L’Accord de cessez-le-feu de Lusaka représente la base la plus viable ” pour la résolution ou le règlement du conflit en République Démocratique du Congo








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MANQUE A GAGNER



Pour les huit mois d’occupation, le trésor a perdu 447 Kg d’or équivalent à une valeur moyenne de 4.061.486,064 USD. Quant à la taxe ad valorem de 3%, l’Etat a perdu 121.844,5819 USD.

ANALYSE CHIFFREE DES EXPLOITATIONS DU DIAMANT



Dans les territoires occupés, il existe une exploitation artisanale du diamant notamment dans la province orientale et ce, au mépris des lois qui organisent l’exploitation et la commercialisation de cette pierre précieuse. L’antenne du Centre National d’Expertise (CNE) à Kisangani possédait 8 comptoirs avant la guerre avec une moyenne de 14 acheteurs.
Au cours des 7 premiers mois de l’année 1998, les achats ont été estimés à 185.216,267 carats pour une valeur de 2.161.176 USD. Le manque à gagner dû à la guerre s’élève à :
- par carat 26.459,464 USD x 8 mois = 211.675,712 USD

- en valeur 2.161,176 USD x 8 mois = 17.289,408 USD

- TVA 17.289,408 USD x 3 % = 518.682,24 USD
En ce qui concerne les droits de sortie, le manque à gagner est de 17.289,409 USD x 1,8% soit 209.341 USD.
Pour la CCA, le trésor public a donc perdu (17.289,408 USD + 2.093,412 ) x 0,25% soit 43.871,87 USD.
Le trésor perd 101.604,33 Fc soit 33.868,10 USD pour la contribution cellulaire calculée à 0,48 Fc par carat. Les huit acheteurs opérationnels auraient dû payé au trésor 24.000 USD pour le renouvellement de leurs cartes d’étranger. Dans le secteur du diamant, le manque à gagner s’élève donc à 879.763,33, - USD répartis de la manière suivante :
- Taxe ad valorem : 518. 682,024 USD

- Droit de sortie : 259.341,012 USD

- CCA : 43.871,087 USD

- Contribution cédulaire : 33.868,010 USD

- Taxe pour cartes d’étranger

du secteur minier : 24.000 USD
En définive, l’or et le diamant combinés, accusent un manque à gagner de l’ordre de 1.503.356,20 USD soit 623.892,92 USD pour l’or et 879.763,33 USD pour le diamant.
Au vu de ce qui précède, on doit noter que la convoitise d’ordre économique dans le chef de certaines puissances extra-africaines qui n’hésitent pas à se servir de quelques Etats africains notamment le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi ne date pas d’aujourd’hui. Ces dernières ne jouent que le rôle de sous-traitants dans l’exécution de ces complots internationaux visant à briser la volonté d’autonomie de la Rép. Démocratique du Congo et à assurer la mainmise sur ses richesses.
Les massacres autour de certains des grands centres du pays sont dus aux richesses que renferment ses sols. Le territoire de Muenga, par exemple, comprenant 6 chefferies en termes de réserves, est l’un des plus grands en Afrique centrale. ”
4.3.6. La recolonisation du Congo par la partition de fait et la tutelle déguisée
4.3.6.1 Partition de fait
Nous avons déjà fait observer que le Conseil de Sécurité par sa résolution 1234 déplore que les combats se poursuivent en RDC et que des forces étrangères demeurent en République Démocratique du Congo dans des conditions incompatibles avec les principes de la charte des Nations-Unies et demande à ces Etats de mettre fin à la présence de ces forces non invitées et de prendre immédiatement des mesures à cet effet.
Il est évident que le Conseil de Sécurité en déplorant au lieu de qualifier exactement le fait d’agression, évite de condamner les agresseurs pour ne pas être amené en conséquence, conformément à l’article 39, à faire des recommandations ou de décider des mesures à prendre au regard des dispositions des articles 41 et 42 afin d’assurer le maintien de la paix ou de rétablir la paix et la sécurité internationales menacées dans la région dite des grands lacs.
Le Conseil de Sécurité s’est en effet contenté d’exiger l’arrêt immédiat des hostilités et de demander la signature d’un Accord de cessez-le feu permettant le retrait ordonné de toutes les forces étrangères (y compris les troupes invitées pourtant par le gouvernement de la RDC dans le cadre du droit naturel de la légitime défense individuelle et collective conformément aux dispositions de l’article 51) et le rétablissement de l’autorité du gouvernement de la République (dont il reconnaît dans la légitimité) sur tout son territoire.

Loin d’avoir aidé au rétablissement de l’autorité du gouvernement sur tout son territoire, l’Accord de Lusaka a par contre établi de jure la partition du territoire congolais qui était de fait. En effet, cet Accord subordonne dans son annexe B le rétablissement de cette autorité à la tenue du dialogue national, à l’installation des nouvelles institutions et au désarmement des groupes armés.1
Le retrait des troupes étrangères non-invitées, c’est-à-dire des troupes d’occupation lesquelles ont consacré la partition de fait, constitue la dernière étape parce qu’il est inclu dans l’expression “ retrait ordonné des forces étrangères ”.
La partition de jure est également observable dans les dispositions du chapitre 6 de l’annexe A à l’Accord relatif au rétablissement de l’autorité administrative de l’Etat sur l’ensemble du territoire congolais. Ces dispositions prévoient (chapitre 6.1) le rétablissement de la dite autorité à l’issue des négociations politiques inter-congolaises.
En attendant, la partie rwando-congolaise auteur d’“ agression-rébellion ” est ici implicitement autorisée à administrer la vaste portion du territoire sous son contrôle. Ceci est vérifiable non seulement dans les dispositions de l’Accord lui-même mais aussi par des actes posés par les soi-disant rebelles avec la caution de certaines institutions internationales :


  • En ce qui concerne l’Accord, l’article 1.3 a interdit aux Parties, y compris donc au gouvernement légitime d’occuper de nouvelles positions sur le terrain et de mouvoir des forces et des équipements militaires d’un endroit à l’autre SANS ACCORD PREALABLE DES PARTIES.




  • En ce qui concerne les actes posés par les rebelles, il est important de relever de grandes décisions politico-administratives prises directement par le Rwanda et l’Ouganda depuis août 1998 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, de Maniema, et dans la province orientale. 1


Tous ces actes sont posés sur fond de guerre, de rivalité entre le Rwanda et l’Ouganda sur notre territoire dont les affrontements à Kisangani ont été largement rapportés par la presse internationale, des affrontements armés qui se sont produits entre le 14, 15 et 16 août 1998 du moins pour ce qui est ouvertement violent.
Il s’agit de :


  • La création anarchique de la Province d’Ituri, la tentative d’érection d’autres districts en province autonome et “ l’annexion ” des territoires de Banalia et de Bafwansende à la “ province de Gbadolite ”. Cette Balkanisation de la province orientale ne permet plus au gouverneur de cette province d’obédience RCD/GOMA que d’administrer la ville de Kisangani et trois ou quatre territoires sur vingt quatre ;




  • La balkanisation de la province du Nord-Kivu en deux provinces contrôlées et exploitées chacune par les ougandais (BENI – LUBERO et par les rwandais (GOMA, RUTSHURU, WALIKALE, MASISI) ;




  • La création du territoire de Minembwe pour les Tutsi résidents au Congo. Il existe un projet d’érection de ce “territoire ” en province autonome ;




  • La création du territoire de BUNYAKIRI et de la commune urbaine-rurale de Kasha dans la ville de Bukavu ;




  • La mise de l’île d’Idjwi sous contrôle direct rwandais de Kibuye ;




  • La nomination des chefs de collectivité et des secteurs par des commandants militaires des forces d’occupation à Kabambare dans le Maniema ;




  • La nomination des autorités administratives et de certains chefs coutumiers par les forces d’occupation ;




  • L’organisation des élections des autorités administratives congolaises par des ougandais à Beni et à Butembo ;




  • La création d’une assemblée provinciale dénommée “ BARZA ” dont la mission est semblable à celle d’une assemblée législative et constituante ;




  • L’organisation des élections des autorités politico-administratives congolaises par les rwandais à Kisangani ;


Enfin, des Accords militaires et des polices ont été signés confirmant le jumelage de la ville de Bukavu avec la capitale rwandaise Kigali sans compter les tentatives de jumelage de la ville de Kisangani avec celle de Butare.
En vérité, l’Accord de Lusaka n’a pas que le défaut d’être un non-accord au regard des règles du droit international relatif aux traités internationaux, son iniquité s’étend jusqu’à la destruction totale irrémédiable de la nation congolaise.
Des solutions doivent être trouvées d’urgence, pour sauver la paix et la sécurité internationale, sauver un membre de l’ONU et de l’OUA en l’occurrence la RDC sauvagement agressé par ses voisins avec la bénédiction de la communauté internationale.


  • En ce qui concerne la caution de la communauté internationale


L’exemple le plus frappant est “ l’incident ” survenu lors de la tenue des assises de la 56è session de la Commission des droits de l’homme des Nations-Unies à Genève.
Certes, une délégation gouvernementale de cinq personnes conduite par le Ministre des Droits Humains était présente à Genève aussi que des ONG congolaises.
Curieusement deux représentants de “ la République Démocratique du Congo / Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) ont été désignés par le “ Département de la Justice et Règlement des Conflits ” et accrédités par les services techniques de l’Office des Nations-Unies à Genève à la place du Gouvernement congolais.
Non seulement ces personnes étaient porteuses des badges pour lesquels ils avaient introduit une demande par fax en se référant à un entretien téléphonique de mars 2000 avec le responsable du service des badges, Madame IZE SHARRIM MARIA FRANCESCA, mais le fait était également vérifiable à la page 20 du document provisoire officiel de la commission portant le numéro référence E/ C.N.U./2000/MISC.1 du 28 mai 2000, document disponible du reste en anglais, français et espagnol.
Par sa note verbale n° 132-51/MPRDC/AR/058/2000 du 4 avril 2000, la Mission Permanente auprès de l’Office des Nations-Unies et des institutions spécialisées de la RDC, à Genève, à attirer l’attention de toutes les missions permanentes et Organisations Internationales près de l’ONU à Genève sur le caractère abusif de la présence des ces deux délégations qui se présentaient au non de la RDC.
En réponse, le Secrétariat de la Commission des droits de l’homme prétendra que les noms de ces deux délégués du RCD qui se présentaient au nom de la RDC “ avaient été par erreur inclus dans la liste des participants ”. Leurs noms avaient en conséquence été rayés de la liste. Selon donc ce secrétariat les deux rebelles étaient simplement porteurs des badges “ galeries publiques ”. La commission, par la même note verbale du 3 avril 2000 adressée à la RDC, a donc prié cette dernière “ de bien vouloir excuser l’erreur qui a été faite ”.
4.3.6.2 Tutelle déguisée
Cette erreur en était-elle une ? Ce qui est certain c’est que “ la participation du Facilitateur au débat du Conseil de Sécurité ”1 au mois de janvier 2000 n’a pas été une erreur.
Le deuxième rapport du Secrétaire Général sur la MONUC qui le rapporte indique que le Facilitateur neutre, choisi par l’OUA “ en fait proposé par l’Ambassadeur Américain aux Nations-Unies), est “ soutenu par la Communauté Internationale ”. Celui-ci “ aura besoin d’un appui considérable en ressources humaines, matérielles et logistiques pour réussir ”2 à organiser le dialogue inter congolais sans la tenue duquel “ on conçoit de plus en plus nettement qu’il risque de ne pas y avoir de solutions en République Démocratique du Congo ”.3
Appelé à “ faciliter ” le dialogue National le médiateur parcourt des capitales Euro-américaines et africaines où il est reçu tel un Chef d’Etat. “ Durant ses visites récentes en République Démocratique du Congo, la MONUC lui a fourni aide et assistance ”.4 “ Il s’est en suite rendu à Kigali et à Kampala où il a rencontré des représentants des groupes rebelles ”.5
Le pèlerinage Kampala-Kigali du facilitateur pour y rencontrer des représentants des groupes rebelles n’est pas fortuit. Les rebelles sont en réalité l’épouvantail du complot International contre la RDC pour maquiller l’agression. Car, c’est de Kampala qu’est dirigé “la rébellion ” installée à Bunia de même que celle de Gbadolite tandis que Goma est prosterné aux pieds de Kigali.
Alors que les armées des deux pays “ colonialistes ” de la RDC par la volonté des pays commanditaires, euro-américano-africains par leurs affrontements meurtriers (pour les populations civiles
congolaises) en territoire congolais ont établi que l’agression du Congo par ses voisins était un fait avéré, le Secrétaire Général des Nations-Unies se contente de noter dans son troisième rapport6, à ce jour du vote de la résolution 1304 du 16 juin 2000 ce qui suit : “ des violents combats n’ont cessé d’éclater dans la ville de Kisangani (Province Orientale) ; on estime q’ils ont fait 150 morts parmi la population civile et plus d’un millier de blessés, et ils ont causé de graves dégâts matériels. Les belligérants, à savoir l’Armée Patriotique Rwandaise (RPA) et les Forces de défenses du peuple ougandais (UPDF) ont continué de se battre en dépit du mal que je me suis donné avec d’autres personnes, pour organiser un cessez-le feu. Le 8 juin, avec le Représentant permanent des Etats-Unis, M. Richard Holbrooke, je me suis mis en rapport avec le Président Kagame et le Président Museveni pour les exhorter à ordonner la cessation immédiate des hostilités et le retrait de leurs forces respectives, conformément à l’accord qu’ils avaient signé avec la MONUC le 21 mai 2000. Bien qu’ils aient accepté de le faire et quoique les combats aient perdu de leur intensité par la suite, les deux armées ont ultérieurement repris le combat.
Les combats à Kisangani ont été particulièrement destructeurs, les deux parties ayant recours à des tirs d’artilleries, de mortier et d’armes automatiques. Outre les morts et les blessés parmi la population civile et les nombreux soldats morts au combat, cela a eu pour effet d’endommager gravement la centrale électrique, le barrage hydroélectrique, la Cathédrale et au moins un des hôpitaux de la ville. De nombreux logements, y compris ceux occupés par les observateurs militaires de la MONUC, ont été détruits ou gravement endommagés. L’électricité et l’eau ont été coupées, et on craint qu’il y ait de cas de choléra car les habitants se servent de l’eau du fleuve.
Les premiers combats de grande ampleur entre les UPDF et la RPA ont éclaté à Kisangani début mai, faisant des nombreux morts parmi les civils congolais. Malgré l’Accord conclu entre les Présidents rwandais et ougandais, ainsi qu’un Accord écrit, établi sous l’égide de la MONUC, concernant le retrait de leurs forces et la démilitarisation de la ville, des combats violents ont par la suite éclaté à nouveau le 5 juin, alors que les deux forces en présence avaient commencé à se retirer de la ville.
Le 12 juin, il a été rapporté que les forces ougandaises s’étaient retirées de Kisangani vers le nord et qu’une cessation des hostilités semblait avoir été mise en place. L’ONU et d’autres organismes humanitaires ont pris des dispositions pour qu’un avion transportant des vivres et de fournitures médicales nécessaires d’urgence les dépose à Kisangani dès que les conditions de sécurité le permettraient. Il faudra pour cela que des mesures soient prises pour assurer la sécurité de l’aéroport et pour assurer le déchargement des marchandises pour les organismes, qui les distribueront ensuite. Cette initiative ne pourra réussir que si un cessez-le-feu sûr est maintenu.
Le 21 mai, comme suite à la déclaration rendue publique par les Présidents ougandais et rwandais le 8 mai, à l’occasion de la visite de la mission du Conseil de Sécurité, les commandants militaires des deux parties à Kisangani ont signé un accord avec la MONUC en vue de la démilitarisation de la ville. Conformément à cet accord, les unités ougandaises et rwandaises ont commencé à abandonner leurs positions le 29 mai, afin de se replier sur des positions situées à 100 kilomètres de la ville. C’est au milieu de ces préparatifs que les combats ont éclaté, le 5 juin.
Le plan demandait le déploiement du personnel militaire de la MONUC à Kisangani, y compris dans ses deux aéroports, au port et dans les camps militaires. Les observateurs militaires de la Mission devaient surveiller et vérifier le retrait simultané des forces armées ougandaises et rwandaises vers des sites désignés.
A la suite de l’accord, la MONUC a renforcé sa présence à Kisangani d’une à quatre équipes de quatre observateurs militaires, quatre officiers d’état-major et deux membres civils, et commencé les préparatifs afin de dépêcher un bataillon à Kisangani. Ces préparatifs sont actuellement suspendus en raison de la poursuite des combats dans la ville, mais quatre observateurs supplémentaires ont été engagés à Kisangani et d’autres se tiennent prêts à s’y rendre ”.
Comme on le voit, les agresseurs du Congo sont bénéficiaires de la grâce et de la protection internationales. La démilitarisation qui implique la tutelle de ses agresseurs et de l’ONU via la MONUC sur Kisangani signifie aussi morcellement par le refus opposé à un gouvernement légal d’assister directement des populations de son territoire et d’exercer légitimement son autorité.
A ce sujet, Colette Braeckman note : “A Kisangani, ville fantôme assoupie au bord du fleuve Congo, où toute activité économique s'est éteinte depuis longtemps, seuls quelques grands hôtels témoignaient d'une gloire révolue. Lorsque, le 14 août dernier, les obus rwandais pulvérisèrent les chambres vermoulues des vieux palaces, obligeant l'une des factions de la rébellion à se replier en brousse en compagnie des militaires ougandais chargés de sa protection et que les combats laissèrent plus de 200 morts, bien des illusions se dissipèrent. La recherche d'une solution à la guerre qui déchire la République démocratique du Congo (RDC) depuis le 2 août 1998, et qui implique au moins six gouvernements africains, s'en compliqua d'autant (1).

Les combats de Kisangani ont mis en évidence l'impuissance et la passivité des Congolais, spectateurs des affrontements qui mettaient aux prises leurs belliqueux parrains. Ils ont également fait voler en éclats la prétendue unité de vues entre les responsables ougandais et rwandais. L'évolution de la situation en RDC a créé un différend, à la fois économique et politique, entre les dirigeants des deux pays, MM. Yoweri Museveni et Paul Kagame, auquel s'ajoute la susceptibilité personnelle d'anciens compagnons d'armes (2). Les dissensions entre les trois groupes rebelles congolais, qui furent les derniers à signer les accords de paix de Lusaka, conclus le 10 juillet 1999, sont le reflet de ces divergences. Si les deux hommes partagent la même hostilité à l'égard du président congolais Laurent-Désiré Kabila - qu'ils avaient conduit au pouvoir en 1997 avant de tenter de le renverser durant l'été 1998 parce qu'il cherchait à se libérer de leur emprise -, et si tous deux considèrent que l'est du Congo représente un hinterland économique naturel, leurs ambitions politiques sont différentes.

Le président ougandais Museveni est pragmatique : il constate que la guerre lui coûte cher, que les bailleurs de fonds commencent à renâcler alors que l'Ouganda doit bénéficier de l'allègement de la dette décidé par le groupe des sept Etats les plus industrialisés (G7) (3), et que la presse et le Parlement se montrent de plus en plus critiques. Il estime aussi que la rébellion contre M. Kabila doit être menée par les Congolais eux-mêmes et rencontrer un minimum d'audience auprès d'une opinion locale qu'il s'agit de mobiliser et de rallier. C'est pourquoi il a choisi de soutenir, sinon de propulser, le Mouvement pour la libération du Congo (MLC), dirigé par l'homme d'affaires Jean-Pierre Bemba. Le MLC s'est implanté dans la région de l'Equateur, la province natale du maréchal Mobutu, et est financé par des généraux de l'ancien régime désireux de reprendre le pouvoir. Sur le plan opérationnel cependant, M. Jean-Pierre Bemba, qui connaît mieux les restaurants de Bruxelles que la brousse de son pays, n'est armé que d'un téléphone- satellite et compte sur l'armée ougandaise pour mener les opérations militaires.

Par ailleurs, M. Museveni protège et soutient militairement le président historique de la rébellion, M. Ernest Wamba dia Wamba, un ami de l'ex-président tanzanien Julius Nyerere. M. Wamba, qui enseignait à l'université de Dar es-Salaam, avait été placé, en août 1998, à la tête du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), constitué trois semaines après que les armées rwandaise et ougandaise, secondées par des mutins congolais, eurent tenté de renverser le président autoproclamé Kabila. Mais, au fil du temps, M. Wamba dia Wamba et quelques- uns de ses compagnons issus de l'entourage de M. Kabila qui plaidaient essentiellement pour une démocratisation du régime de Kinshasa ont peu à peu pris des distances avec leurs tuteurs rwandais et leurs alliés mobutistes. Finalement, craignant pour sa vie, le vieux professeur a fui ses gardes du corps rwandais pour se réfugier à Kisangani, se plaçant ainsi sous la protection de l'armée ougandaise !

Depuis lors M. Wamba dia Wamba répète qu'il est prêt à négocier directement avec le président Kabila, et il a même rencontré, à Harare, le président du Zimbabwe, M. Robert Mugabe, principal soutien de Kinshasa. M. Wamba, qui ne peut guère compter sur des troupes combattantes et ne serait rien sans la protection ougandaise, a réussi à semer la confusion à Lusaka, en exigeant de signer l'accord de paix en même temps que la faction de Goma qui l'avait destitué. Ce double appui devrait assurer à M. Yoweri Museveni deux “ représentants ” au sein de la commission militaire mixte qui devrait exercer une autorité de fait sur le Congo en vertu des accords de paix de Lusaka, conclus en juillet 1999, sous l'égide de l'Organisation d'unité africaine (OUA) et sous l'impulsion du diplomate américain Howard Wolpe.

Si le Rwanda soutient, quant à lui, avec autant d'intransigeance la faction rebelle basée à Goma, c'est parce que ce groupe, dirigé par le Dr Emile Ilunga (d'origine katangaise) et dans lequel les Tutsi congolais sont extrêmement influents (4), constitue une courroie de transmission politique, économique et militaire, qui devrait permettre à Kigali d'exercer une sorte de contrôle à distance sinon sur le Congo tout entier, du moins sur l'est du pays ” .1

Le mardi 09 novembre 2000, la Radio France Internationale diffusait à 19h 30’ une information selon laquelle le Président de la fraction du RCD appelée RCD/ML aurait été contraint de s’enfermer dans sa résidence encerclée par des troupes dissidentes de son mouvement armé dirigé par son ancien Vice-Président. Son porte parole, en réponse aux questions du journaliste de RFI révéla au monde que son chef espérait que Kampala confirmerait sa présidence, que Museveni, Président ougandais se prononcerait en sa faveur ; que son président n’a pas peur de se rendre en Ouganda pour négocier … mais son Chef se préoccupe de la situation de la population qui risquerait d’être abandonnée à son triste sort, comme si celui-ci était déjà meilleur avec lui.
Quant à Jean-Pierre Bemba, selon le journal Belge, le Soir1, il aurait dernièrement avoué à Colette Braeckman qui l’interrogeait qu’il n’attendait plus “ qu’un feu vert pour passer à l’attaque de Mbandaka, et de là, entamer la descente sur Kinshasa ”. L’Ouganda exerce la tutelle colonialiste sur le Congo soutenu par tous les parrains occidentaux, américains et africains comme les belges qui, “ en tout cas, montrent de sympathie à celui qu’ils ont toujours considéré un de leurs … Témoin de leur appui à J.P. Bemba, la présence de nombreuses ONG belges sur le territoire contrôlé par l’homme d’affaires devenu chef rebelle ”.2
La tutelle “ déguisée ”, c’est évident s’exerce avec la bénédiction des Nations-Unies qui, au beau milieu du feu des affrontements rwando-ougandais, ne se sont pas empêchées de signer un accord tripartite avec ces deux pays, accord relatif à la militarisation de Kisangani.

Ainsi “ Faisant fi de la résolution 1234 des Nations-Unies qui reconnaît que la RDC a été l'objet d'une agression, les accords de paix conclus à Lusaka avec un président congolais diminué militairement et des alliés découragés représentent, en fait, la poursuite, par d'autres voies, des objectifs de la guerre : affaiblir le pouvoir central, instaurer une tutelle déguisée sur l'ex-Zaïre, et entériner une partition de fait. Les accords prévoient, en effet, que le retrait des forces armées étrangères ne devra intervenir que six mois après l'aboutissement d'un dialogue intercongolais et on voit mal comment le rétablissement de l'autorité de l'Etat central pourra s'opérer dans les 40 % du territoire où les rebelles contrôlent les administrations locales, délivrent des documents administratifs et se permettent même de procéder au redécoupage des provinces.

Les accords prévoient aussi le partage du pouvoir entre les autorités de Kinshasa et une rébellion souvent ressentie par la population comme l'agent de l'occupation étrangère, tandis que les troupes pudiquement appelées “ non invitées ” (c'est-à-dire d'agression) feront partie d'une commission militaire mixte chargée d'observer un cessez-le-feu bien fragile.”.1
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