21 : Demeure de Jacques Lipa, militant PCF-MOI du groupe de Marcel Rajman. Il hébergeait une certaine Lucienne, dite la rouquine, qui allait le trahir et provoquer de nombreuses arrestations en 1942.
22 : Demeure, de 1784 à 1799, d’Edmond Dubois-Crancé, député Montagnard à la Convention, ministre de la Guerre sous le Directoire. C’est lui qui avait créé la Garde Nationale le 13 juillet 1789.
24 : C’est à cette adresse, et non au 21 comme l’indique un panneau erroné, qu’habitait la nourrice de Jean le Rond d’Alembert, Étiennette Gabrielle Ponthieux, mariée à M. Gérard puis au vitrier Rousseau, chez qui le futur encyclopédiste, abandonné par sa mère Mme de Tencin sur les marches de la chapelle Jean le Rond, fut placé en 1718. Il garda avec sa nourrice des liens étroits jusqu’à sa mort en 1783.
25 : Emplacement du jeu de paume de la Fontaine, transformé en théâtre comme beaucoup de ses semblables au début du 17ème siècle. Il est investi par la troupe de Guillaume Desgilberts, dit Mondory, qui vient de quitter le cul-de-sac Bertaut, ou Berthaud, en 1632. Théâtre éphémère, qui disparaît dans un incendie en 1634.
28 : Hôtel d’Hallwyll, construit par Nicolas Ledoux, siège de la banque Thélusson et demeure de Jacques Necker de 1757 à 1767. Sa femme tient un salon fréquenté entre autres par Grimm et les encyclopédistes. Leur fille Germaine y nait en 1766 ; elle épousera un certain M. de Staël…
Il subsiste une belle pompe à eau en plomb à gauche dans la cour.
35 : Ici se réunissait le club du Progrès démocratique, affilié à la Société des Droits de l’Homme, pendant la Révolution de 1848. Son président était un certain Fontaine.
36 : Là, une réunion politique publique eut lieu à la fin du Second Empire.
37 : Siège, en 1849 et 1850, de l’Union des Associations Ouvrières, rassemblant 104 associations sociales et professionnelles, et à laquelle appartenaient Jeanne Deroin, membre de l’Union communiste en 1847, Pauline Roland et Gustave Lefrançais, militant anarchiste, futur membre de la Commune à qui Eugène Pottier dédiera un poème intitulé "l’Internationale"…
C’est dans la rue Michel le Comte qu’habitait Charles Hotman, receveur de l’évêque de Paris, qui fonda en 1585 la "Sainte union", représentée par les Seize quarteniers de Paris, étroitement liée à la "Sainte Ligue".
Le nom de cette rue est à l’origine d’une vieille expression parisienne — on la fait remonter à 1806 — qui consiste à dire "ça f’ra la rue Michel" pour signifier "ça fera le compte".

Rue Beaubourg à gauche

Elle accueillit pendant la Révolution la Section de la rue Beaubourg, de 1790 à 1792, qui devint la Section de la Réunion de 1793 à 1795.
En 1834, elle fut l’épicentre de l’insurrection déclenchée par un "Comité secret des Droits de l’Homme" en solidarité avec celle des travailleurs Lyonnais. Nous reparlerons plus loin de la répression qui s’ensuivit et du massacre de la rue Transnonain.
54 : Demeure, en 1880 après son retour d’exil à Londres, d’Albert Theisz, ouvrier ciseleur sur bronze, un des premiers militants de l’Association Internationale des Travailleurs à Paris, membre de la Commune dont il fut le directeur des Postes, signataire du manifeste de la Minorité refusant la création d’un Comité de salut public.
44 : Emplacement de la demeure de Blaise Pascal, du 1er décembre 1651 à 1653.
40 : Emplacement en 1830 d’une des deux fabriques à Paris des célèbre chapeaux mécaniques hauts de forme appelés "gibus" ; toute une époque !
30-39 : Emplacement de la poterne Beaubourg, dite aussi Huydrelon, ou Hydrelon, ou Hydron — les parisiens, comme vous l’avez sans doute remarqué en consultant ce site, adorent déformer les noms. Elle avait été percée en 1270 dans l’enceinte de Philippe Auguste et fut détruite sous François 1er.
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