I-pourquoi l’Europe se découvre-t-elle alors une vocation coloniale ? (1830-1910)








télécharger 106.22 Kb.
titreI-pourquoi l’Europe se découvre-t-elle alors une vocation coloniale ? (1830-1910)
page3/3
date de publication23.12.2016
taille106.22 Kb.
typeDocumentos
ar.21-bal.com > loi > Documentos
1   2   3

1-Comment se manifeste le refus du système colonial ?

2-En quoi les deux guerres mondiales contribuent à nourrir les volontés d’indépendance des colonies ?
 La période 1914-1945 bouleverse la donne dans les opinions publiques des pays colonisés.

Partir du tableau 2 page 147, Bréal : la contribution humaine à la guerre.

-en Europe l’hostilité au colonialisme a été constant, et le mouvement réunit un panel hétéroclite : en France et en Grande Bretagne elle est le fait d’économistes libéraux qui affirment préférer le commerce à la domination et dénoncent les coûts financiers de la colonisation. Elle rassemble aussi des catholiques et des socialistes s’unissant pour dénoncer la cruauté des administrateurs coloniaux et les profits réalisés par les entreprises installées outre-mer. Ils n’en contestent pourtant pas le bien-fondé, convaincus de la supériorité de la civilisation européenne.

-le prestige de l’Europe sort ébranlé de la première guerre mondiale : comment les métropoles peuvent encore incarner le progrès et la civilisation après la barbarie ? Les pertes sont lourdes ; on dénombre 61500 morts pour la France parmi les Algériens, les Sénégalais, les Malgaches, les Indochinois. La guerre éveille la conscience nationale des colonisés nourrissant des projets d’émancipation. En 1918 le président WILSON suscite de grandes espérances avec son discours des « 14 points » du 8 janvier 1918 où il énonce le principe d’autodétermination, le droit des peuples à disposer d’eux mêmes. En 1919, O.SPENGLER écrit le Déclin de l’Occident : il annonce que la civilisation de l’Europe est sur une pente descendante. Un an plus tard le géographe A.DEMANGEON publie le Déclin de l’Europe où il montre que déjà en Egypte et en Inde les peuples dominés commencent à se révolter contre elle.

-ce prestige est définitivement terni par la 2°GM, d’autant que la victoire des alliés eut été impossibles sans l’apport des troupes coloniales et sans le succès du débarquement en AFN de 1942. La Conférence de Brazzaville en janvier-février 1944 est l’occasion pour De Gaulle de réaffirmer le principe d’autodétermination. La conférence réunit des autorités et des experts : les conclusions prônent l’abolition du régime de l’indigénat, du travail forcé, la représentations des colonies au Parlement français et la constitution d’assemblées locales. Il n’est pas alors question d’indépendance ou d’autonomie, mais pour la première fois les colonisés se voient reconnaître des droits. Pourtant la fin de la guerre n’offre pas ces droits aux « indigènes »

-attention néanmoins aux contre-vérités : les indigènes n’ont pas été plus exposés à la violence de guerre que les autres formations armées. En 1914-1918, pour toutes les origines, les pertes correspondent à environ 15% des mobilisés. Pour 1939-45, environ 6% des combattants perdent la vie, quelle que soit leur origine. (Tableau dans le dossier d’accompagnement de Indigènes) . Certaines batailles furent pour eux particulièrement meurtrières (Monte Cassino en 1943) mais dans le 1er conflit certains furent relativement « protégés ». Manquant de rendement car paralysés par le froid, les Sénégalais ne partent pas en première ligne hors des tranchées ardennaises…
 Le malaise indigène se développe.

-il est surtout lié au choc des cultures. D’une part le manque de terres, confisquées par les colons, la pression fiscale et le travail obligatoire conduisent à la paupérisation de larges couches des sociétés indigènes. D’autre part, en ignorant leur identité, en niant leur culture, en leur imposant de nouvelles valeurs, la colonisation provoque de profonds traumatismes, qui alimentent la contestation. D’où l’éveil des nationalismes continentaux… Les résistances locales sont de plus en plus nombreuses chez les indigènes : d’un côté les « traditionalistes » veulent retourner aux sources de leur civilisation pour résister à l’Europe, de l’autre les « modernistes » veulent au contraire se mettre à l’école de l’Europe pour mieux la combattre (tactique du cheval de Troie). Les « Vieux Turbans » en Algérie s’appuient sur le Coran pour dénoncer la civilisation matérialiste apportée par la France. Les « Jeunes Turcs » revendiquent le libre-accès aux emplois publics et le droit d’être représentés au Parlement au nom de l’idée française du progrès.

-le nationalisme asiatique : dans les régions soumises à l’Europe, se multiplient les mouvements nationalistes qui dénoncent l’impérialisme des puissances coloniales. En Inde, sous l’influence du Mahatma Gandhi, le Parti du Congrès revendique le self-government et appelle au boycott des produits britanniques, au refus de l’impôt et à des marches protestataires. C’est la politique de « désobéissance civile ». Le retour au rouet prôné par Gandhi est une manifestation symbolique contre l’invasion de l’Inde par l’industrie moderne et l’aliénation de l’homme par la machine. En Indochine le parti communiste indochinois de Nguyen Ai Quoc (futur Ho Chi Minh) exige un statut analogue à celui des dominions britanniques. Le communiste profite de l’épuration qui a suivi l’échec de l’émeute de Yenbai en 1930. Aux Indes néerlandaises le parti national indonésien créé en 1927 par un jeune ingénieur de Bandoung, Achmed Soekarno (ou Sukarno), exige l’indépendance.

-le nationalisme africain : en Afrique la 1°GM marque aussi un tournant. Le Maghreb est le premier touché, en trois épisodes. Primo la guerre du Rif au Maroc (autour d’ABD EL KRIM). Secondo, le Néo-Destour en Tunisie, parti créé par un jeune avocat du nom d’Habib BOURGUIBA qui se lance en 1938 dans une campagne de grèves et de manifestations qui débouchent sur des affrontements sanglants. Tertio en Algérie le mouvement de l’Etoile nord-africaine de Messali HADJ (1927)qui progresse malgré l’arrestation de son leader en 1933. Partout dans ces pays arabes s’affirme la volonté de défendre les valeurs de l’Islam contre l’emprise de l’Occident. En Afrique noire le mouvement est alors plus limité.

-le nationalisme proche-oriental : les anciennes possessions de l’empire ottoman sont remises en mandat par la SDN à la France (Syrie, Liban) et à l’Angleterre (autres terres arabes) ; ces derniers ont promis au cherif de la Mecque la constitution d’un grand royaume arabe et aux juifs la création d’un « foyer national » en Palestine (déclaration Balfour de 1917). Les Britanniques créent en Palestine une situation explosive quand en 1937 ils proposent le partage de la Palestine entre juifs et arabes. Ils doivent reconnaître progressivement l’indépendance de l’Egypte (1922-1936) mais leurs troupes conservent le canal de Suez.
 le rejet

-négritude

-critique radicale du colonialisme : A.Césaire, colonialisme = hitlérisme M.Ferro colonialisme partie prenante du totalitarisme.
Conclusion
Vif débat après la loi de 2005 sur le « rôle positif de la colonisation », adoptée au Parlement un vendredi après midi devant une trentaine de députés... L’article 4 stipule que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices de combattants de l’armée française issue de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit ».

-problème pas d’ordre éthique mais surtout déontologique : l’historien n’est pas un juge ni un agent comptable.

-l’embarras vient de l’entrecroisement de la mémoire et de l’histoire, et l’histoire coloniale est un « passé qui ne passe pas » ; il a fallu attendre 1999 pour que la guerre d’Algérie soit officiellement reconnue comme telle. Ce retour de mémoire traduit l’émergence de lobbies : extrémistes nostalgiques de l’OAS, harkis, anciens combattants algériens.

-l’historien ne reste-t-il pas avant tout citoyen ? Cf M.BLOCH, le Métier d’historien : « nous fûmes de bons ouvriers, mais avons-nous été de bons citoyens ? »
Quel bilan peut-on en faire ? Les Européens croient aux apports de leur présence : les missionnaires ont été les avant-gardes de la colonisation. Ils diffusent la religion chrétienne (protestante, catholique), leur action étant relayée par les fonctionnaires métropolitains. Leur action est moralisante et éducative : la seule Foreign Bible Society distribue en un siècle 320M de bibles en 538 langues ou dialectes. Attention : ils précédaient la colonisation et voulaient lui survivre.

-Les médecins favorisent les progrès de l’hygiène, lancent des campagnes de vaccination et luttent contre les maladies tropicales et les épidémies. Les médecins ouvrent également des dispensaires et des maternités. Ces apports contribuent à baisser les taux de mortalité et à favoriser l’accroissement de la population. Des grands noms de médecin sont restés comme le souligne A.HUGON : le Dr Schweitzer au Gabon (soins), le Dr Jamot qui a contribué à lutter contre la maladie du sommeil ( trypanosomiase : dépistage et vaccination). 80M de doses de vaccin contre la fièvre jaune administrées en AOF jusqu’au milieu des années 1940. Mais : l’action sanitaire tarde à avoir un effet visible sur la croissance démographique (le décollage date réellement des années 1950). Ces médecins développent un système paternaliste et autoritaire, d’autant qu’ils sont peu nombreux : 1 médecin pour 100 000 habitants en Afrique subsaharienne ( avec des zones à 1 pour 500 000). Les délais sont parfois très long pour appliquer les découvertes théoriques : 58 ans entre la découverte de l’agent pathogène contre la lèpre et la campagne prophylactique contre la maladie, 52 ans pour l’onchocercose.

L’action civilisatrice des coloniaux prend aussi un caractère social avec le rachat d’esclaves, la construction d’orphelinats, d’hospices, l’émancipation de la femme par l’organisation de la monogamie.

-Les enseignants ont une mission d’alphabétisation, l’enseignement se fait en langue indigène pour les cours élémentaires, et dans la langue du colonisateur pour les études secondaires et supérieures. Mais attention, en 1957 seul 1 Africain sur 7 va à l’école. Ce sont d’abord des enfants de classe dirigeante.

-Les ingénieurs contribuent à la modernisation des infrastructures et à l’équipement des services publics des colonies.

-Partout l’explosion démographique et la pression démographique provoquent une urbanisation rapide : dans le sud-est asiatique, toutes les grandes villes ont été fondées par des puissances coloniales sur des sites autrefois peu sollicités. En Afrique, Casablanca, Alger, Abidjan, Nairobi fascinent les villageois.

-Les élites indigènes sont occidentalisées : elles adoptent les habits et les mœurs des métropolitains et sont formées dans le cadre d’un enseignement qui diffuse les principes européens de liberté et de souveraineté nationale. L’Europe apparaît comme un modèle à imiter. Offrant la possibilité d’une ascension sociale, la scolarisation promeut ainsi des auxiliaires indigènes attachés à l’ordre colonial, parmi lesquels se trouvent de petits fonctionnaires, des journalistes et des médecins.




1   2   3

similaire:

I-pourquoi l’Europe se découvre-t-elle alors une vocation coloniale ? (1830-1910) icon1ère partie : du rapt d’europe par zeus au viol de l’europe par hitler
«une de ces civilisations uniques, dont maints traits ornent d’autres civilisations, mais dont tous ensemble ne se retrouvent qu’en...

I-pourquoi l’Europe se découvre-t-elle alors une vocation coloniale ? (1830-1910) iconRapport Moral
«Au Printemps la Normandie se découvre» a remporté un franc succès, elle est donc reconduite cette année à la demande du crt (Comité...

I-pourquoi l’Europe se découvre-t-elle alors une vocation coloniale ? (1830-1910) iconChateaubriand
«vague des passions», plongées dans les abysses d’une âme en détrese, terreurs, rêveries solitaires, courses sur la lande en compagnie...

I-pourquoi l’Europe se découvre-t-elle alors une vocation coloniale ? (1830-1910) iconSurtout ‘’Bonjour tristesse’’, ‘’Un peu de soleil dans l’eau froide’’ et ‘’Les faux-fuyants’’
«En quoi la tragédie ressemble-t-elle à la vie?» Elle entreprit alors des études de lettres à la Sorbonne, que, ayant raté ses examens,...

I-pourquoi l’Europe se découvre-t-elle alors une vocation coloniale ? (1830-1910) iconEn un siècle, des années 1450 aux années 1550, en Italie d’abord,...
«renaître», une vision nouvelle de l’homme et de l’art. Artistes, navigateurs, marchands et religieux bâtissent alors une civilisation...

I-pourquoi l’Europe se découvre-t-elle alors une vocation coloniale ? (1830-1910) iconJournal du Palais – 5 septembre 2005
«gothic revival» et ressemblait à un temple grec, comme toutes ces petites églises en bois construites par les colons dans les années...

I-pourquoi l’Europe se découvre-t-elle alors une vocation coloniale ? (1830-1910) iconUne brume épaisse lentement envahit la vallée. Le village est alors...
«mettre au vert». Cette eau répandue à profusion fait bien d’autres heureux. C’est en quelque sorte l’oasis d’une faune, elle aussi...

I-pourquoi l’Europe se découvre-t-elle alors une vocation coloniale ? (1830-1910) iconNote d’intention : page 129 1/exterieur – quai de la fosse – 23H58
«organisation». IL se fraye un chemin en précédant le pas à isabelle dajan. Elle est petite, assez ronde, est vêtue d’un tailleur...

I-pourquoi l’Europe se découvre-t-elle alors une vocation coloniale ? (1830-1910) iconLe numéro 24
«Ne pas m’aimer ! Ah ! je suis sûr d’elle. Marcelle est une réfléchie, elle ne se livre pas. Mais elle est bonne et elle m’aime.»...

I-pourquoi l’Europe se découvre-t-elle alors une vocation coloniale ? (1830-1910) iconEntre deux verticales de myosotis entrelacés, un cliché noir et blanc...
«Tata Huss», preuve attendrissante d’un amour bébé dont je refusais la mémoire mais dont elle s’obstinait à me convaincre à quel...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com