L’Accord de cessez-le-feu de Lusaka représente la base la plus viable ” pour la résolution ou le règlement du conflit en République Démocratique du Congo








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4.1 Les causes exogènes de la guerre
Nous introduisons cette section par une courte citation du belge LUDO Martens qui écrit ce qui suit à propos de l’Accord de Lusaka : “ aujourd’hui c’est l’existence même du Congo qui est en jeu. Ceci n’est pas une formule cadre pour semer inutilement la panique. C’est l’âpre réalité que le peuple congolais doit regarder en face. Ce sont les Américains qui ont lancé leurs alliés, l’Ouganda et le Rwanda, dans une guerre destructive contre le Congo. Le but étant d’affaiblir encore plus un Etat qui, à la fin de Mobutu, n’existait presque plus. Des morceaux du territoire congolais sont sous le contrôle du Rwanda et d’autres de l’Ouganda. Les territoires occupés sont divisés entre les rebelles de Bemba, ceux dirigés par Ilunga et ceux qui suivent Wamba. En plus les Américains veulent imposer les rebelles au sein des forces armées congolaises pour faire éclater l’Armée Nationale. La Somalisation se met déjà en place. Ce n’est pas un hasard, c’est le résultat d’une politique conçue et voulue par Washington. A ce propos, il existe un texte crucial qui a été discuté dans une commission du Sénat américain ”.1
Selon l’auteur, l’Amérique à la lumière de ce texte affirmait “ qu’il n’y a plus d’Etat au Congo, il y a un vide du pouvoir. C’est normal que d’autres pays y interviennent militairement. Quand l’Etat n’existe plus, les principes de l’indépendance et de souveraineté ne s’appliquent plus. Kabila doit discuter avec toutes les oppositions pour remettre l’état sur pied ou pour décider de la division du pays. Les Etats-Unis pourraient intervenir militairement pour retracer les frontières de l’Afrique et créer de nouvelles entités politiques. Mais ce serait coûteux. Il est mieux de laisser les guerres civiles africaines se développer et de permettre que certains pays africains interviennent militairement dans d'autres pays. Ainsi, les africains eux-mêmes diviseront certains pays d’Afrique et l’Afrique atteindra une nouvelle stabilité ”.
Le texte auquel se réfère ce penseur belge est un témoignage auquel nous avons fait allusion dans les chapitres précédents, témoignage rendu par Madame MARINA ATTAWAY Codirecteur du projet “ Démocratie et Etat de Droit ” devant la subcommission de l’Afrique au Sénat Américain, le 8 juin 1999 comme suit “ Aussi longtemps que le vide du pouvoir continue au Congo, d’autres pays vont continuer à intervenir directement ou pour soutenir des insurrections armées pour sauvegarder leurs propres intérêts … la clé c’est la restauration d’un état au Congo. Cela n’arrivera pas avant que Kabila négocie avec les rebelles, les Partis politiques et la Société Civile pour réaliser un Accord comment on pourra éventuellement remettre le Congo sur pieds ou comment, si nécessaire, il peut être divisé … Le Etats-Unis et les autres acteurs africains sont placés devant un choix important lorsqu’ils doivent traiter des conflits en Afrique centrale, notamment s’il faut intervenir massivement ou ne pas intervenir du tout … beaucoup d’états qui ont émergé de la période de l’indépendance ont cessé d’exister en fait et les règles de l’OUA ne peuvent être appliquées à des états qui n’existent plus . Toute solution imposée par des non africains exigera une présence étrangère massive pour être appliquée. Les intentions peuvent être très louables mais des interventions pour la partition du territoire africain et pour la création de nouvelles entités politiques et institutions, placeraient les Etats-Unis et d’autres puissances étrangères dans un rôle colonial. Ce qui n’est pas une décision à prendre à la légère. L’alternative, que je crois être plus appropriée pour le moment est de laisser les pays africains trouver leurs propres solutions. Inévitablement, cela comprendra une continuation des combats internes et entre Etats et probablement la division de certains pays avant d’arriver à une nouvelle stabilité. Ce n’est pas une prospective réjouissante, mais il n’y a pas d’alternatives réalistes ”.1
La philosophie qui ressort de ce témoignage loin d’être une analyse circonstancielle du conflit congolais et de ses éventuelles retombées est le fruit d’études et recherches qui depuis de longues dates ont planifié et évalué des types d’interventions pouvant être réalisées par l’Amérique au Congo, en vue de sa partition.
Selon LUDO Martens, Metz STEVEN, professeur aux USA Army War College, a écrit ce qui suit en rapport avec la partition du Congo : “ certains observateurs estiment que le Zaïre n’existe plus depuis longtemps en tant que nation – Le Kivu a dirigé l’essentiel de son économie vers l’est de l’Afrique: Le Kasaï-Oriental refuse d’accepter la monnaie nationale :

Le Shaba (Le Katanga actuellement) a été décrit comme une extension virtuelle de l’Afrique du Sud. La possibilité existe qu’une telle désintégration de fait, se transforme en sécession formelle …

Les Etats-Unis n’auraient pratiquement pas d’autres choix que d’accepter tous les états nouveaux qui émergeraient du Zaïre, ils pourraient offrir du soutient diplomatique pour réduire au minimum la violence qui accompagnerait cette désintégration nationale et ils devraient ouvrir des canaux de communication avec ces nouveaux états ”.1
D’autres auteurs américains comme John PRENDERGAST et David SMACK, responsables de l’organisation appelée “ The United States Institute of Peace ”, un institut d’étude oeuvrant pour le Congrès américain dont les membres du Conseil d’Administration sont nommés par le Président des Etats-Unis en personne, ont publié un rapport spécial sur la République Démocratique du Congo, le 31 août 19992 .

Dans ce rapport les auteurs invitent le Congo à réaliser une communauté d’intérêt avec le Rwanda pour éviter la perpétuation de la guerre avec comme conséquence notamment la dégénérescence du Congo vers une situation de non-Etat irréversible qui entraînerait sa disparition et l’éclatement du pays.
L’argument porté par ce rapport à l’appui de cette thèse, c’est le constat, selon ces auteurs, d’un terrible sentiment anti-Tutsi partout au Congo … Aujourd’hui dans le Kivu, affirment ces auteurs, des dirigeants locaux de la société civile, y compris des responsables des églises, utilisent cette arme dangereuse et exploitent leur sentiment contre l’occupation ruandaise.3
Autrement dit, pour l’Amérique, le problème de fond que le Congo devrait résoudre pour trouver le chemin de la paix, serait celui de la haine et de la guerre ethnique contre les tutsi.

Ainsi, ne se préoccupent-ils point de l’agression dont est victime le Congo mais plutôt de la situation des Tutsi au Congo ; situation rendue confortable par l’occupation rwandaise de la partie de l’est du territoire congolais, confortés par l’Accord de Lusaka. Ce qui explique pourquoi ces auteurs considèrent l’Accord de Lusaka comme “ une réalisation formidable ”.1
C’est ce que confirment ces tristes propos du chercheur belge 2 dans une narration sur la guerre entre les deux agresseurs rwandais et ougandais sur le propre sol congolais : “ A Kisangani, en plein cœur du Congo, a éclaté le 14 août 1999 la guerre entre les deux agresseurs, le Rwanda et l’Ouganda. L’impérialisme américain a immédiatement dépêché GALYLE Smith, le Conseiller du Président Clinton pour la sécurité nationale, secteur Afrique à Kampala et Kigali. Un diplomate américain à Kigali déclarera : “ Nous sommes très préoccupés par ce développement de la situation au Congo entre le Rwanda et l’Ouganda et surtout, nous ne comprenons pas très bien ce que cela signifie. L’Ouganda et le Rwanda sont amis et alliés traditionnels des Etats-Unis dans la région ”. C’est invraisemblable, n’est-ce pas, comment ces gens pérorent du matin au soir sur “ l’Etat de droit ” et “ la démocratie peuvent se démarquer avec une telle désinvolture !. Aucun congolais n’a oublié ce que ces “ grands démocrates ” ont fait le 2 août et le 26 août 1998. Ces deux jours si la guerre d’agression lancée par le Rwanda et l’Ouganda frappait Kinshasa même, le Congo risquait de tomber sous une dictature militaire étrangère, mais les américains n’ont rien vu et n’ont rien su. Ils n’ont pas dépêché un envoyé de Clinton à Kinshasa. Au moment où l’agression rwando-ougandaise menaçait Kinshasa, les américains “ comprenaient très bien ce que cela signifiait , puisqu’il n’ont pas jugé nécessaire que GAYLE Smith fasse un petit déplacement vers la capitale congolaise.
Guerre d’agression rwando-ougandaise contre le Congo ? Les américains ne connaissent pas. Guerre en territoire congolais entre les armées rwandaise et ougandaise, entre deux pays agresseurs alliés aux Etats-Unis ? Les américains sont immédiatement mobilisés pour y mettre fin ! ”.1
Il se dessine de ce qui précède un complot international contre la RDC aux ramifications lointaines et prochaines auxquelles s’est jointe non pas la rébellion comme telle mais une cause immédiate qui a été le mécontentement généralisé des populations congolaises du fait d’une part de la présence rwandaise au sommet de l’Etat, de l’armée et de l’administration publique avec son cortège de menaces, de violences diverses, des meurtres et d’expropriation, et d’autre part du fait des discours menaçants de l’après 17 mai, des arrestations arbitraires, du rejet en bloc des acquis de la Conférence Nationale Souveraine, de l’interdiction des activités des partis politiques, des expropriations extra judiciaires, de la concentration des pouvoirs législatifs et exécutifs entre les mains du Chef de l’Etat. C’est ce mécontentement qui a été exploité ainsi que la recherche dans le chef des leaders politiques du repositionnement politique par tous les moyens, pour assurer la thèse d’une rébellion interne.
Les vraies causes de cette guerre plongent leur genèse dans la question Tutsi au Rwanda du temps des indépendances, la recherche des terres d’occupation et la volonté des puissances occidentales de poursuivre l’exploitation d’immenses richesses congolaises dans un pays en proie à l’instabilité institutionnelle, politique, économique et sociale. C’est dans ce contexte que les lignes qui suivent traiteront tour à tour :


  1. de la question Tutsi et de la problématique de la nationalité ;

  2. des guerres d’occupation et d’agression aux guerres de libération et de rébellion ;

  3. des enjeux économiques de la guerre d’agression-rébellion-occupation ;

4.1.1 La question Tutsi et la problématique de la nationalité1
La question Tutsi est liée à l’histoire coloniale du Congo.
En effet, du 15 nov. 1884 au 16 février 1885 une conférence internationale décida à Berlin du destin du Congo. Le Roi des belges, Léopold II, parvint à faire reconnaître son “ association internationale du Congo ” dotée plus tard d’un drapeau bleu étoilé d’or, comme un Etat souverain. Les Etats-Unis et les 13 autres pays d’Europe qui participaient à cette conférence que présidait le Prince Bismarck reconnurent le Congo comme Etat souverain et indépendant, sous le nom de l’EIC. Et, c’est en tant qu’Etat souverain que l’Etat Indépendant du Congo (EIC) signait le 26 février 1885 l’Acte général de Berlin, le premier acte fondateur de l’Etat congolais.
Dans cette période même après la signature de cet acte se produisent des incidents frontaliers provoqués par les puissances britanniques et allemandes qui conduisirent à la signature de la Convention du 14 mai 1910, née elle-même de la controverse surgie en 1898.2 Cette convention fixa définitivement les frontières entre l’Afrique orientale allemande et les colonies du Congo et entre cette dernière et le protectorat britannique de l’Ouganda d’une part et de l’Afrique orientale allemande, d’autre part.
Au cours de la première guerre mondiale, l’Allemagne ne respecta pas la neutralité du territoire du centre africain telle qu’instituée par le traité de Berlin. Sa flottille coula le vapeur belge “ Delcommune ”. Ses colonnes partant du Rwanda-Urundi franchirent la frontière congolaise. C’est alors que la force publique (des anciens combattants) lutta contre l’Allemagne en coopérant à cet effet avec les troupes britanniques et françaises.
“ C’est alors que les troupes coloniales belges prirent part à la défense de la Rhodésie et avec les français à la conquête du Cameroun ; plus tard les britanniques se joignirent aux troupes coloniales belges pour la conquête de la partie de l’est africain allemand ”.1
“ La campagne expéditionnaire belge fut couronnée par la prise de Tabora. Et toute la partie de la colonie allemande, située à l’ouest du méridien de cette localité était tombée. Dès que le lac Tanganyika était libre et la ligne de chemin de fer Kigoma-Tabora remise en état, la participation du Congo-Belge à cette campagne fut alors arrêtée. Les troupes furent démobilisées et le territoire conquis, à l’exception du Rwanda-Urundi remis, aux alliés britanniques ”.2
La Belgique coopéra de nouveau aux opérations offensives contre d’importantes forces allemandes qui s’étaient réfugiées au sud-est de leur colonie. Les Allemands furent rejetés vers le Mozambique et Mahenge fut prise.
En reconnaissance la Belgique reçut du conseil supérieur de 5 grandes puissances un mandat confirmé le 31 août par la Société des Nations pour l’administration du Rwanda-Urundi qui devenait ainsi un protectorat de l’autorité coloniale belge.
L’histoire politique congolaise parle souvent du Congo Belge et du Rwanda-Urundi. Mais les deux territoires jouissaient des statuts distincts. Le Congo Belge était une colonie, le Rwanda-Urundi un protectorat. Les deux territoires avaient des gouvernements distincts. Cependant le Rwanda-Urundi fut organisé et géré sur le modèle de l’administration coloniale congolaise. Comme au Congo, l’Eglise Catholique joua un rôle politique de premier plan au Rwanda. La population du Rwanda-Urundi comprenait une majorité Hutu, une minorité Tutsi, et une infime minorité des pygmées, environ 1%. Les pères blancs considéraient les Tutsi comme une race supérieure sur le fondement des thèses d’un sujet britannique, Monsieur Speke qui prétendait que les Tutsi par leur origine hamite étaient supérieurs aux bahutu, des paysans bantu, à l’âme douce et passive qui pour se payer une place de choix dans la société était obligé de passer par les ordres. Tandis que la race Tutsi, l’élite ayant “ un droit inné de gouverner les populations bantu” était formée et préparée dans les écoles d’administration.
En effet, “ M. Speke soutenait que les hamites seraient une branche de la race caucasienne ayant droit à une histoire et à un avenir noble, à l’instar, semble-t-il de leurs cousins européens ”
Vers les temps des indépendances africaines il y eut une rupture entre l’église, le pouvoir colonial et le pouvoir traditionnel qui conduisit par le fait de la même Eglise Catholique à l’émergence d’une élite Hutu dont Grégoire Kayibanda.
Le 15 juillet 1957, Mutara, roi Tutsi qui régnait sur le Rwanda mourut. Kigeri V lui succéda. Les Hutus dont la première tentative de révolution en 1912 fut écrasée par des troupes coloniales et royales Tutsi avaient entre-temps accentué leur lutte pour l’égalité de droits avec les Tutsi. En réaction les dignitaires Tutsi rédigèrent un document affirmant que “ les relations entre les Hutus et les Tutsi ont toujours été fondées sur le servage de la servitude et non sur la fraternité. Celle-ci n’existant pas entre les deux ethnies ”,1 des troubles éclatèrent qui occasionnèrent le remplacement de l’aristocratie Tutsi par la nouvelle élite hutu. Les Tutsi s’exilèrent au Congo et dans les autres pays voisins.
En juin et juillet 1960 les Tutsi boycottèrent les premières élections communales. Kayibanda et son parti obtinrent la majorité grâce au soutien de l’Eglise. Kayibanda et le pouvoir colonial proclamèrent alors la République à la surprise générale. Les Tutsi s’exilèrent de nouveau. Après l’abolition de la royauté par référendum, les Tutsi furent pourchassés. Ils s’exilèrent encore au Congo et en Ouganda. Grégoire Kayibanda devint le Premier Président de la République Rwandaise en 1962. De temps en temps, la nouvelle République subissait des attaques des Tutsi appelés désormais “ les cancrelats ”. A la suite d’une nouvelle attaque organisée par un groupe des Tutsi du Burundi et du fait de la persécution des Hutus du Burundi, 11 ans après l’indépendance, la haine et le massacre des Tutsi s’intensifièrent.
Ceux-ci sans terre commencèrent alors une guerre de conquête dans les milieux d’accueil. Déjà en 1962, les Rwandais tentèrent d’exterminer les Bahunde dans la Zone de Masisi. Ces derniers se révoltèrent. Les Rwandais récidivèrent contre les mêmes Bahunde dans la Zone de Masisi en 1964 en pleine rébellion Muleliste au Congo.
Ce mouvement “ visait déjà la création d’un Etat indépendant que devait diriger le roi Kigeri V, monarque rwandais destitué en 1959 ”.1
Cette tentative n’était pas la première. “ vers la fin du 19e siècle, un Mwami rwandais du nom de Rwabugiri avait tenté plusieurs fois de conquérir le Kivu. Mais ses attaques se soldèrent toutes par des échecs. Il fut d’ailleurs tué par les Bahavu en 1895. Durant la colonisation, les immigrés Tutsi sont allés jusqu’à convaincre les belges pour créer une chefferie autonome le Gishari, au profit de Bideri, un Tutsi rwandais, afin de permettre à ce dernier de venir s’installer ainsi à Masisi, en territoire congolais, avec des sujets exclusivement Tutsi. Complice, le roi des belges déboursa une bagatelle somme de 500.000 FB, qui fut remise au Mwami Kalinda à cette fin. Mais cette offre qui avait d’abord été acceptée, fut rejetée par la suite pour répondre positivement à la réaction des autochtones Bahunde. Le Mwami André Kalinda remboursa l’argent au roi des belges et chassa Bideri. La chefferie qui était déjà dirigée par M. Bucianayandi, un autre tutsi de la MIB, Mission d’Immigration des Banyarwanda, créée en 1936 par les colonisateurs belges et dirigée par l’administrateur du territoire, M. Spitaels, fut ainsi abolie et lui-même destitué ”.2

Ainsi “ il existe effectivement un complot Tutsi ourdi depuis longtemps contre notre pays. Leur prétention à toujours chercher un peu plus de terre pour leurs pâturages a fini par les pousser à l’idée de se ménager un espace plus large, et bien précis, qu’ils rêvent de faire accepter comme tel par la Communauté internationale ”.1
Pour les besoins de la cause, ils ont réussi à infiltrer l’administration congolaise jusqu’à occuper “ Dieu seul sait comment sans nous et malgré nous ”2 d’importantes fonctions comme celles de Directeur du Bureau de l’ex Chef de l’Etat Congolais, M. Mobutu. Ce dernier finit par signer en 1971 l’Ordonnance-loi n° 71/020 du 20 mars 1971 dont l’article unique disposa que “ les personnes originaires du Rwanda-Urundi établies au Congo à la date du 30 juin 1960 sont réputées avoir la nationalité congolaise ”3.
Le 5 janvier 1972 une loi organique sur la nationalité congolaise fut promulguée. Elle disposait en son article premier “ qu’il existe une nationalité congolaise. Sont congolais aux termes de l’article 5 de la constitution à la date du 30 juin 1960, toutes les personnes dont un des ascendants est ou a été membre d’une des tribus établies sur le territoire du Congo sous ses limites du 15 novembre 1908, et telles que modifiées par les conventions ultérieures ”. 4
L’exposé des motifs de la nouvelle législation précisait que : “ cette loi attribue aussi la nationalité congolaise aux originaires du Rwanda-Urundi établis dans la province du Kivu avant le 1er janvier 1950 ”.
A l’article 15, il était précisé que toutes les personnes originaires du Rwanda-Urundi qui étaient établies dans la province du Kivu avant le 1er janvier 1950 et qui ont continué à résider depuis lors dans la République du Zaïre ont acquis la nationalité zaïroise à la date du 30 juin 1960 ”.5
Pour comprendre cette supercherie Tutsi, il faut rappeler que le Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat pendant toute cette période était tutsi. Il s’agit de feu “ Bisengimana Barthélemy, sujet rwandais réfugié au Congo, devenu entre-temps président des étudiants rwandais à l’Université Lovanium de Léopoldville”. 1
La réaction des autochtones du Kivu fut naturellement très violente. Elle contraignit le comité central de l’époque à faire élaborer par le parlement la Loi n° 81/002 du 29 juin 1981 abrogeant la Loi n° 72/002 du 5 juin 1972 spécialement l’article 15 qui accordait collectivement la nationalité zaïroise à certains groupes d’étrangers au Zaïre. 2
Cette loi a constitué le livre premier du code de la famille promulgué par la Loi n° 81/010 du 1er août 1987.
Sans préjudice des critiques formulées contre lui3 , le décret-loi n° 197 du 29/01/1999 modifiant et complétant la Loi n° 87/002 du 24 juin 1981 sur la nationalité congolaise constitue à ce jour la loi souveraine sur la nationalité en République Démocratique du Congo.
Cette démarche très authentique et souveraine du législateur congolais est soutenue par des faits de l’histoire coloniale4 et toute l’évolution post coloniale.
En effet, à l’époque de l’Etat Indépendant du Congo, le décret du 27 décembre 1892 attribuait en son article 1er la nationalité congolaise de façon restrictive. Celle-ci était « acquise par tout individu né au Congo des parents congolais »
Les personnes nées à l’étranger des parents congolais ou celles nées au Congo mais dont l’un ou les deux parents étaient étrangers.
La naturalisation était prévue et organisée de façon personnelle. Le conjoint et les enfants ne la recevaient pas automatiquement sauf s’ils perdaient leur nationalité d’origine du fait de la naturalisation du requérant. Un serment de fidélité à l’Etat devait être prêté pour rendre la naturalisation effective.
En 1908 le Congo devint une colonie belge. En conséquence, la nationalité décrite ci-avant fut supprimée car, les indigènes congolais acquéraient d’office la nationalité belge du fait de l’annexion en vertu du droit international.
Les indigènes congolais devinrent ainsi des sujets belges, jouissant de plein droit de la nationalité belge. Par contre, les rwandais et les burundais dont le territoire était sous tutelle belge était exclu de la nationalité belge.
Ainsi “ lorsque l’administration du Rwanda-Urundi avait été confiée à la Belgique, la société des nations avait insisté pour que le Congo Belge restât une entité distincte de la réalité Rwanda-Urundi.
Alerté par le mouvement des populations opéré dans le cadre de la MIB (Mission d’Immigration des Banyarwanda), à partir de 1936, par la Belgique, la société des Nations mit celle-ci en garde contre l’octroi de la nationalité congolaise aux Banyarwanda. Car cela aurait vidé l’esprit du mandat de tutelle à lui confié par la société des Nations.
Et pour rassurer ses partenaires qu’il n’y aurait pas transfert des populations du Rwanda-Urundi au Congo, la Belgique fit figurer dans la loi congolaise sur la nationalité, le caractère exclusif de la nationalité, c’est-à-dire que la nationalité congolaise ne pouvait être détenue avec une autre. Elle a même fixé son attribution aux seuls descendants des tribus établies au Congo avant 1885.
Malheureusement, en 1960, lors du mouvement des indépendances, la même Belgique inclura certains Rwandais dans la délégation de la province du Kivu à la Table Ronde, en la personne de Messieurs Bisukiro et Nzamukwereka ”. 1
Mais à la veille de l’indépendance, la résolution n° 2 de la Table Ronde de Bruxelles relative à l’organisation de l’EIC, a posé le principe de laisser au nouvel Etat indépendant la latitude de déterminer la nationalité congolaise par une loi de la manière suivante : “ Le Congo dans ses frontières actuelles constituera à partir du 30 juin 1960 prochain un Etat indépendant dont les habitants auront aux conditions que la loi déterminera, une même nationalité ” de sorte que, bien que des ressortissants rwandais aient participé à la Table Ronde de Bruxelles et même à des élections suivant les dispositions de l’Ordonnance législative n° 25/554 du 6 novembre 1959 accordant le droit de participer aux élections à certains ressortissants du Rwanda-Urundi à des conditions très restrictives et précises, ceux-ci n’étaient pas éligibles au plan national ; ils étaient bien distingués des Congolais placés dans les mêmes conditions que les Belges.1 “ Ainsi donc, la participation des rwandais aux travaux de la Table Ronde et aux premières élections du Congo ne constitue nullement un droit acquis ou une jurisprudence à invoquer pour défendre la thèse de la nationalité acquise le 30 juin 1960 par les originaire du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi ”.2
En effet, à titre illustratif, “ en occident, les étrangers dont le séjour dans le pays dure depuis un certain temps obtiennent sans difficulté des droits de vote. Le cas de l’Italie qui vient d’accepter aux élections locales les immigrés réguliers justifiant d’un séjour d’au moins cinq ans, continue de défrayer la chronique en ces temps de xénophobie généralisée en Europe ”.3
Mais les Tutsi n’entendaient pas se faire “ adopter ” éventuellement, suivant les lois du Congo. Ils voulaient imposer au monde la supercherie d’une minorité congolaise souffrant le martyr. Inféodé au pouvoir, alors que la loi n° 81/002 du 29 juin 1981 sur la nationalité n’était pas encore promulguée, ils élevèrent la voix “ au nom des populations du Rwanda au Zaïre ” dans une correspondance destinée à Monsieur le Secrétaire Général de l’ONU, sous le couvert de l’Evêque de Goma, le 20 juin 1981 en ces termes : “ c’est avec une émotion et profonde inquiétude que nous avons l’honneur de vous faire part de notre situation en République du Zaïre, que nous considérons comme notre patrie de fait et de droit.
En effet, sur le plan historique, le Mwami du Rwanda Rwabugiri avait conquis les zones de Goma, Rutshuru, Walikale, Masisi, Kalehe et Idjwi dans les sous-régions du Sud et du Nord-Kivu. Cette conquête a donc permis aux ressortissants du royaume du Rwanda de s’installer dans les zones conquises. L’explosion démographique qui s’en est suivie fait qu’aujourd’hui nous sommes plus de 2.000.000 d’habitants dans les différentes zones. Grâce à notre influence grandissante dans le pays, certains de nos compatriotes occupent des postes de première importance. C’est ainsi que, suite au soutien personnel de Son Excellence Mobutu Sese Seko, à cette époque-là, une loi sur la nationalité globale fut promulguée en 1972 et qui nous recommande le droit à la citoyenneté zaïroise. Au fur et à mesure que l’opposition zaïroise à nos intérêts et à notre influence s’agrandissait à l’intérieur du pays, nous croyions aux promesses du Général Mobutu de sauvegarder nos intérêts. Hélas, c’est avec une profonde indignation que nous vous faisons part d’une décision d’Etat qui a force de loi dans ce pays anarchique, du Comité Central du Mouvement Populaire de la Révolution prise en date du 8 juin 1981 et qui abroge purement et simplement la loi de 1972 qui nous reconnaissait d’une manière collective la nationalité zaïroise. Nous nous opposons donc avec force à la procédure individuelle de demande de petite ou grande naturalisation décidée par les membres du Comité Central du MPR dont le Président n’est autre que le menteur-tyran Mobutu Sese Seko. Cette situation est inadmissible pour un peuple qui était déjà intégré dans la grande famille des 26.000.000 des zaïrois. Il est inutile de vous dire que nous représentons toutes les catégories sociales jusque dans la plus haute institution du pays qui est précisément le fameux Comité Central du MPR. Voilà les contradictions qui existent dans ce pays.
Ainsi, avons-nous pris les précautions de consulter Son Excellence le Président Juvénal Habyarimana de la République rwandaise, qui reconnaît la justesse de notre cause, et l’opinion de la presse internationale, afin que notre démarche ne soit pas étouffée par le dictateur de la République du Zaïre. Monsieur le Secrétaire Général des Nations-Unies, nous nous permettons de rappeler à votre haute attention les dispositions de la déclaration universelle de droit de l’homme garantie par les Nations-Unies. Nous n’accepterons pas d’être dépouillés de la nationalité zaïroise à laquelle nous avons droit depuis 1972. C’est la raison pour laquelle nous vous demandons d’intervenir auprès du gouvernement zaïrois pour que en accord avec les populations …, un référendum de l’autodétermination soit organisé dans les zones de Goma, Rutshuru, Walikale, Masisi, Kalehe et Idjwi, qui après ce référendum sous l’égide des Nations-Unies et de l’Organisation de l’Unité Africaine, constitueront un Etat à part qui aura à solliciter sa reconnaissance internationale. En vous remerciant de ce que vous voudriez bien faire pour la sauvegarde de l’humanité, veillez agréer, Monsieur le Secrétaire Général des Nations-Unies, l’expression de notre haute considération.
Pour les populations originaires du Rwanda au Zaïre


  1. Ugirashebuja Stanislas

  2. Gahima Pierre

  3. Gitera Ambroise

  4. Nkorota Jean-Baptiste

  5. Cyimenyi Nepomy Cène


c/o Evêché Goma Nord-Kivu / Zaïre ”.1
Nous avons publié à dessein cette lettre pour laisser cours à l’appréciation libre de chaque lecteur.
La volonté de créer un Etat autonome dans le Kivu qui est exprimée vivement dans la lettre ci-avant, avec l’appui des Nations-Unies, de l’OUA et de la presse internationale a conduit à la création de toutes pièces des expressions Tutsi congolais, congolais d’expression rwandaise ou “ Banyamulenge ” faute d’avoir obtenu collectivement la nationalité congolaise, étape considérée comme tremplin pour la revendication d’un droit à l’autodétermination Tutsi au Congo.
Le concept Banyamulenge véhiculé par la presse internationale est une création montée récemment de toute pièce.
Citons à ce sujet les éléments d’informations que rapportent VANGU MAMBUENI2. Selon lui, en effet, la dénomination Banyamulenge “ a été prononcée pour la première fois en 1976 par feu Gisaro Muhoza, ancien député élu de la circonscription électorale d’Uvira, dans le sud-Kivu. Des intellectuels Tutsi tels Mgr Jérôme Gapangwa d’Uvira, Mgr Kanya-Machumbi de Goma et Mgr Ngabu de Goma ont ensuite repris cette imposture et l’ont répandue dans l’opinion publique par leurs multiples écrits ! La dénomination Banyamulenge a été créée à partir d’un petit village congolais Mulenge, une localité du groupement Kigoma, dans la collectivité du groupement Kigoma, dans la Collectivité-Chefferie de Bafuliru, territoire d’Uvira, district du Sud-Kivu, Province du Sud-Kivu. C’est en 1921, avant le découpement territorial, que l’autorité coutumière de la Ba-Fuliru avait installé en petit groupe d’éleveurs, des immigrants Tutsi originaires du Rwanda, qui seront rejoints beaucoup plus tard dans les années 40 et 50 par des immigrés Tutsi en provenance du Rwanda. Depuis 1976 donc la dénomination “ Banyamulenge ” désigne les immigrés Tutsi (et sans doute leurs descendants), transplantés dans les territoires de Mwenge (sur les hauts plateaux de Minembwe de Kamambo) et d’Uvira (sur les hauts plateaux du Bafuliru et de Bijombo). Une autre infime partie d’immigrés était installée sur les hauts plateaux de Muhizi, dans la Zone rurale de Mwenga. Les zaïrois d’hier, congolais aujourd’hui, ont donc été surpris de voir que les Tutsi installés de la même manière dans d’autres territoires notamment ceux de Kalehe, d’Idjwi, de Walungu et de Kabare, au Sud-Kivu, de Rutshuru, de Masisi et de Walikale, au Nord-Kivu, ainsi que dans ceux de Kalemie et de Moba au Katanga, s’appeler, eux aussi “ Banyamulenge ” depuis la guerre déclenchée par eux dans l’ex- Zaïre, en septembre 1996 au Nord et au Sud-Kivu. Pourtant ceux des Tutsi qui ont été installés dans le territoire de Moba, par exemple s’appelaient jusqu’avant cette guerre, des Banyarwanda. En tout état de cause, il convient de noter que même l’éminent Professeur belge Jean-Claude Willame, auteur du livre intitulé “ Banya-Rwanda  et Banyamulenge violences éthniques et gestion de l’identité du Sud-Kivu (l’Harmattan, 1997 cité par Mukulumanya wa N’Gate Zenda, dans “ le problème “ Banyamulenge dans le Kivu (article de presse) reconnaît aussi que le terme “ Banyamulenge ” utilisé aujourd’hui pour qualifier les populations d’origine rwandaise au Sud-Kivu méridional, pratiquant depuis longtemps des activités de type pastoral, est totalement inconnu pendant la période coloniale. Plus loin, il ajoute littéralement que l’appellation “ Banyamulenge ” ne renvoie d’ailleurs pas à un nom ethnique mais bien à ceux qui sont de Mulenge “ une petite bourgade située au Sud d’Uvira ”.
Pour leur part, souvenez-vous-en, puisque je l’ai déjà mentionné plus avant, l’administrateur de l’ONUC (Organisation des Nations Unies au Congo), les délégués de Croix-Rouge, du Haut Commissariat aux Réfugiés, dans une lettre commune adressée aux réfugiés rwandais installés sur les collines de Lemera, de Mulenge et de Katabo ”, leur demandaient de rester strictement neutre, de ne pas prendre part à quelque mouvement politique que ce soit et surtout de rester en dehors de toute politique ” ; ils ont reconnu encore à cette époque (1960-1964), que ceux qui s’appellent aujourd’hui Banyamulenge n’étaient alors que des immigrés, des réfugiés Tutsi rwandais, ne jouissant sur le sol congolais que des droits généralement reconnus aux réfugiés partout dans le monde. Et ce, dans le strict respect des dispositions pertinentes du droit international, du droit humanitaire international et des droits de l’homme ”. 1
Selon Sébastien Kayembe-Nkokesha2 “ les Banyarwanda,. Hutu, Tutsi et Twa vivaient au Congo depuis plusieurs décennies, amenés par les Belges, entre 1930 et 1950 soit pour échapper aux famines et au surpeuplement du “territoire sous mandat”, soit pour servir de main d’œuvre dans les plantations des Européens du Kivu et les mines du Katanga. D'autres Banyarwanda composés essentiellement des exilés Tutsi vinrent s'installer dans le Nord et le Sud Kivu après la "révolution Hutu" de 1959 et en 1963 après la sanglante répression ayant suivie les raids des réfugiés Tutsi venus du Burundi sur Kigali. Il y a lieu de noter ici avec Jean-Pierre Chrétien que les luttes tribales au Rwanda (et au Burundi voisin) sont toujours “des affaires d'Etat, dans la mesure où elles se situent au cœur du pouvoir et non sur des marges incontrôlées”.
Ces nouveaux venus se dirigèrent vers Uvira et s'installèrent sur la colline dite de “Mulenge”. Selon Jean-Marie Sindayigaya, ces immigrants faisaient partie du clan de “Barenge” qu'on localisait au sud-ouest du Rwanda. Ce nom de clan est partagé par des Hutu et des Tutsi, comme dans tous les autres clans du Rwanda. Ce sont donc ces éleveurs Tutsi, appartenant au clan Barenge, qui ont donné leur nom à la contrée qui prit le nom de Mulenge parce que investie par les Barenge.
Le professeur Ndaywel soutient qu'au départ, la présence de rwandophones (hutu et tusti) au Kivu ne posait pas de problèmes majeurs de conflictualité avec les autochtones, car la culture du Kivu elle-même offrait une grande latitude en matière de cession de terre aux étrangers et aux immigrants. Le contrat foncier, qui fonctionnait comme une institution sociale, rendait aisée l'intégration de l'immigrant et lui facilitait l'accès à la terre, en lui attribuant le statut de client du propriétaire foncier. Plus tard, les rapports entre les populations locales et les Banyarwanda furent émaillés de tensions, surtout que ces derniers, fort entreprenants et solidaires, ont vite occupé des positions dominantes dans le commerce, l'administration et la politique. L'un de ces Banyarwanda, Barthélemy Bisengimana, occupera même, sous le règne de Mobutu, le poste fort envié de Directeur du Bureau de la Présidence. C'est grâce à lui que la nationalité congolaise fut accordée collectivement par Mobutu aux Rwandais vivant au Congo après 1960 ”.
Ainsi donc, comme l’écrit aussi le Docteur Cinkunku Muamba “ Affirmer que tous les Tutsi résidant en dehors du territoire de Rutshuru et sur l’île Idjiwi sont des ‘‘Réfugiés’’ est une simple vérité historique. Ni la Belgique ni le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) ne peuvent raisonnablement contredire cette vérité, et c’est le point de départ d’une démarche juste, même si la législation congolaise comporte des lacunes à cet effet et qu’elle a été une source de confusions et des fragiles espoirs. Il nous paraît responsable d’interroger objectivement l’histoire, de même qu’il n’est pas permis de se complaire dans l’erreur, toujours évitable ! Aujourd’hui, nombreux sont les Congolais qui pensent qu’il y a eu trop de frustrations, de destructions des vies humaines et des biens pour qu’on fasse “avaler n’importe quelle pilule” et tout de suite, à toute une nation de plus de cinquante millions d’habitants en faveur d’une ethnie fût-elle soutenue par le monde entier. S’entêter à imposer une résolution injuste et non judicieuse ne réglera ni le problème crucial de coexistence pacifique entre ethnies dans le Kivu, ni celui de la stabilité dans la région des Grands Lacs. La quête d’une nouvelle nationalité ne saurait jamais justifier les atrocités, les viols et les pillages des ressources dont sont auteurs les Tutsi immigrés ou non, dans les territoires sous occupation. Pas plus qu’un autre peuple au monde, les Tutsi n’ont pas à déterminer et à imposer leurs critères d’acquisition de la nationalité à un État souverain qu’est la RDC, et ils ne devraient jamais y parvenir, surtout par la force. Plus important, il ne devrait plus jamais être question de commettre les mêmes erreurs que Mobutu et Kabila. Pour l’opinion congolaise qu’il faut savoir écouter en dehors des conciliabules entre Kabila/Kagame hier et les rebelles/Kagame aujourd’hui, ce serait scandaleux, inadmissible de retrouver les Tutsi, une fois de plus, dans les hautes sphères du pouvoir politique, de l’administration publique, de l’armée et dans d’autres services de sécurité après le dialogue intercongolais. À première vue, cela peut ressembler à du chauvinisme ou à un nationalisme retors et désuet ; mais il est plutôt injuste de demander au peuple congolais de falsifier sa propre histoire et de ne pas élaborer ni appliquer ses propres lois, dans son propre pays.
En tout état de cause, la nationalité congolaise ne doit pas être acquise par la force armée, sur pression ou chantage, pour faire plaisir aux Rwandais et à une certaine communauté internationale ”.1
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