© Université de Pau et des Pays de l’Adour, Unité Mixte de Recherche C. N. R. S. n° 5603 «Société, Environnement, Territoire»








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3. Des missions et des méthodes spécifiques


De nombreuses raisons expliquent que cette construction de domaine de compétence soit encore en cours :

1. D’abord, l’aménagement touristique a prévalu sur la gestion et le développement de l’activité : jusqu’en 1983, il a fait l’objet d’interventions publiques programmées dans le cadre d’une planification centralisée, qui visait à l’équipement du territoire pour répondre à l’explosion de la demande de loisirs et de voyages. Les États ont initié, pendant trente ans (essentiellement de 1950 à 1980), de très ambitieux programmes d’équipements touristiques qui ont eu pour terrain d’opération des territoires à fort potentiel de développement : la montagne (en France, le plan neige), les littoraux (en France, la Corse, le Languedoc-Roussillon ou l’Aquitaine : « missions Racine », « MIACA »), les pays d’accueil du VIIème Plan. On retrouve ce schéma d’intervention dans tous les grands pays touristiques. En Espagne, le schéma d’intervention précède celui de la France avec une « Loi des Centres et Zones d’Intérêt Touristique » qui permet de mettre en œuvre des Plans de développement touristique  : Costa del Sol en 1960, Pireneos également dès 1960, Costa Brava à partir de 1968, une ordonnance pour les zones et routes touristiques en 1971, le processus de transfert des compétences aux communautés autonomes de 1975 à 1982, un Plan qualité dans la dernière décennie qui a donné de remarquables résultats et sur lequel le secrétariat d’Etat français travaille aujourd’hui.

Ce début de millénaire est marqué, partout dans le monde et en tout cas en Europe35, par une plus grande autonomie des pouvoirs locaux, par la décentralisation de l’initiative. Ce mouvement libère les projets locaux. Certaines régions (la Vienne, le Lot-et-Garonne, le Nord Pas-de-Calais, l’Alsace..) investissent massivement dans le tourisme.

Depuis dix ans, la problématique s’est donc nettement inversée : les enjeux marchands de la production touristique (augmentation du P.I.B. local ou des parts de marché) sont devenus un objectif en soi, les schémas d’aménagement et règles d’urbanisme ont clairement repris leur rôle de moyens à mettre en œuvre pour atteindre cet objectif. Porteuse de développement et créatrice d’emploi, la politique touristique locale est entièrement tournée vers l’économie des services. Elle a transformé la problématique de l’aménagement en lui précisant plus clairement sa fonction d’outil. Pour mettre en œuvre ces missions conférées aux communes, les juristes ont eu recours à la notion de service public local. Reprenant dans la loi ce que Louis Rolland a qualifié, dans les années 1930, les missions “ par nature ”, “ par défaut ”, “ par délégation ”, le législateur fixe les conditions partenariales de définition et d’exercice des politiques publiques de développement, d’aménagement, d’accueil, d’information et de promotion touristique. L’enjeu est de taille : au premier plan dans l’économie des services, le tourisme est un des moteurs fondamentaux de la croissance du P.I.B. local mais est soumis à une concurrence forte des destinations.

L’innovation dans le service rendu aux touristes passe par une concentration sur le “ cœur de métier ” : accueil, information générale et sur les disponibilités d’hébergement, conduite technique des politiques d’aménagement et de développement des collectivités, production touristique, réglementation et sécurité, observation économique. Cette rénovation implique une action à la fois sur les principes et dans les modes de gestion.

2. Ensuite, pour atteindre un niveau de service et de qualité professionnels, il est nécessaire pour les collectivités réceptrices d’atteindre une taille minimale :

- La dispersion des niveaux territoriaux de gestion du tourisme favorise la minoration des destinations et l ’absence de notoriété,

- La complémentarité de la production (rural-littoral-montagne) implique une production en réseaux qui dépasse l’échelon de la commune ou de la station,

- La gestion du service public touristique local impose des effets de seuils de rentabilité qui nécessite des regroupements de moyens.

La loi Chevènement sur la coopération intercommunale ouvre de larges perspectives pour les communes touristiques et place le tourisme dans le champ du développement économique, compétence obligatoire des regroupements. L’effet de regroupement devrait permettre d’octroyer des moyens démultipliés au service local du tourisme, et trouver ainsi des modes de gestion plus performants. Car, sans nullement mettre en cause la qualité des personnels qui œuvrent aujourd’hui dans ces communes, ni, en proportion, les efforts consentis par les élus locaux, l’on sait que la satisfaction d’un niveau de service et de qualité professionnels, nécessite une taille minimale que seul un regroupement de collectivités disposant à la fois des moyens et des bassins de population suffisants peut permettre.

De plus, pour les villes touristiques ou les stations, la question de la gestion du service public touristique sous la forme communale crée de plus en plus de difficultés dans les relations qu’elle impose avec les communes voisines. Dans tous les cas, l’on voit qu’il est souhaitable de faire évoluer un grand nombre de petites et moyennes institutions touristiques vers les cadres élargis fournis par les communautés de communes et communautés d’agglomération.

3. Enfin, c’est à l’urbanisme appréhendé dans une approche intercommunale (bassin touristique) qu’il revient de rendre racontable, interprétable, et donc signifiante l’organisation spatiale de la réalité, la mise en scène des espaces publics, les modes de découverte du patrimoine culturel, économique, social et architectural. Il s’agit de replacer l’aménagement de l’espace au cœur de l’invention du territoire touristique. Actuellement, l’action touristique limite trop les différents aspects de l’urbanisme aux seules opérations d’investissement immobilier, d’acquisition de terrains, de construction d’immeubles, de réalisation de travaux immobiliers ou d’exploitation de ces immeubles. En fait, au-delà de l’ensemble des techniques d’application de ses méthodes, l’urbanisme touristique est d’abord un mode d’adaptation de l’environnement, de l’habitat aux besoins des hommes. Il est avant tout l’expression d’une manière de vivre des sociétés locales.

Il est producteur du premier des gisements de l’industrie des loisirs et permet d’inscrire l’étrangeté et la différence dans l’espace public sous trois formes :

- Par la valorisation touristique du patrimoine architectural,

- Par la conception et le traitement des espaces publics,

- Par la création de modes de découverte de tous les milieux, y compris des zones naturelles sensibles.

Espace de communication, l’espace public touristique fonde les multiples déplacements, les échanges sociaux, commerciaux, informatifs, ludiques. C’est un espace composite qui doit répondre à la superposition des usages parfois contradictoires qui en sont faits et des publics qui le fréquentent : le traitement de l’espace public local forge l’âme des nouveaux territoires touristiques.

Quelles sont ces missions ?

Trois missions de médiation au sens communicant du terme. Une médiation entre offre et demande, une médiation entre stratégie municipale et celle des partenaires privés, une médiation entre voyageurs et population locale : elles relèvent du service public, mais leurs activités s’insèrent dans un domaine concurrentiel.

Il s’agit de :

- L’accueil et l’information des touristes, qui sont de réelles missions de service public local.

- La promotion touristique de la commune, (ou du département pour le CDT, de la Région pour le CRT) mission qui relève largement d’un service économique puisque situant la collectivité dans un champ concurrentiel et marchand.

- La coordination des interventions des divers partenaires du développement touristique local, mission que les organismes (Offices) accomplissent difficilement car ils ne sont pas en position de commandement. Mission de service public local, cette dernière compétence reprend l’obligation de coordination donnée par le législateur à la commune ou au groupement de communes36.

Ce rôle de médiation conféré par le service public local vis-à-vis des clientèles est capital. Selon une étude menée par la FNOTSI37, un Office de tourisme reçoit en moyenne 40 % des touristes qui fréquentent la station. À l’échelon français, par exemple, 50 millions de visiteurs fréquentent chaque année les Offices de Tourisme. Les 3600 Offices de France constituent le premier réseau de développement touristique du territoire : c'est leur première mission, celle de l'accueil et de l'information.

Cette position d’interface permanente entre le public et le privé place la mission de service public touristique local au cœur de l’aménagement touristique. Elle met en cohérence les actions des partenaires privés ; elle les fédère, elle les coordonne afin de les aider à s'orienter. Elle les canalise dans une direction optimale qui est celle du développement et la vente de la commune touristique. Elle permet d'optimaliser les efforts de chacun en évitant les stratégies individuelles ou contradictoires.
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