Essais utopiques libertaires de «petite»








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Influences en Espagne

L’essor du mouvement lancé par FERRER est assez fantastique : on compte pour la seule province de Barcelone près de 150 succursales en 1904-1905 (d'autres sources parlent de 18 écoles catalanes, ce qui pose un problème de terminologie). La seule ville de Barcelone compte une dizaine d’écoles modernes en 1908. Lors de la répression de 1909, 94 écoles rationalistes et laïques et 34 centres culturels et pédagogiques sont fermés par le gouverneur pour la seule province de Barcelone.

Depuis 1907 l’Asociación de Profesores Laicos Racionalistas permet aux adeptes de se regrouper, dans une communauté pluraliste qui déborde largement le champ libertaire.

Le mouvement gagne assez rapidement toutes les régions espagnoles, spécifiquement l’Andalousie, où la tradition d’éducation libertaire est ancienne. FERRER contribue à lier aux écoles des bibliothèques, des centres d’édition et un centre de formation des éducateurs, la Escuela normal. Le directeur José JUNCAL est favorable aux idées libertaires.

Cependant, si tout le mouvement libertaire va soutenir l’éducation libératrice, ce n’est pas toujours sur des positions « rationalistes ». On peut au contraire montrer qu’en Espagne, 4 grands types d’écoles libertaires324 vont coexister de 1901 à 1938, même si les idées du pédagogue sont partout discutées et essayées :

- l’école rationaliste de type « ferrerien » ou « moderne », autonome par rapport à toutes les institutions.

- les écoles syndicalistes, plus ou moins fonctionnalistes, sorte de « contre-écoles » anarchistes, dans la lignée de MELLA, QUINTANILLA… Les frères CARRASQUER entre Aragón et Barcelona font le lien entre les idées de FERRER et cette volonté anarcho-syndicaliste. L’idée exprimée dès le 1° Congrès de la CNT en 1911 proposait surtout la solution « d’organiser des écoles à l’intérieur des syndicats ouvriers ».Cette vision syndicaliste révolutionnaire, d’un syndicat autonome, capable de s’émanciper lui-même, n’est pas vraiment anarchiste, puisque pour le mouvement anarchiste, les divisions de classe ne sont pas les seuls obstacles à la révolution humaine projetée. Le Congrès de Madrid de la CNT en 1919 avance même l’idée d’une École normale nationale pour former les éducateurs, et prévoit une quote-part prise sur les cotisations pour mieux prendre en charge les problèmes éducatifs. Une des plus célèbres écoles syndicalistes (de la branche manufacturière) est la Escuela Obrera del Arte Fabril La Constancia fondée en janvier 1918 dans le quartier du Clot à Barcelone. Elle pose d’ailleurs problème car elle serait une des rares et des premières à utiliser le bilinguisme castillan-catalan, ce qui l’éloigne de l’enseignement de FERRER et entraîne des critiques anarchistes au nom de la fidélité à une forme unitaire (une seule langue) de l’enseignement325. Cette école est plus connue sous le nom de Farigola (Cf. ci-dessous).

- les écoles de quartiers ou d’athénées, autogestionnaires et « assembléistes ». On ne dira jamais assez que l’ateneo est un des pivots essentiels de l’anarchisme ibérique, et qu’il tient autant du club prolétaire (mais pas au sens britannique de pub, car l’alcool y est souvent exclu par des anarchistes volontairement abstinents) que de l’Université Populaire ou du cercle militant d’action directe. Pour illustrer ce point, je me permets une longue citation tirée des souvenirs de Francisco CARRASQUER : « L’Athénée libertaire de Las Corts – comme tous les athénées libertaires- était un centre pour tous et pour tout type de choses, sauf pour boire de l’alcool et jouer aux cartes. Y affluaient des syndicalistes CNT des deux sexes. Il s’y organisaient des actes culturels très diversifiés : petits cours monographiques, classes de culture générale, conférences, récitals de poésies, jeux théâtraux, projections de films et surtout réunions pour débattre de problèmes idéologiques et assemblées pour résoudre les conflits du travail et analyser les projets de l’Organisation dans toutes ses branches : FAI, CNT, Jeunesses libertaires, Mujeres Libres, Étudiants, parents et maîtres de l’École ‘’Eliseo RECLUS’’ soutenue par les membres de l’athénée qui y amenaient leurs enfants, etc… En plus des réunions et assemblées avec ordre du jour pour débattre, l’athénée était aussi un lieu de rencontre des travailleurs du quartier, et il ne manquait jamais de groupes de discussion improvisés, d’auditeurs en nombre, au côté d’un spontané lecteur de la ‘’Soli’’, ce qui permettait d’apprendre ce qui se passait dans le monde, et surtout en Espagne et à Barcelone »326. Un des plus anciens et des plus importants Athénées de Barcelone est le Ateneo Enciclopedico Popular de 1903.

- l’École nationale unifiée (CENU) dans la Généralité de 1936-38, notamment avec l’anarchiste José de TAPIA.

- on pourrait rajouter les écoles «naturistes» ou naturalistes, comme celles animées par le galicien José CASTRO.
Le mouvement libertaire ibérique, de manière irrégulière et partielle, va prolonger le mouvement de FERRER. Après l’exécution du pédagogue, c’est le fidèle et âgé (« el abuelo » le grand père, l’ancêtre de l’anarchisme espagnol) Anselmo LORENZO (né en 1841) qui jusqu’à sa mort en 1914 assume une difficile transition. Malheureusement il contribue à construire une histoire exemplaire, hagiographique, et donc bien peu anarchiste, de son maître. Dans le sud de l’Espagne, c’est surtout José SANCHEZ ROSA qui combat pour l’intégration systématique des écoles en milieux culturels libertaires327.

Dès 1911, au Congrès CNT de Barcelone, il est affirmé que « …nous croyons que l’enseignement rationaliste est un moyen adapté aux nécessités du syndicalisme. Nous croyons que le plus important en ce sens est la propagande, dont le travail doit être réalisé principalement par des professeurs rationalistes. Nous recommandons aux syndicats, comme appuis matériels, d’éventuellement fixer une participation financière volontaire, en fonction de leur moyens ». Pour le syndicat anarcho-syndicaliste, cette proclamation approuvée par le congrès marque une volonté de revanche face à l'exécution de FERRER, et fait de l’éducation un des moyens de la révolution libertaire à venir. De même lors du Congrès de Sants en juillet 1918, la Confédération Régionale (Catalane) du Travail offre son soutien aux athénées et écoles rationalistes. Le 2° Congrès CNT de Madrid (1920) propose la création d’une « école normale nationale » pour former des maîtres, évidemment largement rationalistes.

Lors du meeting de Barcelone du 4 février 1917 se fonde La Liga para la Defensa y la Propagación de la Enseñanza Razionalizada qui fait œuvre intense de propagande pour les écoles rationalistes.
La Catalogne reste le grand centre des expérimentations rationalistes. Beaucoup d’établissements se réclament de l’anarchiste espagnol. Depuis l’époque de FERRER fonctionne le Centro de Estudios Sociales, qui se transforme pendant la 1° Guerre mondiale en Ateneo Sindicalista (rue Ponent - Barcelone). Dès 1915 il ouvre une bibliothèque et rayonne sur la ville et sur les mouvements syndicalistes, notamment grâce à l’activité de son secrétaire qui n’est autre que le célèbre Salvador SEGUI328.

Dans la Péninsule, d’autres exemples se sont mis en place, d’abord évidemment à Barcelone. Dans les vieux quartiers du Clot barcelonais, la Escuela Natura (surnommée La Farigola y Natura c'est-à-dire El Tomillo, le thym), animée par Juan PUIG ELIAS (qui sera Secrétaire du CENU – Centre Unifié de l’Enseignement en Catalogne en 1936) a marqué toute une génération, comme le rappelle Abel PAZ (Diego CAMACHO) dans ses mémoires329. Fondée par le syndicat CNT de la branche manufacturière (Arte Fabril - Cf. ci-dessus), elle est avant tout une école rationaliste autonome dans le domaine pédagogique. Le maître aragonais José ALBEROLA NAVARRO (1895-1967) y a été actif. Elle dispose du soutien du groupe naturiste Sol Y Vida et de la FAI après 1927. Liberto SARRAU en maintient l’esprit toute sa vie, même dans l’exil français (où il meurt en 2001). La compagne d’Andreu NIN y fut également responsable. Parmi les élèves importants qui y passèrent on peut noter Federico ARCOS, Helenio et Aurora MOLINA en plus de de PAZ et SARRAU. L'école dispose d'une revue pour enfants de grande qualité Floreal (n°1 en janvier 1928). Les collaborateurs de la revue sont souvent des personnalités connues du monde culturel libertaire : Ramón ACÍN, Antonia MAYMÓN, Ángel SAMBLANCAT, Mateo SANTOS… Dans cette revue pédagogique et utopique, l'enfant autonome se développe librement dans un cadre collectif épanouissant, et est proposé comme une sorte de modèle pour la société future. Juan PUJALTE, des années plus tard rappelait que militer en Sol y Vida et dans la Escuela Natura, c'était «vivre en utopie»330.

L’autre grand modèle à Barcelona, lié à l’Ateneo Racionalista de Sants, est l’école rationaliste - Escuela Racionalista Luz/Lumière animée par Juan ROIGÉ dont la bibliothèque militante est souvent citée. Comme LORENZO, ROIGÉ est le grand continuateur de FERRER et celui qui contribue largement à conserver et étendre le mouvement. Il est largement pris en charge par les organisations syndicales, ce qui prouve une fois de plus que l’antagonisme proposé parfois entre écoles rationalistes pures et écoles syndicalistes est une vision excessivement conflictuelle d’une même réalité. Dans cette école rationaliste de Sants s’illustre également le maître Félix MONTEAGUDO.

À l’Ateneo des Corts, rue Ballester, à Barcelone, les frères CARRASQUER, surtout Félix « possédé toute sa vie par une espèce de messianisme pédagogique »331, maintiennent très haut l’étendard de l’utopie libertaire en tentant en 1934-1935 de créer une réelle école autogestionnaire tournée vers la société future, la Escuela Eliseo RECLUS332. Ils reconnaissent leur dette vis à vis de FERRER et surtout du mouvement FREINET. La journée est réservée aux jeunes, et les soirées sont consacrées aux adultes et aux adolescents. Ils avaient déjà, notamment l’instituteur Félix , une longue expérience pédagogique avec sous la dictature de RIVERA l’organisation de Groupes Culturels dans leur Aragón natal, et avec la création d’une école de type FREINET dans leur localité d’Albalate de Cinca ouverte pour tous, hommes et femmes, de 6 ans jusqu’à plus de 70 ans, dès l’explosion de la II° République en 1931. Pendant la révolution, ils réorganisent une école pour militants au service des collectivisations, qui va se déplacer de Albalate, à Caspe (clandestinement pour fuir la pression communiste hostile) puis à San Gervisio, Llança et Sant Vicenç dels Hots en fonction de l’évolution du front. Elle se prolonge dans l’exil à la frontière suisse au profit de dizaines de petits réfugiés républicains.
Toujours en Catalogne, mais hors de la métropole, la Escuela Horaciana de Sant Feliu de Guixols, animée par José CASASOLA, ancien collaborateur de FERRER, est une de ces écoles qui va le plus loin dans l’ouverture, les sorties en montagne ou à la plage. Même si les libertaires y côtoient des républicains libéraux, le féminisme anarchiste s’y exprime fortement grâce à Antonia MAYMÓN.

À Sabadell, la Escola del Instituto Pedagogico Cultura y Solidaridad animé par Edgardo RICETTI est fondé en 1926333. Liée au mouvement ouvrier anarcho-syndicaliste (CNT), elle est installée dans les locaux de la coopérative sociale justement appelée Cultura y Solidaridad. Les idées de FERRER se mêlent à celles de MONTESSORI et de FREINET. Elle touche environ 150 enfants des deux sexes. L’école dure jusqu’à la fin de la Guerre civile (1939).

En 1927 José CASTRO dirige à Barcelone l'école naturiste intégrale Escuela Naturo-Trofólogica. Plus tard sans doute aussi à Barcelone, il s'implique dans la Escuela de Naturismo Eurtofológica et rédige de nombreux articles dans la revue de cette école : Naturismo eutrofológico.

A Badalona, Joan SANS SICART (1915-2007) instituteur (et futur commissaire politique militaire de la République) assume des tâches militantes et d’enseignement à l’école rationaliste Salud y Alegría avant de devenir enseignant à l’école mixte Numéro 2 dans la même ville, « qui est déjà une école d’État »334.

À L'Hospitalet, Josep XENA TORRENT (1908-1988) et Harmonia PUIG sont fort influents dans l'Escuela FERRER I GUARDIA. Josep remplace comme maître racionaliste Joan ROIGÉ. L'ensemble s'appuie sur l'Ateneo Racionalista de La Torrassa fondé en 1931 par Ginés ALONSO (Murcia 1911-Lavelanet 1988).

À La Torrassa, la famille OCAÑA présente un vrai modèle de «phalanstère familial»335, nous rappelant que l'école libertaire est aussi et peut être avant tout un milieu libre. L'école dispose de l'appui de la municipalité, de la CNT, et de pédagogues importants comme José CASAJUANA.

Dans son livre sur les écoles rationalistes catalanes de 1909 à 1939336, Pere SOLÀ recense environ 125 écoles « laïques et rationalistes », dont 68 sur l’aire barcelonaise, 24 dans le reste de la Catalogne et 33 pour le reste de l’Espagne (notamment en Andalousie). À ces chiffres loin d’être exhaustifs doivent s’ajouter les nombreuses écoles créées par les collectivités libertaires en 1936-1937, surtout dans l’industrie.
Hors de la Catalogne, les écoles rationalistes fleurissent surtout dans le Levant et en Andalousie, où l’engagement éducatif libertaire est en permanence réaffirmé, notamment avec la création à Séville après 1910 de l’Agrupación Pro-Enseñanza Racionalista. À Valence Samuel TORNER a fondé la Escuela Moderna dès 1906.
Cependant, même dans les Asturies où dominent les socialistes se développent des écoles qui utilisent bien des axes de l’école de FERRER. À Gijón, la Escuela neutra Gradua dans les années 1910-20, bien qu’animée par un républicain modéré, accueille des maîtres libertaires dont le plus célèbre est le leader anarcho-syndicaliste Eleuterio QUINTANILLA337. La CNT soutient les initiatives de ce milieu scolaire bien connu sur la ville.
En Galice les écoles laïques animées par libertaires et républicains sont assez nombreuses, et anciennes : une récente anthologie fourmille de renseignements338. À Ferrol existe en 1888 la Escuola Laica da Sociedad Anticlerical Martín Lutero. À La Coruña, l'Escuela Laica Miguel SERVET, est soutenue par l'association Antorcha Galaica del Librepensamiento (1890-1897) - en 1898 elle est nommée (ou remplacée par) l'Escuela Laica de La Antorcha. Elle compterait selon les années entre 100 à 150 élèves. Elle dure jusqu'en 1909, et est supprimée dans la vague de répression qui suit l'affaire FERRER339. Elle est alors remplacée - dans le même local et avec le même soutien de La Antorcha - par d'autres instituts : El colegio laico FROËBEL dirigé par l'anarchiste antimilitariste Constancio ROMEO LASARTE (-1917) et par sa compagne Luísa ELIZALDE ; et la Escola Laica do "ferrolán".

Luíza ELIZALDE VELLIDO anime ensuite (?) la Escuela Integrale de Coruña, (quartier Os Castros - La Corogne) mais celle-ci ne pratiquerait pas la coéducation, elle est strictement réservée aux filles. Financées par 3 groupes anarchistes, elle est animée par Joaquín Patricio PATIÑO entre 1913-1914. D'autres sources la nomment Escuela Rationalista et donnent d'autres dates : 1911-1915.

Après sa fermeture Joaquín Patricio PATIÑO est un des animateurs du Colegio La Luz ou Escuela Racionalista La Luz qui prolonge l'école (1915-1917). Elle est surtout soutenue par le Centro de Estudios Sociales Germinal. Conformément à ses idées, PATIÑO refuse toute récompense et tout châtiment. Ces diverses expériences ont l'appui de l'organe de la Fédération locale Ouvrière anarchosyndicaliste : La Voz del Obrero. Toujours à La Corogne existe vers 1922 la Escuela Racionalista de El Despertar Marítimo. Une partie de ses moyens provient des «récupérations» opérées par Los solidarios. Gaston LEVAL a été membre de cette école, qui est immédiatement fermée sous la dictature de PRIMO DE RIVERA.

À Vigo l'Escuela Neutra de Vigo est fondée en avril 1912 ; elle vit grâce à l'appui du syndicalisme révolutionnaire. Est-ce la même que dirige José QUINTAS VILA : l'école primaire rationaliste, soutenue par le Centre des Sociétés Ouvrières de la ville. Sans doute, car c'est le même appui qui la fait vivre (Centro de Sociedades Obreras). En 1923 Gaston LEVAL exerce dans une autre école rationaliste de Vigo.

À Tui (Pontevedra) la Fédération des Travailleurs soutient une expérience en 1923 : le Groupe scolaire de Tui.

Sous la République, après de nombreux échecs, l'école la plus célèbre est La Escuela Racionalista de Ferrol (1933-1936) Elle est soutenue par la Ligue rationaliste et par CNT et FAI et compte plus de 300 membres. Son principal animateur semble être Francisco ITURRALDE avec sa compagne Marina OCHOTORENA. En 1933-34 elle compte 158 élèves dont 49 adultes. Ses pratiques, ses cours, sa motivation sont très proches des vœux de ROBIN ou de FERRER. Jugée dangereuse, elle subit de nombreux tracas et répressions. Il semble que Gaston LEVAL ait enseigné dans cette école, soutenue notamment par le Sindicado de Mariñeiros qui édite El Despartar Maritimo. En septembre 1936 Francisco ITURRALDE est assassiné par le fascisme triomphant.

À Lugo vers 1935-36 existe également une Escuela rationalista liée à l'Ateneo Libertario Humanidad Libre.
Dans les années 1920, dans la région de Valence (Levant), l’ancien mineur andalou, né en 1894, Higinio NOJA RUIZ (sous un faux nom, vu la répression) applique les idées de FERRER à Valence d’abord, puis à Alginet. Il réactive le Centro de la solidaridas obreras et l’utilise pour proposer des cours. Réfugié dans ce milieu rural, il ouvre une école sans moyen mais pleine de vie, nommée du beau nom d’Armonia340. Cet essai méconnu se fait pourtant en pleine intégration avec la population locale et avec l’appui des ouvriers de la Federación. Également romancier, cet auteur fait preuve d’un optimisme pédagogique rare : l’éducation libertaire, préparant de nouveaux individus, va contribuer à transformer le monde dans le sens du communisme libertaire, tout en combattant « les fausses valeurs de notre civilisation ». Harmonie, Civilisation… sont des termes très utilisés par NOJA RUIZ et ils nous évoquent souvent les positions de FOURIER ; il faudrait sans doute creuser cet aspect pour voir si l’auteur espagnol a réellement lu l’utopiste franc-comtois. En tout cas, avec lui, l’utopie pédagogique débouche logiquement dans l’utopie anarchiste, et semble-t-il avec grand talent341.

Présent à Valence depuis 1926 José ALBEROLA NAVARRO participe à une école rationaliste de la ville, et adhère à la FAI fondée dans cette même ville l'année suivante. En 1936 il est Conseiller à l'éducation du Conseil d'Aragon342.

Dans les années 1930 José CASTRO dirige la Colonia Vegetariana Eutrofológica qui assure un rôle évident culturel et de formation. Elle est sise à Torrente.
En Murcie, l'école de Nonduermas est animée par Floreal RÓDENAS. Depuis 1902 existe à Jumilla un Centro Obrero anarcosindicalista et une école rationaliste animée par le professeur Constancio ROMERO.

À Castellar de la Frontera, la Escuela Racionalista est brutalement fermée par les autorités en janvier 1933.
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