La paroisse et l'église de Villevêque








titreLa paroisse et l'église de Villevêque
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Raymond Delavigne Texte n° 11
La paroisse et l'église de Villevêque

Avertissement :
En complément de cette partie, on se reportera aux chapitres consacrés aux prêtres, curés, vicaires, chapelains.., à la fabrique de l'église et son personnel, aux chapelles et aux cimetières, au presbytère et à la seigneurie de la Cure, aux croix et calvaires, à la dîme, aux mentalités et croyances, à la vie religieuse, à l'église réformée et au chapitre de la partie « Révolution » portant sur les prêtres assermentés et réfractaires.
Définition
La paroisse est la cellule de base de l’organisation non seulement ecclésiastique mais aussi communautaire et administrative, durant tout l’Ancien Régime. Cette communauté, à la fois spirituelle et matérielle a été le cadre de vie essentiel de nos ancêtres. Avec la Révolution, une nouvelle entité géographique, la commune, est née de la séparation de cette communauté en deux parts, l’une religieuse la paroisse, qui a continué de vivre et d’être administrée par un conseil de fabrique présidé par le curé, en charge de l’église-mère, celle qui a les fonts baptismaux et l’autre civile, gestionnaire de la population et du territoire.
La date de création de la paroisse, comme celle la quasi-totalité des paroisses n’est pas connue exactement. On en est donc réduit à extrapoler les données dont on dispose. Comme le nom l’indique, l’évêque fut très vraisemblablement le créateur de la paroisse mais on ignore l’époque de sa venue à Villevêque. Toutefois il ne donna son nom à la paroisse, Villa Episcopi qu'au XIIe siècle car auparavant les chartres parlent de Vico et Vicum, qui ne devait pas représenter encore une paroisse. Plusieurs indices laissent supposer une création au plus tard à l’époque carolingienne, et peut-être mérovingienne. L’œuvre de l’église qui est dans sa partie la plus ancienne du roman primitif révèle aussi que l’on a eu recours à des matériaux préexistants tels des sarcophages et des pierres ouvragées, ce qui montre qu’un cimetière ou nécropole a précédé l’église. On a sans doute affaire à l’origine à une chapelle de cimetière. De plus la dédicace à saint Pierre (et saint Paul ?) est également un indice d’ancienneté. Celle-ci paraît en effet exister sûrement avant l’an Mil car l’évêque Néfinge donne à cens, une terre située à Corzé, à une date comprise entre 966 et le 12 septembre 973. Or il est dit, dans la charte, que cette terre est bornée de deux côtés par la terre de Saint-Pierre, par un autre côté par la terre de Saint-Maurice et sur le quatrième côté par le Loir. La terre de Saint-Maurice est celle du chapitre cathédral, celle de Saint-Pierre correspondant à l’église de Villevêque1.

La création de la paroisse de Villevêque participe du mouvement de renaissance des XIe et XIIe siècles, époque durant laquelle se met en place le réseau paroissial. De 52 paroisses attestées vers l'an Mil, leur nombre passe à 294 à la fin du XIe et 493 à la fin du XIIe siècle.2

La paroisse a été détachée de la grande paroisse originelle de Saint-Sylvain (créée en 1095) et elle a eu sous sa dépendance jusqu’à la Révolution, en tant que paroisse-cure ou paroisse-mère, la petite paroisse succursale3 ou annexe encore appelée « fillette », de Pellouailles, que desservait un vicaire appelé chapelain de Pellouailles; le curé de Villevêque se réservant tous les droits curiaux sur cette paroisse, ce qui n’allait pas sans difficulté et donnait lieu à de nombreux procès.

« De temps immémorial, il y avait une chapelle au hameau de Pellouailles et dans cette chapelle érigée en confrairie de la Madeleine le curé de Villevêque avait chez lui un vicaire chargé de desservir cette chapelle, d'y entendre les confessions de tous les paroissiens demeurant au fief de Pellouailles, de baptiser les enfants, administrer les sacrements, faire les sépultures. Le curé se rendait lui-même en ce lieu chaque fois que c'était nécessaire ou qu'il le jugeait à propos. Il payait le vicaire ainsi qu'un clerc qui l'aidait dans ses fonctions »4

La fondation de la chapelle de Pellouailles date du 6 janvier 1267. C’est sans doute d’elle qu’il est question dans le pouillé du diocèse d’Angers vers 1330 : « Villa Episcopi cum capella 26 s »5. Pellouailles fut érigé officiellement en paroisse indépendante en 1802 par Mgr Montault, en accord avec le Premier Consul mais de fait, le vicaire M. Dillé s’était déjà institué curé dès 1789. Ce n’était que la reconnaissance d’un état de fait, avec un retard dû au bouleversement de la période révolutionnaire. Toutefois une réforme municipale en 1787 avait créé des assemblées locales et une loi municipale du 14 décembre 1989 avait créé les communes transformant les anciennes paroisses en communes : “il y aura une municipalité par paroisse ou communauté de campagne” (décret du 14 décembre 1789 et Lettres patentes du 22)”6. Le vicaire Dillé n’a donc fait qu’anticipé de quelques années la réorganisation religieuse qui allait suivre en 1802.

La cure de Villevêque était l’une des 116 cures à la présentation de l’évêque, sur les 462 paroisses que comptait le diocèse. Celle de Pellouailles était présentée alternativement par l’évêque et le curé de Villevêque.7
A la Révolution « la loi du 30 janvier 1791 conserva 8 paroisses seulement à Angers …Le doyenné de Saint Serge comprenait en outre Ecouflant, Foudon, Pellouailles, Le Plessis-Grammoire, Saint-Sylvain, Sarrigné et Villevêque. 

En 1960, les circonscriptions ont été remaniées par ordonnance épiscopale… Il a en outre été formé deux doyennés ruraux Angers-Est et Angers-Ouest. »

Il convient de noter que Villevêque est une paroisse de l'archiprêtré d'Angers qui va, de ce côté N-E de Seiches à Lué jusqu'à la Loire; Le Loir servait de limite avec l'archiprêtré de la Flèche qui allait jusqu'à Briollay et était limité par la Mayenne à l'ouest. (cf carte du diocèse d'Angers, in "Fasti Ecclesiae Gallicanae 7 Diocèse d'Angers" p. 4.)

Ces dernières années (1993), une fusion de paroisses est intervenue. Villevêque fait désormais partie de la paroisse «Saint François aux portes d’Angers » qui comporte 7 paroisses regroupées, que desservent deux prêtres et un diacre, à la date de janvier 2001. Voir ci-dessous.

Le territoire paroissial




A l’origine, la paroisse fut détachée comme ses voisines, Ecouflant, Le Plessis-Grammoire, St Barthélémy, d’une plus grande paroisse qui paraît avoir été St-Sylvain. La petite paroisse de Pellouailles était un « fillette » de l’église de Villevêque et n’avait qu’un vicaire du curé de Villevêque à sa tête. (Voir le chapitre consacré aux nombreux procès à ce sujet).

Au moment de la Révolution, un projet de création d’une paroisse au Perray vit le jour en 1792. Celle-ci aurait été notamment constituée d’une partie du territoire de la paroisse de Villevêque. (Cf Andegaviana, 9 e série, 367).
La ré-organisation moderne du diocèse : fusion des paroisses.
En 1996, une ré-organisation du découpage du diocèse est intervenue, regroupant entre elles un certain nombre de paroisses anciennes. C’est ainsi que dans la zone dite de la périphérie angevine une nouvelle paroisse placée sous le patronage de saint François d’Assise, a été créée par regroupement des paroisses d’Ecouflant, Pellouailles-les-Vignes, Le Plessis-Grammoire, Saint-Sylvain-d’Anjou, Sarrigné, Soucelles et Villevêque. Cette paroisse nouvelle porte désormais le nom de Saint-François-aux-Portes-d’Angers.


L’église.
Des ouvrages récents se sont intéressés particulièrement à l’église de Villevêque, apportant de nombreux renseignements repris ici; c’est pourquoi ce chapitre débute par une bibliographie.

Bibliographie



- E-G. Ledos dans son ouvrage sur  Joseph Denais8 cite un certain nombre de ses écrits inédits. Parmi ceux-ci on trouve page 325 : «3091, n° 8 Villevêque. Eglise St-Pierre, 12 f. 22 août 1891 », faisant partie de l’Inventaire des richesses d’art de la France, cf n° 55. Dans cet Inventaire p.190 il est dit que « J. Denais avait été chargé de ce travail (27 mai 1891) mais le parlement supprima ce crédit. J. Denais avait alors réuni les notes et documents sur 45 églises angevines. Il avait rédigé les Histoires des églises des environs d’Angers (23), Briolay (8) …Beaucoup restèrent dans ses cartons .. ». J’aurais aimé retrouver cette notice.

- Le curé Budan, ancien curé de Villevêque, a rédigé un précieux registre-chronique, au début du XX e siècle qui figure dans les archives de la cure, qui ont été déposées aux archives diocésaines. Il contient beaucoup de détails pour l’époque moderne.9

- Célestin Port, dans sa notice communale du « Dictionnaire historique, géographique et biographique de condense de nombreux renseignements ainsi que sa récente mise à jour lors de la réédition intervenue plus d’un siècle après la première. Je la complèterai ici sur certains points.

- A. Ruel a produit une note synthétique dans la revue disparue l'Anjou qui puise à la source. précédente

- Jacques Mallet est véritablement le premier auteur à mettre l’église de Villevêque en vedette, dans son ouvrage « L’art roman de l’ancien Anjou » Picard , Paris, 1984. Il lui consacre plusieurs pages qui seront citées ici. Ceci est d’autant plus remarquable que « L’Anjou roman » de la célèbre collection Zodiaque, paru en 1959 sous le n° 9 et que l’on doit à P. d’Herbécourt et J. Porcher, est demeuré totalement muet sur cette église. Elle ne figure même pas dans la liste des édifices conservant des « fragments de construction romane ». La même critique est à faire également pour l’Atlas historique de l’Anjou que publia l’I. G. N. ces dernières années

- Alain Valais a plus récemment encore, étudié systématiquement « les premiers édifices romans du nord de l’Anjou, techniques de construction et éléments de chronologie » 10, Villevêque se situant par chance en limite sud de son périmètre d’étude. Cet auteur a en effet inventorié à partir de 1990 tous les vestiges architecturaux antérieurs à 1200 en Mayenne et dans ses zones limitrophes.11 Les édifices romans ont fait l’objet d’observations détaillées. Leurs parements et fenêtres ont été relevés afin d’être comparés, comme on le verra ci-dessous.

  • C. Davy, très récemment, en 1999, a publié une étude très fouillée sur la peinture romane dans les Pays de la Loire,12 étude dans laquelle les fresques de Villevêque tiennent une place importante et ceci sur la base documentaire très limitée des deux précieuses photographies du chanoine Urseau.

  • D. Prigent, archéologue départemental , n'a pas ignoré le mur nord de l'église de Villevêque dans son étude sur « le tuffeau blanc en Anjou », publiée dans « Carrières et construction en France et dans les pays limitrophes », Editions du Comité des Travaux Historiques et scientifiques (C.T.H.S.), Paris 1991, pp. 219-235.

On peut donc dire que ces derniers auteurs, Jacques Mallet, Alain Valais, C. Davy et D. Prigent ont complètement renouvelé la connaissance que nous avions de l’église de Villevêque, lui donnant une place beaucoup plus importante que par le passé, dans l'archéologie monumentale angevine, sur la base d’études comparatives particulièrement fouillées.

La protection au titre des Monuments Historiques


L’église (ainsi que le presbytère) ont été inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 11 février 1992, à la suite d’une étude dont on trouvera les références ci-dessous. A. Sarazin, dans son Suppl. Au Dict. De . Port dit : 2 novembre 1972. La demande avait été formulée par le Conseil Municipal le 27 juin 1972. Cette protection n’est pas à confondre avec le classement au titre des monuments Historiques qui est une protection beaucoup plus forte et plus contraignante, en contre-partie d’une possibilité de financement de l’Etat, ce qui n’est pas le cas de l’inscription. Les parties protégées portent sur l’élévation et les toitures. Elles concernent des éléments des 11e, 12e, 13e, 16e, 17e et 18e siècles. Le dossier de recensement au titre des immeubles monuments historiques a pour référence PA 000109412 et la requête 49377, n° de code INSEE de la commune. Cette protection entraîne la consultation et l’accord de l’architecte départemental des bâtiments de France avant tous travaux.

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