Marc Levy a publié huit romans








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Ce n’était plus un néon qui pendait au plafond, mais un petit avion accroché au manège. Pourquoi son père ne voulait-il pas qu’il monte dans la nacelle ?

Dans sa cabine, le forain a déjà fait inter la clochette, le tour va commencer. Tous les enfants s’amusent et lui doit rester là, à jouer dans les sable. Parce qu’un tas de sable ça ne coute rien. Un toutr à trente cents c’est beaucoup d’argent, quel est le prix à payer pour aller jusqu’au étoiles.

Lauren glissa sous la tête de Brisson la couverture pliée que lui tendait Cybile.

Elle est belle, cette femme devant moi, avec sa queue de cheval, ses pommettes et ses yeux qui pétillent. Elle me regarde à peine. Ce n’est pas un crime de désirer. Je voudrais qu’elle vienne dans l’avion avec moi. Je laisserais mes parents à cette médiocrité qui les rassure l’un l’autre. Je hais ces gens autours de moi qui rient de rien et s’amusent de tout. Il fait noir.

– Il dort ? Chuchota Paul.

– Il en a tout l’air, répondit Lauren qui vérifia le pouls de Brisson.

– Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

– Il en a pour une petite demi-heure, j’aimerais mieux avoir tout nettoyé à son réveil. Il sera de très mauvaise humeur. Partez d’ici tous les trois. Je vais chercher ma voiture, nous installerons votre ami à l’arrière et nous filerons au Mémorial, il n’y a pas une minute à perdre.

Elle sortit de la pièce. L’infirmière déverrouilla les freins du lit où reposait Arthur et Paul l’aida à le pousser hors de la salle d’examens en veillant à ne pas rouler sur les doigts de Brisson qui somnolait par terre. Les roues couinaient sur le linoléum du hall. Paul l’abandonna subitement.

Lauren referma le coffre de la Triumph, et fut surprise de voir Paul qui traversait le parking en courant.

Il passa à sa hauteur en criant « j’arrive » et continua son sprint. Elle enfilait sa blouse en le regardant s’éloigner, perplexe.

– Paul, ce n’est vraiment pas le moment.
Quelques minutes plus tard, une ambulance s’arrêta devant elle. La portière côté passager s’ouvrit et Paul, assis à la place du conducteur, l’accueillit tout sourire.

– Je vous emmène ?

Vous savez conduire ce genre d’engin ? demanda-t-elle en grimpant à bord.

– Je suis un spécialiste !

Ils s’arrêtèrent sous l’auvent. Cybile et Paul transbordèrent Arthur sur le brancard, à l’arrière de l’ambulance.

– Je vous aurais bien accompagnés, soupira Cybile, à la vitre de Paul.

– Merci pour tout, dit-il.

– De rien, je vais perdre mon job, mais je me suis rarement autant amusée. Si vos soirées sont toutes aussi drôles, passez-moi un coup de fil, je vais avoir du temps libre.

Paul sortit un trousseau de sa poche et le remit à l’infirmière.

– J’ai fermé la porte de la salle d’examens, juste au cas où il se réveillerait un peu plus tôt !

Cybile récupéra les clés, un sourire aux lèvres. Elle donna un petit coup sur la portière comme on claque la coupe d’un cheval pour lui ordonner de prendre la route.

Seule au milieu du parking désert, devant le lit civière, Cybile vit l’ambulance tourner au coin de la rue. Elle s’arrêta devant les portes automatiques. Sous ses pieds, une grille métallique permettait l’écoulement des eaux de pluies. ; Elle prit les clés que Paul lui avait remises et les laissa glisser de sa main.

– Avec ma voiture, dit Lauren nous aurions gagné en discrétion.

– Vous m’avez dit que nous n’avions pas une minute à perdre ! Objecta Paul en allumant la rampe gyrophare de l’ambulance.

Ils filaient à vive allure, si tout allait bien, ils seraient au Memorial Hospital dans un quart d’heure.

– Quelle nuit ! s’exclama Lauren.

– Vous croyez qu’Arthur se souviendra de quelque chose ?

– Quelques fragments de conscience se recolleront les uns aux autres. Je ne peux pas vous garantir que le tout forme une série cohérente.

– Est-il dangereux de réveiller les souvenirs de quelqu’un qui est resté longtemps dans le coma ?

– Pourquoi est-ce que ça serait dangereux ? demanda Lauren. Les comas sont consécutifs à des traumatismes crâniens. Soit le cerveau est endommagé, soit il ne l’est pas. Il arrive aussi que certains patients restent comateux sans que l’on sache pourquoi. La médecine est encore peu savante en ce qui concerne le cerveau.

– Vous parlez de ça comme d’un carburateur de voiture.

Amusée, Lauren pensa à sa Triumph qu’elle avait abandonné sur le parking, et pria pour ne pas croiser Brisson quand elle irait la récupérer. Ce type était capable de dormir dans son cabriolet jusqu’à ce qu’elle revienne.

– Donc si on essaye de stimuler la mémoire d’un ancien comateux, on ne lui fait courir aucun risque ?

– Ne confondez pas amnésie et coma, cela n’a rien à voir. Il est fréquent qu’un individu n’arrive pas à se souvenir des événements précédant le choc qui l’a plongé dans l’inconscience. Mais si la perte de mémoire s’étend à une période plus large, elle relève d’un autre dommage que l’on appelle amnésie, et qui a ses autres causes.

Pendant que Paul réfléchissait, Lauren se retourna pour observer Arthur.

– Votre ami n’est pas encore dans le coma, il est juste inconscient.

– Vous croyez que l’on peut se souvenir de ce qui s’est passé pendant qu’on était dans le coma ?

– Peut-être de certains bruits autour de vous ? C’est un peu comme quand on dort, sauf que le sommeil est plus profond.

Paul réfléchit mille fois avant de se décider à poser cette question qui lui brûlait les lèvres.

– Et si vous êtes somnambule ?

Intriguée, Lauren le regarda. Paul était superstitieux et une petite voix lui rappelait qu’il avait juré de garder un secret ; son meilleur ami était allongé sur une civière, inconscient, alors à contrecœur, il mit un terme à ses questions.

Lauren se retourna à nouveau. La respiration d’Arthur était ample et régulière. Si les radiographies de son crâne n’avaient été de si mauvais augure, on aurait pu croire qu’il dormait paisiblement.

– Il a l’air plutôt bien, dit-elle en reprenant sa place.

– Ah mais c’est un type très bien ! Même s’il lui arrive de m’emmerder du matin au soir !

– Je parlais de son état de santé ! A vous voir ensemble, vous avez l’air d’un vieux couple.

– Nous sommes comme frères, bougonna Paul.

– Vous n’avez pas souhaité prévenir sa petite amie, enfin je veux dire la vraie ?

– Il est célibataire, et surtout ne me demandez pas pourquoi !

– Pourquoi ?

– Il a un don pour se mettre dans des situations compliquées.

– Comme ?

Paul regarda longuement Lauren, c’est vrai que le sourire qu’elle portait dans ses yeux était unique.

– Laissez tomber ! dit-il en hochant la tête.

– Tournez à droite, il y a des travaux par là, reprit Lauren. Pourquoi me posiez-vous toutes ces questions sur le coma ?

– Comme ça !

– Qu’est-ce que vous faites dans la vie ?

– Je suis architecte.

– Comme lui ?

– Comment le savez-vous ?

– Il me l’a dit cet après-midi.

– Nous avons fondé notre cabinet ensemble. Vous avez une bonne mémoire pour vous souvenir ainsi du métier de tous vos patients.

– Architecte, c’est un joli métier, murmura Lauren.

– Ca dépend des clients.

– Pour nous, c’est un peu pareil, dit-elle en riant.

L’ambulance approchait de l’hôpital. Paul donna un petit coup de sirène et se présenta devant la rampe réservée aux véhicules de secours. L’officier de sécurité actionna la barrière.

– J’adore les passe-droits, jubila-t-il.

– Arrêtez-vous sous le porche, vous jouerez à nouveau avec votre klaxon et les brancardiers viendront chercher votre ami

– Quel luxe !

– C’est juste un hôpital.

Il arrêta le fourgon à l’endroit désigné par Lauren.

Deux brancardiers venaient déjà à leur rencontre.

– Je vais avec eux, dit Lauren. Allez vous garer, je vous retrouverais plus tard dans la salle d’attente.

– Merci pour tout ce que vous faites, dit Paul.

Elle ouvrit la portière et descendit du véhicule.

– Quelqu’un proche de vous a été dans le coma ?

Paul la fixa du regard.

– Vraiment très proche ! répondit Paul.

Lauren accompagna le brancard et rentra dans les urgences.

– Vous avez quand même une drôle de façon de vous fréquenter tous les deux. Vous étiez faits pour vous entendre ! murmura-t-il en la regardant s’éloigner dans le hall.

10.


Les roulettes de chariot roulaient si vite que leurs moyeux tremblaient sur leur axe ; Lauren et Betty se frayaient un chemin dans les couloirs encombrés des urgences. Elles évitèrent de justesse une armoire à pharmacie et la rencontre dans un virage d’une équipe de brancardiers qui arrivait en face s’avéra des plus périlleuses. Au plafond, les néons s’étiraient en un trait continu de couleur laiteuse. Au loin, le signal de l’ascenseur retentit. Lauren hurla qu’on l’attende. Elle accéléra encore se course, Betty l’aidant du mieux qu’elle le pouvait à maintenir le chariot en ligne droite. Un interne en ORL qui retenait les portes de la cabine les aida à se faufiler entre deux autres lits qui montaient vers les blocs de chirurgie.

– Scanner ! haleta Lauren alors que la cabine s’élevait.

Une infirmière appuya sur le bouton du cinquième. La course reprit sa folle allure de corridor en corridor, où les portes palières virevoltaient à leur passage. L’unité d’imagerie médicale était enfin en vue. A bout de souffle, Lauren et Betty rassemblèrent leurs dernières forces.

–Je suis le docteur Kline, j’ai prévenu l’appariteur de notre arrivée, j’ai besoin d’un scan crânien tout de suite.

– Nous vous attendions ? répondit Lucie ? Vous avez le dossier du patient ?

La paperasserie attendrait, Lauren poussa le chariot dans la salle d’examens. Depuis sa cabine de contrôle isolée du scanner, le docteur Bern se pencha sur le micro.

– Que cherchons-nous ?

– Une hémorragie probable dans le lobe occipital, j’ai besoin d’une série de clichés préopératoires pour une ponction intracrânienne.

– Vous comptez intervenir cette nuit ? demanda Bern, surpris.

– Dans moins d’une heure si j’arrive à monter l’équipe.

– Fernstein est prévenu ?

– Pas encore, murmura Lauren.

– Mais vous avez bien son aval pour ces scans en urgence ?

– Evidemment, mentit Lauren.

Aidée de Betty, elle installa Arthur sur la table de thérapie et le sangla au support de tête. Betty injecta la solution iodée pendant que l’opérateur initiait les protocoles d’acquisition depuis son terminal. Dans un bruissement à peine audible, la table avança jusqu’au centre de l’anneau. Le statif effectua ses premières rotations tandis que la couronne de détecteurs tournait autour de la tête d’Arthur. Les rayons X captés étaient transmis à une chaîne informatique qui recomposait l’image de son cerveau en coupes.

Les premières planches apparaissaient déjà sur les deux écrans de l’opérateur. Elles confirmaient le diagnostique de Lauren, infirmaient celui de Brisson. Arthur devait être opéré immédiatement. Il fallait suturer au plus vite la dissection de la veine endommagée et réduire l’hématome à l’intérieur de la cavité crânienne.

– A ton avis, quel est le potentiel de récupération ? demanda Lauren à son collègue, en parlant dans le micro de la salle du scanner.

– C’est toi l’interne en neurochirurgie ! Mais si tu veux mon pronostique je dirais que, si vous intervenez dans l’heure, tout est encore possible. Je ne vois pas de lésion majeure, il respire bien, les centres neuro-fonctionnels semblent intacts, il peut s’en sortir indemne.

Le radiologue fit signe à Lauren de le rejoindre dans la cabine. Il pointa du doigt sur l’écran une zone du cerveau.

– Je voudrais que tu regardes de plus près cette coupe, dit-il, je pense que nous avons ici une petite malformation étrange, je vais compléter ses examens par un IRM. J'enverrai les images par le Dicom1 ; tu les récupéreras directement sur le neuronavigateur. Tu pourrais presque laisser le robot opérer pour toi.

– Merci pour tous.

– C’était calme cette nuit, tes visites me font toujours plaisir.

Un quart d’heure plus tard, Lauren quittait le département d’imagerie médicale, conduisant Arthur vers le dernier étage de l’hôpital. Betty l’abandonna devant les ascenseurs, il fallait qu’elle redescende aux urgences. De là, elle ferait tout ce qui lui était possible pour réunir une équipe chirurgicale dans les meilleures délais.
Le bloc opératoire baignait dans l’obscurité ; Au mur, la pendule luminescente indiquait trois heure quarante.

Lauren tenta d’installer Arthur sur la table d’opération, mais sans aide l’exercice se recélait complexe. Elle en avait assez de ces horaires, d’être toujours à la disposition de tous, alors que personne n’était jamais là pour elle. Son beeper la rappela à l’ordre, elle se précipita vers le combiné du téléphone mural. Betty décrocha aussitôt.

– J’ai réussi à joindre Norma, elle a eu du mal à me croire. Elle s’occupe de joindre Fernstein.

– Tu crois que cela va lui prendre du temps ?

– Celui pour aller de la cuisine à la chambre ; si l’appartement de Fernstein est aussi grand qu’on le dit, elle mettra cinq petite minutes !

– Tu veux dire que Norma et Fernstein… ?

– Tu m’as bien demandé de le joindre au milieu de la nuit, c’est chose faites ! Et moi j’ai demandé qu’il te rappelle directement, j’ai les tympans fragiles. Je te le laisse, je cherche un anesthésiste.

– Tu crois qu’il viendra ?

– Je pense qu’il est déjà en route, tu es sa protégée, on dirait que tu es la seule à ne pas vouloir t’en rendre compte !

Betty coupa la communication et chercha dans son carnet personnel un médecin réanimateur qui vivrait non loin de l’hôpital et dont elle sacrifierait la nuit. Lauren reposa lentement le combiné. Elle regarda Arthur sur la civière qui dormait d’un sommeil trompeur.

Elle entendit des pas derrière elle. Paul s’approcha du lit et prit la main d’Arthur.

– Vous croyez qu’il va s’en sortir ? demanda-t-il d’une voix angoissée.

–Je fais de mon mieux, mais seule je ne peux pas grand-chose. J’attends la cavalerie et je suis fatiguée.

– Je ne sais pas comment vous remercier, murmura Paul. Il est la seule chose au-dessus de mes moyens que je me sois jamais accordée.

Au silence de Lauren, Paul ajouta qu’il ne pouvait se permettre de la perdre.

Lauren le regarda fixement.

– Venez m’aider, chaque minute compte !

Elle entraîna Paul vers la salle de préparation, ouvrit l’armoire centrale, et prit deux blouses vertes.

– Tendez les bras, dit-elle.

Elle noua les cordons de la tunique dans son dos et lui posa un calot sur la tête. L’entraînant vers la vasque, elle lui montra comment laver ses mains et l’aida à enfiler une paire de gants stériles. Pendant que Lauren s’habillait, Paul se contemplait dans le miroir. Il se trouvait très élégant en tenue de chirurgien. S’il n’avait pas une sainte horreur du sang, la médecine lui aurait convenu à merveille.

– Lorsque vous aurez fini de vous regarder dans la glace, vous me donnerez un petit coup de main ? demanda Lauren les bras tendus.

Paul l’aida à se préparer et, dès qu’ils furent tous deux vêtus de leur combinaison, il l’a suivi à l’intérieur du bloc. Lui qui s’enorgueillissait de la haute technicité de son cabinet d’architecture était émerveillé par la multitude d’appareils électroniques. Il s’approcha du neuronavigateur pour en caresser le clavier.

– Ne touchez pas à ça ! cria Lauren.
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