Feuille d'édification chrétienne








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ÉTUDE SUR LA PREMIÉRE ÉPÎTRE À TIMOTHÉE
CHAPITRE I (Suite)

v. 3-7. « Une foi sincère» est une foi exempte de toute hypocrisie. Ce mot de foi qui revient 17 fois dans cette épître y a deux accep­tions un peu différentes, comme on a déjà pu s'en apercevoir. D'abord, dans son sens habituel, la foi est l'acceptation, par grâce, de ce que Dieu a dit au sujet de son Fils ; en un mot, la réception du Sauveur. Ensuite elle est l'ensemble de la doc­trine chrétienne reçue par la foi. Ainsi, au v. 19 dû notre chapitre on «garde lai foi» ; au chap. III, 9, là foi est l'ensemble des choses jusqu'ici cachées, mais maintenant révélées et que la foi saisit au chap. IV, 1, «apostasier de la foi» c'est abandonner ce que la doctrine chrétienne nous révèle; au chap. V, 8, on la renie.

La foi est souvent mentionnée comme associée à une bonne conscience (I, 5, 19 ; III, 9). C'est une chose très dangereuse, pour le chrétien, de n'avoir pas, pour quelque raison que ce soit, une bonne conscience devant Dieu et l'on ne saurait trop sérieusement insister là-dessus. Elle nous fait nous écarter de la foi et nos discours ne sont plus désormais qu'un «vain babil» sans aucune portée pour les âmes.

L'amour donc, but de toute l'activité de Timo­thée, devait s'appuyer sur le cœur, la conscience et la foi. Si cet amour était réellement actif, il ne serait plus nécessaire de faire des efforts pour entraver le mal, et il n'y aurait plus besoin de lutte pour maintenir ou rétablir l'ordre dans l'As­semblée. Mais, au lieu de cela, l'ordre était trou­blé à Éphèse par certaines personnes qui étaient étrangères à l’état pratique du cœur et de la conscience dont nous venons de parler. Quelle en était la conséquence ? Ces gens, au lieu de cher­cher le bien des âmes, ne songeaient qu'à eux­-mêmes et à se faire reconnaître comme docteurs de la loi. De telles prétentions, sans l'état moral qui pourrait les faire accepter, ne font que mettre en lumière l'extrême pauvreté spirituelle et l'i­gnorance de ceux qui les affichent. Leurs paroles n'ont aucune valeur: elles sont un « vain babil ». À quoi sont-elles utiles ? Ceux qui les prononcent ne comprennent pas eux-mêmes le sens de ce sur quoi ils insistent. Ce tableau frappant de la prétention à enseigner la Parole sans la foi, sans un cœur purifié, sans une bonne conscience, a tout autant d'actualité aujourd'hui que du temps de l'apôtre, L'action de telles gens aura du reste toujours un caractère légal; mais comprennent­-ils, même ce que la loi signifie?
Vers. 8-11. - Mais nous savons que la loi est bonne si quelqu'un en use légitimement, sachant ceci, que la loi n’est pas pour le juste, mais pour les iniques et les insubordonnés, pour les impies et les pécheurs, pour les gens sans piété et les pro­fanes, pour les batteurs de père et les batteurs de mère, pour les homicides, pour les fornicateurs, pour ceux qui abusent d'eux-mêmes avec des hom­mes, pour les voleurs d'hommes, les menteurs, les parjures, et s'il y a quelque autre chose qui soit opposée à la saine doctrine suivant l'évangile de la gloire du Dieu bienheureux qui m'a été confié.
Ici l'apôtre établit le contraste le plus complet entre la loi, à laquelle ces soi-disant docteurs vou­laient ramener les chrétiens, et l'Évangile. Le premier point sur lequel il insiste, c'est que la loi est bonne. Nous trouvons cette même affirmation absolue en Romains VII, 16. Toute la question re­vient donc à en user légitimement, à savoir l'em­ploi qu'on en doit faire. Elle ne s'adresse pas aux justes, car comment condamnerait-elle un juste ? Elle est donnée pour condamner le mal. Ici l'a­pôtre passe brièvement en revue les personnes auxquelles la loi s'adresse et contre lesquelles elle sévit légitimement. En quelques mots, il caracté­rise leur état moral: la propre volonté, la déso­béissance, l'impiété et l'esprit profane à l'égard de Dieu, l'absence de tout respect vis-à-vis des parents et les sévices contre eux, la violence et le meurtre, la souillure de la chair, les paissions in­fâmes, le mensonge et le parjure et bien d'antres vices encore, tombent sous la condamnation de la loi.

Ici, l'apôtre revient au sujet principal de son épître: La loi sévit contre tout ce qui s'oppose à la saine doctrine, à l'ensemble des vérités qui constitue le christianisme ou la doctrine qui est selon la piété (VI, 3.) Or l'Évangile est conforme à cette doctrine. Il ne contredit nullement la loi, mais introduit une chose toute nouvelle qui n'a absolument aucun point de contact avec la loi. Il est l'Évangile de la gloire du Dieu bienheureux, ­confié à l'apôtre. Ces quelques mots nous .ouvrent une sphère de bénédictions dans laquelle l'esprit et le cœur peuvent se mouvoir librement sans jamais en trouver les limites. Jugez-en: l'Évangile est la bonne nouvelle qui annonce aux hommes que la gloire de Dieu a été pleinement manifestée en Christ. La gloire de Dieu, c'est-à-­dire l'ensemble des perfections divines: justice, sainteté, puissance, lumière et vérité et par-dessus tout son amour et sa grâce - cette gloire a été pleinement révélée et mile à notre portée dans la personne d'un homme, le Christ Jésus, notre Sau­veur. Elle a été manifestée en notre faveur et c'est la merveille de l'Évangile. Toute cette gloire ne se cache ni ne se voile; nous la voyons res­plendir dans la face d'un homme, mais, bien plus, elle est pour nous, elle nous appartient, L'œuvre de Christ nous la confère; tout ce qu'Il est de­vant Dieu, ceux qui croient en Lui, le sont dé­sormais. Oui, la gloire de Dieu ne trône plus dans sa solitaire et inabordable perfection; elle est devenue, dans un homme, la part de tous ceux qui croient en Lui. Nous sommes, en vertu de son sacrifice qui a aboli le péché, parfaits devant Dieu comme Lui-même. Il nous est fait, de la part de Dieu, sagesse, justice, sainteté et rédemption. Nous sommes lumière dans le Sei­gneur. L'amour de Dieu a été versé dans nos cœurs par le Saint Esprit qui nous a été donné. Tout cela est le libre don de la grâce à de pauvres pécheurs justifiés par la foi,

Mais notez que cet Évangile est celui de la gloire du Dieu bienheureux. En nous le faisant connaître, Dieu veut nous rendre heureux comme Lui-même ; le bonheur dont il jouit est devenu notre bonheur ! Y a-t il un contraste plus complet que celui-ci entre la loi qui maudit le pécheur et la grâce qui le transporte dans la jouissance de la gloire et du bonheur de Dieu, en attendant qu’il en jouisse dans la perfection d'une éternité sans nuage?
Vers. 12-14. - Et je rends grâces nu Christ; Jésus, notre Seigneur, qui m'a fortifié, de ce qu'il m'a estimé fidèle, m'ayant établi, dans le service, moi, qui auparavant étais un blasphémateur, et un persécuteur, et un outrageux; mais miséri­corde m'a été faite, parce que j'ai agi dans l'ignorance, dans l'incrédulité; et la grâce de notre Seigneur a surabondé avec la foi et l'amour qui est dans le Christ Jésus.
Or qui était ce Paul auquel un Évangile d'un tel prix avait été confié? Chose étonnante! C'é­tait un homme qui violait le premier commandement: «Tu aimeras Dieu.» Il haïssait Dieu en croyant le servir, car il le haïssait dans la per­sonne de son Fils. Ce Christ, il le blasphémait en contraignant les saints de le blasphémer (Actes XXVI, 11) ; il le persécutait dans son Église bien-aimée; il le couvrait d'outrages dans ceux qui croyaient en Lui et le servaient fidèlement.

Une telle attitude n'aurait pu être pardonnée si Paul n'avait fait ces choses «par ignorance dans l'incrédulité», la foi n'étant autre chose que la réception dans le cœur de Christ, comme Fils de Dieu. C'est pour cela que miséricorde lui avait été faite, sinon il aurait été condamné sans ré­mission. Quant aux Juifs, cette miséricorde n'a­vait pu leur être continuée. Sur la croix, Jésus, intercédant pour le peuple avait dit: « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font.» Il avait invoqué la miséricorde de son Père à cause de leur ignorance. C'est aussi ce que Pierre leur disait en Actes III, 17. Mais ensuite, quand ils lapidaient Étienne, ils savaient ce qu'ils faisaient; ils rejetaient le Saint Esprit qui leur était envoyé par Jésus Christ ressuscité (Actes VII, 51.) Ce péché ne pouvait leur être pardonné. Saul de Tarse qui consentait à la mort d'Étienne (Actes VII, 58; VIII, 1) n'était-il pas sur le même pied que son peuple? Quelle ressource lui restait-il donc? Aucune! Et cependant une res­tait encore: «la grâce surabondante» qui pouvait estimer fidèle un tel homme, et l’établir dans le service! Il n'y avait que la foi par laquelle pût être anéantie son incrédulité précédente. Il n'y avait que «l’amour » qui est dans le Christ Jésus » qui pût remplacer la haine dont son cœur avait été rempli jusque-là et cet amour ne pouvait être connu que par la foi. Ce verset 14 est donc la preuve de ce que la grâce donne quand elle s'oc­cupe même du «premier des pécheurs». Elle le retire d'entre les pécheurs par une grâce sura­bondante, lui donne la foi, et, par elle, lui fait connaître l'amour qui est en Lui.

(A suivre).

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PENSÉES
Dieu a placé le témoignage de son amour à la croix, dans le lien même où mon péché était de­vant Lui. Il s'est montré pour moi, dans le lieu même où se trouvait ce que j'avais contre moi: la mort et le jugement.

*

* *
La prophétie est l'intervention de Dieu en té­moignage par sa Parole, lorsque le peuple étant devenu infidèle les rapports de Dieu avec lui sont brisés.
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CHRIST ET L'ÉGLISE
Éphésiens V, 22-33.
L'apôtre, chose remarquable, tout en entrant dans les relations de la vie ordinaire, maris et femmes, parents et enfants, maîtres et esclaves, ne peut toucher un de ces sujets sans qu'il lui rap­pelle Christ et le transporte dans toute l'étendue de la grâce. Alors, de l'abondance de son cœur, sa bouche parle. Il est impossible qu'il existe une relation naturelle dans laquelle le chrétien ne puisse servir le Seigneur et lui plaire. La réalité de notre affection pour lui se montre dans toute notre conduite et, plus les détails en sont insigni­fiants en apparence, plus ils prouvent que nous pensons continuellement à Lui.

Mais ici l'apôtre parle avant tout de Christ et de l'Église. Ce n'est pas seulement le fait que Dieu nous a sauvés, mais il a formé des relations entre nous et Christ et cela est très important, car il s'agit de nos affections. Aussi l'apôtre prend ici la relation d'époux et d'épouse, la plus intime qui existe, et l'applique à celle de Christ avec l'Église. Toute notre vie chrétienne se ressent de nos rela­tions avec Lui. Il ne s'agit pas du fait sec et froid que nous ne sommes pas perdus, qu'il nous faut une conscience nettoyée; ce n'est pas même le tout, de posséder la vie éternelle, d'avoir une na­ture capable de jouir de Dieu, d'aimer la sainteté, la justice ; mais Dieu nous place dans des rela­tions d'affection, selon le bon plaisir de sa vo­lonté. Sans doute il ne peut pas avoir devant lui quelqu'un qui ne soit pas saint, mais il veut que nous soyons ses enfants, relation où les affections se développent par la puissance de l'Esprit de Dieu. Le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus ­Christ, est notre Dieu et notre Père. Quand l'âme vit dans cette relation, elle manifeste la vie qui y appartient. Si un homme aime l'argent, il est avare; si c'est le pouvoir, il est ambitieux. L'objet qui nous gouverne forme notre caractère. On est l'objet que l'on poursuit. Si Christ est l'objet que l'on poursuit, on est chrétien. ­

Nos relations sont si précieuses, parce que leur valeur dépend du fait que Christ y est lui-même. C'est ce qui forme nos cœurs; nous l'aimons parce qu'il nous a aimés le premier. Toute la vie chré­tienne est le retour du nouvel homme à Dieu, au Père, à Christ, selon l'amour qu'Il a révélé et qui a attiré nos cœurs. Le Saint Esprit qui a créé des affections répond en nous à la bonté qui les at­tire; le cœur répond d'une manière vitale aux im­pressions produites par la révélation de ce que le Père est pour nous. Le nouvel homme est renou­velé en connaissance selon l'image de Celui qui l'a créé. Cette image est en Christ: «Soyons imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants.» «Pardonnons-nous les uns aux autres, comme­ Dieu, en Christ, nous a pardonné.» « Soyez par­faits, comme votre Père céleste est parfait.» Notre vie est donc le reflet de la manifestation de Dieu qui l'a produite.

Tel est le grand principe, mais ici nous trou­vons, non la relation avec le Père, mais celle de Christ et de l'Église.

Il y a dans l'Écriture une telle variété de sujets, que la difficulté est plutôt de savoir duquel il faut parler et que la proportion manque entre les richesses qui nous appartiennent et la capacité d'en jouir. Le cœur de l'homme est trop grand pour le monde; rien ne peut satisfaire un cœur ambitieux; mais quand on a les choses de Dieu, elles surpassent toute intelligence; alors nos cœurs sont tellement petits qu'ils ne peuvent saisir les richesses insondables de Christ. Dans la mesure dans laquelle nous sommes détachés des choses d'ici-bas et quand le Saint Esprit a plein jeu dans notre cœur, nous sommes capables d'en­trer en pratique dans la jouissance des choses qui nous sont données et dont le Saint Esprit dis­pose e et plus je suis rempli du Saint Esprit, plus je saisis les choses qu'il me présente.

La source de tout est ici l'amour de Christ pour l'Église. Christ n'est pas en relation avec le monde qui l'a rejeté et ne veut pas de lui; il n'est pas dit de Christ qu'il a aimé le monde, mais que Dieu l'a aimé. Christ aime l'Église, c'est une relation spéciale; l'amour de Christ lui-même est la source de tout. Pour mesurer notre bonheur, il nous faut mesurer cet amour. Un père peut aimer beaucoup d'enfants; un berger a des brebis ; c'est un amour individuel; mais dans l'amour de Christ pour l'Église, il y a concentration com­plète. Chacun de nous peut dire aussi: «Il n'a aimé »; mais ici : «Il a aimé l'Église. » C'est un ensemble; l'Église est l'objet spécial de ses affec­tions. Il veut l'avoir pour lui-même et se la pré­senter bien autrement qu'Ève ne le fut à Adam. Adam donne des noms à tous les êtres vivants de la création, mais n'a pas de compagne. Qu'and Dieu lui en donne une: «Cette fois,» dit-il, « celle-ci est os de mes os et chair de ma chair. »

Lorsque Christ possède cet objet-là, il ne se ré­serve rien et se donne lui-même. Ce n'est ni sa vie, ni son sang seulement, c'est lui-même qu'il donne. Tout ce qui se trouve en lui est à moi; c'est la mesure et le caractère propre de son affection pour l'Église. Il est tout entier à elle. Quand mon cœur saisit cela par la foi, je comprends qu'il n'y a rien en Christ qui ne soit à moi. Je compte sur son cœur; ses pensées sont toutes à moi: le jugement, il le porte; la coupe de la colère il la boit à ma place; pas une affection qui ne soit en exercice à mon égard; pas un obstacle qui puisse l'arrêter. T'out est consacré au salut de l'Église; c'est lui-même qui se donne sans réserve.

Dans quel état était l'Église quand il s'est donné lui-même ? Dispersée parmi les pécheurs. Comme objet, elle n'existait pas de fait, et n'existait que dans Son cœur. Il rachète, il obtient, il acquiert l'Église, afin que, lorsqu'elle devient sienne, elle comprenne l'amour dont elle a été l'objet, quand elle n'en savait rien. Il veut l'avoir telle qu'il la désire, selon sa pensée et selon son cœur. Il l'a ai­mée - c'est la source; il l'a rachetée - c'est le moyen; il la sanctifie - c'est ce qu'il veut. Nous avons toute la valeur, aux yeux de Dieu, de ce don de Jésus et de tout ce qu'il est. Si je pense au caractère de Celui qui s'est donné, je vois la valeur du don, mais si je considère la personne de Celui qui s'est donné, je vois la source et le principe de tout. Il sanctifie l'Église; il la veut selon son cœur; il s'est mis à part, comme homme glorieux dans le ciel, afin que le Saint Esprit prenne ce qui est à Lui et nous le communique. Il nettoie l'Église par le baptême d"eau, par la Pa­role. Nous sommes si pauvres, dites-vous ? Oui, mais il s'occupe de cela aussi. C'est lui qui s'oc­cupe de l'Église, pour la rendre telle qu'il la veut; il lui montre ce qu'Il est lui-même, pour former l'image de Dieu en elle. «De sa plénitude nous avons tous reçu, et grâce sur grâce» (Jean XIII, 10.) «Celui qui est baigné n'a besoin que de se laver les pieds» (Jean I, 16.) Il s'occupe de nous constamment; il nous veut tels. Quel bonheur! Plus je lui suis semblable, plus je suis capable de le connaître davantage. Combien peu nous saisissons de ce que Christ est ! Mais il agit en moi et pour moi, selon les désirs de sa perfec­tion. Il désire nous avoir tels qu'il nous veut en sa présence, et peut-être il nous broiera si nous voulons résister à ses desseins, Souvent il faut que la volonté soit brisée. Je puis comp­ter que la grâce de Jésus me rendra tel qu'il me veut. Il forme l'Église d'après l'image de sainteté, d'excellence qui se trouve en lui. Si je place la joie avant le fait qu'il est donné pour moi, c'est renverser l'ordre. Il s’est donné quand nous n'étions que pécheurs – Il s’est donné pour l’Église, quand elle était dans le monde, pas meil­leure qu'un brigand, qu'une Marie de Magdala. Puisqu'il l'a prise pour lui-même, il faut qu'il la rende ce qu'il veut qu'elle soit en sa présence. Il se donne lui-même et il la sanctifie; il ne peut l’avoir impure devant lui. Quand elle n'avait pas une qualité pour être l'épouse de Christ, il s'est donné pour elle. Quand j'ai saisi que Christ m'a aimé premièrement, je me dis: il va me rendre tel qu'il me veut. Quel bonheur! Je rends grâces à Dieu de ce que Jésus a cette pensée de sanctifica­tion. Nous sommes prédestinés à être conformes à l'image du Fils de Dieu. Le cœur est plein de reconnaissance et d'actions de grâces; il a appris à aimer la sainteté et la justice, la perfection de Jésus. Celui-ci nous lés donnera; je compte sur Christ qui veut m'avoir près de lui et qui chaque jour me fera faire des progrès en détail. Tout s'a­dresse au cœur. Si je suis convaincu de péché, si ma conscience est réveillée, je sentirai la nécessité d'être purifié; je trouverai les instructions qui me font voir la valeur de l'œuvre de Christ la­quelle donne la paix à la conscience. Je viens alors pour étudier ce qu'il est lui-même, sa per­sonne, ses voies, ses pensées. J'apprends tout ce qu'il est, et je jouis de cette relation. C'est là que commencent toutes les affections. Le cœur se nourrit de Christ lui-même quand il a la paix, Christ est le pain de vie; celui qui mange de ce pain vivra éternellement. Il nourrit l'âme et pro­duit dans le cœur les affections qui s'attachent à lui. C'est ce dont nous avons besoin pendant notre passage ici-bas, mais voici son but final: «Afin qu'il se présentât: l’Assemblée à lui-même, glo­rieuse, n'ayant ni tache, ni l'ide, ni rien de sem­blable, mais afin qu'elle fût sainte et irréprocha­ble.» Aux yeux de qui ? Aux yeux de l'Époux qui l'a prise; il faut qu'il se la présente ainsi.

On voit ici la divinité du Seigneur aussi bien que son humanité. Christ était Dieu ; il accomplit cette œuvre et se présente l'Église à lui-même. Dieu présente Ève à Adam; c'est le fruit de la Création et la responsabilité de la créature; Christ se présente l'Assemblée; c'est le fruit de la Rédemption. Nous avons quelqu'un qui sait ce que sont nos tentations, qui connaît le bien, car il est Dieu, et les difficultés du chemin, car il est homme, qui comprend les choses par lesquelles nos cœurs ont à passer et qui applique sa grâce à tous nos besoins. «Il verra du fruit du travail de son âme et sera satisfait. » Quel bonheur! Il sera sa­tisfait en moi! Une âme qui sent sa faiblesse, qui traverse les difficultés et les tentations peut se dire: Quoi qu'il en soit, il sera satisfait. Il exerce une grâce parfaite pour que je la comprenne dans tous ses détails, dans la hauteur de la position à laquelle il m'appelle, dans la petitesse de toutes les misères de mon cœur qu'il connaît. Quel bon­heur de connaître un Christ qui nous aime de la sorte!

Il aime l'Église, se donne pour elle, la sanc­tifie par la Parole. Tel est le résultat glorieux et béni, mais il montre sous une autre figure tons les détails de sa sollicitude journalière.

Personne n'a en haine sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit, comme le Seigneur nourrit et chérit l’Assemblée pendant tout le temps qu'elle est ici-bas. C'est lui qui le fait à ses dépens. Pour­rait-on trouver parmi les « gousses » de ce monde de quoi nourrir une âme qui a goûté ce que Christ est? Le nouvel homme trouvera-t-il sa satisfaction dans les choses qu'il a abandonnées ? Non, sa sa­tisfaction est en Christ. Il a mangé du veau gras et n'a pas de goût pour les gousses des pourceaux. Il n'est pas besoin, en un sens, de les lui interdire, car, en savourant ce que Christ est, il ne cherche nulle part ailleurs sa nourriture. L'âme ne peut être nourrie d'autre chose, mais elle peut en être empoisonnée. Elle s'amaigrit, devient chétive, pauvre, quand elle ne se nourrit pas. Impossible de trouver une nourriture ailleurs qu'en Christ. En se laissant entraîner vers les choses légères, le cœur s'étiole; quand je me nourris d'autre chose, Christ n'a plus pour moi le même prix. La vie a sa nourriture à elle, selon sa nature. Si ma chair se nourrit, ma vie spirituelle est affaiblie, et quand je reviens à Christ, je ne jouis plus de lui. Combien d'excuses on se fait à soi-même, et com­bien de choses on fait sans excuse aucune, choses futiles qui ne servent qu'à nous détourner de Christ !

Le secret de la joie, comme de la sainteté, est d'être beaucoup occupé de Christ, d'être familier avec son amour. En lui, j'ai l'objet qui me satis­fait ; on me prendrait tout, on ne peut me pren­dre Jésus, et par lui je puis toutes choses. En lui j'ai l'objet qui satisfait mon cœur, et la force qui le soutient.

Tel est le progrès pratique, quand nous goûtons la puissance de la relation dans laquelle Jésus nous a placés. Si j'ai appris à aimer la sainteté, les choses célestes, je les aurai, je les serai, pour ainsi dire, pratiquement; je serai formé selon ce que Christ est. Il s'est donné pour moi ; si j'ai le goût des choses divines, le besoin de mon cœur sera d'être formé d'après ces choses, et Celui qui m'en a donné le goût fera cela.

C'est à Lui que je pense, quand j'e pense à ce que je serai, si j'aime à lui être redevable de tout Ce que j'aurai dans la gloire, car, devant Lui, on aime à être dépouillé de soi.

Que Dieu nous donne de croire à sa grâce, de penser à Lui. Si vous pensez beaucoup à Lui, vous ne sentirez pas le besoin d'autre chose.

J. N. D.

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