Vers la Grande Guerre de 1914-1918








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Raymond Delavigne Texte n° 26

Vers la Grande Guerre de 1914-1918

la période de la guerre

et l’après-guerre


J’ai rassemblé ci-dessous un certain nombre d’éléments qui montrent que l’esprit de revanche était présent dans l’opinion du fait d’une certaine militarisation de la société.

Voici ce qu’écrivait J-L Coiffard fort pertinemment dans son étude monographique de la commune voisine de St-Barthélémy d’Anjou :

« La guerre, la France y pense depuis la défaite de 1870 et la perte de l’Alsace-Lorraine. La revanche ? Gambetta disait : Pensez-y toujours, n’en parlez jamais ».

La république allait donc mettre sur pied une armée nationale : l’instruction des recrues commençait dès l’école, avec l’apprentissage des exercices militaires, l’entraînement physique parfois confié à de vieux soldats. Avec le service militaire obligatoire les jeunes Français découvrent les conseils de révision, leur pays et la vie de régiment, le canon de 75, le fusil Lebel, mais aussi les incroyables uniformes rouges et bleus ». (p. 122).

Le «bataillon scolaire» à Villevêque, à la fin du XIXe siècle

A la fin du XIXe siècle des exercices militaires furent institués dans les écoles primaires, notamment le maniement d’armes.

Voici ce qu'en dit Louis Clerc dans son ouvrage sur l'histoire de l'école [1]:

« Entre 1880 et 1890, une vague tentative de pratique de la gymnastique s'adresse aux garçons. Il ne faut nullement y voir une préoccupation de forme physique, mais plutôt une idée militariste. Il s'agit des « bataillons scolaires ».

Le concept semble venir de Paul Bert, qui pense ainsi former des patriotes prêts à faire le sacrifice de leur vie pour sauver la patrie. Le souvenir de la défaite de 1870 demeure vivace !

Dans le cadre de l'école, les garçons de 12 ans sont formés par des instructeurs militaires à des manoeuvres simples et des exercices physiques. On leur donne un uniforme et un fusil de bois. Ces jeux de guerre sont mal vus des instituteurs – qui sont en majorité pacifistes – ainsi que par les familles car leurs enfants sont obligés de sacrifier du temps libre le jeudi et le dimanche (rendant donc moins de service aux champs ou à la maison). Même les petits fantassins s'en lassent vite. En revanche, pour le 14 juillet, les maires les plus va-t-en-guerre sont enchantés de grossir leur défilé avec ces troupes fraîches.

Assez vite, les bataillons scolaires disparaissent, faute de combattants ! »

 

Le cliché ci-joint représente l’instituteur M. Charles Doineau, sa fille Blanche et des jeunes garçons de l’école de Villevêque, présentant les armes, avec des fusils de bois. J’y ai retrouvé mes deux grands-pères Henri Chaignon et Pierre Delavigne. Les fusils de bois datant de cette époque étaient encore conservés pendant et après la dernière guerre dans le vide sanitaire du logement de fonction d’un des deux instituteurs, celui du « sous-maître », M. Rieu.. On les apercevait par un soupirail donnant sur la cour des garçons. Après la guerre, certains furent « soustraient » pour jouer à la petite guerre entre les gamins du bourg. L'un d'eux était cependant encore conservé à la mairie. J'ai pu le photographier récemment. Voir le cliché ci-joint.

Voici à leur propos, l’anecdote que m’a racontée Bernard Meslier :

« Ces fusils de bois excitaient nos convoitises, ils pourrissaient en effet dans le sous-sol des appartements transformés en clapiers avec des lapins qui rongeaient les crosses à notre grand dam.. Je me souviens avoir monté une expédition un jeudi sans doute, en passant par le soupirail à plat ventre, pour descendre dans cette assez sombre cave ans être sûr de pouvoir remonter car le dénivelé était important…J’en avais extrait trois fusils les moins endommagées passés à Serge Beaumont ou à Doudou [Albert Hostert], mes complices habituels restés en surface à faire le guet.. La fin avait été moins glorieuse quand Monsieur Poperen était apparu, un soir, au moment du dîner, pour dévoiler mon forfait à mes parents… (des délateurs jaloux sans doute ,). La punition avait dû s’étaler sur un mois de retenues agrémentées de travaux d’intérêt général (ramassages forcés d’herbe pour ces maudits lapins) avec en plus la restitution sans condition de nos chers fusils… ».

Ces bataillons destinés à préparer la revanche de la guerre de 1870, en disent long sur la militarisation de la société !. Créés en 1880[2], ils furent heureusement supprimés, en 1892 , ce qui ne fut pas cependant du goût de tout le monde, comme en témoigne cette citation :

« On a aussi supprimé les bataillons scolaires. C’est dommage ! C’était gentil de voir faire l’exercice à ces petits hommes de douze ans, si adroits pour la plupart. Et puis, les officiers appelés à les instruire s’attachaient à ces gamins qui les aimaient eux mêmes et apprenaient tout jeunes, à respecter leurs chefs. Cette éducation militaire, toute primaire, n’était donc pas aussi utile qu’on l’avait jugé, d’abord ? Il n’y eut pas de chanson répandue en l’honneur de cette éphémère institution ».[3]

 

Ce texte écrit vers 1897-1900 est révélateur d’une mentalité qui devait conduire, une quinzaine d’années plus tard, à la plus effroyable boucherie que le monde ait connue. Combien, parmi ces jeunes garçons ont maintenant leur nom inscrit sur le monument aux Morts de Villevêque ?

Il ne serait peut-être pas impossible de retrouver dans les archives la liste des enfants scolarisés durant cette période afin de procéder à cette comparaison.

Il est à noter qu'une société de tir Villevêque-Soucelles fonctionnait parallèlement et entraînait les adultes volontaires.

En 1887, le Conseil municipal vote la somme de 20 francs pour offrir des prix aux enfants de la commune que la société de tir admet à concourir gratuitement.

Un stand de tir existait au bas du bourg, coté gauche en allant vers Corzé. Encore lors des kermesses d’après la guerre, qui se tenait dans le Pré Communeau voisin (dit aussi « pré à Grille, du nom de son  propriétaire).

 


[1]    Clerc (Louis) : « Hier, notre école », Aubanel, Genève, 2004, encadré de la page 119.

[2]    Selon le site : www.histoire-genealogie.com

[3]      Bonnefont : « Les chants patriotiques de la France », p. 313.


1897 : L’armée récupère des armes prêtées à la commune et en prête de nouvelles
Le 3 avril 1897, le Garde d’Artillerie comptable de la place d’Angers délivre un récépissé comptable pour le versement par la commune de Villevêque des armes qu’elle détenait ; à savoir 30 armes à feu de chargement par la bouche modèle 1822 et 30 sabres de troupes à pied modèle 1831. Mais un rectificatif du maire, M. Repussard précise le 5 avril suivant que les armes prêtées étaient 30 fusils avec autant de baïonnettes et fourreaux modèle 1866, se chargeant par la culasse et non par la bouche, « quant à l’établissement d’artillerie qui avait prêté à la commune les 30 fusils modèle ancien, il m’est impossible de vous en faire connaître le nom, suivant toute probabilité, ces armes furent délivrées au dépôt d’Angers en 1848 ». (A M).

Le 28 avril 1897 la commune reçoit à titre de prêt 30 fusils modèle 1866 et 3 nécessaires d’armes, délivrés par l’entrepôt de réserve générale d’Angers – Artillerie 9e région militaire. 29 de ces armes seront réintégrées le 6 novembre 1915. Le fusil manquant ne sera réintégré, avec son « sabre-baïonnette » que le 28 octobre 1918 par messager. En revanche les 3 nécessaires d’armes modèle 1866, ayant été perdus , feront l’objet d’un reversement au trésor de 3 francs. (A M)
1900, le 8 juin : un soldat territorial tué sur la voie ferrée Le Mans-Angers
Le colonel de Ferron commandant le 135e Régiment d’Infanterie réclame l’acte de décès du soldat territorial Landais, tu é sur la voie ferrée à Briollay, d’abord au maire de Briollay, puis au maire de Villevêque, l’accident ayant eu lieu sur sa commune. (A M).
1902, le 8 février :: « Tableau des tailles exigées pour les Corps et services de l’Armée ».
Selon une disposition nouvelle (bulletin n° 1 du recueil des actes administratifs de la préfecture de 1902) les «  maires doivent remettre, désormais, aux jeunes soldats de la classe et aux ajournés un bulletin de renseignements que les intéressés complètent par la mention de l’arme ou du service auquel ils désirent être affectés et qu’ils remettent au commandant du recrutement en passant le conseil de révision. ».

Le tableau des tailles qui est joint montre que les tailles minimales exigées sont en général de 1 m 59 avec une tolérance jusqu’à 1 m 54 pour les maréchaux-ferrants, selliers et bourreliers.. L’arme la plus exigeante est celle des régiments de cuirassiers dont la taille doit être comprise entre 1 m 70 et 1 m 75 maximum. Les tailles dépassant 1 m 80 ne sont pas exemptées mais réservées de préférence pour les bataillons d’artillerie à pied.

La demande doit être formulée ainsi :

« Demande telle arme, loin ou près, en France ou en Algérie, de préférence tel régiment, et à défaut, telle autre arme ou tel régiment ».

1902 , exercice de pontage à Villevêque du 6e Génie
Par lettre du 13 mai 1902, le colonel Magué commandant le 6e régiment du Génie, de la place d’Angers écrit au maire :

« Monsieur le Maire,

J’ai l’honneur de vous faire connaître qu’un détachement du 6e Régiment du Génie, composé comme suit :

  • 4 ou I officiers supérieurs

  • 8 officiers subalternes

  • 16 ou 15 sous-officiers

  • 180 ou 187 hommes de troupe

  • 9 chevaux d’officiers

  • 64 ou 74 chevaux de troupe

  • 14 voitures

arrivera à Villevêque dans la journée du 22 mai courant.

Ce détachement allant exécuter des manœuvres de pontage, séjournera le 22 mai dans votre commune et y cantonnera dans la nuit du 22 au 2.

Je désire que les hommes soient cantonnés par groupes plutôt que logés. En ce qui concerne les sous-officiers, je ne vois pas d’inconvénient à ce qu’ils soient logés.

Les chevaux d’officiers devront être installés dans des écuries autant que possible. Le reste des animaux pourra être mis à la corde.

Vous n’aurez pas de vivres à préparer pour ce détachement.

Je vous prie de vouloir bien m’accuser ré »ception de la présente.

Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’assurance de ma considération distinguée.

Pour le Colonel,

P. O. Le Major

Signature illisible.

De ce séjour éphémère à Villevêque, il reste le souvenir fixé sur carte postale.
1902, le 2 juin, les chevaux de labour aux grandes manoeuvres
Une circulaire du président du conseil d'administration du 135e Régiment d'Infanterie invite les réservistes à amener leurs chevaux de labour pour la période des manoeuvres d' août 1902 (un ou deux chevaux). Ils seront nourris en plus dune indemnité de 5 francs par jour.
1910 : Ordre de route d’un jeune soldat appelé parti aux Etats-Unis et recherché par les gendarmes
« Le Ministre de la Guerre ordonne à M. Berson Ernest Pierre fils de Pierre Frédéric et de Guillas Marie né le 24 avril 1888 à Villevêque département de Maine et Loire, ayant son domicile légal à Villevêque canton d’Angers N E dept de M et L , jeune soldat de la classe 1908 de se mettre en route pour rejoindre ce corps.

Mr Berson Ernest, Pierre, partira immédiatement pour se rendre à Angers, son bureau de recrutement, où il se présentera le 3 novembre 1910 pour de là son ordre de route être continué jusqu’à destination.

Mr Berson Ernest, Pierre, est prévenu que, s’il n’est pas arrivé au jour fixé par cet ordre, il sera immédiatement recherché, et, s’il y a lieu, conduit sous escorte à sa destination.

Il sera en outre poursuivi dans le cas prévu par l’article 230 du Code de justice militaire comme prévenu d’insoumission et passible d’un emprisonnement d’un mois à un an en temps de paix et de deux ans à cinq ans en temps de guerre, conformément aux prescriptions des articles 83 et 85 de la loi du 21 mars 1905. Le temps pendant lequel il aura été en état d’insoumission ne lui sera pas compté dans les années de service exigées.

Fait et signé à Angers le 13 octobre 1910.

Le commandant du bureau de recrutement : ?

Procès-verbal de la gendarmerie

Ce jourd’hui quinze octobre 1910, nous soussigné Defaye gendarme à pied à la résidence de Tiercé agissant en vertu des ordres de M. le Commandant du bureau de recrutement d’Angers avons notifié un ordre de route à M Berson Ernest, Pierre, jeune soldat de la classe 1908 du dept de M et L en son domicile légal à Villevêque M et L parlant à la personne de M. le Maire de cette commune qui a déclaré que l’intéressé habite actuellement 238-23 Avenue, San Francisco California.

Cet ordre prescrit à M Berson, Ernest, Pierre, affecté au 66e Régiment d’Infanterie de se rendre à Angers le 3 novembre 1910.

Et afin que les susnommé n’en ignore, nous lui avons laissé la présente, dont l’original a été visé par M Gaignard maire de la commune de Villevêque.

Dont acte à Villevêque les jour, mois et an que dessus.  A Defaye Gaignard

Qu’est-il arrivé à cette jeune recrue, à qui on laissait 18 jours pour rentrer de San Francisco à Villevêque, à une époque où l’avion n’existait pas !

La société de tir de Villevêque


1886, le 22 août, le Conseil municipal attribue une subvention de 150 francs à la société de tir.

1887, le 23 avril : le préfet informe le maire que le ministre de la Guerre, sur sa proposition, met à disposition de la société de tir de Villevêque, une médaille d’argent à l’occasion de son concours. (A M).

1888, le 9 mai, ce sont maintenant 246 cartouches pour fusil modèle 1874 que le ministre de la Guerre met gratuitement à la disposition de la société par l’entremise du directeur de l’école d’artillerie de Poitiers, auquel il convient qu'elle s’adresse.
L’association dite société de préparation militaire et de tir de Villevêque 1910-1914)
Cette association a été agréée par le Ministre de la Guerre le 20 août 1910 sous le n° 4386. La déclaration en préfecture date du 23 juin et la publication au Journal Officiel , du 3 juillet 1910, p. 5756. Parallèlement, 3 autres sociétés se créent en même temps à Soucelles, Pellouailles et Sarrigné et contractent une police d’assurance auprès de la Société Suisse d’Assurance contre les Accidents à Winterhur, pour 50 personnes et une durée de 10 ans (1er juillet 1910- 1er juillet 1920). Avec Tiercé, les sociétés sus-nommées formèrent une fédération présidée par M. Picard. Cette fédération organisait des concours.

Selon ses statuts le but de la société est de « propager et de vulgariser l’étude théorique et pratique du tir et des exercices militaires ».

Elle n’eut qu’une existence limitée du fait de la Grande Guerre qui entraîna la mobilisation d’une partie de ses responsables. On suit son activité jusqu’à la déclaration de la guerre. Il semble toutefois que la société n’ait pas été dissoute car en 1916, on répondit encore à un questionnaire de l’Armée , en revanche, celui de 1917 ne fut ni rempli ni renvoyé.

Son président était M. le Dr Renou, de Villevêque, aide-major au 77e de ligne

Vice-Président : M. Robreau Théodore,

Secrétaire : M. Nidelet Louis, instituteur,

Trésorier : M. Rouesnet Armand,

Chef de tir : M. Prieur Théodore, lieutenant de pompiers,

Sous-chef de tir : M. Bieslin Henri,

Commissaire de tir : M. Gaignard Léon,

«  M. Doublard Emile, en 1910, remplacé par M. Hamard Pierre en 1911,

«  M. Marsille Albert, en 1910, remplacé par M. Delhumeau Henri en 1911,

«  M. Poupin Jean remplace M. Delhumeau en 1912.

IL n’y eut ensuite pas de changement dans le bureau et le personnel de tir.

Parmi les signataires des statuts, on relève les noms de :

  • Dr Renou

  • Hamard Pierre,

  • Doublard Emile

  • Soyer Louis

  • Repussard fils,

  • Vallée Louis

  • Nidellet Louis

  • Marsille père,

  • Dubas Louis,

  • Antier Louis,

  • Robreau Théodore fils,

  • Briselin Henri,

  • Gaignanrd Léon,

  • Ganne Joseph ,

  • Février,

  • Delhumeau H.

  • Pottier M.

  • Simier

  • Greffier Auguste

  • Chatelain Louis

  • Orillon Auguste

  • Marsille Albert

  • Barrau Eugêne

  • Lemée

  • Déons

  • Rouesnet





Effectifs de la Société :





1er 11-

1910

1er 11-

1911

1er 11-

1912

1er 11-

1913

1914

Section scolaire

-

-

-

15

15

Jeunes gens

15 à 17 ans

6

6

6

6

6

Civils

6

9

6

5

5

Total des 2 catégories

ayantdroit aux allocations

de faibles munitions

12

15

12

11

11

Jeunes gens

Au-dessus de 17 ans

8

8

5

5

6

Membres militaires, hors

Armée active

30

26

25

25

23

Total des 2 catégories

ayant droit aux allocations

fortes de munitions

38

34

30

30

29

Militaires de l’armée

active

-

4

5

3

2

Total général

50

53

47

44

42

Officier de réserve

1

1

1

1

1

Source : d’après le dossier conservé aux Archives municipales.

Budget et fonctionnement


Les 2 premières années, le fonctionnement est assuré par les cotisations (150 francs) et à partir de 1912 la commune accorde une subvention de 100 francs. La première année, un stand à tir réduit est installé à Villevêque et un abri le sera en 1913. La Société dispose du stand de tir à l’arme de guerre, de 200 m avec des cartouches Modèle 1906. Ce stand a été financé par les différentes sociétés locales par une participation annuelle. Il disposait d’une installation téléphonique pour communiquer entre le pas de tir où se trouvaient les tireurs et la fosse où officiaient les sociétaires en charge du service des cibles.

Elle reçut 3 fusils Modèle 1886 M93 avec épée baïonnette et fourreau., de la part du parc d’armement du 9e corps, de la place d’Angers, lesquels étaient déposés en mairie de Soucelles.

L’entretien des armes et des cibles est assuré par le garde-champêtre de Soucelles.

Elle disposait également de 2 carabines Buffalo 6 mm.

Le nombre moyen de séances de tir est de 7 par an, sauf en 1911 (5) et 1914 (2 seulement en début d’année) pour cause de déclaration de guerre.

Le nombre des présents ne permet pas de conclure à une grande assiduité :

  • 30 en moyenne en 1910,

  • 24 «  1911,

  • 12 «  1912

  • 25 «  1913

  • 12 «  1914

Aucun brevet d’aptitude militaire n’est signalé pour les années 1910, 1911 et 1912. Pas de précision ensuite.

D’ailleurs on peut lire cette phrase sur le cahier de règlement et de tir : « Il est regrettable que les jeunes gens de Villevêque ne suivent leur exemple en venant grossir nos rangs ». Et plus loin : « Les tirs à l’arme de guerre ont été suivis régulièrement par six ou sept tireurs, toujours les mêmes. Il serait à souhaiter que les tirs soient régulièrement suivis par tous les tireurs vu leur importance et surtout par les jeunes gens qui en quelques années seront appelés sous les drapeaux. Ils ne devraient pas oublier qu’un bon tireur est très apprécié au régiment et que les permissions leur sont surtout accordées par leur chef . Quelques uns de nos tireurs se sont signalés au cours de l’année 1913. Marsille lauréat de l’Union des Sociétés de tir de France a obtenu un premier prix de tir au concours de tir organisé à la Lieue et un deuxième prix de tir au concours fédéral du stand de Soucelles. Au même concours M. Bareau a obtenu un 5e prix. Au concours de Durtal M. Poupin a obtenu un premier prix à l’arme de guerre .»

1913, le 20 mars : Le Régiment du 6e Génie prépare ses manœuvres à Villevêque :Le Chef de Bataillon Flamet, Chef du Dépôt du Matériel du Génie d’Angers écrit à M ; le Maire de Villevêque
Monsieur le Maire de la commune de Villevêque,
En vue d’exercices extérieurs que le 6e Génie se propose d’effectuer à la fin du mois de mai prochain, j’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien me donner les renseignements ci-après :

1° ) – Quels seraient les propriétaires de votre Commune qui consentiraient à laisser exécuter, dans des terrains incultes, des ouvrages de fortification de campagne (tranchées à faible profil) ?

Les terrains seraient remis dans l’état primitif avant le départ des troupes. Des indemnités seraient consenties, sur expertise, en cas de dégâts, s’il y a lieu.

2° ) – Quels seraient les propriétaires qui consentiraient à laisser débroussailler gratuitement les terrains vagues, clôtures, bordures de chemins, etc…. ?

Les broussailles ou arbustes seraient laissés en ordre, sur place, à la disposition des propriétaires, dont on suivrait autant que possible, les indications pour ces travaux.

Au cas où il serait procédé, lors de ces opérations, à des organisations de tranchée à faible profil, les terrains seraient remis scrupuleusement dans l’état primitif par le Régiment, avant le départ des troupes.

3 ° ) – Le 6e Régiment du Génie se proposant, de même, des exercices d(organisation défensive en abatis d’arbres sur lisière, quels seraient les bois appartenant, soit à la commune, soit à des particuliers où des coupes soient prévues pour le mois de mai et où les propriétaires consentiraient à ce que l’abatage des arbres fût effectué par les hommes de notre Régiment ? Pour se prêter utilement à l’exercice projeté, le terrain en avant de la lisière doit être découvert au moins sur une partie de l’étendue. Les arbres seraient abattus à la lisière même, ou à l’intérieur du bois si leurs dimensions permettent de les déplacer, à bras d’hommes (ou au moyen de cordes) pour les transporter à la lisière.

L’essence des arbres n’est pas indifférente. Les peupliers en particulier, conviendraient moins, comme ne présentant pas des têtes à fortes branches ; il en serait de même des sapins. Le type d’arbres le plus convenable serait le chêne, par exemple. Quant au nombre d’arbres, il serait désirable qu’on pût en abattre deux cents au minimum.

Des marques désigneraient d’avance les arbres susceptibles d’être abattus. Après abatage, les arbres seraient laissés sur place, à la disposition du propriétaire qui bénéficierait de la main-d’œuvre.

Je vous serais très obligé, Monsieur le Maire, de bien vouloir m’adresser votre réponse, autant que possible dans un délai de 15 jours environ, pour que nous ayons le temps de visiter les terrains, le cas échéant, nous entendre avec les propriétaires et faire des propositions au sujet des exercices projetés. Veuillez agréer Monsieur le Maire l’assurance de ma considération distinguée. »
1913, le 1er mai : La mobilisation se prépare : la commune devra nourrir environ 27 hommes du Service de garde des voies de communication.
Le Général Claret de la Touche commandant la 36e Brigade et les 7e et 8e Subdivisions de la 9e région adresse au maire une circulaire timbré « secret » dans laquelle il explique « qu’à la mobilisation les hommes du poste n° 1 (Groupe n° III- Section C) du service de garde des voies de communication devront être nourris par la commune de Villevêque. L e nombre s’élève à environ 27.

Chacun d’eux devra recevoir deux repas en aliments préparés (art. 12 du décret du 2 août 1877 portant règlement d’administration publique pour l’exécution de la loi du 2 juillet de la même année relative aux réquisitions militaires). »

La circulaire précise ensuite le fonctionnement pratique : ordres de réquisition, nombre de demi-journées de nourriture à délivrer et heures de livraison, reçus provisoires des prestations, reçus définitifs tous les 5 jours, modalités de remboursement aux communes. (A M).

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