L’Accord de cessez-le-feu de Lusaka représente la base la plus viable ” pour la résolution ou le règlement du conflit en République Démocratique du Congo








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3. 6. Le dialogue Inter-congolais
L’Accord de LUSAKA de par son intitulé vise un cessez-le-feu en RDC. C’est un accord qui dans son préambule se fonde sur l’article 52 de la Charte de l’ONU relatif aux engagements régionaux concernant les questions relatives au maintien de la paix et de la sécurité internationale dans le cadre d’une action régionale appropriée.
Il se fonde également sur les dispositions de l’article 3 de la charte de l’Organisation de l’Unité Africaine qui notamment garantissent à tous ses états membres, le droit à leur souveraineté et à leur intégrité territoriale.
Tout en se réclamant de la Charte des Nations-Unies notamment des dispositions de l’article 52, l’Accord de Lusaka n’en viole pas moins les principes entre autres par les mêmes dispositions de l’article 52 qui veulent que tout Accord à caractère régional pour être tel soit dans sa nature et dans ses activités compatibles avec les buts et les principes des Nations-Unies.
Aussi, l’Accord de Lusaka en instituant le Dialogue Inter-Congolais s’éloigne-t-il du cadre strict inter-étatique d’un Accord de ce type et des buts et principes de la Charte des Nations-Unies. Il interfère par exemple dans une matière relevant du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes reconnu par l’article 1 alinéa 2 de la charte des Nations-Unies et impose aux congolais de dialoguer sous les bottes des agresseurs. pourtant, écrit Abdelaziz Bouteflika, “ le dialogue est une discussion à cœur ouvert dans un esprit de tolérance et de libération contribuant à la mise en place de bases solides pour un partenariat ”.1
Et, le Dialogue Inter-Congolais tel que défini par l’Accord de Lusaka se veut un forum refondateur de la Nation congolaise, un dialogue qui appelle à un pacte républicain, à un partenariat citoyen. En effet, selon l’article 3.19 et 20 de l’Accord de Lusaka dès l’entrée en vigueur de cet Accord le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, l’opposition armée, savoir le Rassemblement Congolais pour la Démocratie et le Mouvement pour la Libération du Congo, et l’opposition politique associant également les forces vives de la nation, mèneront à un nouvel ordre politique, à la réconciliation nationale en République Démocratique du Congo. Les négociations politiques inter-congolaises seront menées sous l’autorité d’un facilitateur neutre, accepté par toutes les Parties congolaises. Les parties s’engagent à soutenir ce dialogue et veilleront à ce que les négociations politiques inter-congolaises s’effectuent conformément aux dispositions du chapitre 5 de l’annexe A. L’Accord prévoit à l’issue du dialogue national, la formation d’une armée nationale restructurée et intégrée, incluant les forces des parties congolaises signataires. Sur la base des négociations entre le gouvernement de la République Démocratique du Congo, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie et le Mouvement pour la Libération du Congo ”.
Selon le chapitre 5 de l’annexe A à l’accord, le dialogue devra enfin instaurer un nouvel ordre politique et favoriser la réconciliation nationale.
Tous les participants à ce dialogue, savoir le gouvernement de la République Démocratique du Congo, le Rassemblement Congolais pour la Démocratie et le Mouvement pour la Libération du Congo, l’opposition politique ainsi que les représentants des forces vives de la nation bénéficieront d’un statut identique.
L’ordre du jour du dialogue inter-congolais, sans préjudice des points susceptibles d’être soulevés par ses participants portera sur :


  1. Le calendrier et les principes de procédure des négociations politiques inter-congolaises ;

  2. La formation de la nouvelle armée congolaise dont les éléments seront issus des forces armées congolaises, des forces du RCD et des forces armées du MLC ;

  3. Le nouvel ordre politique en RDC, en particulier les institutions devant être mises en place en vue de la bonne gouvernance en RDC ;

  4. Le processus des élections libres, démocratiques et transparentes ;

  5. Le projet de constitution devant régir la RDC après la tenue des élections.


Un tel programme est-il réalisable au mieux des intérêts de la nation congolaise sous la main d’un “ facilitateur ” ignorant des langues nationales, des particularités, des schèmes de pensées, de l’histoire nationale congolaise?
A ce sujet, il sied d’interroger le fondement même du dialogue dans le cadre de l’Accord, ses objectifs, ses participants et leurs statuts respectifs ainsi que le choix et le rôle du facilitateur.
L’examen de ces différents points nous permettra de mesurer l’ampleur des pièges que recèle l’Accord de Lusaka en rapport avec le dialogue inter-congolais.
3.6.1 Le fondement et le cadre du dialogue
Le préambule de l’Accord de Lusaka affirme que le conflit en RDC a une dimension à la fois interne et externe. Le dialogue inter-congolais a pour fondement la recherche des solutions à ce conflit dans sa double dimension.
Il s’avère ainsi clairement que le fondement du dialogue inter-congolais n’est pas un problème congolo-congolais qui serait né de l’exclusion politique, laquelle, aurait déterminé des compatriotes à prendre les armes. L’accord révèle, tant dans son préambule que dans son corps, des préoccupations extra-territoriales qui concernent la sécurité des pays agresseurs et des prétentions à la nationalité des groupes ethniques et nationalités affirmant leurs droits acquis et héréditaires à la terre et à la nationalité congolaise . C’est ce qui transparaît du préambule de l’article 2 et de l’article 3.16 de l’accord et des rôles attribués respectivement aux troupes de l’ONU et à la Commission Militaire Mixte tel que définis par le chapitre 7 à 10 de l’annexe A à l’Accord de Lusaka.
Ainsi le fondement du dialogue n’est apparemment pas ancré dans la perspective de la recherche de la paix pour un Congo en péril du fait d’un déséquilibre interne mais dans la poursuite des objectifs bien planifiés ainsi que le révèlent divers commentaires d’avant la signature de l’accord de la part de certains acteurs internationaux, africains et congolais de la pseudo-rébellion.
A cet égard : “ un diplomate à l’ONU déclare début août qu’il y a une pression énorme sur les rebelles et sur l’Ouganda et le Rwanda de la part des etats-unis, de la Communauté Européenne, de l’Afrique du Sud et Southern African Development Community. Un diplomate belge le confirme, mais y ajoute : “ un des préalables est qu’on mette en place une sorte d’arrangement qui oblige le Président Kabila soit de quitter le pouvoir, soit de voir ses pouvoirs diminués de façon substantielle ”.1
Pour le président du MLC, le dialogue inter-congolais est un moyen politique pour chasser l’actuel président au pouvoir. 2
C’est dans la même optique que le président du RCD Goma déclarait au moment de la signature de l’Accord de Lusaka que le président actuel devra “ se mettre de côté et entrer dans les pourparlers comme n’importe quel congolais. Il ne peut pas venir comme président du pays ”.3
Si le changement à la tête de la magistrature suprême peut être légitimement réclamé par ces acteurs politiques mais leur revendication dans ce contexte n’est pas innocente. Elle est une prise en compte et le prolongement des visées d’ailleurs.
C’est dans cet ordre des choses, qu’il faut comprendre les propos ci-après qui dénotent d’un mépris tout à fait abyssal de la nation congolaise et des principes du droit international qui fonde l’égalité entre les etats, la coexistence pacifique, et le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la part du vice-président rwandais devenu Président depuis avril 2000 : “ La dictature au Congo pouvait avoir continué pendant des centaines d’années sans notre implication. Mais aussi longtemps que cette dictature arme les interahamwe et les pousse à nos frontières, ça veut dire que vous m’invitez sur votre territoire. Les interahamwe doivent être désarmés sinon nous n’avons pas d’autres alternatives que d’aller les chercher et de les combattre. Nous avons un problème de sécurité qui vient du Congo et nous ne pouvons pas permettre que cela continue ”.1
ainsi, selon les vues américaines, les parties, en l’occurrence les mouvements rebelles, peuvent légitimement demander le morcellement du Congo lors du dialogue inter-Congolais.
Tous ces intérêts ainsi identifiés expliquent pourquoi l’accord de Lusaka a nié l’agression pourtant implicitement reconnue par la résolution 1234. Il induit par contre l’idée d’une rébellion – agression justifiée et justifiable du fait de la dictature et de l’exclusion politique d’une part et du fait conséquent de l’insécurité que provoqueraient des groupes armés qui seraient terrés aux frontières ou à l’intérieur du territoire congolais, insécurité qui déstabilise les pays agresseurs.
C’est à la fois la légitimation et la légalisation de l’agression Rwando-Ougandaise-Burundaise, fond volontairement équivoque sur lequel doit s’organiser et se dérouler le dialogue inter-congolais.
Il est aisé dans ce contexte de comprendre les raisons de l’enfermement du dialogue-Intercongolais dans l’Accord, les objectifs étant autres que la survie réelle de la nation congolaise avec des participants contrôlables d’ailleurs et un facilitateur étranger fortement “ soutenu ” par  “ la Communauté Internationale ”.
3.6.2 Les objectifs du dialogue
Selon les dispositions de l’article 3.19 de l’Accord de Lusaka et celles du chapitre 5 de l’annexe A, le dialogue inter-congolais doit mener à :


  • un nouvel ordre politique ;

  • une réconciliation nationale ;

  • une nouvelle armée ;

  • un processus des élections libres, démocratiques et transparentes en RDC ;

  • une mise en place d’une constitution devant régir la RDC après la tenue des élections.


En réalité, comme nous venons de le voir tous ces objectifs cachent le positionnement des intérêts des uns et des autres. Ainsi, la nouvelle armée devra comprendre des troupes des éléments issus des mouvements rebelles dont personne n’ignore l’obédience Rwando-Ougando-Burundaise Tutsi. Cela est évident, la future armée très composite sera totalement un instrument véritable d’implosion de la RDC.

En outre, l’Accord n’indique nulle part que le dialogue dont l’ordre du jour n’est pas limitatif, empêchera les Parties de discuter la partition du Congo.
Quant au nouvel ordre politique, il consiste en réalité à permettre l’accès au pouvoir à des personnalités contrôlables susceptibles de favoriser plus tard et grâce à la future armée la balkanisation du territoire congolais. Un dialogue inter-congolais appelé à se dérouler sous les bottes des agresseurs coiffés par un facilitateur non congolais, s’expose à la paralysie sinon à la mise en place d’une constitution favorable aux forces qui s’imposeront naturellement en la circonstance.
3.6.3 La qualité et le statut des participants
L’article 3.19 ainsi que le chapitre 5.5.2a de l’Annexe A identifie les groupes des participants ci-après :


  • le Gouvernement de la RDC ;

  • l’opposition armée, savoir le Rassemblement Congolais pour la Démocratie, et le Mouvement pour la Libération du Congo.


D’après l’accord, le facilitateur organisera en concertation avec les parties congolaises en vue d’inviter les principales organisations et formations de l’opposition politique représentative et reconnue ainsi que les principaux représentants des forces vives de la nation.
Le choix des participants de l’opposition dite politique et de ceux de la société civile est confié au facilitateur en concertation avec le gouvernement et l’opposition dite armée. Nous notons l’apparition d’une notion nouvelle d’une opposition ignorée jusqu’à présent en sciences politiques. Il s’agit du concept opposition armée.
Scientifiquement et pratiquement, l’opposition démocratique est toujours politique, à la rigueur civile. Lorsqu’elle est armée, elle est soit, une rébellion, soit une insurrection. Or, le dialogue inter-congolais devra être par définition un débat d’idée et non une confrontation des forces armées et civiles entremêlées.
Ces forces qui devront choisir les représentants des forces politiques connues et représentatives ainsi que ceux des organisations de la société civile.
Par ailleurs tous les participants y compris le gouvernement et le Chef de l’Etat seront réduits à un statut identique dans le cadre de ce dialogue. Cette position de l’accord est sans précédent dans l’histoire des Etats et des rébellions internes.
Une fois de plus la thèse américaine de non-état en RDC se confirme en particulier en ce qu’elle subordonne dans l’accord le rétablissement de l’autorité administrative sur toute l’étendue du territoire congolais à l’après dialogue.

L’échec, du reste, prévisible du dialogue inter-congolais tel que conçu et planifié dans l’Accord, consacrera la balkanisation du territoire congolais.
3.6.4 Le choix et le rôle du facilitateur
Selon l’Accord de Lusaka (art. 3.19), le facilitateur n’est pas choisi mais accepté par les parties même si l’annexe A dans son chapitre 5.2.C parle du choix par les Parties d’un facilitateur neutre ; “ neutre en vertu de son autorité morale, de sa crédibilité internationale et de son expérience ”.

Bien qu’il soit fait mention de ce choix dans le préambule de la résolution 1241, choix opéré “ par les Parties congolaises avec l’aide de l’organisation de l’Unité Africaine ”, nul n’ignore que le facilitateur récusé du dialogue inter-congolais a été “ proposé ” aux Parties par l’Ambassadeur américain auprès des Nations-Unies1 eu égard aux intérêts régionaux et internationaux divergents en présence. La neutralité de ce facilitateur proposé n’est pas tout à fait évidente. Cependant le rôle lui confié par l’Accord de Lusaka en fait la pièce maîtresse du dialogue.
Ce rôle est défini au chapitre 5.4 de l’Accord qui dispose qu’“ en vue de la réussite des négociations politiques inter-congolaises inclusives devant aboutir à la réconciliation nationale, le facilitateur sera chargé :


  • de prendre tous les contacts utiles en vue de l’organisation des négociations politiques inter-congolaises dans un cadre rassemblant toutes les conditions de sécurité pour tous les participants ;




  • d’organiser , en concertation avec les Parties congolaises, les consultations en vue d’inviter les principales organisations et formations de l’opposition politique représentatives et reconnues ainsi que les principaux représentants des forces vives de la Nation ;




  • de conduire les débats devant aboutir à la mise en place d’un nouvel ordre politique en RDC ”.


Autrement dit c’est le facilitateur qui en dernier ressort décidera du lieu des négociations, du nombre et de la qualité des participants. Et c’est lui qui aura la police des débats au dialogue inter-congolais.

Dans son plan de travail1, celui-ci a déjà fixé les hypothèses dont les points ci-après :


  • le facilitateur présidera toutes les séances plénières du dialogue ;




  • le dialogue pourra être divisé en trois périodes : discussion et négociation (deux semaines, dont une journée de cérémonie d’ouverture), retour des participants chez eux et période de réflexion (deux semaines) , conclusion des discussions et négociations (deux semaines).


Ainsi l’Accord de Lusaka en violation du principe de l’autodétermination, confie le destin du Congo, la question de sa nouvelle base constitutionnelle et gouvernementale favorisant la paix en RDC à une personnalité étrangère à la sociologie politique congolaise, à nos structures sociales et mentales propres. Pendant une période donnée (45 jours selon l’Accord) qui pourrait naturellement se prolonger du fait de l’importance du sujet et des enjeux en question, les attentes de tout un peuple resteront pendues aux lèvres du facilitateur.
Pourtant, les chefs des confessions religieuses très pénétrés de notre sociologie politique, de nos schèmes de pensées viennent d’organiser en toute indépendance des consultations nationales qui ont eu pour but de baliser le chemin à ce dialogue. Pourquoi ne peuvent-ils être soutenus ne serait que l’un d’entre eux au titre de facilitateur ?
Le dialogue inter-congolais selon l’Accord, que certains considèrent comme “ pièce maîtresse devant conduire à la paix en RDC ”, loin d’être le cadre approprié au sein duquel doivent être éliminés tous les contentieux ayant vicié la vie et les rapports entre fils et filles du Congo, appelés ainsi à laver le linge sale en famille afin de promouvoir la réconciliation nationale et mettre sur pied un nouvel ordre institutionnel ” 1 apparaît comme un lieu de rencontres d’intérêts lointains en rapport avec nos terres et richesses lesquels intérêts exploitent la soif du pouvoir, la recherche du repositionnement politique, la tentation à l’enrichissement facile sans cause qui caractérisent les acteurs politiques congolais depuis les années dites de l’Indépendance jusqu’à ce jour.

Ainsi le nouveau type de société dont rêvent certains à travers le dialogue national n’est pas tant la fin recherchée par les uns et les autres.
Voici à ce sujet toute l’inquiétude exprimée par un chercheur belge dans des longs extraits que nous publions à dessein eu égard au caractère parfaitement biscornu de l’Accord et de la supercherie qu’il révèle au sujet de l’Accord de Lusaka et du dialogue inter-congolais : “ le texte de l’Accord nie la réalité qui caractérise toute la situation au Congo : l’agression flagrante dont la République Démocratique du Congo est victime de la part des agresseurs rwandais, ougandais et burundais. Un Accord qui méconnaît l’élément essentiel qui détermine toute la situation du Congo, ne peut être qu’un piège pour le Congo agressé.

En effet, les Parties qui signent ce document se disent “ préoccupées par le conflit en RDC “  et plus loin elles reconnaissent “ que le conflit en RDC a une dimension à la fois interne et externe … ”. Depuis le premier jour de la guerre, Kabila et le Congo parlent d’une guerre d’agression et d’une invasion rwando-ougando-burundaise. Les Etats-unis et le Rwanda parlent d’un “ conflit interne ”. les agresseurs ont même nié pendant trois mois qu’ils avaient des troupes au Congo, affirmant qu’il n’y avait que des “ troupes rebelles ” qui s’étaient insurgées contre la “dictature ” de Kabila. Comme les déclarations américaines, le texte de l’Accord mentionne en premier lieu “ la dimension interne ” du “ conflit ”, alors que tout le monde sait que sans l’agression rwandaise, il n’y aurait jamais eu de rébellion ”.1 Epiloguant sur les objectifs réels de ce dialogue, le même auteur écrit ce qui suit à propos de la mise en place de nouvelles institutions : “ le protocole d’Accord ” parle dans son préambule de  “ la nécessité de la mise en place d’un nouvel ordre politique en RDC ” et de “ la mise en place des nouvelles institutions ”. Son chapitre 5 point 4 traite “ des négociations inter-congolaises inclusives devant aboutir à la réconciliation nationale ”. Les hommes de paille des agresseurs, les groupes de Ilunga, Bemba et Wamba, interprètent les généralités dans un sens très précis : le Congo doit avoir un nouveau Président et un Gouvernement d’union nationale où figurent les rebelles, les mobutistes et les hommes de la CNS. Une grande partie de l’“ opposition démocratique ” partagent ces points de vue. Nous avons déjà évoqué le plan américano-rwandais pour éliminer Kabila et précipiter ainsi l’éclatement du Congo. Les “ négociations inclusives ” et “ la réconciliation nationale ” stipulées dans les Accords risquent également de conduire à une situation de pagaille intégrale au sein du gouvernement futur. Pendant toute la période de la CNS HCR-PT, l’appareil d’Etat à été paralysé et s’est effondré à cause de la rivalité entre les grands “ chercheurs de poste ” rivalisant pour les fauteuils ministériels. Si les grands mobutistes et les vedettes de la CNS HCR-PT reviennent aux affaires les luttes pour l’enrichissement individuel éclateront avec une vigueur redoublée, la paralysie et l’affaiblissement de l’Etat s’accentuera et les conditions se créeront pour la division du Congo. Le dialogue inter-congolais traitera de la constitution à soumettre au référendum. Dans ce domaine les rwandais et les ougandais poussent leurs marionnettes à avancer des plans pour introduire le fédéralisme au Congo. Ainsi Bemba a dit “ il faut un Etat fédéral où chaque province aura son leader et où l’administration sera décentralisée ”. C’est la tactique des Etats-Unis pour réaliser la division du Congo et “ réorienter ” les différents morceaux vers les “ pôles de développement ” tenus par les américains : vers l’Ouganda, vers le Rwanda et vers l’Afrique du Sud. On sait que les Etats-Unis ont propagé pendant des longues années la “ fédéralisation ” de l’Union Soviétique et de la Yougoslavie. Ensuite ils ont prôné une “ large autonomie ” pour les Etats fédéraux comme voie transitoire vers l’éclatement total de ces deux pays. Ils veulent appliquer cette même tactique à tous les pays potentiellement puissants qui suivent une ligne indépendante : La Russie, la Chine, l’Irak et le Congo ”1
Toujours avec le nouvel ordre politique recherché par l’Accord et le dialogue inter-congolais en vue de la bonne gouvernance, LUDO Martens note “ le nouvel ordre politique que l’occident veut imposer au Congo sera le rétablissement de l’ancien ordre néo-colonial de la CNS où la plupart des politiciens étaient de mèches avec les Américains et les Français ”.
Pour lui, citant ces groupes, les rebelles espèrent qu’ils décideront au cours de ce dialogue d’un consensus sur un nouveau président, un nouveau gouvernement et de nouvelles institutions.2
En ce qui concerne la formation d’une nouvelle armée restructurée et intégrée, incluant les forces des Parties congolaises signataires du présent Accord, sur la base des négociations post dialogue national entre les Parties, LUDO Martens écrit ce qui suit “ les rebelles n’auraient jamais existé sans la puissance de feu et de frappe des armées d’agression rwandaises et ougandaises. La rébellion est une simple création de l’agression. Mais à la table des négociations, les agresseurs ont pu imposer que leurs marionnettes soient traitées d’égaux avec les FAC ! Ce qui veut dire que les hommes des rwandais et des ougandais, ceux qui ont massacré, affamé, plongé dans la misère des millions de congolais seront introduits comme un immense cheval de Troie dans l’armée nationale. Quel soldat patriotique qui s’est donné corps et âme pour la guerre contre l’occupant, qui a vu ses camarades tués, amputés d’une jambe ou d’un bras, pourra accepter une telle humiliation et une pareille menace ? En plus, on sait qu’il y a toujours des sérieux problèmes de discipline au sein des FAC. Faire entrer dans cette armée des éléments criminels qui ont pratiqué la terreur contre leur propre peuple sous la direction d’officiers rwandais et ougandais, c’est créer les conditions de l’éclatement de l’armée. Et il est probable que le Rwanda et l’Ouganda misent justement sur l’éclatement de l’armée congolaise pour pouvoir réaliser leur plan de l’annexion de fait de l’est du Congo ”.1
Déjà “ le Congo est partagé de fait et le gouvernement légal de Kabila vit sous le chantage ” permanent des agresseurs et de leurs “ rébellions ”.
En effet, les rwandais, les ougandais et les rebelles peuvent bien mener le débat national dans l’impasse et l’échec et alors la division du Congo se prolongera. Ou encore, ils peuvent prendre prétexte des interahamwe pour se maintenir à l’est et pour intensifier la division. Plus la division dure, et plus les agresseurs ont la possibilité de consolider leur contrôle économique, administratif et politique sur l’est. 2
L’est du Congo, objet de toutes les convoitises pour lequel en juin 1981 déjà des “ populations originaires du Rwanda au Zaïre ” dans une lettre adressée au Secrétaire Général des Nations-Unies souhaitèrent “ qu’un référendum de l’autodétermination soit organisé dans les zones de Goma, Rutsuru, Walikale, Masisi, Kalemie et Idjwi, qui après ce référendum sous l’égide des Nations-Unies et de l’OUA, constitueront un état à part qui aura à solliciter sa reconnaissance internationale ”.3
Ainsi la mention de la question de nationalité attribuée d’office dans l’Accord de Lusaka à “ des groupes ethniques et nationalités dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (présentement la RDC) à l’indépendance ” n’est pas innocente. L’annexion de l’est du Congo, la balkanisation du territoire congolais, l’exploitation tranquille actuelle et future de ses richesses semblent les enjeux réels de cette guerre d’agression transformée en rebellion-agression par l’Accord de Lusaka et qui veut atteindre ses objectifs au travers du dialogue inter-congolais, qui est en réalité un autre champ de bataille pour une guerre qui refuse toujours de dire son nom et ce nonobstant l’existence du droit international, de la Charte des Nations-Unies et de l’OUA qui constituent des normes impératives de jus cogens dont la violation des buts et principes sont reconnus expressis verbis par la résolution 1234 du Conseil de Sécurité des Nations-Unies au détriment d’un membre des Nations-Unies, en l’occurrence le Congo.
Nous avons essayé d’interroger l’histoire pour comprendre les raisons de cette cacophonie volontaire de la Communauté Internationale et du droit international en ce qui concerne les agressions contre la RDC. C’est l’objet du IVe chapitre du présent ouvrage.

4. LES CAUSES REELLES

DE LA GUERRE

Les causes de la guerre ont fait l’objet d’un minutieux diagnostic lors de travaux des Consultations Nationales de Kinshasa. Mais les différents groupes institués pendant les assises avaient plus focalisé leur intérêt sur les causes endogènes. Les guerres qu’a connu le Congo depuis son indépendance jusqu’à la présente guerre ont été la résultante d’affrontements entre les intérêts économiques et géostratégiques extérieures butés à une recherche intérieure de l’indépendance politique et économique de la Nation Congolaise.
N’empêche que des problèmes internes réels liés au besoin de liberté, de démocratie, d’égalité et de justice sur fond d’une crise institutionnelle ont été instrumentalisés pour masquer l’agression.
Inversant la démarche nous identifions en premier lieu les causes externes des guerres(1) avant de nous arrêter sur les causes internes(2) lesquelles n’ont aucun lien naturel avec les premières. Puis nous examinerons les lourdes conséquences de ces guerres(3).
En conclusion de ce chapitre, nos lecteurs liront avec intérêt au point 4 sous le titre : des révélations de Mgr KATALIKO, la lettre courageuse, patriotique et pathétique que Mgr KATALIKO, archevêque de Bukavu, adressa de son vivant, à son homologue américain, Mgr Anthoni Michaël Pilla, Evêque de Cleveland et Président de la conférence Episcopale des Etats-Unis d’Amérique.
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