Livre de bord








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Palmeraie d'El Kantara Ancienne mosquée, Sidi Okba
Vers 16H, arrêt rapide aux Shotts el Melghir, lacs salés qui ne sont en fait, en ce moment en tout cas, que de petites étendues d’eau au milieu du désert de sable du Grand Erg oriental. En fait, les Shotts seraient près d'une autre route !

Peu après 17H, nous arrivons au petit village de Guemar où nous visitons la Zaouia, une école coranique où se trouve le tombeau de celui qui l’a créée, Sidi Mohamed Saci, un notable de la ville adepte du tidjaninisme. Un homme sympathique et quelque peu bégayeur nous fait visiter cet endroit dont certaines parties sont ruinées et d’autres viennent d’être rénovées. C’est intéressant. Cette Zaouia, dont l’architecture est d’inspiration tunisienne, fut créée en 1789, alors que la folie dont nous supportons toujours les effets malheureux se déchainait en France.

A la tombée de la nuit, un peu avant 19H, nous arrivons enfin à El-Oued. Trop tard pour admirer le coucher de soleil sur les dunes de l'erg comme prévu. Il faut dire que nous avons parcouru 441 km au lieu des 220 prévus sur le programme !

Le Grand Hôtel du Souf est plutôt bien, vaste avec ses salles décorées d’arabesques aux couleurs vives et sa piscine. Mais nos chambres sont les moins chères et plutôt étroites (salle de bain minuscule). Dans la mienne flotte une certaine odeur d’égout, pas très sympathique. Par contre, et ça fait passer la pilule, j’y capte la Wifi, et très bien, alors que la réception m’a annoncé qu’il n’y avait pas de Wifi dans les chambres !

Repas au restaurant bien décoré, bonne soupe, tranche de gigot d’agneau et… frites, pas de dessert particulier, juste des fruits. Puis Internet dans ma chambre jusqu’à 23H (je n’avance pas).


Zaouia de Guemar Restaurant du Grand Hôtel du Souf, El-Oued

Dimanche 8 : Réveil vers 6H, je me prépare et monte voir le lever de soleil dans la tour/minaret de l’hôtel (correspondant à un troisième étage). Il fait 8° environ, ça va, et le ciel est sans nuage. Mais le soleil n’est pas encore prêt à se lever. Je redescends prendre mon petit-déjeuner (succinct) puis remonte. Trop tard, il s’est levé il y a quelques minutes, ce n’est pas bien grave. Tout autour, beaucoup de coupoles sur les toits des maisons blanches. Ce n’est pas pour rien qu’Isabelle Eberhardt a surnommé El-Oued « la ville aux mille coupoles ».

Retour dans ma chambre où je travaille une heure et demie, sans terminer, jusqu’à 8H45, heure où nous partons nous balader à pied pour découvrir la ville. El-Oued est construite à 80 m d’altitude sur le sable en plein Sahara. L’été il peut y faire très chaud, jusqu’à 50°, pendant plusieurs jours de suite. C’est une ville d’environ 200 000 habitants abritant une forte garnison militaire et la frontière tunisienne n’est qu’à 80 km par la route.

Tour au marché, en centre-ville. Assez pittoresque et plaisant. Ici toutes les femmes ont la tête couverte et la plupart portent le tchador ou le niqab. Je me rafraichis d’un vrai jus d’orange. Du haut d’un minaret, belle vue sur la ville. Un vieil homme monte un chariot tiré par un âne. Etalages d’épices, de friandises, de fruits et autres denrées.

C’est aujourd’hui la journée internationale de la femme ; du coup, le musée de la faune et de la flore que nous devions visiter est fermé. Madjid le remplace par le musée de la Révolution, pour moi fort inintéressant. Je me fais raccompagner à l’hôtel, à deux pas, par un policier. Il est 10H30 et je me remets sur mon ordinateur afin de terminer mon récit d’hier.


Enfant au marché, El-Oued Au marché, El-Oued Au marché, El-Oued

Nous déjeunons tôt, à 11H45. Tajine de mouton aux olives, c’est bon, mais moins que les vrais tajines du Maroc.

Départ en voiture vers 13H, une centaine de km à parcourir vers l’ouest jusqu’à Touggourt, mais nombreux arrêts prévus.

Et, en effet, je n’arrêterai pas de descendre et monter dans le fourgon tout l’après-midi, pas facile avec le bras droit dont je n’ose encore pas trop me servir (mes côtes ne paraissent pas encore complètement rafistolées puisqu’elles me font toujours un peu mal), d’autant plus que je suis aujourd’hui au second rang coincé entre Jeanne et Madjid.

Plusieurs stops notamment pour voir les Ghoutts, ces entonnoirs creusés à main d’homme dans le sable pour y planter des palmiers afin qu’ils soient plus près des nappes phréatiques. Sur le sable, plus loin, près de tentes bédouines, quelques dromadaires broutent une herbe rare.

Nous arrivons vers 15H30 à Touggourt («  La porte » en berbère). Petite ville de 60 000 habitants à 80 m d’altitude. Au centre, un monument est dressé à l’endroit d’où est partie, en 1922, la première traversée motorisée du Sahara : l’expédition Haardt et Audouin-Dubreuil rallia Tombouctou via Tamanrasset à bord de véhicules à chenilles Citroën. A proximité, dans le cimetière musulman, quelques marabouts sont en fait des tombeaux de rois de la dynastie des Beni Djellab qui a gouverné la région de Touggourt entre 1414 et 1854. Le centre de tissage artisanal est fermé. Décidément !


Un minaret, El-Oued Monument Citroën, Touggourt Minaret du vieux ksar de Temacine
Tour jusqu’à Tamelhat pour visiter la zaouia [de Sidi el-Hadj Ali Tidjani. Ce dernier avait créé la Confrérie des Tidjanis et a d’ailleurs son mausolée ici, près de la mosquée et des salles d’enseignement. De jeunes élèves récitent des versets de coran à tue-tête, la plupart ne comprenant pas ce qu’ils racontent. C’est ainsi…

Sur le chemin du retour, au village soudanais de Temacine, au centre d’un vieux ksar ruiné, se dresse un beau minaret penché. Photo. A la sortie du village un lac d’eau salée rappelle le temps où le Sahara était sous l’eau. Aujourd’hui ne reste que la plage. Qui ne connaît pas : « - Papa, c’est loin la mer ? - Tais-toi et marche… » ?

Après avoir parcouru ce jour 144 km, nous arrivons à notre hôtel de Touggourt vers 18H30. L’hôtel Oasis, une autre réalisation de Fernand Pouillon, serait le meilleur hôtel de la ville, je me demande comment sont les autres ! Vieillot, défoncé, entrée minuscule, piscine abimée et vide… Pouillon n’a pas été à la hauteur ici ! Quant à ma chambre, elle est petite, avec deux lits étroits (80 cm) et une salle de bain étrange : quand je tire la chasse d’eau cela déclenche un genre de sirène qui doit réveiller tout l’étage ! Et la Wifi est défectueuse, il me faudra aller à la réception (si elle marche là-bas).


Ghoutt (entonnoir) sur la route de Touggourt Tombeaux des rois, Touggourt

Le diner est plutôt bon mais les portions bien trop justes pour moi. Par contre le vin y est permis. Après quoi, je reste debout durant deux heures à la réception pour profiter de la Wifi. La vie est dure ! Je retourne à ma chambre à 22H30, fourbu. Il a fait chaud aujourd’hui, une vingtaine de degrés, mais le soir la température chute (4° prévu cette nuit).

Lundi 9 : Réveil muezziné vers 5H30, de nouveau dans les vapes, réveil réel vers 6H15, encore sommeil. Pas mal de bruits bizarres cette nuit, dont des ronflements venant de la chambre d’à côté. La télé ne marche pas, les chaines sont brouillées, tant pis pour les infos… Douche chaude et petit-déjeuner tout simple.

A 8H, notre escorte n’est pas là, nous l’attendons un quart d’heure. Comme chaque jour, nous en changerons plusieurs fois dans la journée, chacune ayant un secteur bien défini.

Très bonne route goudronnée, toute droite sur 160 km, à travers les dunes du Sahara, jusqu’à Ouargla, où nous arrivons à 9H45. Nous attendons là encore la relève de l’escorte durant 15 minutes, puis allons faire de l’essence (la police nous est alors utile car nous sommes prioritaires devant des dizaines et des dizaines de véhicules) avant d’aller prendre un thé et des gâteaux. Deux visites prévues au programme à Ouargla : la place des roses de sable (où ce marché n’existe plus depuis plusieurs années !) et le musée du Sahara, qui est fermé depuis un an pour rénovation et dont les collections sont stockées dans une salle fermée de l’hôtel de ville. Il ne reste dans ce bâtiment typique, où on nous laisse toutefois pénétrer, que quelques objets et des photos du passé.


Les trois pitons (arrivée à Ouargla) Musée saharien, Ouargla
Nous repartons à 11H30. La route est un peu moins bonne, mais correcte tout de même. Je suis de nouveau assis devant aujourd’hui, la place idéale pour moi. Merci les amis…

Je n’ai pas beaucoup parlé de nos accompagnants : Nasser est un bon conducteur (très sympathique en plus). Quant à Madjid, il connaît parfaitement son pays (et bien plus..) et, lorsque cela est nécessaire, il nous donne de bonnes explications de tous genres : historiques, géographiques, religieuses, ethnographiques etc…

190 km nous séparent de Ghardaïa, ville principale de l’étroite vallée du M’Zab qu’une large oasis longe sur une dizaine de km ; nous y arrivons, après quelques arrêts photo, un peu avant 14H. Nous sommes escortés par deux voitures de police ou de gendarmerie dans cette région quelque peu troublée ces derniers temps par des problèmes ethniques. Les Mozabites (habitants les plus anciens du M’Zab) sont de fins commerçants berbères d’origine yéménite lointaine et forment une communauté ibadite très stricte issue des Kharidjites (« dissidents », communauté très conservatrice ayant rompue avec l’islam orthodoxe). Ils se marient uniquement entre eux et sont en conflit pour des raisons de terre avec d’autres habitants du coin, les Chambaas, à la peau bien plus sombre, qui sont des sunnites malékites arabophones. On rencontre aussi, comme dans toute l’Algérie, de nombreux sans-papier originaire de différents pays du sud, surtout des Maliens. Les Algériens commencent à mieux comprendre nos problèmes d’immigration en France.


Ruelles, El Atteuf Mosquée de Sidi-Brahim (XV S), El Atteuf

Beau panorama sur les différents villages, construits dans des oueds ou à flanc de collines et que nous n’apercevons qu’au dernier moment : Bou-Noura (la lumineuse), Béni-Isguen, El Atteuf, Melika et, au fond, Ghardaïa.

Nous déjeunons rapidement dans un petit restaurant puis rejoignons à 15H20 l’hôtel El Djanoub, le meilleur de la ville, pour y prendre nos chambres et y déposer nos bagages. Petite chambre correcte et propre, grand lit et Wifi uniquement à la réception. Nous y resterons deux nuits.

Nous repartons à 16H, toujours bien escorté, et rejoignons le village mozabite d’El Atteuf, le plus ancien. Il fait bon, 17°.

Brahim, un homme de 70 ans, surnommé le Parisien à cause de son accent (il a été boucher à Paris), nous guide durant une heure et demie à travers les dédales, montées et descentes de ce village blanc très typique (un véritable labyrinthe !). Nous croisons beaucoup d’élèves, les garçons en tunique blanche, sarouel et la tête couverte d’une chechia blanche (calotte), les filles en robe longue et tchador. Quand aux femmes mariées, on dirait des fantômes : avec leur haïk (voile blanc qui les couvre de la tête aux pieds) on ne voit d’elles qu’un seul œil, et encore ! Ce qui est sûr, c’est que les enfants ici ont l’air très discipliné et poli, ils semblent bien éduqués. Comme quoi la tradition a souvent du bon.


Passage, El Atteuf Main de Fatma, El Atteuf Vieillards, El Atteuf
La plus grande partie d’El Atteuf, ville millénaire bâtie dans un coude de l’oued M’Zab (son nom signifie « le tournant »), est piétonnière, c’est bien agréable. Belle vue depuis le sommet du village où se trouvent une école primaire et le cimetière. En bas, de l’autre côté, la belle mosquée de Sidi-Brahim, toute blanche, datant du XVème siècle, à semi-enterrée et sans minaret, dont se serait inspiré Le Corbusier. Nous terminons notre tour par la visite d’un sympathique petit musée installé au premier étage d’une maison traditionnelle. Un grand merci à Brahim ! C’était très chouette.

Pour ceux qui se posent la question : non, les femmes de Mozabites ne s’appellent pas des Mozachattes.

Retour à notre hôtel peu avant 19H, à la tombée de la nuit. Nous avons parcouru aujourd’hui 388 km.

Soirée chargée pour moi, pas mal de photos à classer. Et, pour mes recherches, ne pas avoir Internet dans ma chambre est une grosse perte de temps. De plus j’ai reçu pas mal de courriels, auquel je dois répondre.

Diner correct au restaurant de l’hôtel : salade de thon, poulet, frites et riz, bonne crème au caramel renversée, le tout accompagné d’un vin algérien. Puis travail à la réception et dans ma chambre jusqu’à minuit. Il fait frisquet ce soir mais je préfère me passer de chauffage plutôt que de brancher ma clim.


Elèves mozabites au vélo, El Atteuf Petit musée, El Atteuf

Mardi 10 : Comme hier, le premier appel à la prière, vers 5H30, me réveille, mais je me rendors jusqu’à 6H15. J’apprends sur TV5, seule chaine française captée dans ma chambre, le terrible accident d’hélicoptères ayant notamment coûté la vie aux trois champions Florence Arthaud, Camille Muffat et Alexis Vastine. Quel malheur ! J’en suis tout retourné.

Petit-déjeuner simple et départ en retard, vers 9H, nous avons encore attendu les policiers.

Nous allons d’abord à Melika, l’un des villages de la pentapole du M’Zab, près du cimetière et des tombes de Sidi Hadj Aïssa et de sa famille. Là, un belvédère offre une belle vue sur Ghardaïa et l’oued M’Zab.

Ghardaïa, classée « Patrimoine Mondial de l'Humanité », est une ville de 110 000 habitants édifiée au XIème siècle à environ 500m d’altitude. Elle est renommée pour son système d'irrigation, ses palmeraies, son artisanat et surtout ses monuments dont sa magnifique mosquée au minaret d'inspiration soudanaise. Nous pouvons observer cette dernière de loin avant de rejoindre la ville et son marché défini sur mon programme comme « un véritable musée à ciel ouvert et l’un des plus pittoresques d’Algérie ». Quelle déception ! A cause des troubles actuels ce marché est devenu pratiquement inexistant, juste quelques stands et surtout beaucoup de véhicules stationnés partout sur la place à arcades. Nous rentrons dans une boutique d’artisanat pour regarder quelques tapis fait de fil de laine et autres objets. Petit tour dans une rue commerçante, c’est bien plus intéressant et vivant. Je goûte quelques dattes au passage.
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