Livre de bord








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Ruines antiques de Djemila
Il fait très beau et, à 900 m d’altitude, nous déjeunons, simplement, en terrasse, à la porte de ce site antique classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Madjid et Nasser font table à part.

A 14H, nous commençons la visite du musée où un guide local très intéressant nous parle de l’histoire de Djemila, un site occupé depuis fort longtemps par des tribus berbères sur lequel les Romains construisirent leur ville au 1er siècle. Le musée renferme surtout des mosaïques fort bien conservées et, moi qui n’aime pas spécialement les vieilles pierres, j’apprends beaucoup de choses. Il n’y a pas d’âge pour se cultiver.

Le guide nous emmène ensuite faire le tour du site, situé dans un endroit plaisant, où subsistent pas mal de monuments assez bien conservés. A l’horizon, des sommets partiellement enneigés, pratiquement à notre hauteur. Belles photos en perspective : grands thermes, maison de Bacchus, place des Sévères, arc de Caracalla, ancien forum, marché de Cosinius, magnifique théâtre, quartier chrétien, etc. J’aime beaucoup, d’autant plus que ce guide est vraiment érudit et sait aller à l’essentiel sans me lasser.


Théâtre (II S), ruines antiques de Djemila Place sévérienne et temple de Vénus
Nous repartons de là vers 17H. Encore une soixantaine de km et un peu plus d’une heure pour arriver à Sétif, ville plutôt moderne de 350 000 habitants. Nous avons changé d’escorte plusieurs fois dans la journée (ce sera comme ça tout au long du voyage). 130 km parcourus aujourd’hui. Installation à notre hôtel, l’El Rabie, simple mais à la décoration traditionnelle agréable. Chambre assez grande, salle de bain plutôt étroite. Mais l’hôtel se trouve à 20 m du minaret de la mosquée voisine (les boules-Quiès seront indispensables cette nuit). La Wifi y est malheureusement aussi lente qu’à Constantine, donc toujours pas de téléchargement possible.

Je relève toutefois mes courriels et travaille sur mes photos avant de redescendre vers 19H30 pour un très bon diner entre nous (sans Madjid et Nasser) avec trop longue discussion assez pénible sur Israël et la Palestine.

Puis sur mon ordi jusqu’à 23H30, trop tard encore.


Forum, ruines antiques de Djemila A Sétif

Jeudi 5 : Les boules Quiès sont efficaces, je n’ai rien entendu de la nuit et dormi jusqu’à 6H45. Mais je me lève fatigué.

Petit-déjeuner ordinaire et correct. Dehors tout est mouillé, il a plu cette nuit. En tout cas, il fait froid.

Nous quittons l’hôtel à 8H pour nous rendre, à côté du gigantesque nouvel hôtel Marriott à l’architecture futuriste, au musée archéologique où nous pouvons admirer la mosaïque dans le hall d’entrée. Le reste du musée n’ouvrira que dans une heure et nous préférons repartir, Madjid nous disant qu’il n’y a rien d’autre de remarquable ici. Ni en ville d’ailleurs.

Après avoir retrouvé notre escorte, nous nous dirigeons vers le sud-est. Il se met alors à neiger à petits flocons. Nous voilà à Medracen où se trouve un mausolée de 18,5 mètres de hauteur sur 59 de diamètre qu’on suppose être un tombeau royal datant du IVème siècle avant JC. J’en fais rapidement le tour, il est en assez mauvais état mais devrait être rénové prochainement. Quel froid !

Nous continuons ensuite jusqu’à Timgad, sur le versant nord des Aurès, où nous déjeunons tout à fait correctement au chaud avant d’aller visiter le site romain juste en face, fondé en l’an 100 et classé aujourd’hui au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Je préfère le visiter tout seul alors que le groupe prend un guide local. Avec mon petit plan, sous la neige et le vent violent, à moitié gelé, je le parcours rapidement en m’arrêtant aux points les plus intéressants : les grands thermes du nord, le théâtre (3500 places), le forum, le capitole (plus que deux colonnes de 14 m de haut sur le podium), l’arc de Trajan (dont la réplique sert de monument aux morts à Constantine) etc… Beaucoup de ruines basses, de pierres taillées, de colonnes brisées, l’ensemble est bien moins beau que celui de Djemila.


Le Medracen, vers Batna Site romain de Timgad
Je reviens au fourgon une demi-heure plus tard, frigorifié. Impossible de visiter le musée pourtant prévu au programme (« musée mis à jour des fouilles entreprises à partir de la fin du XIXème siècle ») : il est fermé depuis plus de 10 ans !

Le reste du groupe revient bien plus tard, assez peu satisfait de leur guide, semble-t-il.

Nous repartons, vers Batna. En chemin nous longeons les ruines romaines de Lambèse : deux monuments (II-IIIème siècle) perdus au milieu d’un grand champ de gravas. Bof ! Derrière, à Tazoult, se dresse un pénitencier politique de triste mémoire construit par les Français en 1855 transformé aujourd’hui en prison de haute-sécurité.

Après 200 km ce jour nous arrivons à Batna vers 16H. C’est est une ville de 300 000 habitants fondée en 1848 sous Napoléon III. Située à 980 m d’altitude au milieu d’une large vallée au nord des Aurès, elle accueille 30 000 étudiants dans son université.

L’hôtel Salim, construit en 2008 en périphérie de la ville, est un bâtiment aux chambres vastes, un peu vieillottes mais bien chauffées et assez agréables. Les salles de bain sont plutôt spéciales, avec leurs faïences peintes. Nous devons rester là deux nuits, car l’hôtel qui était prévu à Biskra, la prochaine étape, est paraît-il complet. Il nous faudra donc faire demain plus de 100 km supplémentaires pour revenir ici et le surlendemain le même supplément dans l’autre sens : fatigue supplémentaire et temps perdu en perspective.

Je m’installe dans ma chambre au quatrième étage mais la Wifi n’y passe pas et je suis obligé de descendre travailler dans la salle de conférence près de la réception, dans une position fort inconfortable. Repas à peu près correct (entrecôte un peu trop nerveuse). Madjid et Nasser ne mangent toujours pas avec nous.

Après le repas, j’échange ma chambre avec celle de Martin, plus petite et donnant sur la rue mais à proximité de l’antenne Wifi. La Wifi marche mais pas Internet. Décidément ! Ca recommence à fonctionner à 22H30, mais lentement. Du coup, je me couche encore très tard, vers minuit.


Arc de Trajan, Timgad Stèles, Timgad

Vendredi 6 : Bonne nuit, lever 6H40, il commence à faire jour, le ciel est gris. Mais surtout, surtout, tout est blanc dehors : la neige a recouvert les toits et les collines ! Départ à 8H après le petit-déjeuner. Enfin, si l’on veut… l’escorte policière n’est pas là et nous attendons dans le fourgon jusqu’à… 9H50. Je suis assez en colère. Et nous sommes alors obligés de changer de programme, le col que nous devions franchir ce matin étant fermé.

Aujourd’hui, dans notre fourgon aménagé, j’ai pris la place derrière tout au fond, la plus mauvaise (nous devons changer de place chaque jour, c’est normal). Et nous n’arrêterons pas de monter et descendre du véhicule, drôle de gymnastique dont je me passerai bien, surtout avec mes côtes fracturées. On est loin su « véhicule confortable » annoncé : mes genoux touchent le siège de devant, aucune place pour remuer les pieds, pas de vide-poche pour mettre ses affaires, une seule porte, pour toutes les places arrières (la seconde rangée devant rabattre un siège devant pour sortir) et, toujours pour la derrière rangée, pas de fenêtre qui s’ouvre, donc pas de photo depuis l’intérieur du véhicule. Le seul avantage derrière est qu’il reste une place libre, la seule, où je peux poser ma bouteille d’eau et mon Lonely Planet.

Direction plein sud, vers El Kantara, où nous arrivons une heure plus tard. Là se trouve un pont romain dans un merveilleux paysage : une faille taillé par un oued entre deux montagnes. Napoléon III y a fait mettre son sigle, un N majuscule dans un cercle qu’on voit toujours, et son portrait, qui s’est effacé depuis. Pas mal de vent ici mais le ciel est partiellement bleu maintenant. Les jumelles étant interdites en Algérie, je n’ai pas pris les miennes et ça me manque.


Neige à Batna Faille et gorges d'El Kantara
Plus au sud, à Biskra, après un thé et une pâtisserie dans un café, nous bifurquons vers l’est, dans les gorges de l’oued El Abiod. Nous faisons des stops, notamment devant des stands de poterie puis à l’oasis de M’Chounène, dans un cul de sac parmi des plantations de palmiers-dattiers. Enfin, vers 14H30, nous arrivons aux Balcons du Rhoufi. Affamés…

Restaurant improvisé dans une jolie pièce ouverte au milieu de boutiques, pièce décorée de tapis et autres objets. Nous déjeunons à l’arabe, assis sur des coussins devant une table basse. Couscous local végétarien commandé à l‘avance : pas de viande donc, mais des raisins secs, du miel et du petit lait pour l’arroser. Délicieux, je ne connaissais pas. Dattes et orange au dessert. Seul manque l’alcool : en Algérie très peu d’endroits acceptent d’en servir (et on ne peut même pas en amener). Beaucoup de musulmans sont en effet persuadés que l’alcool leur est strictement interdit alors que c’est l’abus d’alcool qui l’est. Bon… (voir http://nawaat.org/portail/2014/04/24/lislam-ninterdit-pas-lalcool-plutot-livresse/, et notamment la sourate « Les femmes (43) » : « Ô vous qui croyez ! N’approchez pas de la prière, alors que vous êtes ivres — attendez de savoir ce que vous dites ! »). Par contre, à ma connaissance (j’ai lu et étudié le Coran il y a quelques années), pas un mot sur la drogue, qui sévissait pourtant déjà au VIIème siècle. Pour clore le sujet, j’ai partagé avec Martin une bonne bouteille de rouge algérien au restaurant de l’Ibis de Constantine. Ca l’Algérie, pays de contradiction, a des vignes !


Marabout, vers Biskra Restaurant, Balcons du Rhoufi
Puis, alors que les femmes vont se balader un peu dans les gorges de l’oued El Abiod, je bouquine dans la voiture. Le paysage est austère, bien moins beau que les paysages de l’Atlas marocain. Pas mal de monde, des touristes algériens venus pour le week-end. Car, en Algérie, le vendredi correspond à notre dimanche et le samedi à notre… samedi.

Nous repartons de là vers 16H30, en direction du col, pour apprendre à la relève d’escorte suivante que le col vient de fermer (il se remet à neiger). Demi-tour, c’est de leur faute, si les policiers ne nous avaient pas fait perdre deux heures ce matin ! Font ch… ! Il nous faut donc refaire toute la route en sens inverse pour revenir à notre hôtel de Batna. C’est long, très long, j’ai mal aux jambes (pourvu que je ne fasse pas une phlébite !). Nous arrivons un peu avant 21H alors que le nuit est tombée depuis longtemps. Nous avons parcouru 390 km (au lieu des 200 prévus sur le programme) !

Un autre couscous nous attend au restaurant, très moyen : si l’agneau est excellent, l’accompagnement est quelque peu sans goût. Par contre la chorba habituelle (soupe) est bonne, comme toujours.

Je rejoins ma chambre à 22H, bataille avec Internet et finis par me coucher à minuit passé sans avoir terminé. Crevé !


Gorges de l'oued El Abiod, depuis les Balcons du Rhoufi Village du Rhoufi vu depuis les Balcons du Rhoufi

Samedi 7 : Réveil vers 6H, insuffisamment reposé, évidemment. Me connaissant, je vais être de très mauvaise humeur, voire en colère, si la journée se passe comme celle d’hier.

Quelques nuages mais beau temps annoncé les prochains jours dans la région, au sud, où nous nous rendons. Internet marche mieux ce matin, enfin ! J’arrive à me mettre à jour.

Déjeuner commun ; je n’arrive pas à comprendre pourquoi dans le pays des oranges on nous sert tous les matins un jus « de fruits » chimique et dans le pays des légumes des frites à chaque repas (à part hier où nous avons réussi, en le commandant à l’avance, à avoir du couscous) !

L’escorte est là à 8H. Nous reprenons de nouveau, pour la troisième fois, la même route, une autoroute (2 fois 2 voies) vers le sud. Que de km superflus ! Bon, ce sera plus beau qu’hier matin, grâce au soleil (le ciel est maintenant entièrement bleu). Et je suis bien mieux installé aujourd’hui, dans la seule place à peu près confortable du fourgon, celle du mort : je peux y bouger mes jambes. Ca change tout, vraiment !

Nous laissons à notre droite les sommets enneigés des monts des Ouled Naïl et arrivons une heure plus tard aux gorges d'El Kantara, éclairées d’une lumière différente de celle d’hier. Un coin magnifique avec son pont romain et ses palmeraies (voyez la photo).


Sommets enneigés des monts des Ouled Naïl Notre escorte policière
Nous continuons vers Biskra, là où les hauts plateaux débouchent sur le Sahara. De domination arabe en domination arabe depuis l’invasion de Sidi Okba (fondateur de Kairouan et grand conquérant de l’Afrique du nord), l’oasis fut conquise par les Turcs, puis occupée par Abd el-Kader et les Français. Les 200 000 palmiers de « la Porte du Sahara », appelée aussi la ville aux deux millions de palmiers, vont jusqu’au centre de la ville, près d’un oued fort large. Quant à la « découverte des merveilles de Biskra » annoncée sur notre programme, elle se limitera à la visite d’une mosquée très ancienne, de type médiéval, dans le village de pisé de Sidi Okba. Cela dit je ne suis pas certain qu’il y ait autre chose à y voir, Biskra n’étant même pas répertorié dans mon Lonely Planet !

La vieille mosquée de Sidi Okba est magnifique avec sa salle de prières aux piliers verts, son joli mirhab, ses pièces en enfilade et ses courettes arborées. Une mosquée plus moderne la jouxte, plutôt réussie. C’est un lieu de pèlerinage.

Retour à Biskra dont nous ne voyons que quelques boutiques, dont une spécialisée dans les dattes (réputées les meilleures du pays). Nous en repartons vers 12H15, toujours vers le sud, en laissant le massif des Aurès derrière nous.. Je sommeille et suis réveillé à 13H30 quand le véhicule s’arrête pour le déjeuner.

Ah, des brochettes ! Avec du riz et… des frites. Mais je me régale. Pour dessert juste un thé à la menthe.

14H30, nous repartons. Bifurcation vers El-Oued, au sud-est, par une route étroite et mal entretenue. D’après Madjid, qui est malade aujourd’hui, la police qui nous précède n’aurait pas pris la bonne route. Comme la région est plus dangereuse, nous avons maintenant droit à une escorte de quatre hommes au lieu de trois précédemment.
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