II. La vie à Rome à la fin de la République et au début de l’empire








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date de publication06.02.2018
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La civilisation romaine (Suite…)



II. La vie à Rome à la fin de la République et au début de l’empire

Les conquêtes romaines, qui furent pour la plupart accomplies sous le Régime de la République, n’ont pas enrichi les plébéiens et ne leur ont pas donné plus de pouvoir. Artisans et salariés ont subi la concurrence (bien involontaire), des esclaves raflés par les conquêtes et qui n’étaient pas rémunérés.

Pour beaucoup d’entre eux, les plébéiens se retrouvent au chômage. Les petits agriculteurs qui, pendant de longues années, avaient laissé leurs terres à l’abandon ont dû s’endetter pour les remettre en état.

Cependant, ils ont de plus en plus de mal à vendre leurs récoltes, dû à la concurrence des ressources (blé) en provenance d’Afrique du nord et surtout d’Égypte. Ruinés et souvent dépouillés de leurs terres, les petits paysans sont venus grossir les rangs des chômeurs urbains.

Dès le dernier siècle de la République, pour éviter que ces chômeurs urbains ne se révoltent, l’État et les citoyens les plus riches (que les conquêtes avaient encore enrichis) ont commencé à les entretenir, c.-à-d. à les nourrir (distributions de nourriture) et à leur organiser des loisirs pour qu’ils se distraient.

1. Une société des loisirs

Il y avait les thermes, sortes de bains publics très populaires.

Il y avait aussi les jeux, par exemple :

  1. Des courses de chars au cirque (Circus Maximus = le grand cirque)

  2. Des combats de gladiateurs dans les arènes, comme au Colisée…

Le Colisée ou «l’Amphithéâtre Flavien»: Avant la construction de l’amphithéâtre, le site était occupé par un lac artificiel construit sous Néron (règne  de 54 à 68) devant la Domus Aurea, un immense palais qu’il fait édifier sur les ruines de la ville incendiée. À sa mort, le site est rendu aux Romains, et l’empereur Flavien Vespasien fait débuter les travaux d’un nouveau stade en 70 apr. J.-C. Ses fils Titus et Domitien en continuèrent la construction, et l’inauguration eut lieu en 80 apr. J.-C. sous le règne de Titus. Au Moyen-Âge, il prit le nom de « Colosseo », Colisée qui lui vient de la statue colossale de Néron demeurée près de son ancien palais.



À la fin de la République près de 300 000 habitants de Rome environ étaient des pères de famille oisifs. La devise du peuple romain était devenue, semble-t-il, Panem et circenses, ce qui signifie «__________________________________________».

Certains d’entre eux pouvaient se permettre de ne rien faire parce qu’ils étaient riches : c’est le cas des patriciens, bien sûr, mais aussi des «chevaliers»1.

La grande majorité de la population, cependant, constituée de plébéiens chômeurs était entretenue soit par l‘État, soit par des citoyens riches.

Clientélisme : la générosité des riches n’était pas gratuite : ceux qu’ils nourrissaient devenaient leurs clients et devaient leur rendre certains services. Ainsi, lorsqu’un patricien entrait en compétition avec un autre pour obtenir une fonction politique importante il pouvait compter sur l’appui bruyant de ses «clients».



Les femmes romaines profitaient aussi de cette «société des loisirs».

En effet, les Romains, à la différence des Grecs des temps classiques (des Athéniens en particulier), ont toujours eu un certain respect et une certaine estime pour la femme. Il est possible que cela soit dû à l’influence des Étrusques, peuple encore mystérieux qui a beaucoup influencé les Romains au cours de la période de la royauté.

On connaît surtout les Étrusques par les peintures et les objets que l’on a retrouvés dans leur tombeau. Regardez l’image de ce sarcophage étrusque, représentant deux époux à table.

Le Sarcophage aux époux dont le couvercle est orné de deux statues en terre cuite offre une bonne illustration des relations de respect mutuel qui règne au sein du couple étrusque : dans une attitude confiante, la femme est étendue à côté de son mari pour participer à un banquet

Voilà une scène qui n’était pas fréquente dans l’Athènes de la période classique. Cette représentation pleine de tendresse porte à penser que, chez les Étrusques, il existait une quasi-égalité entre les hommes et les femmes. Il semble que certaines femmes étrusques exerçaient même parfois des fonctions politiques.

Dans la tradition romaine, ce sont les femmes qui ont fait cesser les guerres avec le peuple des Sabins, situé dans les montagnes adjacentes au Latium, dans les premiers temps de Rome.



David, Les Sabines, 1796-99.

L’enlèvement des Sabines : ____________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Chose certaine, chez les Romains les femmes de hautes classes sont parvenues à une indépendance d’allure et de mœurs dont on ne trouve pas d’équivalent dans les autres sociétés antiques. Certaines d’entre elles avaient même une influence considérable sur les politiciens.

On sait, par ailleurs, qu’à Rome les filles allaient à l’école comme les garçons. Cependant, la relative liberté des femmes se situait moins dans la loi que dans les mœurs. Juridiquement, elles n’ont jamais été les égales des hommes. Il y a eu toutefois eu une certaine amélioration de la condition juridique des femmes sous l’empire : les femmes ont acquis le droit de gérer une partie de leurs biens et divorcer.

C’est du moins ce qui se passe dans les villes, surtout pour les femmes de classes aisées. Dans les campagnes, les conditions de vie sont plus rigides, à cause de l’autorité traditionnelle du Pater Familias (père de famille), qui avait le droit de vie ou de mort sur tous les membres de sa famille.

2. Les exclus de la société

Les conquêtes avaient, on l’a vu, procuré beaucoup d’esclaves à Rome : il y en a eu près de 400 000 sous César-Auguste (pour une population d’un peu plus d’un million d’habitants = c’est plus du tiers de la population) sans eux, évidemment, les Romains et Romains n’auraient pas eu la vie aussi facile.

Sous la République, les esclaves étaient encore maltraités, surtout ceux qui travaillaient dans des domaines agricoles (ou dans les mines) : chaines, tortures, mises à mort.

Leur sort s’est peu amélioré sous l’empire. L’affranchissement est devenu de plus en plus fréquent, peut-être sous l’influence du christianisme naissant ou de certains philosophes.

Voyons un texte extrait d’une lettre du philosophe Sénèque (4-65) à son ami Lucilius :

« J’apprends avec plaisir que tu vis en famille avec tes esclaves : conduite qui est digne de la personne instruite et avisée que tu es. ‘’Ce sont des esclaves’’? Au contraire, ce sont des hommes. ‘’Ce sont des esclaves’’? Non, mais d’humbles amis. ‘’Ce sont des esclaves’’? Oui, mais des compagnons d’esclavage, si l’on songe que le destin étend ses droits également sur nous comme sur eux ».



Ce texte est sans doute plus encourageant que celui d’Aristote (voir la p. 64 de vos notes). Cependant, Sénèque ne va pas jusqu’à proposer l’abolition de l’esclavage…

3. Les intellectuels romains et les activités économiques

Le monde romain de la fin de la République et de la période impériale était peut-être un peu plus capitaliste que le monde grec de l’époque classique. Cependant, la richesse de Rome reposait beaucoup sur les esclaves et sur l’exploitation des vaincus.

Le problème, c’est que la ville de produisait à peu près rien pour l’exportation et vivait des impôts tirés des immenses territoires qu’elle avait conquis. Comme les autres villes de l’empire (et comme l’ensemble du monde antique en général), Rome était essentiellement un centre de consommation.

Près de 90% de la population vivait dans les campagnes : l’agriculture était encore l’activité qui occupait le plus de monde. Il existait cependant à Rome des entrepreneurs capitalistes, parfois patriciens, mais surtout des chevaliers. Il y avait également des artisans et des petits marchands issus de la plèbe.

Mais comme dans la civilisation grecque, ces activités ne sont pas valorisées. Les textes qui suivent, rédigés par Cicéron, avocat et intellectuel romain, sont particulièrement explicites.



Les grands orateurs : S’il est un domaine où la Rome républicaine s’est acquis une réputation incontestée, c’est bien celui de l’éloquence.

Une prééminence qui semble logique dans un système politique de débat public, où la parole peut donc emporter les décisions Cicéron est le plus célèbre représentant de cet art du verbe, mais il n’est, en vérité, que l’héritier d’une très longue tradition d’orateurs dont le talent reposait sur la parfaite maîtrise des effets de voix et de geste et sur une solide formation philosophique.

Cicéron lui-même, très conscient de l’influence qu’il exerçait, revendiquait la primauté de l’art oratoire sur l’art militaire : Cedant arma togae («Que les armes cèdent le pas à la toge»).





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« Le commerce de marchand de détail est méprisable, car le marchand ne peut remporter du succès, à moins d’être malhonnête, et la malhonnêteté est la chose la plus honteuse du monde».

Cicéron (107-43), Lettre à son fils

«Quand nous étions enfants, Caius Curtius, le père de Rabirius, était un des premiers personnages de l’ordre équestre; il était le plus valeureux et le plus riche des publicains [fermiers des impôts] et sa grande capacité en affaires n’aurait pas fait la quasi-unanimité, s’il n’y avait eu chez lui une extraordinaire bonté qui faisait penser qu’en augmentant sa fortune cet homme ne cherchait pas à satisfaire sa cupidité, mais à exercer son obligeance. Né d’un tel père et bien qu’il ne l’eût jamais connu, Rabirius sut l’imiter à la perfection, guidé par la nature dont le rôle est si considérable et par les leçons qu’il recevait continuellement de sa famille. Lui aussi, il a dirigé de grandes entreprises, s’est occupé d’affaires importantes, a pris à ferme* une part considérable des impôts, prêté de l’argent à des nations étrangères, eut des intérêts dans de nombreuses provinces; il a même traité avec des rois et a avancé une somme considérable celui d’Alexandrie. Ce faisant, il n’a jamais cessé d’enrichir ses amis, de les faire participer à des entreprises, de leur donner une part des rentables dans ses affaires et de les favoriser de mille manières grâce à son argent et à son crédit. Bref, je dirai que sa grandeur d’âme et sa générosité en faisaient l’image parfaite de son père.»

Cicéron, Plaidoyer pour Caius Rabirius Postumus, 2

  • Attention au sens ancien des mots «fermiers» et «ferme» qui, ici, n’ont rien à voir avec l’agriculture. Dans ce texte, le mot «ferme» a le sens suivant : convention par laquelle l’État abandonnait à un individu […] la perception de divers impôts, moyennant une somme forfaitaire.

Comme vous pouvez le constater, Cicéron méprisait les petits marchands qui font le commerce local. Il se sent obligé d’excuser un membre des classes supérieures (ici, un «chevalier», membre de l’ordre «équestre») d’avoir été un entrepreneur capitaliste et d’avoir réalisé d’immenses profits en insistant sur le fait que celui-ci ne cherchait pas vraiment son intérêt personnel, mais qu’il voulait avant tout être en mesure de se montrer généreux…

Cela peut nous paraître un peu naïf de la part de Cicéron… mais le fait est que dans la civilisation romaine, l’esprit de profit en lui-même n’était pas valorisé. Les citoyens fortunés pouvaient se vanter d’avoir acquis leurs richesses en exploitant bien leurs domaines agricoles ou en ayant mené avec succès des campagnes militaires; ils avaient intérêt à demeurer discret sur leur réussite en affaire.



Par exemple, Marcus Licinius Crassus, le patricien que vous avez vu dans le film Spartacus avait acquis une fortune colossale dans ses campagnes militaires et était honoré pour cela, mais, avec d’autres activités lucratives, il exploitait aussi des insulae (sorte de HLM) à Rome et ne s’en vantait pas…


Insulae


3. L’espace romain

Comme vous l’avez vu à la page 108, la ville de Rome est située au centre de la péninsule _______________________________________, à l’ouest, sur le (fleuve) Tibre, à 20km de la mer Tyrrhénienne.

Comme l’espace grec, l’espace romain a fini par s’étendre et par être centré sur la mer _________________________________; il occupait donc essentiellement une zone tempérée chaude. Il différait de l’espace occidental actuel, puisqu’il n’occupait pas toute l’Europe, mais surtout sa parti sud et, dans une certaine mesure seulement, sa partie nord-ouest2. De plus, il occupait une partie du sud-ouest de l’Asie ainsi que l’Afrique du Nord, zones qui ne font plus partie de l’Occident actuel.

Les Romains n’ont cependant pas occupé l’espace méditerranéen de la même façon que les Grecs, qui s’étaient contentés de fonder des colonies éparses et indépendantes politiquement. Ils ont soumis tout le pourtour de la Méditerranée à une autorité politique unique, celle de Rome. Ils étaient évidemment impérialistes, dans le premier sens que nous avons donné à ce terme (notes p. 37) : ils réduisaient les territoires vaincus sous leur dépendance politique, économique et militaire3.

De fait, Rome a étendu son autorité à un vaste territoire comprenant une vingtaine de peuples différents. Les Romains tenaient évidemment à ce que ces peuples restent soumis et paient régulièrement leurs impôts à Rome., cependant, même si les Romains étaient fiers de leur civilisation, ils n’ont pas vraiment cherché à imposer leur façon de penser ou de faire aux peuples vaincus, du moins pas d’une manière brutale4. Ils comptaient plutôt sur la séduction pour romaniser les populations : cette séduction s’opérait surtout dans les villes, instruments de la romanisation. En Gaule, la romanisation a particulièrement bien réussi, à un point tel que les Gaulois sont devenus des Gallo-romains. Dans d’autres régions plus éloignées, le résultat fut moins bien atteint : c’est le cas de la Palestine…

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À la fin du 1er siècle a.n.è., la Palestine était habitée et dirigée par des Juifs5. En -63 a.n.è., cependant, ce pays fut conquis par les Romains et les Juifs n’apprécièrent pas la perte de leur indépendance : ils résistèrent « encore et toujours à l’envahisseur » et tentèrent plusieurs fois de le chasser, mais sans succès. Vers l’an 70 de notre ère, les Romains écrasèrent une dernière révolte et décidèrent que, désormais, la Palestine serait interdite aux Juifs. Ceux-ci furent donc condamnés à quitter cette province devenue romaine et à errer dans des terres étrangères. À ce moment va commencer une mouvement de migration du peuple juif et son déploiement à travers le monde méditerranéen : c’est ce qu’on appelle aujourd’hui la ________________________________________________.

III. l’Héritage romain

Comme vous avez sans doute déjà pu le constater, la civilisation romaine était très différente de notre civilisation occidentale. Il faut cependant mettre en évidence plusieurs éléments qu’ils nous ont laissés en héritage…

Il y a d’abord les concepts lié à la notion d’État, puis un bon nombre de bases du droit occidental actuel, comme on l’a vu plus tôt. Mais les Romains vont aussi nous transmettre certains éléments de la culture gréco-romaine.

La culture gréco-romaine

Comme vous le savez déjà, les Romains avaient une grande admiration pour la civilisation grecque qu’ils avaient pourtant conquise et ils ont en grande partie adopté ses caractéristiques. Certains historiens vont même jusqu’à parler non pas d’une civilisation grecque et d’une civilisation romaine, mais d’une civilisation gréco-romaine. Cependant, la mentalité romaine différait assez nettement de celle des Grecs.

Citons ici un texte de l’historien québécois Michel Guay (Histoire et civilisations de l’Occident, Laval, Éditions Études Vivantes, 1991, p. 178) qui résume les différences qui existaient entre la civilisation grecque et la civilisation romaine.

«On a souvent dit des Romains qu’ils étaient sans grande imagination, résolument tournés vers le concret et la recherche de solutions palpables à des problèmes tangibles. À l’opposé, dit-on toujours, les Grecs étaient des rêveurs et des philosophes, accaparés par les voies de l’esprit et peu intéressés aux contingences de la vie matérielle. D’un côté, l’âme de l’ingénieur, soucieux de construire de l’autre, l’esprit du penseur, capable de percer les mystères de l’homme et de l’univers. Plus d’un verront dans cette description bipolaire une vision dangereusement caricaturale des Romains et des Grecs. Mais quelque part, peut-être, y trouve-t-on l’essence des uns et des autres. Le Romain, caractérisé par le pragmatisme, peu enclin à l’innovation intellectuelle et quelque peu conservateur. Le Grec, dont la liberté intellectuelle et la profondeur ont su attirer les beaux esprits de la fin de la République romaine.»

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Les Romains, bien sûr, ont beaucoup emprunté aux Grecs : leur alphabet, que nous utilisons encore (avec quelques lettres en plus) venait de l’alphabet grec, qui était passé par les Étrusques et que les Romains avaient achevé de transformer. Les Romains cultivés apprenaient par ailleurs, la langue grecque qu’ils jugeaient plus élégante que le latin (César et Cléopâtre se parlaient en grec).

La religion romaine, vous le savez déjà, est devenue une « copie » de la religion grecque et l’est demeurée jusqu’à ce que le christianisme finisse par devenir la religion officielle de l’empire à la fin du IVe siècle, en 380.

La littérature romaine elle-même est longtemps demeurée une copie de celle des Grecs avant que n’apparaissent quelques œuvres originales. Ainsi, par exemple, lorsque les Romains ont découvert les œuvres d’Homère, ils ont voulu faire remonter leurs origines à la guerre de Troie.

Selon une légende que vous avec vu précédemment, développée par le poète romain Virgile (-71 à -19 a.n.è.), l’ancêtre de Romulus le fondateur mythique de Rome, aurait été le héros troyen __________________________, fruit de l’union d’un simple mortel avec la déesse Vénus (Aphrodite). Ayant réussi a s’échapper de Troie lorsque les Grecs l’ont saccagée, Énée aurait vécu des aventures ressemblant à celles d’Ulysse. Ce sont des aventures légendaires que Virgile a raconté dans son œuvre la plus connue, l’Énéide.

L’art et l’architecture romaine elle-même semblent à première vue n’être que des imitations des créations grecques. C’était bien le cas au début, mais c’est peut-être un bien puisqu’un bon nombre de statues grecques disparues sont parvenues jusqu’à nous grâce à des copies romaines. C’est le cas, par exemple, de la Vénus (Aphrodite) de Praxitèle. Les Romains, en somme, nous ont transmis une bonne partie de la culture grecque!

Les Romains, à la longue, se sont cependant démarqués de leurs modèles grecs. Ils ont développé, par exemple, un art du portrait sculpté moins idéalisé que celui des Grecs : le portrait d’un patricien que vous voyez ci-dessous est fortement individualisé, réaliste et extraordinairement vivant (comparez-le avec des portraits idéalisés de Périclès ou d’Alexandre le Grand qui se trouvent dans vos notes…).



De même, en architecture, ils ont introduit, par exemple, la coupole, absente dans les constructions grecques. Les aqueducs, qui servaient à conduire l’eau, sont des constructions typiquement romaines comme les routes, que vous connaissez déjà.



Pont du Gard (France). Le pont qui enjambe le Gardon est la partie la plus grandiose d'un immense aqueduc qui alimentait Nîmes en eau potable. Véritable source d'inspiration pour les peintres et les poètes...





La banque de Montréal, dont l’architecture s’inspire du Panthéon romain.

Les Romains, il est vrai, n’ont fait aucune véritable découverte scientifique, mais ils ont, comme nous l’avons vu, développé la politique et le droit bien plus que les Grecs ne l’avaient fait.

Ainsi donc, même si les Romains avaient tendance à récupérer tout ce qui leur semblait bon chez les peuples qu’ils avaient vaincus, il serait exagéré, à mon avis, de ne voir en eux que de vulgaires copieurs…

Signalons, pour terminer, qu’ils ont inventé les chiffres romains, qui se présentent sous forme de lettres (I, V, X, L, C, D et M) et que nous utilisons encore aujourd’hui à certaines occasions.

1= I 2= II 3= III 4= IV 5= V 6= VI 7=VII 8= VIII 9= IX 10= X

30= XXX 40= XL 50= L 60= LX 90= XC 100= C

300= CCC 400= CD 500= D 600= DC 900= CM 1000=M

Sauriez-vous écrire l’année actuelle en chiffres romains?

________________________

… et votre année de naissance?

_________________________

Fin de la 2e partie sur Rome.

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Pour consulter le Prezi du cours : http://prezi.com/2ko-eewscxbr/rome-suite/

1 Vers la fin de la République, une nouvelle classe sociale située entre les patriciens et les plébéiens apparaît. Il s’agit des «chevaliers» (ordre équestre) enrichis par les conquêtes, qui rivalisaient avec la classe des patriciens. La plupart des chevaliers étaient des propriétaires fonciers, c.-à-d. qui possèdent des terres, comme les patriciens, mais plusieurs d’entre eux s’adonnent aussi au grand commerce

2 La Gaule, bien sûr et à une certaine époque, le sud de la Bretagne (aujourd’hui la Grande-Bretagne ou l’Angleterre)

3 N.B. Même si l’Empire romain a inspiré des conquérants occidentaux, comme Napoléon, et que des comparaisons sont possibles (on parle aujourd’hui d’empire américain), l’impérialisme occidental n’est pas le prolongement de l’impérialisme romain. Celui-là n’a véritablement débuté que 600 ans après la chute de l’Empire romain d’Occident. Nous reviendrons là-dessus lorsque nous étudierons le « Moyen Âge » occidental.

4 La religion constituait une exception puisque la vie publique était étroitement mêlée aux fêtes religieuses. On considérait un peu comme un devoir politique le fait de participer à ces rites destinés à conserver la cité (c.-à-d., l’empire) et le peuple. L’État romain n’interdisait à personne d’adorer d’autres dieux à condition qu’on rende un culte aux dieux de Rome et surtout à l‘empereur, considéré comme un dieu dès le 1er siècle de notre ère.

5 L’histoire du peuple juif, un peuple sémite comme les Arabes, est longue et complexe. Elle est racontée, d’une façon « romancée » dans l’Ancien Testament. Pour aller à l’essentiel, les Juifs croyaient que vers -1900 a.n.è., Dieu lui-même leur avait donné le territoire de la Palestine. Depuis cette époque jusqu’en -104 a.n.è., l’histoire des juifs fut une longue série de péripéties au cours desquelles ils ont conquis leur « Terre Promise », l’ont perdue, puis l’ont reconquise et reperdue, etc.



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