Livre de bord








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Lever de soleil, Hôtel El Marsa, Sidi Fredj Le mausolée royal maurétanien (tombeau de la chrétienne)
Cherchell est l’ancienne Césarée romaine (début de notre ère). Les Romains ont habité ce lieu après les Puniques, c’est donc une vieille cité, 2500 ans au moins. Il reste quelques vestiges éparpillés en ville que nous n’avons pas le temps de visiter. Le petit musée archéologique, en rénovation, présente peu de pièces intéressantes d’autant plus que de nombreux objets ne sont pas visibles (un tiers du musée est fermé et des pièces sont aussi momentanément dans un autre musée en ville. Belle fontaine romaine sur la grande et belle place en front de mer d’où la vue sur le port est fascinante. Derrière la place, un temple romain a été transformé en mosquée (Errahmane). Petit tour au marché, très fréquenté et sympathique.

Vers 12H30, nous repartons et faisons un détour de quelques km (au lieu des 23 prévus) jusqu’à la corniche de Chenua, surplombant de 900 m la mer et offrant de beaux paysages sur la côte. Je me crois près de Marseille !

Puis nous rejoignons un autre port de pêche, Tipaza, ancien comptoir phénicien devenu colonie romaine au IIème siècle, christianisé dès le IIIème, saccagé par les Vandales, reprise au VIème par les Byzantins, puis plus tard, par les Arabes.. Heureusement qu’il y a eu en Algérie les occupations : phénicienne, romaine, byzantine, ottomane et française ! Sinon qu’aurions-nous à visiter aujourd’hui ? Ce site a été classé au patrimoine de l’humanité par l’Unesco.

Nous déjeunons, tard, au « Dauphin », un restaurant de poissons et fruits de mer très fréquenté surplombant le port. Pas de dauphin au menu (je n’en ai jamais goûté) mais nous avons droit à d’excellentes sardines grillées suivies de crevettes grillées elles aussi. Un très bon déjeuner.


Marché de Cherchell Fontaine romaine, Cherchell
A 15H, nous commençons la visite du site de Tipaza, situé en bord de mer, ce qui fait son charme. Car, pour être franc, il ne reste plus grand-chose debout. Une guide nous conduit durant une heure et demie parmi les ruines, nous donnant d’excellentes explications. Le lieu est prisé des Algériens, il y a pas mal de monde et même une classe d’école. Les monuments les plus remarquables sont l’amphithéâtre et le théâtre (fin IIème siècle), le forum, et les traces de la basilique chrétienne (IVème siècle) qui était à son achèvement le plus grand édifice chrétien d’Afrique du Nord. L’ensemble, cher à Albert Camus, est toutefois remarquable vu sa situation.

« Au printemps, Tipaza est habitée par les dieux, et les dieux parlent dans le soleil et l’odeur des absinthes, la mer cuirassée d’argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. » Camus était un visionnaire, comment savait-il que je viendrai au printemps (ou juste avant) ?

Par contre, et c’est surprenant, rien n’est vraiment protégé dans ce site. Qu’en restera-t-il dans un siècle ? Il faut lourdement insister auprès de Madjid pour que certains puissent visiter le musée prévu au programme (« parmi les plus beaux du pourtour méditerranéen, restituant nombre de pièces de mobilier funéraire, de sculptures, mosaïques, stèles et fresques éclairant ainsi le contexte chronologique de l’ensemble du site et de sa région « ). Madjid, ce musée est petit et sans grand intérêt. Il faudrait qu’ils e mettent d’accord, non ? Cela dit, ceux qui l’ont visité en sont revenus enchantés ! Tant pis pour ceux qui, comme moi, ont du coup préféré marcher sur le port.


Port de pêche de Tipaza Crevettes grillées, Tipaza
Après cette visite, à la demande de Martin, petit tour aux Sables d'Or, un lieu de villégiature dont une partie a été construite par Pouillon (Martin est fou de Pouillon !). Bel endroit en cette saison, mais ce soit être horrible en été !

Vers 18h, court arrêt au port de pêche de Bou Haroun puis retour à l’hôtel El Marsa une heure plus tard (110 km ce jour).

Suite à un certain ressenti et quelques petits problèmes, dont certains sont sans doute dus en partie à mes propos et mon comportement, je ne me sens pus très à l’aise dans ce groupe et préfère éviter de diner avec eux. Je suis contredit sur tout ce que je dis, mais j’en ai l’habitude, c’est toujours comme ça dans ma vie, je suis différent. De toute façon, je le sais, je ne suis pas fait pour les groupes : trop besoin de liberté et d’indépendance. Et puis je suis très fatigué, je ne dors pas suffisamment et mes douleurs costales et à l’épaule ne s’effacent pas vraiment. Excusez-moi mes amis !

Je travaille donc dans ma chambre pour terminer mon récit d’hier. Lorsque je descends au restaurant, mon groupe est toujours là, attendant leur dessert. Je m’installe avec eux et peux diner plus rapidement avant d’aller utiliser internet à la réception. Plus d’une heure debout avec une Wifi extrêmement lente ! Puis travail sur mes photos du jour dans ma chambre jusqu’à minuit.


Ruines romaines de Tipaza Ruines romaines de Tipaza

Vendredi 13 : Jour de chance ? Lever à 6H30, puis ordi ordi ordinaire… Une fois mon récit à jour, je vais me connecter à la réception, mais ça rame. Du coup je n’ai pas le temps de finir et prends mon petit-déjeuner en quelques minutes pour ne pas retarder le groupe. A 8H30, heure du départ, Madjid arrive et va prendre un café. Il revient 10 minutes plus tard sans même s’excuser, je fulmine (ce n’est pas la première fois). Fatigué, je passe ma mauvaise humeur sur lui un peu plus tard quand il critiquera indirectement le comportement des Occidentaux.

J’en ai assez qu’on nous fasse la leçon sur tout alors que le comportement des habitants des pays islamisé est pire que celui des pays laïcs ou judéo-chrétiens. En Algérie, les chrétiens ne peuvent pas prier où ils veulent, risquent la prison ou pire s’ils font du prosélytisme, doivent respecter les traditions locales etc… Mais les musulmans, en France, peuvent tout se permettre, prier dans les rues, porter le voile, et défient les autorités. Aujourd’hui, dans beaucoup de pays d’Islam, les chrétiens sont persécutés, convertis par la force, chassés, voire tués. Faisons-nous la même chose aux musulmans en occident ? Alors, les larmoiements, les accusations et les leçons…

Nous gagnons Alger par une route côtière plus agréable que l’autoroute. Comme c’est vendredi, ça roule plutôt bien ce matin, tant mieux. Par contre, le ciel est blanc et le soleil a disparu, pas bon pour les photos.


Bab-el-oued, Alger Place de l'opéra, Alger
Quelques arrêts à Bab-el-oued, un quartier populeux qui était principalement habité par des occidentaux, occupé aujourd’hui par des familles algériennes qui n’ont la plupart du temps pas d’argent pour entretenir les immeubles. Toutes les façades sont blanches ici. Que j’aurais aimé arriver par la mer par beau temps pour avoir une vue d’ensemble !

Plus loin, sur la sympathique place de l’opéra, quelques enfants jouent au foot.

Nasser nous conduit ensuite jusqu’en haut de la casbah, qui était le vieux quartier arabe où les Français s’aventuraient rarement. Qui n’en a pas entendu parler ? Madjid nous guide dans les ruelles, passages et escaliers de ce quartier bien mal en point où de nombreuses habitations se sont écroulées suite à des intempéries il ya quelques années. Nous voyons une maison, heureusement inhabitée, qui s’est effondrée au petit matin.

Quelques belles portes, peu de commerces ouverts dont plusieurs artisans. Nous grimpons sur la terrasse d’une maison dont Madjid connaît le propriétaire. Superbe vue sur la casbah et le port tout en bas de la colline, d’autant plus que le soleil est maintenant apparu dans un ciel bien bleu.

Nous descendons jusqu’à la basse-casbah où Nasser nous attend. Dernier arrêt dans le centre, quelques photos, puis en route vers un restaurant haut-perché, loin, très loin. Nous y arrivons à 12H45 mais il faut attendre jusqu’à 13H40, après la fin de la prière du vendredi, pour pouvoir être servi. D’après Madjid, tous les restaurants sont obligatoirement fermés le vendredi à l’heure de la prière. Quelle liberté !


Casbah, Alger Fontaine, casbah, Alger Casbah, Alger
L’endroit n’est pas génial, terrasse donnant sur la rue, sans vue. Pourquoi venir si loin ? Il paraît que rien d’autre n’est ouvert à Alger aujourd’hui. Il y a des choses que j’ai du mal à croire. Heureusement, le repas de brochettes, à volonté, y est excellent (merguez, foie et veau, accompagné de frites, puis dessert).

Il est presque 15H quand nous repartons et retraversons une partie de la ville pour rejoindre l’hôtel el-Aurassi. C’est un 5 étoiles, rénové dernièrement, le meilleur du pays, avec une terrasse qui offre une superbe vue panoramique sur Alger.

De là, nous continuons jusqu’à la cathédrale Notre-Dame-d’Afrique, à 120 m d’altitude sur le plateau de Bouzaréah. Cette basilique fut consacrée en 1872 par l’archevêque Lavigerie, fondateur des Pères Blancs, et a été restaurée récemment. L’intérieur est sobre et lumineux. Inscription : « Seigneur, bénissez-nous et bénissez les musulmans ». Photos interdites pour je ne sais quelle raison (vente de cartes postales ?). De l’esplanade, belle vue sur une partie de la ville en contrebas. Il fait plus frais qu’hier, 18° maxi.

Retour plus encombré vers Sidi Fredj et arrivée El Marsa à l’hôtel à 18H (60 km parcourus). Avant de monter dans ma chambre, je vais enfin me promener sur le petit port de plaisance et de pêche sur lequel donne ma chambre.

Travail sur mes photos, diner vers 20H avec mes amis, bon couscous mouton. Retour dans ma chambre une heure et demie plus tard, travail encore, puis Wifi debout à la réception jusqu’à 23H30.


Immeuble dans le centre, Alger Notre-Dame-d'Afrique, Alger
Samedi 14 : Réveil à 6H45, mal dormi, trop chaud. Une heure de Wifi à la réception. Petit-déjeuner, pas de pain, pas grand-chose (cet hôtel est de loin le pire à ce niveau). Ciel bien gris.

Mon vol (et celui de Martin) n’est qu’à 14H05 mais Françoise et Jeanne ont leur vol à midi. Quant à Sophie, elle reste quelques jours de plus dans cette ville qu’elle connaît bien et où elle a des amis. Madjid nous a bien proposé de faire deux transferts mais comme on est gentil… nous attendrons longtemps à l’aéroport. Par contre, contrairement à ce qui est écrit sur mon programme, pas de déjeuner prévu à midi.

A 8H30, dans le fourgon, avant de démarrer, Jeanne fait un joli petit discours et remet les enveloppes de pourboire à Madjid et Nasser. Ce dernier a été parfait. Quant à Madjid, malgré quelques points de désaccord avec moi (qui n’en a pas ?), je pense personnellement qu’il a fait ce qu’il a pu dans le contexte actuel de l’Algérie. Et puis il est impossible d’être parfait, non ? Moi ? L’exception qui confirme la règle…

Ca roule bien ce matin, jour non travaillé, et nous sommes à l’aéroport dès 9H30. Adieux à Madjid, Nasser et aux autres participants. Françoise et Jeanne vont s’enregistrer, je reste seul avec Martin, assis dans le hall. Malheureusement, pas d’Internet gratuit dans cet aéroport international. Mais j’ai de quoi m’occuper, je ne m’ennuie jamais tant que j’ai un livre avec moi.


Sophie, Madjid, Martin, Jeanne, Françoise, Didier, à Alger Port de Sidi-Fredj
Je m’aperçois que l’heure de notre vol a changé, passant de 14H05 à 14H45. A l’enregistrement, l’employée me dit que cela fait 10 jours et que l’agence de voyages a été prévenue. L’information n’est pas remontée jusqu’à nous… Bon, ça fera un peu plus d’attente. Pourvu que l’avion, en plus, n’ait pas de retard, chose fort courante, paraît-il, avec Air Algérie.

Martin ne veut pas m’accompagner pour déjeuner à l’aéroport domestique, bien moins cher. Je m’y rends seul, à moins de 10 minutes à pied, et y savoure une bonne pizza.

Je rejoins Martin en salle d’embarquement vers 13H. Je bouquine en écoutant du « Désert blues ».

A 14H, l’avion n’est toujours pas arrivé. Nous finissons par embarquer un peu avant 15H. C’est un peu long car il y a un nouveau contrôle des bagages à main et fouille corporelle. Par contre, toutes les bouteilles d’eau sont acceptées sans problème, c’est bien. Le Boeing B737-600 est pratiquement plein et finit par décoller à 15H25.


Ce que je n'ai pas perdu finalement... Attente à l'aéroport d'Alger... ... en bonne compagnie
Vol sans problème. J’ai un hublot (mais nuages), Martin à sa place favorite, le couloir, et personne entre nous deux. Petit plateau repas, heureusement que j’ai eu ma pizza en apéro ! (je ne suis pas raisonnable et suis persuadé d’avoir pris au moins 3 kg en 15 jours).

Atterrissage à Marseille-Provence à 16H25 sous un ciel lourd ici aussi. Immigration, récupération des bagages assez rapide (ce qui n’est pas toujours le cas) et au revoir à Martin. Si Dieu me prête suffisamment vie, nous nous reverrons pour déjeuner ensemble à Marseille (il habite à Oppède, dans le Lubéron, mais descend à Marseille une fois par semaine). Au fait, il est né un 13 mai, comme moi, quelques années plus tôt ; je lui dois le respect.

A 17H10, le bus pour la gare Saint-Charles m’emporte. Puis métro et, à 18H, je suis chez moi.

J’ai pris 3 kg. Ah, le pain et les frites !


50ème anniversaire de l'indépendance, Alger Un bon choix de dattes !

Petite conclusion : Ce circuit m’a plu et s’est dans l’ensemble plutôt bien déroulé, surtout si l’on tient compte que rien n’est fait en ce moment en Algérie pour attirer les touristes et que des problèmes de sécurité peuvent toujours survenir. Depuis le temps que je rêvais d’Alger et Ghardaïa !

Le pays est encore sous-développé : pas grand chose n’est entretenu correctement (immeubles), gros retard dans les télécommunications (Internet).

L’équipe, participants, guide et chauffeur s’est bien entendu même si j’ai forcément dû en énerver certains (ils ont été très patients avec moi).

L’accueil des Algériens fut en général sympathique. Combien de « Bienvenue chez vous ! » ai-je entendu ? Ils nous prenaient pour des pieds-noirs revenus voir leur terre. Quelques signes d’intolérance quand même. Les gens sont tellement formatés par l’islam dès leur naissance et depuis des siècles (circoncision sans leur avis, les 5 appels à la prière par jour, le ramadan quasi-obligatoire sous peine de rejet ou pire, l’absence de vraie liberté religieuse) qu’à mon avis ils ne peuvent pas voir le monde avec discernement. Et je ne parle pas des femmes ! Cela me semble grave mais c’est leur vie, leur choix. Il est très difficile de s’exprimer sur ce sujet (et je préfère m’arrêter là, c’est un avis très personnel).

En tant que visiteurs dans leur pays, nous devons respecter leurs façons de vivre, et c’est tout à fait normal. Si cela pouvait être réciproque !

Cela m’ennuie de finir ce récit ainsi, car la plupart des Algériens ont été fort aimables avec moi. Merci à eux.


Port de Tipaza


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