Invention de «moments» Symbolistes








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Le symbolisme en France



  • Claude MONET, La gare Saint-Lazare, 1877,h/t, Paris, Musée d’Orsay

Il y a un certain nb de réactions contre l’Impressionnisme et contre un certain nb de canons esthétiques mis en place au milieu du 19ème s.- et qui comprennent paradoxalement des mouvements avant-gardistes comme le Symbolisme mais aussi la peinture académique.

Invention de « moments » Symbolistes : il ne s’agit pas d’un style précis et unitaire, les manifestations du Symbolisme sont très différentes et s’étalent géographiquement sur toute l’Europe, chaque pays va donner une valeur particulière à cette idée avec réussites et valeurs plastiques très différentes, parfois à l’opposé (hyper réalisme ou cheminement vers l’abstraction).

Origines du mouvement

Début du mvmt 1886 avec le Manifeste de Jean Moréas* publié dans le Figaro, le Manifeste du symbolisme littéraire. 1886, dernière année d’expo des impressionnistes ensemble (division interne qui favorise la recherche de plusieurs esthétique nouvelles). La fin du Symbolisme, vers 1905-06, date du Salon d’Automne où les Fauves exposent. Début du Cubisme. Idée d’un nouveau commencement. (C’est tjrs une convention) A partir de 1905 succession de mouvements avant-gardistes qui se déclarent comme tels. Le Symbolisme est une avt garde mais qui ne se déclare pas comme telle (bien qu’elle débouche sur des acquis au 20ème s.)Le Symbolisme en réalité demeure très fortement ancré au moins jusqu’à la 1ère G/ Mondiale. Nous allons retrouver dans plusieurs avant-gardes certaines idées diffusées par le Symbolisme. C’est peut-être le dernier grand mvmt qui passe toutes les frontières, on peut parler d’une sorte de symbolisme international. Il y a des axes : par ex. Paris-Bruxelles, ou Paris-Vienne, ou Vienne-Berlin, en Pologne, en Italie. Diffusion rapide grâce à l’essor des revues. 1881, France, loi qui la liberté de la Presse, âge d’or des revues ; expositions d’artistes organisés dans les locaux de certaines presses. La naissance des « petites revues » très éphémères. Mouvement idéaliste ou spiritualiste, mais notion de symbole qui s’est imposé, la racine grecque du mot évoque un objet partagé entre différents individus et qui permet une reconnaissance par un ensemble, un groupe. Ce symbole fait le lien entre les individus (c’est ce qui est entendu par les églises, la religion qui place la foi en un symbole). Le symbole correspond aussi a un contenu qu’il transcende et qui ne se limite pas à ce que l’on voit, mais qui va au-delà du signe graphique. Terme apparaît dans le vocab européen vers 1830, utilisé pour la première fois par Zola (réaliste) pour caractériser des œuvres exposées au Salon par Gustave Moreau. Zola était le chef de fil du Naturalisme (défenseur de Manet), considérant la peinture de Moreau comme rétrogade et artificielle. Considérée comme une arrière garde ; le terme est connoté, critique.

Refus

Le Symbolisme se caractérise par un certain nb de refus. Contexte : Un certain abandon de la foi religieuse (mvmts en Philo de Positivisme, qui plaide pour le progrès technique, dans la littérature traduit par le roman expérimental revendiqué par Zola) Dans le domaine esthétique, Hyppolite Taine affirme que l’art est régit par des lois, trois causes déterminantes : la race, le milieu et le climat (instaure une certaine forme de Déterminisme). Il nie l’individualité même de l’artiste qui selon les symbolistes serait libre, maître de soi et de son art. L’acte créatif selon Taine serait déterminé par ces 3 causes. Les symbolistes vont rejeter ce culte pour la science et revenir à une certaine forme de foi, spiritualisme : l’individu renferme en lui quelque chose d’irréductible, lié à l’esprit. Les symbolistes n’étaient pas contre la science en bloc, certains vont s’en servir (expérimentations). Ils instillent un doute sur l’infaillibilité de cette science. Le deuxième refus se fait par rapport au Naturalisme (77, L’Assomoir) au début des années 80’ les soirées de *. Refus du réalisme pictural = réalité rendue telle quelle sur la toile comme on la voit par la rétine de l’œil = association à l’Impressionnisme.

  • Jules BASTIEN-LEPAGE, Les Foins, 1877, Paris, Musée d’Orsay = sujet de polémique de la part de l’académisme bien pensant, jugé trop proche des matérialités basses de la vie paysanne sans idéalisation. Jugé de manière critique aussi par les Symbolistes.

  • Académisme de William BOUGUEREAU, Naissance de Vénus, 1879, Paris, Orsay.

Jean CLERC, spécialiste du Symbolisme, souligne 3 humiliations :

1ère - refus cosmologique : l’homme n’est pas le centre de l’univers. L’homme est l’un de ces mondes.

2nde humiliation : biologique, l’évolutionnisme selon Darwin, l’homme n’est pas à l’image de Dieu.

3ème – découverte de la Psychanalyse et de l’Inconscient = l’homme n’est pas vraiment maître de lui-même et soumit à des instincts qu’il ne peut maîtriser.

  • Humiliation pour certains versants romantiques.

4ème : mettre l’homme au sommet des espèces par la conscience de sa propre mort. Idée de la mort très récurrente dans le Symbolisme. Vanité ? Au cœur aussi de cette idée de maîtrise que souhaite l’artiste symboliste, idée de l’exploration par soi même, des ses profondeurs insondables ; l’artiste vu comme démiurge capable seul d’éclairer l’homme.

Retours

Retours : - la Culture, et l’Histoire, revisitation des mythes. – retour du Spirituel (aux grands livres sacrés) – retour à la Nature, nouvelle conception du paysage = qui devient l’incarnation du moi de l’artiste (Van Gogh). Sondable ou insondable. Le moi de chacun, individualisme, valorisé en tant que tel. Une réalité au-delà des apparences matérielles, sensée révéler les mystères du monde, ce qui est sous le voile de la nature. Cette idée de dévoilement par l’artiste se rattache à l’idée d’unité du Cosmos, qui selon les artistes symbolistes est réelle et permet à l’artiste de se mettre en communicaiton avec ce qui n’est pas à la portée des sens, qui se manifeste dans les rêves et un tas de correspondances. Correspondances = évoquées par Baudelaire (Les Fleurs du Mal, 1857) qui met l’accent sur l’idée du Cosmos tout entier. Il n’y a pas de division entre les arts. Idée d’œuvre d’art totale qui émerge (avait déjà été évoquée par certains artistes romantiques allemands). L’individu est amené à ressentir par le biai de tous les sens en même temps. Au centre du Symbolisme : idée de la recherche d’une unité perdue. L’artiste doit la retrouver et la communiquer au autres. Dans cette idée d’art total, un nom revient : Charles WAGNER. Définition donnée par le poète Mallarmé du Symbolisme: « Nommer un objet, c’est supprimer les trois quarts de la jouissance du poème qui est faite de deviner peu à peu. Le suggérer, voilà le rêve. C’est le parfait usage de ce mystère qui constitue le symbole : évoquer petit à petit un objet…. = idée de déchiffrement. Thomas CARLYLE (théoricien du symbolisme), conception héroïque de l’artiste. Idée d’infini, suggérer l’infini, quelque chose qu’on ne puisse réduire à son essence matérielle. Jean Moréas, Manifeste symboliste, Le Figaro, 18 sept 1896. Refus de la description objective et analogies ; Définition du Symbole : forme plastique, mot ou phrase mélodique ; elle signifie un contenu qui la transcende (il ne faut pas la confondre avec allégorie).Le symbole fait appel à l’inconscient, il ne doit pas nommer de manière précise une signification. Il n’a jamais un sens fini et terminé, il peut avoir plusieurs sens. Parfois simple référence aux choses de l’esprit, il peut aussi révéler le songe de l’artiste, devient synthèse de sa pensée et des aspirations de la conscience. Le Romantisme est l’une des grandes sources du Symbolisme.

Art total et Wagnerisme

  • Victor HUGO, Château fort au crépuscule, 1866, plume et lavis d’encre brune sur papier, Paris, Maison de Victor Hugo.

Commencer par une tache, partir de cette tache, évoquer quelque chose qui vient à l’esprit en complétant cette tâche ; Communicaiton avec ce monde au-delà des apparences qui submerge l’écrivain et émerge de son inconscient. BAUDELAIRE est un des 1ers grands défenseurs de WAGNER en France, 60’, il déclare reconnaître enfin dans cette musique sa propre théorie des correspondances. Le Wagnerisme déferle pdt 90’ et a pour but de faire connaître les drames musicaux de Wagner et sa théorie de l’œuvre d’art totale. Henri FANTIN-LATOUR, grand mélomane représente certains épisode des compositions de Wagner, 1882, Prélude de Lohengrin. (Intérêt, tôt).

> Qu’est- ce que l’art total ? GESAMTKUNSTWERK Le Drame musical qui réunit toutes les formes d’art. Les mises en scène de Wagner font appel à des décors de légendes (germaniques du M-Â), d’une manière non pas néogothique, il ne s’agit pas d’une reconstitution historique, mais modernisation spiritualisé du mythe du M-Â et regénération par un héros qui renoue ce lien brisé entre le Cosmos et l’Homme. > fondement de la mythologie wagnerienne. Comment fait-on ce lien ? Grâce à des sonorités « colorées » qui aident les artistes à se libérer de toute immitation. Ce qui oblige l’artiste à faire appel à des analogies (que l’on retrouve dans toute l’avant-garde du début du 20ème s., Kandinsky par ex.)

Wagnerisme = une des tendances dominatrice du Symbolisme.

Puvis de Chavannes, Moreau, Pré-raphaëlite, Romantisme allemand

> Comment ce Symbolisme se décline d’un point de vue pictural ? Certains refusent l’appelation de symbolistes mais sont continuellement cités apr les artistes et pris en exemple , leurs inventions plastiques, ou leur manière d’élaborer le contenu est repris par des artistes des années 90’. Pierre Puvis de Chavannes, artiste lyonnais. Concordia,la Paix, 1861, conçue pour le Musée de Picardie (Amiens), peinture à la cire sur toile marouflée. P. Puvis de C.veut imiter la fresque, il reprend des formes simples qui suggèrent des grandes thématiques humaines et font réf. à la mythologie. (1ère grande expo de Puvis de C. en 1916, il a mis du temps à être reconnu). Source importante pour le Symbolisme. Peintre d’histoire. (Seurat s’était inspiré de son tableau du Pauvre Pêcheur). Pierre Puvis de Chavannes essuit constamment des critiques. Il revient à l’antique, mais comme une source primitive. Antiquité rêvée qui n’a rien de précis, sorte d’âge d’or évoqué, qui fait appel du pt. de vue des moyens plastiques aux grands décors vénitiens, à Poussin ntm. (Cézanne va regarder avec bcp d’intérêt P. de C.) Nus, compositions très calmes et rythmées, qui ont une signification très vague. Il adopte la même esthétique, mais il n’y a pas vraiment de contenu, sujet ; Lignes simplifiées. Calme, apaisement. Jeune filles à la mer, 1879, h/t, Paris, Orsay. Grands aplats. Scène de la femme qui se peint les cehveux, récurrente. Harmonie des lignes, simplification du style. Caractère allusif de ces toiles.

Le rêve, 1883, pauvre jeune homme visité par des anges = l’artiste, maudit (thématique réactualisée par Puvis de Chavanne) Teintes monochromes. Artiste mort ou mourrant ? Rêve d’un vagabond ? Sujets allusifs. La toile du Pauvre Pêcheur (ou hommage à Puvis de Chavannes). Toiles exposées au Salon tjrs décriées par la critique qui les trouvaient mornes et incompréhensibles. Le Doux Pays, décor mural, 1882, Bayonne, musée Bonnat. Femmes au bord de la mer avec étendue plane, palette de couleurs très limitée. 2 garçonnets qui se battent, allusion à un âge d’Or avt le péché originel (Abel, Caïn) mais allusions peu précises. Paul SIGNAC , esquisse pour « Au temps d’Harmonie », 1893, pensé par Signac pour décorer la Maison du Peuple à Bruxelle. L’Harmonie des anarchistes où tout individu fait ce qu’il veut faire dans ses propres capacités. Ronde de danseurs, peintre au bord de la mer. Motif signalétique pour la thématique des âges d’or : la danse (thématique reprise par Matisse).

Traits caractéristiques de Puvis de Chavannes repris par GAUGUIN, très grand admirateur de Puvis de C.

Gustave MOREAU, autre grand artiste qui renouvelle la peinture d’histoire dans les années 60’, très critiqué et nommé symboliste malgré lui. Oedipe et le Sphinx, 1864, NY, MoMa, h/t. Donne une signification nouvelle aux mythes repris. Ici Moreau remet à l’image non pas un moment cruelle mais le moment de confrontation quasiment hypnotique entre le héros et le sphinx (femme, mythologie de la femme fatale, qui tue, thème qui naît avec Gustave Moreau et se retrouve dans le Symbolisme). Œdipe, drame, tragédie de l’inceste. Moment avt la chute, Œdipe résout les énigmes mais sera contraint d’épouser sa mère. Confrontation du héros avec le Mystère et le Bien et le Mal (bipolarité entre l’idée de fauve et du visage magnifique féminin). Le Sphinx revient chez les artistes symbolistes (artiste belge, Fernand *). Odilon REDON, grand symboliste apprécie bcp Moreau (est l’un des seuls). Mythes littéraires permettant de dépasser l’académisme classique alors en vigueur. L’artiste = vagabond. Gustave MOREAU, Orphée, 1865, h/t, Paris, Orsay. L’artiste par la puissance de son art apaise le Cosmos et fait renaître sa femme, plus tragédie de la perte. Incarnation de l’artiste rejeté et déchiré par la société. Mythe réactivé par Gustave Moreau de manière nouvelle, il choisit l’épisode suivant : une des Ménades recueille la tête de l’artiste avec sa lyre, le vent joue dans la lyre d’Orphée donnant la musique orphique = le Cosmos joue par la lyre = incarnation du Cosmos représenté par l’artiste, même mort. Maître de la plupart des artistes Fauves (Matisse ntm), il a formé toute une génération d’artistes fauves. Paysage allusif : lande désertique donné par des tâches de couleurs. (Aquarelles de Moreau, liberté totale, élimination du sujet lui-même). Arnold BÖCKLIND (Bâle 1821 – Fiesole 1901), voyage en Italie, tombe amoureux de la peinture pompéienne. Aspects spécifiques quant à la couleur : brillante, éclatante, Ulysse et Calypso, 1883, Ulysse fondu dans la masse rocheuse, noir, tourné vers l’horizon. Teinte rouge du drapé de Calypso. Böcklind peint à l’acaustique. Ici tempera sur acajou (bois très dur, ciré et recouvert d’une peinture à l’eau qui revêt cet éclat particulier). – L’Île des morts, 1880 (il en a peint 5 versions). Allusion p-ê à l’île St Michael au large de Venise (cimetière) ou château à prox de Naples. En tout cas le lieu n’est pas identifié. Le sujet est très allusif. Significations plurielles. (Le tableau a eu un succès extraordinaire.) > tjrs figure centrale qui fait le lien avec le royaume des morts. Idée de la postérité d’une thématique, encore une fois, romantique, figures de dos, mer, bateaux qui s’éloignent, Caspar David FRIEDRICH, La Lune s’élève au dessus de la mer. Postérité très importante de Böcklinf. De CHIRICO (Giorgio) s’en inspire, - citation du tableau de l’île des morts. Böcklind reprend la mythologie antique de manière très triviale, il intègre des figures qui font allusion à un monde parallèle, figures maléfiques non liées à l’antiquité édulcolorée de la peinture académique de l’époque. Mer Calme (Meerestille), 1887, Allusion au pouvoir maléfique de la sirène, cadavre flottant dans l’eau. Suggestion d’une réalité autre, se servant de la mythologie classique de manière détournée.

Le Mouvement Pré-Raphaëlite, autre grande influence du Symbolisme. Confrérie qui s’inscrit en plein dans le renouveau du catholicisme anglais, commence en 1848 et se termine vite en 1853. Résurgence, idée de « printemps » de l’art. Idée > chute amputée à l’idée d’imitation de la nature, élaborée et diffusée par la grande Renaissance italienne. Veut se réclamer de Mantegna, Boticelli, avt Raphaël. William Holman Hunt John Everett Millais Dante Gabriel Rossetti = mise en avant d’autre idéaux tournés vers un spiritualisme exacerbé, parfois très sensuel. Les symbolistes belges vont être très influencés par le mvmt raphaëlite. Une vision d’hyper réaliste. Insistance sur une mission morale de l’art = l’art doit montrer clairement la voie au spectateur, d’où souci du détail. Erotisme exacerbé ; Refus de l’anecdote banal. Les épisodes auxquels les pré-raph font allusions sont bibliques ou humains faisant réf. à des valeurs morales (malgré érotisme exacerbé). Ford Madox BROWN, Le Travail, Manchester, City Art Gallery. Représentation très détaillée mais non réaliste, l’idée de l’artiste est de réunir dans une même représentation touts les représentants des classes sociales anglaises des plus pauvres aux plus riches, allusions politiques, hommes-sandwichs baladant des affiche politique. Paradoxe qui va dans le sens de la mission morale de l’art compréhensible par tous ; Se rapproche ainsi de certains réalistes français. Malgré ce rappel au Primitif, les tableaux de ces pré-raphaëlites sont très peu préraph et très naturalistes. Certains se rapprochent de certaines représentations de la renaissance italienne, mais de façon vague, la valeur symbolique est plutôt littérale, symboles religieux très clairs, représentation de manière très littérale et très réaliste. Pour l’époque est apparut comme une forme de blasphème. Pour les peintres il s’agit de récréer la nature : spiritualisation de la matière. William Holman HUNT, Le mauvais berger, 1851, City of Manchester Art Galleries. Le But = renouveler la peinture religieuse, dans un sens plus compréhensible par le peuple, mais c’est une tentative assez mitigé (Hunt va finir par faire des tableaux très académiques est en être un grand représentant à la fin du siècle). Bcp plus cohérant rigoureux avec cette démarche : Dante Gabriel ROSSETTI, Beata Beatris, 1872, représentation de sa femme, morte en 62’, reprise d’un point de vue plastique des formes médiévales :polyptiques, prédelles, peintures sur planches de bois. Représentation symbolique, en bas, représentation plus explicative (prédelle). – Ecce Ancilla domini,, reprise d’une peinture plus synthétique, Annonciation ici très originale par son format allongé, couleurs réduites à l’essentiel, rouge blanc, bleu, jaune, expressivité des persos réduites au plus simple.

Autre grand peintre de cette époque Edward Coley Burne-Jones, Le chant d’amour, 1866-77 h/t, NY, Moma. Ami de William Morris* Burne-Jones se tourne vers les légendes médiévales, ici fait réf à la légende mystique de la musique déjà abordé par les romantiques allemands. Le roi Cophetua et la jeune mendiante, 1884, il puise dans les légendes nationales. Là aussi format particulier, allongé. Evocation d’une femme maléfique / divinisé, très pure. Réalisé avec William Morris (qui fait tisser les tapisseries d’après les cartons de Burne-Jones), Le Roman de la Rose : le Cœur de la Rose, 1901, tapisserie. James Abbott McNeill Whistler, américain ayant vécu à Londres est aux antipodes de Burne-Jones, a bcp exposé à Paris. Pas moralisateur mais reprend la thématique de la femme fatale ou très pure, cheveux roux…grand spécialiste du portrait. Sa spécialité, le portrait.+  Donner à ces sujets des titres musicaux = montrer que ce qui l’intéresse c’est l’harmonie de la peinture et non pas son sujet. Ruskin lui a fait un procès en lui faisant repprocher de se faire trop payer pour des œuvres rapidement réalisées (paradoxale pour un admirateur de Turner, mais Ruskin inspirateur de la vision moralisatrice de l’art à laquelle Whistler est aux antipodes.) Paysages vénitiens, au seuil de l’abstraction, évocations nocturnes avec idée d’harmonie musicale. Nocturne in Black and Gold : the Falling Rocket, 1877, h/t. Egalement fait de la décoration, avec utilisation de plusieurs médiums ; en corrélation avec le mouvement Esthétique, qui entendait mettre l’action sur la perception du spectateur et sa jouissance esthétique, mais sans aucune valeur morale.

Gustave Moreau, Odilon Redon

> Quels sont les effets du symbolisme en France ? Focus sur Gustave Moreau, peintre préféré de HUYSMANS (Joris-Karl), grand ami de Zola, devenu son plus grand ennemi. Raconte la vie étrange d’un perso inspiré d’un perso réel, le marquis de Montesquieu. A rebours, 1884, héros esthète qui s’isole pour ravir son plaisir esthétique. L’idée de refus de la vie contemporaine. Enfermement dans une « cellule » et entouré uniquement d’art, son seul intérêt,la seule délectation qui se présente à son esprit. Idée lié aussi à une sorte d’ébranlement nerveux = esprit surexcité par ces figures, il finit par vivre un cauchemar les yeux ouverts, emplit de visions. Gustave MOREAU, Salomé, h/t, 1876, Los Angeles, The Armand Hamme Collection. Avec constructions architecturales fantastiques, fabuleuses, richesse décorative. Maison atelier du peintre (Musée Gustave Moreau). Technique : incrustation dans la pâte de la peinture d’émaux, la peinture devenait un matériau précieux, avec perte de l’idée de réalisme spatial et de réalisme des figures , transcendées dans une sorte d’érotisme exacerbé. Tableau emblématique, aquarelles novatrices qui vont vers l’abstraction. – L’Apparition, aquarelle, Louvre. Rodolphe BRESDIN, lithographe, graveur, mort très pauvre, aimé par bcp d’artistes, dt Manet et Odilon Redon, qui fut son élève. Gravures : visions cauchemardesques, très noires proches des gravures anciennes de Dürer. Il n’a eu aucun succès de son vivant. C’est l’une des figures mythiques de cette époque symboliste. Odilon REDON, Vision, 8e planche du recueil Dans le Rêve, 1879. Odilon Redon grand admirateur de Corot, Millet, Delacroix (génération romantique) et Moreau, artiste autodidacte qui a vécu une enfance très spéciale, étrange, solitaire, sans aucune culture. Lié à un botaniste célèbre, André Clavaud, qui le rapproche finalement de la nature. Chez Odilon Redon : conception très particulière de la nature, obscession de la germination, de la floraison..Il y a un mélange entre biologie et peinture. Série de lithographie : les Noirs où il évoquent des poèmes de Baudelaire, Edgard Allan Poe, et regarde aussi bcp GOYA. Rend hommage à la génération romantique, capitale pour les symbolistes. Personnages minuscules dans des endroits colossaux. Idée de la tête coupé qui revient (//Saint Jean-Baptiste, Orphée, Salomé) Tête de martyr dans une coupe, 1877, Otterlo, Rijksmuseum, Kröller-Müller. Artiste très confidentiel qui ne publie pas ses œuvres, très peu connu. Ses lithographies sont vendues aux seuls amateurs. Il rejette totalement l’Impressionnisme, c’est à lui qu’on doit la phrase de juger les artistes trop « bas de plafond ». Il pense que l’Impressionnisme n’a aucune postérité. Entre 1883-85 il publie d’autres albums de lithographie, Les Origines et Hommage à Goya, se lie à Mallarmé, Francis James. Odilon REDON, L’araignée souriante, avt 1887, fusain sur papier, Orsay. Apparition, face humaine plaquée sur des yeux qui se baladent, bcp d’insectes, visions cauchemardesques et ironiques qui nous extraient de notre quotidien. Il arrive à la couleur au milieu des 80’, par le pastel ntm, technique délaissée à cette époque, que Redon comme Degas vont remettre en vogue. Redon qui avait une très grande maîtrise du noir va arriver à une explosion de couleurs, et obtient avec le pastel des résultats très éclatants (plus que l’huile qui se ternie et se noircie). Les yeux clos, pastels, 1890, Paris Musée d’Orsay. Figure = même thématique : sa femme. Les yeux sont soit fermés soit vides, idée de quelqu’un tourné vers sa propre interiorité et coupe le lien avec la réalité extérieure. (obsession qui revient chez Burne-Jones ntm). Revisitation de la mythologie, très intéressante.

Le Char d’Apollon, pastel, 1905-1914, allusion à Delacroix, plafond du Louvre. Déploiement de bleu, vert, jaune. Portrait de Gauguin, admiration réciproque de ces 2 peintres. Paul Gauguin, h/t, v. 1903-1905. Orsay, tête entourée de fleurs (G. vient de mourir). Portrait sacralisant ? Perception d’une figure mythique et mystique.

Rodin

Le Symbolisme en sculpture – comment suggérer l’infini par le fini ?

Auguste RODIN, considéré comme le sculpteur emblématique de cette période symboliste. La Pensée – Portrait de Camille Claudel, marbre, 1886-1889, Paris Orsay. Figure coupée sur un bloc informe. Rodin reprend la technique de M-Ange, ne finit pas ces sculptures, le non finito, suggestion de l’infini cher au symbolisme Réalisation des sculpture par des praticiens italiens virtuoses. Contraste entre la tête, la pensée et la forme brute. Yeux baissés. « Ici se livre la seule acceptation du mot fini… » la main de l’artiste revient tout le têmps. La main = le génie de l’artiste, la main crispé (idée romantique du génie torturé). La Porte de l’Enfer, œuvre non fini par excellence, stade intermédiaire : 1880-88, plâtre, Orsay. Rodin en 1900 avant d’exposer sa porte enlève les reliefs de sa portes et expose une porte recouverte d’une sorte de magma informe plus compréhensible par le public. Le plâtre –ci n’est pas la porte telle que Rodin l’aurait voulue. Allusion à l’Enfer de Dante, allusion romantique. Cette porte a été la mine principale de toute l’œuvre de Rodin qui a tiré au fur à mesure de smorceaux de la porte pour en faire des sculptures. Fugit Amor ou Le Rêve ou Amour qui passe, Rodin ne donnait jamais un titre précis à ses œuvres, qui changeaient de signification en fonction du titre qu’on lui donnait (au départ représentation des amoureux Paolo et Francesca). Autre artiste, Camille CLAUDEL, plus puissant encore que Rodin dans cette valeur symbolique de l’œuvre, dans l’idée d’utiliser le fragment. Création de figure mythique. LA femme implorante, la femme jeune. L’âge mûr, 1893-1899, bronze, Orsay. titres différents, sens variables.

Albert Aurier, Gauguin, Maurice Denis et les Nabis

Retour au Symbolisme tel que définit par Albert Aurier : critique mort très jeune ayant écrit 2 articles : Les Symbolistes, Revue encyclopédique, 1892, où il donne une assise artistique véritablement au symbolisme artistique, et pour le Mercure de France, mars 1891, sur Gauguin, Le Symbolisme en peinture, Paul Gauguin. – Pour Aurier Gauguin = artiste symboliste par excellence, grâce à qui, les traits, la couleur deviennent une véritable grammaire artistique, en 80’-86 on vise à l’autonomisation des signes plastiques, qui ont une signification en eux-même (la courbe, la droite,etc.) tout cela est réutilisé par Kandinsky ntm. AURIER donne les manières de pouvoir exprimer le sentiment, des idées, uniquement par la suggestion des traits plastiques. Dans son article sur Gauguin, Aurier revient sur la symbolique de l’Idée, platonicienne. (idéiste) – symboliste : exprime cette Idée par des formes – synthétique : écrira ces formes, ces signes, selon un mode de compréhension général. – subjective, puisque l’objet n’y sera jamais considéré en tant qu’objet, mais en tant que signe d’idée perçu par le sujet. – (c’est une conséquence) décorative – car il n’y a plsu de contenu précis, d’anecdote, de sujet, elle doit transmettre des impressions, sensations par des lignes et formes qui doivent être synthétiques. Paul Gauguin, Les quatre Bretonnes // Vase décoré de scènes bretonnes, 1886-87, technique rudimentaire, forme synthétique et couleur simple, sjet qui ne raconte rien, japonisant, idée de décoratif qui découle du symbolisme comme une chose logique, quasiement automatique pour Aurier. Proche de Degas. Refus de la civilisation contemporaine ; EN 1886, va à Pont-Aven (pour des raisons éco) et retrouver une société un peu primitive. Retour à Paris, il décide de se consacrer aux arts décoratifs. Il élabore la technique du cloisonnisme = suite p-ê à l’observation de vitraux. Avec cernes noirs qui enserrent la couleur. Inspire les Nabis. – Paul Gauguin, La Vision du sermon, h/t, 1888, Edimbourg, National Gallery. = œuvre manifeste pour Gauguin, qu’il revendique lui-même comme une œuvre nouvelle. « je crois avoir atteint dans les figures une grande simplicité rustique et superstisueuse » = il symbolise là les traits du symbolisme. Du point de vue de la forme = abandon du ton local (couleur réelle qui agit selon l’atmosphère dont elle est entourée), premier pas très important vers l’abstraction, l’abandon de l’imitation. Emile Bernard, Pardon de Pont-Aven, h/t, 1888, bernard revendique lui aussi le cloisonnisme. La transmission de ce nouvel art se fait par le biai du Talisman, peint par Paul Sérusier sur une petite boîte à cigares, en 1888 (Paris, Orsay). Témoigne au Nabis de la grande nouveauté de cette peinture avec la couleur absoluement arbitraire. Maurice DENIS, porte-parole des Nabis. > Dictée plastique de la modernité. Touches de peinture comme une tapisserie, une peinture. Paul gauguin, Autoportrait, 1888 ; veut s’abstraire de la réalité, arriver par l’expression pure de la couleur, et les motifs de ce qu’il veut exprimer. Paul Gauguin, Oviri, 1894, grès cérame sculpté, Orsay. Espagne, terre natale. Paul GAUGUIN « D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? », 1897, Boston Museum of Fine Art, suite à la mort de sa fille Aline. Toile testamentaire. Toile très classique, qui reprend Puvis de Chavannes. Réf à l’âge d’or, le Paradis terrestre, les âges de la vies, symboliques essentielles. Par cette synthèse il transmet un art nouveau aux artistes de l’école de Pont-Aven et aux Nabis. Maurice DENIS, Hommage à Cézanne : tous les jeunes Nabis autour de la toile.

Maurice DENIS, figure essentielle de ce tournant vers l’abstraction. 1900-1910 «  se rappeler qu’un tableau – avant d’être un cheval de bataille, une femme nue, ou une quelconque anecdote – est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certaine ordre assemblées. » phrase qui favorisait l’abstraction, avec laquel il n’était pas d’accord ! Il y a un sujet mais le sujet n’est pas la 1ère chose, idée de planéité comme retour à l’art primitif : idéal de Denis, Giotto (paradoxe, Giotto était le 1er à essayer de retrouver le volume). Présence d’un ordre, essentiellement classique. « l’allégorie parle à l’esprit, le symbole parle aux yeux » chez Denis différence claire entre un symbolisme littéraire (ref aux mythes, anecdotes) et symbolisme qui parle que par les formes étalées sur la toile. Un peintre ne doit que peindre.



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«L’invention du réel : James G. Ballard», Otrante, art et littérature fantastiques, Paris, Kimé, [à paraître]

Invention de «moments» Symbolistes iconPar Gaston Leroux
«La machine à assassiner !» quelle est cette invention nouvelle ? et le besoin s’en faisait-il réellement sentir ?

Invention de «moments» Symbolistes iconL’invention du parlage
«Si nous n’avions eu que des besoins physiques, nous aurions fort bien pu ne parler jamais.»

Invention de «moments» Symbolistes iconParcours acs-caab
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Invention de «moments» Symbolistes iconLes odeurs d’une ville sont des impressions parfois fortes ou parfois...

Invention de «moments» Symbolistes iconAgger, Ben «Popular culture as serious business» dans Cultural Studies as critical
«L’invention du réel : James G. Ballard», Otrante, art et littérature fantastiques, Paris, Kimé, [à paraître]

Invention de «moments» Symbolistes icon2 L’invention de la cité-territoire. Politique du logement et aménagement...
«opposition de la ville et de la campagne» hérité de trois siècles d’essor du capitalisme bourgeois








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