Pourquoi le métro ne fonctionne-t-il pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre ?








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Sept jours en danger, l’émission de télé-réalité de Channel 27 !

- Gisèle Moulin des Essarts est productrice et directrice de collection chez l’éditeur multimedia « Historial »…

Pour dissimuler ma fureur, je me donne une vague contenance en récupérant devant Jean-Marc Néjard un boitier de dvd. Une des dernières productions d’ « Historial » consacrée à la première guerre mondiale … La liste des conseillers scientifiques ayant supervisé ce travail est véritablement impressionnante. Sur les trois générations d’historiens, il serait plus facile de repérer les absents que les présents dans ce projet. La « deuxième » de couverture, à l’arrière du boitier, montre des captures d’écran : une tranchée modélisée en trois dimensions, une fiche biographique de Georges Clemenceau, la reproduction de l’affiche de mobilisation d’août 14. Le descriptif annonce des extraits sonores, des images des actualités cinématographiques, des entretiens avec certains des historiens renommés précédemment cités. Sans être moi-même une spécialiste de cette période et de ce type de produit, je suis impressionnée par la qualité esthétique et scientifique du dvd-rom. J’en viens à regarder d’un œil beaucoup plus indulgent Gisèle Moulin des Essarts. Snob peut-être, mais sans l’ombre d’un doute productrice avisée.

- Et enfin, doit-on présenter monsieur Maximilien Lagault ? Agrégé d’Histoire, titulaire d’une thèse d’Etat mais surtout un de nos plus grands historiens et, comme le titrait il y a peu encore le Point, « nouvel instituteur de la Nation ».

Il y a quelques applaudissements dans l’assistance… Et moi j’enrage. A aucun moment, Jean-Marc Néjard n’a précisé que Maximilien Lagault était aujourd’hui romancier. L’assimilation entre roman et travail scientifique, déjà horripilante dans les rayons des librairies, se poursuit donc ici. Entre le bouquin Maximilien Lagault sur Louis XV « roi des excès » et le pavé de Michel Antoine consacré au même roi, avec son impressionnant appareil critique, point de différences ? C’est du pareil au même ? Allons donc…

- L’œuvre de Maximilien Lagault s’est récemment enrichie de deux nouveaux ouvrages, un cycle consacré à la guerre de Cent ans qui est dès sa sortie en tête de toutes les ventes.

Ca ne manque pas. Nouvelle salve d’applaudissements. L’idole serait-elle venue avec son fan-club ? Avec sa propre claque rétribuée par son éditeur ? C’est bien possible. Si des lycéens ont été trainés ici par leurs enseignants simplement parce qu’il était question d’Histoire, on peut aussi imaginer que des amateurs de romans historiques sont venus écouter Maximilien Lagault en se moquant totalement du sujet du débat. Juste pour le voir, l’approcher, quémander une dédicace.

Dans quoi suis-je allé me fourrer ? Plus je le regarde et plus cet homme m’inspire des sentiments que je voudrais ne jamais avoir éprouvé pour personne. Il m’insupporte totalement et je l’ai, sans en prendre conscience jusqu’à cet instant, ajouté depuis longtemps à ma liste des personnalités dont la disparition ne pourrait être que bénéfique à l’humanité ; il y voisine avec une brochette de dictateurs sanguinaires, de pétasses creuses et de verbeux magnifiques. Il y a tant de gens qui s’escriment dans ce pays à fouiller des archives pour faire avancer la connaissance du passé. Il y a tant de gens qui cherchent à écrire de bons romans. Tant de gens. Tant d’anonymes. Que la lumière de gloire ait choisi de venir nimber le front de cet usurpateur me met hors de moi.

Pourquoi résister à cet élan qui monte depuis un moment ?

Ma décision est prise.

Je vais me le payer !
Pierre Lebrou a pleurniché pendant ses cinq minutes sur un public populaire qui n’est pas assez bien formé à l’Histoire pour pouvoir se passionner pour les émissions « pointues » programmées par sa radio ; il a conclu cependant de manière positive en vantant la qualité de son public dominical et les retours très positifs qu’il avait de la part de celui-ci pour ses émissions. Satisfecit et plaidoyer pro domo ne peuvent pas faire de mal, c’est sûr. Le problème c’est toujours les autres !

Les cinq minutes accordées à Gisèle Moulin des Essarts ont été on ne peut plus éprouvantes pour tout le monde. Elle ne sait pas parler en public, se contente de lire mot à mot ce qui est écrit sur ses feuilles. C’est un fatras sans nom, auto-laudateur, et truffé de termes professionnels et techniques qui, s’ils sont là pour impressionner, ont plus pour effet de faire décrocher l’auditoire. Par deux fois, Jean-Marc Néjard a tenté d’abréger les souffrances du public qui commence à murmurer. Sans résultat ! La productrice a continué à vanter ses produits d’une « haute technologie » qui montrent « ce que le XXIème siècle peut proposer de plus intéressant ». J’en viens à douter sérieusement de l’attractivité de ces dvd pour le grand public s’ils sont pensés avec la logique de communication de leur productrice.

- Et ces dvd culturels rencontrent-ils un succès public ? demande Jean-Marc Néjard qui doit bien sûr avoir sa petite idée sur la question.

Hésitation bien compréhensible de la productrice qui ne peut pas raisonnablement affirmer que c’est un flop total.

- Les résultats ne sont pas forcément à la hauteur de nos espérances, dit-elle enfin. Il n’est pas évident de faire connaître nos produits, notamment auprès du monde de l’enseignement qui reste quand même notre principal cœur de cible.

Ayant, du fait de mes relations avec un certain petit collège difficile de Toulouse, quelques lumières sur cette question, je réclame la parole d’un signe de la main.

- Mademoiselle Toussaint ?

- Je crois que le principal problème que posent les produits que vous proposez est leur caractère trop élitiste. Jamais un enseignant – sauf quelques exceptions bien rares - ne prendra sur les maigres crédits de sa discipline pour acheter quelque chose qui, pour être de qualité au plan esthétique, se révèle totalement inadapté à sa classe.

C’est quelque chose que j’ai entendu répéter souvent par la responsable du club Histoire lorsque je me proposais de financer tel ou tel achat de cd-rom. Qu’une intervention de spécialiste soit sur une cassette vidéo ou un dvd-rom, cela ne change rien au problème fondamental qui est qu’un gamin en 3ème ne restera pas cinq minutes à écouter sans broncher. A la génération clip, il faut – que cela nous plaise ou non – un certain rythme, un enchaînement soutenu d’images. Un cadre fixe pendant cinq minutes et c’est la révolution dans la classe. Autre raison à mes yeux, mais que je n’ose ajouter, à la désaffection des enseignants pour le contenu du catalogue de la maison « Historial » : à quoi sert-il d’avoir 4 heures d’images quand on n’en a guère plus pour traiter la question dans le programme ? Qui aurait l’idée d’acheter une boite de gâteaux assortis pour n’en manger qu’une sorte ?

Le regard de madame Moulin des Essarts me renvoie une consternation désolée. Visiblement, elle ne comprend pas ce que je veux gentiment lui dire… et que toute personne « de terrain » pourrait lui dire tout aussi bien – et même mieux - que moi. Elle ne pense que qualité esthétique et scientifique du produit. Elle oublie juste que de l’autre côté de l’écran, il y a un public… Tout comme elle l’a oublié aujourd’hui. Pour elle, l’émission d’un message, quel qu’il soit, suffit. Peu importe la manière dont il est émis, peu importe comment il est reçu, si le message est cohérent et scientifiquement exact, alors c’est un bon message. C’est une conception qui a quarante années de retard.

- Vous n’êtes pas professeur dans le secondaire que je sache ?

C’est tout ce qu’elle a trouvé pour se défendre et pour défendre sa marchandise. Une objection en non-recevabilité comme on disait dans les séries judiciaires américaines que regardait maman l’après-midi à la télé. Du moment que je ne suis pas qualifiée, mon intervention ne vaut rien.

- Non, je le reconnais… Mais j’ai longtemps été élève…

J’ai assez de charité pour ne pas préciser que c’était il y a moins longtemps qu’elle.

Une partie de la salle s’esclaffe quand même.

- Je ne veux pas être désobligeante, prends-je la peine de préciser. Je trouve votre travail extrêmement bien fait, vraisemblablement passionnant… Mais passionnant pour des gens comme moi ou monsieur Lebrou. Une base de connaissances très pointues… mais trop pointues pour des élèves de collège comme je peux en connaître.

Je ne rajoute pas qu’au terme de la législation en vigueur, il faudrait pour un usage normal de ces dvd-rom qu’il y en ait un exemplaire par ordinateur ce qui n’est financièrement pas possible pour les établissements. Ce serait trop enfoncer cette pauvre productrice qui ne le mérite quand même pas.

- Mais mes produits sont RIP ! se défend-elle encore. Ils sont RIP !

- Reconnus d’Intérêt Pédagogique, intervient Jean-Marc Néjard qui croit trouver là le moyen de reprendre la main.

- Tout ce qui permet d’aborder au moins partiellement un des programmes de l’Education Nationale entre la maternelle et le Bac obtient ce label, madame. Ce n’est pas une garantie de qualité ou d’efficacité. Les émissions de monsieur Lebrou les romans de monsieur Lagault, mes propres ouvrages seraient aussi RIP, comme vous dites, s’ils étaient sur support informatique.

Cette précision étant faite, je me tais et fait signe à Jean-Marc Néjard que j’estime avoir dit tout ce que je pouvais dire sur cette question et l’invite ainsi à remettre le débat sur les rails. C’est compter sans l’intervention de notre nouveau grand phénix littéraire.

- Ce que je viens d’entendre me plonge dans une certaine confusion. Vous dites, mademoiselle, que ces dvd seraient trop riches en connaissances pour les élèves. Doit-on en conclure que vous soutenez tout ce courant qui estime au sein de l’Education nationale qu’il faut en dire le moins possible aux enfants, qu’ils ne sont pas capables d’apprendre les grands repères, les grands moments de notre histoire ?

Je me suis aventurée imprudemment sur un terrain qui n’est pas le mien. Je n’ai jamais enseigné à des adolescents, je connais de manière assez vague finalement les programmes et les instructions officielles de l’enseignement en collège et en lycée. Si la discussion reste sur cette question, je vais rapidement être coincée. Je me dégage en attaquant.

- Monsieur Lagault, je pense qu’il faut faire la différence entre l’Histoire comme science et l’Histoire comme récit. La première suppose une rigueur, une précision, une prise en compte de nombreux paramètres… La seconde, que vous incarnez avec une réussite qui me laisse souvent pantoise, joue sur l’émotion mais prétend que cette émotion est le vrai.

- Vous ne répondez pas à ma question.

Il ne s’est pas laissé piéger, ce diable d’homme. Je voulais l’amener sur un autre problème, il me ramène à la question de l’enseignement.

- Enseigner l’histoire, c’est pouvoir permettre à des jeunes d’accéder à la compréhension du passé. Comprendre… Pas accepter une sorte de vulgate déculpabilisante. Donc, pour vous répondre, si les programmes étaient tout autres, si on passait par exemple 12 à 15 heures sur l’étude de la première guerre mondiale, il y aurait matière pour les enseignants à s’intéresser aux produits de madame Moulin des Essarts dont je redis ici la qualité évidente. Le problème, je crois, c’est que, entre les deux conceptions de l’Histoire que j’évoquais, l’institution scolaire n’a pas voulu trancher. On voudrait que les élèves soient de parfaits scientifiques capables d’analyser, de problématiser, de synthétiser, mais aussi que par l’enseignement reçu, ils soient de bons petits Français et de parfaits petits Européens. C’est peut-être beaucoup leur demander.

Je ne sais pas d’où je sors tout ce raisonnement. Cela s’est organisé dans ma tête tout en parlant. Des bouts pris ici, des choses entendues là que, dans ce moment de tension, mon cerveau a réussi à assembler. Cela me semble cohérent. Un « bravo » jaillit de l’assistance appuyé par deux courts applaudissements, ce qui me renforce dans la confiance que je peux accorder à mes propres propos.

- Nous aurons je crois l’occasion d’en reparler, rétorque Maximilien Lagault.

Le bougre est habile. Il se donne le beau rôle en paraissant éteindre l’incendie qu’il avait lui-même rallumé.

Un peu dépassé par cet échange, Jean-Marc Néjard se retrouve dépositaire d’une parole dont il ne sait plus trop quoi faire. Son plan prévoit de l’attribuer à Maximilien Lagault puis à moi. Je le pense suffisamment fin pour savoir que ce plan initial est déjà fortement compromis.
- Maximilien Lagault, vous ne semblez pas rencontrer pour votre part de difficultés majeures pour vendre vos romans. Pourtant, on a coutume de dire que les Français ne lisent plus… ou bien fort peu. Comment expliquez-vous ce succès du roman historique ?

- Par le sentiment de dépaysement tout simplement… Et par le sentiment, dans le cas de mes propres œuvres, d’aller retrouver la source de ce qui nous fait ce que nous sommes, c’est-à-dire républicains, nourris de culture chrétienne, forgés par la résistance à l’ennemi extérieur qui voulait nous détruire. Je crois que cette idée que les Français ne lisent pas est quelque chose de terriblement inexact. On essaierait de culpabiliser les Français qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Le pays qui a vu naître Molière, Hugo et Malraux pourrait-il être un pays que la littérature n’intéresserait pas, ne passionnerait pas ?

- Certes, certes… fait Jean-Marc Néjard visiblement décontenancé.

C’est quoi ce raisonnement ? Le fait que les Etats-Unis aient vu naître les McDonald’s signifierait-il que c’est un pays où les gens n’aiment pas manger ? Je bouillonne littéralement mais je dois absolument réfréner mes envies de lui couper la parole, c’est précisément ce qu’il attend pour se poser en victime. Me voilà donc réduite à trépigner sur ma chaise et à tirer fiévreusement sur ma jupe.

- N’y a-t-il pas cependant, reprend l’animateur, une recette qui expliquerait votre succès personnel ? Quelque chose qui pourrait, à la radio, à la télévision, sur les nouveaux supports numériques chers à madame Moulin des Essarts, donner ce même succès ?

- Comme l’a si justement remarqué ma voisine…

La main du « grand homme » tapote ma cuisse de la manière la plus amicale qui soit. Contact que tout mon être réprouve mais auquel je ne peux me soustraire sans apparaître comme une dangereuse déséquilibrée qui aguiche pour mieux repousser ensuite.

- … il ne faut pas perdre de vue à qui on s’adresse. Mes romans sont écrits pour tous les lecteurs, qu’ils aient fait de longues études ou qu’ils aient quitté l’école très jeunes, que ce soit des hommes ou des femmes, des seniors ou des adolescents. Le seul point commun que je vois entre eux, c’est cette envie de renouer avec leurs racines, de communier avec moi et avec tous les Français dans ces valeurs qui nous ont fait tels que nous sommes. Il n’y a peut-être pas de vérité en Histoire, il n’y a que des valeurs qui, elles, sont vraies.

- Si je vous suis bien, il faudrait donc cesser d’interroger l’Histoire sans cesse et en revenir à une Histoire que nous pourrions tous partager. Mais qui dira cette Histoire ? Qui en fixera le cap, les étapes, les moments-clé ?

- Je crois qu’il serait bon qu’une commission formée de nos grands historiens se réunissent et établissent, une fois pour toutes, ce que nous devons célébrer, ce dont nous pouvons légitimement être fiers. Ce sont ces éléments-là que nous devons donner à connaître aux générations qui viennent. Et ce sont ces éléments-là, mon cher Pierre, que vous devriez présenter dans vos émissions…

- Bref, dis-je en réussissant avec bonheur à ne pas hausser le ton, ce que vous proposez pour que les gens et les médias s’intéressent à l’Histoire, c’est de leur donner une Histoire officielle. Une sorte de Lavisse des temps numériques ? Vous rendez-vous compte de ce que vous proposez ? Vous voulez, ni plus ni moins, figer la recherche, interdire les nouvelles interprétations du passé, effacer la réflexion historiographique.

- Ai-je dit cela ? me répond placidement Maximilien Lagault en reposant, dans un signe d’apaisement on ne peut plus visible, sa main sur ma cuisse.

- Vous l’avez dit… et ce n’est pas la première fois. Votre idée c’est d’ôter toute forme de complexité à la réflexion humaine. En simplifiant à peine cela signifie : voilà ce que nous sommes, c’est comme ça et il n’y a pas à revenir dessus…. Mais non ! Nous ne sommes pas ce que vous dites, nous ne sommes pas ce que vous affirmez. Ce serait trop simple. Dans certaines de vos déclarations, vous refusez l’idée de l’entrée de la Turquie dans l’Union européen au motif que la Turquie n’a de territoires en Europe que par la conquête… Mais quand vous écrivez sur Clovis, vous faites des Francs un peuple quasiment élu puisqu’il va être, toujours selon vous, à la base de la France. Mais, au fait, les Francs ne sont-ils pas des conquérants comme les Turcs ? Ne sont-ils pas venus occuper des terres qui n’étaient pas les leurs ? N’ont-ils pas commis eux-aussi quelques massacres pour y parvenir ? N’ont-ils pas eux-aussi ce sang qui rejetterait à jamais les Turcs de l’Europe ?… C’est juste un exemple, histoire que tout le monde saisisse bien les conséquences de ce que vous proposez. Clovis pour vous est un saint et Soliman le Magnifique un odieux barbare. C’est comme ça ! Il n’y a pas à discuter ! Que ce soit une commission d’historiens ou un groupe de députés qui le décrète, peu importe  mes yeux ! L’idée qu’on dise ce qu’il faut croire et comment il faut penser, c’est la porte ouverte à tous les obscurantismes, à tous les renfermements. C’est le retour à l’instruction publique, à la liste de départements apprise par cœur et à 1515 Marignan… en oubliant évidemment 1525 Pavie.

- Nous nous sommes peut-être éloignés du sujet du débat ? persifle le futur académicien.

- Beaucoup plus en effet que votre main ne s’est éloignée de ma cuisse !

- Je ne voulais que vous aider à résoudre ce problème de longueur de jupe qui vous obsède depuis vingt minutes.

Rires dans l’assistance. Certains nerveux et un peu gênés, d’autres plus francs et gras. A cette gradation des rires, je mesure à quel point la salle se divise. Certaines personnes sont sans aucune doute d’accord avec moi : il n’y a pas de vérité absolue en Histoire dès qu’on interprète les faits, dès qu’on cherche à en saisir les causes, lorsqu’on constate à quel point différentes mémoires se forment pour en conserver le souvenir. Des professionnels selon toute vraisemblance ou des amateurs très éclairés. Pour Maximilien Lagault, comme pour ceux qui le soutiennent ici, il y a une seule vérité qu’on définira une fois pour toute et qui aura une portée sinon universelle du moins nationale.
- Si vous le permettez, j’aimerais que nous revenions au cœur de notre propos d’aujourd’hui, fait Jean-Marc Néjard. Si je suis votre raisonnement, mademoiselle Toussaint, il faut en rester à la situation actuelle…

- Jean-Marc, vous parlez de la main de monsieur Lagault ?… Désolée, c’est sorti tout seul… Ce n’était peut-être pas très drôle…

Effectivement, seule une partie de la salle s’esclaffe. La « mienne ». Plus jeune et moins disposée à accepter que quelqu’un décide à sa place.

- Oui, vous avez raison, laissons de côté cette question qui est pourtant au cœur de l’avenir de la science historique… Lorsque j’écris un ouvrage, quel est mon but ? Rassembler des connaissances, proposer des lectures nouvelles de faits déjà connus si je réalise un manuel pour étudiants. Apporter de nouvelles pierres à l’édifice de la connaissance du XVIIème siècle s’il s’agit de quelque chose de plus original comme une thèse. Si tout cela ne sortait pas du cercle de mes proches collègues, quel serait l’intérêt d’écrire ? L’édition d’un livre, c’est avant tout la possibilité de toucher plus de monde… mais il ne faut pas se leurrer, la production scientifique en Histoire ne pourra jamais atteindre les chiffres de publication de romans populaires. Ce n’est pas son objectif. Pour un « 
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