Essais utopiques libertaires de «petite»








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Influences hors d’Espagne : Clivio, Lausanne, Malines, Stelton, Rio, Buenos Aires, Londres, Lisbonne, San Juan…

Mais il semble bien que le « culte de FERRER » (Tina TOMASSI) soit exceptionnellement vif en Italie. Des auteurs récents parlent de « mythe », de « béatification laïque » (notamment en Toscane) pour décrire ce processus de récupération-encensement de FERRER par le mouvement anarchiste, républicain, franc-maçon et libre penseur qui explose dès 1905-1906 jusqu’à l’avènement du fascisme343. En 1909 le mouvement pro-FERRER réunit tous ceux qui, autour essentiellement de l’anticléricalisme344, tentent de mettre sur pied une société plus rationnelle et solidaire.

  • En Allemagne, en Bavière durant l’éphémère République des Conseils de 1918-19, le ministre de l’Éducation populaire, l’anarchiste communiste Gustav LANDAUER tente de développer les idées de FERRER.

  • En Argentine, au début du XX° siècle, comme partout le débat reste fort et bloquant entre les partisans de la révolution d'abord (et donc l'école rêvée ensuite) et les éducationnistes345. Parmi ces derniers, l'influence de FERRER est majeure. C’est surtout le libraire et éditeur Bautista FUEYO qui représente La Escuela Moderna. Entre 1912 et 1914 sort à Buenos Aires le périodique La Escuela Popular. Son directeur, l'intellectuel féministe et libertaire, et maître rationaliste, Julio R. BARCOS (1883-1960) tient un grand rôle au début du siècle, avant de passer progressivement au radicalisme. Le pédagogue militant Amadeo LLUÁN, plus connu sous le pseudonyme de Enrique NIDO est attaché au mouvement. Avant de créer une École rationaliste dans un quartier ouvrier de Rosario vers 1915, il fit 5 ans de prison pour une tentative d’attentat, contre le consul espagnol de Rosario, visant à venger l’assassinat de Francisco FERRER.

Le premier projet d'Escuela libertaria à Buenos Aires serait lancé vers 1898 par Julio MOLINA Y VEDIA avec l'appui du groupe anarchiste Los Ácratas (qui s'inspire partiellement des écrits du français André GIRARD). L'échec n'empêche pas la création en 1899 de la Escuela libertaria du Grupo de Propaganda Libertaria Los Corrales dans le Parque Patricios de la capitale. Elle compte 70 élèves en 1901, l'année de sa fermeture après moins de 3 ans d'existence. Elle a pourtant disposé d'appuis issus de tous les courants de l'anarchisme, et a surtout bénéficié du poids du vétéran Antonio PELLICER PARAIRE.

Dès 1902 divers groupements porteños (de Buenos Aires) relancent l'affaire : les Amigos de la Enseñanza libre, des gremios (organisations de travailleurs) locaux, le Centro de Enseñanza Popular Compañeros Unidos de la Boca, le centre Arte por la Vida… et en 1905 le Comité De Escuelas Libre émanation de nombreux groupes et soutenu officiellement par La Protesta. L'écrivain alors anarchiste Alberto GHIRALDO est tout dévoué à ce type de projet.

Une école « laïque » (« La Escuela Moderna » ?) aurait fonctionné à Luján (vers Buenos Aires) avec John CREAGHE (1841-1920), un irlandais d’origine, principal animateur de La Protesta au début du XXème siècle. Elle est fermée en 1909.

CREAGHE soutient également la Escuela Integral Libertaria de Bahía Blanca en 1902, qui renoue avec le terme utilisé déjà par les membres de l’AIT (intégrale).

D'autres écoles sont parfois citées comme la Escuela Laica de Lanús (dont J. BARCOS fut directeur). Cette dernière n'est d'ailleurs pas spécifiquement anarchiste, elle provient d'un regroupement de forces laïques et pluralistes locales, et semble au début plutôt d'idéologie socialiste. Elle démarre en 1906 avec la libre penseuse Ramona FERREIRA, très critiquée par les anarchistes, forcée à démissionner, et remplacée par BARCOS jusqu'en fin 1907. En 1908 près de 125 élèves le jour et une trentaine le soir assistent à ses cours. Elle ferme en 1909. À la description qu'en fait longuement Juan SURIANO346, il est clair que nous nous trouvons plus proche d'une espace social et culturel, d'un athénée avec axe éducatif que d'une simple école, puisqu'elle déborde largement sur l'extérieur. Face aux milieux catholiques locaux, elle fait également figure de contre société.

En 1907 à Buenos Aires se met en place avec l'aide d'une vingtaine de sociétés une commission administrative pour porter à bien le projet d'une Escuela Moderna sur le modèle de celle de Barcelone. Mais ce projet ambitieux accouche dans le secteur de Barracas à Villa Crespo d'une structure fragile, d'abord de formations du soir, puis d'une école autour de J. BARCOS, qui ne va vraiment tenir qu'une année (jusqu'en août 1909). Elle aurait concerné une centaine d'élèves. Le manque de moyens, de formateurs, de locaux salubres… et un soutien mitigé du mouvement sont les raisons principales de cet échec.

Durant la répression de 1909 l'État argentin, comme son homologue espagnol, ferme les établissements libertaires : moins de 10 ici, près de 130 là-bas347.

En 1912 se constitue La Liga de Educación Racionalista. Julio BARCOS et son Escuola popular en forment l'ossature. La Liga édite un Boletín.

En 1916 est fondée par des anarchistes juifs de Buenos Aires la Ratzionalistische Ligue - Asociación Racionalista Judía (ARJ), avec salle de lecture et librairie ; elle regroupe des tolstoïens, des syndicalistes, des pédagogues... Parmi eux les CHALCOFF, les GORODISKY, les MILSTEIN (Lázaro, César futur Nobel en1984…) les BURSUCK… Mme MILSTEIN est un temps maîtresse rationaliste sur Bahía Blanca. La Ligue prolonge l’Arbeiter Farband de 1909 (Union Ouvrière juive) qui visait déjà à créer des écoles rationalistes348. Dans ce milieu yiddish, l’ARJ fonde la Freie Yidishe Schule349 qui est la première école yiddish d’Argentine. Même plus tard sous la dictature péroniste l’ARJ continue à diffuser clandestinement des écrits anarchistes et rationalistes (Cf. son bulletin Di Velt en fin des années 1940). Cette ARJ meurt en fin des années 1970, après la mort de Juán GORODISKY : le siège de l’association et plus de 2 000 livres sont vendus et vont profiter au Département d’Études sur l’Anarchisme Argentin de Tel Aviv, au journal anarchiste israélien Problemen et à la fondation argentine Biblioteca José INGENIEROS.

En fin des années 1920, Fortunée BARTHE lance ses Comités pro-Escuelas Racionalistas, mais innove un peu en les réservant aux seuls enfants de travailleurs, ce qui contredit le principe de coéducation sociale. Le premier Projet d’école libertaire est cependant plus ancien, rédigé par Julio MOLINA y VEDIA en 1898 et publié dans la Protesta Humana de Buenos Aires. Les premières écoles libertaires argentines ne sont donc pas totalement reliées au mouvement rationaliste, même si les méthodes et les objectifs sont semblables. Les Centres ouvriers et les centres sociaux en forment presque toujours l’ossature, comme à Rosario en 1901, lorsque le Centro Obrero de Estudios Sociales est à l’origine de la première Escuela racionalista. Le mouvement anarchiste organisé en fait une de ses priorités : la jeune FOA (Fédération Ouvrière Argentine) le rappelle dans tous ses congrès. En 1901 toujours, J. CALVO avec son Proyecto educativo libertario, découpe la formation en 7 stades, le dernier incluant bien sûr une histoire de la pensée « acrata » depuis la Révolution française… La FORA reprend la propagande de la FOA et serait à l'origine (ou en soutien) de centaines d'écoles plus ou moins rationalistes ou syndicalistes, la plus prestigieuse étant peut être la Escuela del Sindicato de la FCCA de Rosario, qui compterait plus de 450 élèves350.

Que ce soit dans les centres ouvriers, en lien avec la FOA (surtout après le congrès de 1903) puis la FORA, dans les universités libres ou officielles, le docteur en Philosophie et Sciences de l'éducation, José María LUNAZZI (1904-1995)351, actif anarchiste de La Plata, joue un rôle majeur. Ouvert, éclectique, il lance de multiples initiatives en plus de son engagement libertaire : on lui doit le Centro de Estudios Pedagógicos de La Plata, et la RAE - Revista Américana de Educación. Il est un des fondateurs du MAPE - Movimiento de Afirmación y Progreso de la Eucación.

En 2005 la UAZO-Unión Anarquista de la Zona Oeste propose encore la création d'une Escuela libertaria rationaliste.

  • En Belgique, à Bruxelles, l’influence de FERRER est très forte dans les milieux de libres-penseurs, et surtout auprès de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) devant laquelle se dresse une statue de FERRER édifiée par souscription en 1909, et remise en place depuis 1985 après une interruption qui datait de l’occupation allemande. À Malines, autour du groupe Vrije Groep très pro-FERRER est lancé l’Ontspanningschool rationaliste en novembre 1911. Elle a l’appui des libres-penseurs locaux, très liés à l’anarchisme et commence avec environ 25 élèves352. Elle se veut contre tous les dogmes et pour l’ouverture la plus large possible.

  • En Bolivie, Rómulo CHUMACERO, tailleur à Potosí et leader de la FOT-Federación Obrera del Trabajo (président du 2° Congrès de 1925) dirige une école "Francisco FERRER GUARDIA". S'agit-il de celle de Sucre ?

  • Au Brésil Paul ROBIN a soutenu un projet d'école à Rio de Janeiro fonctionnant un peu comme à Cempuis dès 1892353. Une autre tentative d'école ouverte est fondée par le professeur Luigi BASILE dans le quartier de Braz à São Paulo en 1900. Il n'est pas libertaire, mais libéral ; cependant son école est proche du modèle rationaliste354. Le mouvement rationaliste s’étend rapidement dès 1910- 1912 en liaison avec le mouvement ouvrier souvent anarcho-syndicaliste et les Centres culturels et sociaux ; la presse libertaire, les leaders… multiplient informations et conférences, comme les multiples initiatives d'Oreste RISTORI. Les libertaires d'origine italienne semblent de vraies figures de proue comme nous le trace le livre d'Egard RODRIGUES sur les Lavoratori italiani in Brasile. Ce mouvement a été précédé par la création d’écoles purement anarchistes, parfois fort anciennes. Ainsi à Porto Alegre, des descendants de la Colonia Cecilia contribuent à la création d'une école libertaire dès 1896, le Collegio Unione Operaia. C'est également le cas de l'Escola Libertária - École libertaire « Germinal » de São Paulo355 de 1902 ; elle est liée au Círculo Educativo Libertário Germinal et au journal O Amigo do Povo - L'Ami du Peuple. Y militent des noms prestigieux de l'anarchisme international : Gigi DAMIANI, Neno VASCO, Benjamim MOTA... Il existe aussi des écoles plutôt syndicalistes : Escola Social - École sociale ou Escola Livre – École libre de Campinas fondée en 1907 par la Liga Operária de Renato SALLES et à laquelle participa le militant anarchiste Adelino de PINHO, École des verriers d’Agua Branca à São Paulo en 1909 (surtout des militants anarcho-syndicalistes de l'usine Santa marina), l’École libre 1er mai de Rio de Janeiro fondée par Pietro Battista MATERA (quartier de Vila Isabel) en 1908-1909 également… Celle d’Agua Branca avec Edmundo ROSSONI est un des exemples importants d’union socialiste et anarchiste en milieu éducatif. Dès 1909-1910 apparaissent des mouvements structurés pro-FERRER, notamment la Comissão Pró-Escola Moderna de Rio de Janeiro en début 1910 ; elle est très liée au syndicalisme révolutionnaire de la COBConfédération Ouvrière Brésilienne. À São Paulo, l’Associação Pró-Escola Moderna - Comitato Pro-Scuola Moderna del Brasile compte notamment parmi ses membres les plus prestigieux anarchistes et anarcho-syndicalistes de la ville : Neno VASCO, Edgard LEUENROTH, Oreste RISTORI et Gigi DAMIANI. À partir de 1912 se créent les Écoles Modernes, la n°1 et la n°2 de Sao Paulo en 1912, la 3ème de São Caetano (Sao Paulo) en 1918. Le directeur de la n°1 est Jõao PENTEADO (1877-1965) qui reste actif dans la pédagogie libertaire jusqu’à sa mort. Deux autres écoles modernes, Bauru et Cãndido Rodrigues dans l’État de Sao Paulo, existent également depuis 1914. Le mouvement éducatif libertaire est lié également aux Centros de Estudos Sociais, comme ceux de Rio de Janeiro, Pelotas et Porto Alegre en 1915. Ces centres sociaux sont une vieille tradition du mouvement ouvrier brésilien, dans ses trois grandes tendances : socialiste, républicaine ou anarchiste356. Après 1916 l'École moderne de Porto Alegre semble en pleine croissance, appuyée par la FORGS-Fédération Ouvrière de Rio Grande do Sul et par la Revista liberal357. En 1919 la répression anti-ouvrière entraîne souvent leur fermeture, même si se crée cette année là l'École ouvrière 1° mai d'Olaria (Rio). Encore en 1920 et toujours à Rio une École nouvelle semble en formation, à côté d'Écoles professionnelles fondées par l'UOFT. De nombreux anarchistes sont liés au mouvement, comme Oreste RISTORI, Gigi DAMIANI et João PENTEADO ou Adelino de PINHO. Des syndicats, comme la COB, les aident financièrement et politiquement. La vision utopique y est très forte358, mêlant cependant aspirations humanistes et pragmatisme utilitariste. L’école fait partie du mouvement ouvrier libertaire, participe à sa propagande, à ses actions, d’où sa logique suppression pendant la répression. Ces écoles furent mixtes (coéducation des sexes), ouvertes à tous (coéducation des classes d’âges) mais surtout proposées aux familles des militants. Les maîtres sont massivement membres du mouvement anarchiste et leur message est celui d’agir pour atteindre une société libertaire.

  • Au Canada des écoles rationalistes du milieu libertaire juif apparaissent à Montréal vers 1910, comme la Ratsyonale Shul fondée par le groupe Frayhayt359.

  • Au Chili, il existe un Centro « Francisco FERRER » vers 1914 à Antofagasta. Sur Santiago, le Centro de Estudios Sociales « Francisco FERRER » (créé en 1912) est connu pour son ouverture au monde féminin360, notamment avec la professeure Rita MAR. Il compte de nombreux artistes et intellectuels : le poète Francisco PEZOA, les écrivains libertaires Manuel ROJAS, José Domingo GÓMEZ ROJAS, José Santos GONZÁLEZ VERA… Plus qu’un centre éducatif, c’est un centre de propagande et de rencontres, résolument antimilitariste et féministe. Sur Valparaíso vers 1913, autour du Centro Defensa y Despertar de la Mujer - Défense et Éveil de la femme se crée une petite escuela racionalista - école rationaliste dirigée par Daniel ANTUÑANO. Dans les années 1940 Flora SANHUEZA REBOLLEDO (1911-1974) fonde l'Ateneo Libertario Luisa MICHEL à Iquique ; il sert d'école dès 1953, ouvert surtout pour les enfants de travailleurs. Il compte près de 70 élèves mais doit fermer en 1957. Flora ancienne miliante de la Guerre d'Espagne, meurt en 1974 des suites des tortures subies.

  • À Cuba, les écoles laïques et libertaires sont anciennes, et sont liées au Círculo de Trabajadores de La Habana, fondé surtout par des anarchistes en 1885. En 1906 est lancé un Manifeste pour créer des écoles modernes avec l'aide des journaux libertaires ¡Tierra! et La Voz del Dependiente. Une École rationaliste du soir est fondée en 1922 ou 1923, en liaison sans doute avec l’Athénée syndicaliste créée l’année précédente, et dans la foulée du vaste mouvement étudiant qui vient d’éclater. Elle a l'appui des syndicats libertaires la FOH puis la CNOC, et celle d'un de leurs principaux responsables Alfredo LÓPEZ ROJAS (1894-1926). Cette école est accompagnée de la création de l’Université Populaire José MARTÍ en fin 1923. La mort de FERRER en 1909 avait causé dans l’île d’énormes manifestations de soutien. Déjà en 1912, au Congrès rural de Cruces qui se positionne pour une Fédération autonome des Travailleurs, une des résolutions demande le développement des écoles rationalistes. Celle de 1922 en est sans doute une lointaine conséquence361.

  • En Amérique du Nord et spécialement aux États-Unis Joseph COHEN362 anime une Modern School à Philadelphia avant de rejoindre New York pour diriger la Fraye Arbeter Shtime. Il y devient responsable du FERRER Center-Centre FERRER fondé en 1911, et animateur de la Modern School locale. Ce centre éducatif libertaire et militant doit également beaucoup aux idées de john DEWEY. À cette époque, Alexander BERKMAN y donne quelques cours. L’historien Will DURANT, présent avec sa compagne Arial qui est alors élève, donne également des cours à l’école FERRER de New York. Vers 1915, avec entre autres les FERM, COHEN lance le célèbre Centre de Stelton (Communauté) dans le New Jersey, avec sa Modern School. L’école dure jusqu’au début des années 1950 (1953 ?). Le couple Ida et Valerio ISCA y est très actif ; Ida PILAT ISCA (1896-1980) assume le secrétariat new-yorkais de l’Association de l’École Moderne Francisco FERRER de Stelton. La poétesse Rosa FREEMAN, compagne de Joseph ISHILL, y est un temps institutrice ; l’historien Will DURANT y intervient, ainsi que le peintre Alfred LEVITT d’origine ukrainienne. La Mère de Joan BAEZ y fut élève. Stelton est autant une colonie (on dirait commune ou communauté aujourd’hui) anarchiste diversifiée qu’un centre éducatif. Le couple britannique Jim et Nellie DICK, arrivé aux ÉU en 1917, et riche d’une déjà longue expérience pédagogique libertaire (Cf. ci-dessous) y passe un long moment avant d’ouvrir sa propre Ferrer School à Lakewood dans le New Jersey de 1933 à 1958 ; c’est une des plus longues expériences (plus de 25 ans), puisqu’elle dure jusqu’en 1958. Sur la côte ouest, dans l’après deuxième Guerre mondiale, autour de la communauté libertaire italienne de San Francisco, se développe la Walden Community and School, à laquelle participe David KOVEN363 et sa compagne Audrey GOODFRIEND, ainsi qu’une dizaine d’autres personnes (Cf. ci-dessous). Paul AVRICH a recensé plus de 20 écoles rationalistes aux ÉU, sans compter d’autres écoles libertaires. Elles étaient surtout composées d’immigrés récents, souvent d’origine européenne. Dans la colonie de Sunrise (Michigan) que des anciens de Stelton mettent en place dans les années 1930 existe une maison d’enfants (environ 34 de 4 à 14 ans) dont on respecte l’autonomie, et auxquels est fournie une éducation libertaire qui rappelle ce qui existait dans les Modern Schools citées. Mais désormais l’individualisme semble l’emporter sur les volontés collectives qui prévalaient au début du siècle.

  • En France, où FERRER est bien connu, les essais d’écoles libertaires et les réflexions sur l’éducation antiautoritaire sont nombreuses mais débouchent rarement sur des écoles rationalistes. La mort de FERRER a causé un choc important, et bien des militants s’inspirent du catalan pour relancer le débat sur l’éducation : par exemple au Havre, lors du Congrès de 1909 de l’Union des Syndicats, le cas FERRER est développé, et un long débat a lieu sur la « méthode du libre examen engendrant l’éducation rationnelle »364.

  • En Italie, FERRER a marqué les esprits par sa venue au Congrès International de La Libre Pensée, à Rome en septembre 1904. Le Congrès anarchiste de Rome en 1907 soutient toute création d’institution prenant exemple sur celles mises en place ou promues par FERRER365. L’Asilo Laico - Scuola Moderna Razionalista di Clivio (1909-1922)366 vers Varese (autrefois province de Côme, à la frontière tessinoise) tente cette utopie pédagogique indépendante avec au départ une douzaine d’élèves, d’abord du 31/01/1909 à 1914 puis pour quelques mois en débuts des années 1920, avant d’être ravagée par les escadrons fascistes, qui se livrent à un vrai autodafé des archives et de la bibliothèque le 23/04/1922. Son Bulletin mensuel témoigne de l’engagement de ses participants, principalement l’anarchiste Felice MONZONI, proche de Luigi MOLINARI. La revue Scuola Moderna di Clivio – Rivista per gli Atti e la Cultura Razionalista367 est éditée de 1910 (n°1 – novembre 1910) à 1922, certes de manière irrégulière, et pour environ 44 numéros368. Les habitations, construites par une cinquantaine de travailleurs en 1908-1909, sont récupérés illégalement par la commune de Viggiù (qui englobe Clivio) en 1933. Les anarchistes (Fedération Communiste Libertaire Lombarde) tentent sans succès de récupérer les locaux et de rouvrir l’école en 1946-1949, en créant un Comitato pro Scuola Moderna. L’Asilo-Scuola Razionalista (c’est son premier nom) s’inspire dès 1910 du mouvement pédagogique libertaire international, en se rattachant au Manifeste de la Ligue Internationale pour l’Éducation Rationnelle de l’Enfant de Francisco FERRER. Le premier maître est Anita MOLINARI (qui meure trop tôt en 1912) et l’appui extérieur principal est sans doute celui de Luigi MOLINARI. En 1914 c’est la fille du militant anarchiste Camillo DI SCIULLO, Sista Anna Domenica, qui reprend le flambeau pour peu de temps. Dans les années 1920, la seconde période de l’école doit beaucoup au rationaliste Luigi MASCIOTTI qui essaie de remplacer l’infatigable mais désormais disparu Felice MONZONI. La visée utopique et militante est dès le début affirmée, puisque dans le premier Bulletin il est dit que « l’École moderne de Clivo se dresse comme un milieu salutaire, un phare de vie qui poussera l’enfance vers de plus grands et plus roses horizons »369. L’éducation est donc pour ces militants à la fois un moyen de développement individuel harmonieux, et un moteur du changement social. Cette éducation intégrale est avant tout « morale-intellectuelle (sociale, morale, sexuelle économique) »370. Comme celle de Lausanne, l’école de Clivio s’insère dans le mouvement ouvrier et anarchiste local et régional. L’engagement anarchiste est de plus en plus important, tant dans Umanità nova que par la présence de Francesco GHEZZI.

D’autres tentatives sont dignes d’être mentionnées, comme, à Milan, celle autour de l’avocat et pédagogue anarchiste Luigi MOLINARI dès 1907, et du comité milanais Société coopérative anonyme pour « l’École moderne » vers 1913, qui a même acheté des terrains dans la banlieue milanaise. Il y a également une tentative à Bologne vers 1910 autour de Luigi FABBRI, Pietro GORI et de Domenico ZAVATTERO, avec l’édition d’une revue Scuola Moderna – Rivista quindicinale di Cultura Popolare pendant quelques mois (10 numéros de novembre 1910 à mai-juin 1911371). ZAVATTERO y relance la Tipografia « La Scuola Moderna » en hommage évident à FERRER (1911- début 1914). Une école libertaire à Pise (Scuola Moderna Antidogmatica Francisco FERRER di Pisa) est parfois également mentionnée dès 1906, et sa suppression est indiquée dans la presse libertaire en 1911372. À Mezzano (Ravenne), la Scuola Moderna Francisco FERRER créée vers 1912 regrouperait une trentaine de membres373 ; s'agit-il d'une école ou d'une société libertaire ?

Enfin la Scuola laica, revue éditée à Rome en 1908-1909, dirigée par FERRER, et en Italie par Luigi FABBRI (1909) relie fortement la pensée libertaire pédagogique italienne à la mouvance rationaliste.

  • Au Mexique, les idées pour l'école rationaliste sont favorisées à México et dans le District Fédéral par le journal El Tipógrafo mexicano fondé en 1911 par l'exilé catalan Amadeo FERRÉS, et surtout par le Grupo Anarquista Luz fondé en 1912 et appuyé par l'Unión de Canteros Mexicanos et par des militants charpentiers. La Escuela Racionalista doit s'ouvrir le 08/09/1912 et est dirigée par le colombien Juan Francisco MONCALEANO aidé de sa compagne Blanquita. Mais la répression empêche la réalisation et MONCALEANO est expulsé374. Juste après ces évènements, la création de la COM-Casa del Obrero continue la divulgation de l'idéal, et rend hommage au «martyr» colombien ; cette institution militante assure également la tenue de cours gratuits sur tous les thèmes au profit des militants et syndicalistes. Ce sont toujours les militants de Luz (et ceux regroupés dans la Confederación Cívica) qui sont au premier rang comme Pioquinto ROLDÁN, Antonio DÍAZ SOTO Y GAMA, Rafael PÉREZ TAYLOR y Jacinto HUITRÓN. En février 1913 la Casa est en pleine expansion, dans de nouveaux locaux ; elle attire un grand nombre d'intellectuels progressistes qui assurent moult conférences. En 1914 la Casa ouvre le Centro Cultural Racionalista. Paula OSORIO y assure un cours sur l'égalité des sexes. Après quelques péripéties dramatiques, la Casa ré-ouvre ses portes le 21/08/1914 dans l'ancien couvent de Santa Brígida, et un de ses premiers actes est de rendre hommage à Francisco FERRER représenté par un buste exécuté par Jerónimo RIVAS membre des Canteros. En octobre 1915, autour de Jacinto HUITRÓN (nommé inspecteur), la COM inaugure un Ateneo obrero et la première Escuela racionalista du Mexique (?). Elle fonctionne avec 6 professeurs : Adolfo GONZÁLEZ, l'ingénieur Manuel E. VELASCO, Lorenzo CAMACHO ESCAMILLA, et Paula OSORIO AVENDAÑO, Reynalda GONZÁLEZ PARRA y Genoveva HIDALGO. L'ateneo aussitôt après prend le nom d'Ateneo Ciencia, Luz y Verdad. L'école est gratuite et ouverte à tous les travailleurs et financée par eux. Elle se réclame de manière très stricte de l'idéal de FERRER. Mais là aussi la répression violente de début 1916 ordonnée par CARRANZA détruit la COM et ses diverses réalisations. Mais l'héritage de FERRER n'est pas supprimé ; le 13 octobre 1919, la Fédération des syndicats du District Fédéral lui rend à nouveau hommage.

À México une nouvelle École rationaliste proche de la CGT, où l’anarcho-syndicalisme est toujours présent, dure environ deux ans de 1925 à 1926. L’aide des anarchistes expropriateurs Buenventura DURRUTI et Francisco ASCASO, alors au Mexique, a en grande partie contribué à cette réalisation.

Dans le Yucatán a lieu en 1915 le 1° Congrès pédagogique de l'État. Les idées rationalistes y sont bien implantées, tant par le PSY-Parti Socialiste du Yucatán que par quelques intellectuels comme José de la LUZ MENA (animateur de l'École rationaliste de Merida entre 1917-1923). Quelques écoles rationalistes s'y développent vers 1920 en toute autonomie pédagogique et politique. En 1922 un étonnant décret de l'alors gouverneur Felipe CARRILLO PUERTO (lié au PSY devenu PSS-Partido Socialista del Sureste) rend obligatoire l'enseignement rationaliste. Cette expérience originale et méconnue qui dure jusqu'en 1924 est contrée tant par les conservateurs locaux que par l'État fédéral.

Dans le Tabasco le gouverneur socialisant et anticlérical radical Tomás GARRIDO CANABAL (1921 -1925), convertit la Cathédrale de Villahermosa en Escuela Racionalista (FERRER GUARDIA), puis en Théâtre ouvrier, avant de la détruire ! Les idées de FERRER doivent ici se conjuguer avec un «laïcisme jacobin» et régionaliste assez particulier. En 1925-1926 d'autres Escuelas racionalistas sont implantées par l'État.

L’anarcho-féministe, devenue ensuite proche du communisme, Juan BELÉN GUTIÉRREZ (1857-1942) tente une école ancrée dans le monde rural en 1921 dans le Morelos « la colonia agrícola experimental: Santiago Orozco ». De plus en plus intégrée dans les institutions étatiques, elle dirige ensuite l’Hôpital de Zacatecas en 1922 et devient inspectrice des écoles fédérales dans le Querétaro et le Zacatecas de 1925 à 1930.

Un peu partout durant les années 1920 et 1930 l'héritage pédagogique rationaliste et antihiérarchique est perverti progressivement par les États fédéraux et par l'État central. En 1934 l'instauration de «l'éducation socialiste», malgré quelques intellectuels résistants, n'est plus que le triomphe d'une vision étatique et centralisée de la pédagogie progressiste.

  • À Porto Rico, l’anarcho-féministe Luisa CAPETILLO, en bonne disciple de FERRER et de Madeleine VERNET, espère un temps mettre en route une école disposant d’une activité agricole (« Granja Escuela Agrícola »)375. Elle évoque l’importance de « l’école moderne » dans sa petite utopie La Humanidad en el futuro de 1910376. En 1916, dans le Prologue de ses Influencias de las ideas modernas, elle indique que le produit de la vente servira à fonder la Granja377.

  • Au Portugal, une première tentative, se réclamant autant des français FAURE et ROBIN que de FERRER est menée par Campos LIMA, qui achète pour cela une propriété vers Lisbonne378. En 1909 diverses écoles sont créées, dont l’École-Atelier n° 1 de Lisbonne. L'institutrice Lucinda TAVARES tient un rôle assez important dans les milieux libertaires et syndicalistes vers 1910. Le Portugal compte un nombre important de militants anarchistes et libertaires connus liés à l’enseignement et à la formation. L’UPPO - Union des Professeurs de l’Enseignement Primaire et l’APP - Association des Enseignants du Portugal, sont très proches de la CGT. Une revue comme Educação Social a eu un fort retentissement dans le milieu éducatif libertaire et au-delà.

  • Au Royaume Uni, de multiples écoles FERRER sont tentées entre 1907 et 1921. À Liverpool se trouve The Liverpool anarchist-communist Sunday School de 1908 à 1916 ; elle est animée par James Hugh DICK, proche de FERRER, et le caractère idéologique est très marqué et l’emporte semble-t-il sur la didactique. C’est pourquoi l’école est également ouverte aux adultes. DICK est lié depuis 1913 à Naomi PLOSCHANSKY qui devient Nellie DICK en 1916 ; cette anarchiste convaincue s’est déjà rendue célèbre en animant la FERRER Sunday School de Whitechapel en 1912 ; elle déborde le milieu juif auquel est liée Nellie379. Sur Londres, trois expériences semblent marquantes : The FERRER School (1912-1915), The Modern School (1915-1920) et The International Modern School (1921-1928). La dernière école dispose d’un outil pédagogique et de propagande : The International Modern School Magazine. The FERRER School est reprise par le couple DICK, et plus que James, c’est Nellie DICK qui est la plus importante pour définir la pédagogie libertaire : à Londres, plus qu’à Liverpool, la pédagogie revient au centre de l’expérimentation, même si le côté engagé de l’école et son ouverture aux adultes sont maintenus. L’ensemble du mouvement anarchiste londonien se mobilise pour The Modern School et The International Modern School, notamment les restes du mouvement anarchiste de langue yiddish, autrefois boosté par Rudolf ROCKER, dans l’East End. Ce mouvement avait fortement contribué, avec l’aide des communistes anarchistes se réclamant de KROPOTKINE, vieux réfugié anarchiste en Angleterre, à développer une école spécifique en 1906, à Jubilee Street : The anarchist socialist Sunday School. Dans ce premier essai apparaissent comme conférenciers ou conteurs les figures les plus marquantes du mouvement libertaire international, dont MALATESTA et KROPOTKINE. Dans toutes ces écoles, les aspects révolutionnaires anarchistes sont toujours présents : dans les liens avec le mouvement révolutionnaire et syndical, dans les pratiques pédagogiques, dans la fin poursuivie (permettre le développement d’hommes libres pour une société future libérée), et dans les essais de gestion et d’auto-organisation. Les enfants participent souvent aux décisions, même s’il n’y a pas réellement autogestion.

  • En Russie soviétique, à Odessa, Samuel SCHWARZBARD milite pour la création d'une maison d'enfants, et obtient la réquisition d'une datcha pour l'installer. Il cherche à appliquer les idées du pédagogue révolutionnaire Chaïm RUT : une «école libre et jardin d'enfant» fonctionnerait plusieurs mois380.

  • En Suisse, à Lausanne, L’École FERRER connaît un bon développement autour de Jean WINTSCH, médecin et militant anarchiste (1880-1943), membre depuis 1900 de la rédaction du Réveil - Il Risveglio socialista anarchico de Luigi BERTONI. Il est aidé de sa compagne, elle-même docteur, Nathalie MALÉEF, et par Henri ROORDA (1870-1925), Théodore ROCHAT, Louis AVENNIER, Théodore MATTHEY... La fondation se fait en novembre 1910 et l’école perdure jusqu’en 1919. Elle prolonge en fait une expérience pédagogique antérieure, liée au groupe Libero Pensiero, depuis 1905, et animée par Émile DUVAUD381 médecin pédiatre du Canton de Vaud dont la révocation par les institutions helvétiques en 1910 fit un certain bruit. L’École FERRER dispose elle aussi de nombreux matériels légués par Paul ROBIN, décidément incontournable, et sans doute plus que FERRER le vrai modèle suivi à Lausanne. L’influence de FAURE via C. A. LAISANT, le professeur de mathématique de La Ruche, est également très importante382. L’école ne vit que par des aides de syndicats et de militants libertaires, notamment celles de russes exilés en Suisse ; cela explique qu'on puisse lui attribuer le concept «d'éducation ouvrière»383. Elle est effectivement fortement liée au syndicalisme révolutionnaire, la FUOSR – Fédération des Unions Ouvrières de Suisse Romande, mais aussi à la FACSR - Fédération Anarchiste Communiste de Suisse Romande et à divers autres mouvements dont la gauche socialiste autour du libertaire Fritz BRUPBACHER, la coopérative socialiste anarchiste et des libres-penseurs. Une bonne partie des cours se tient à la Maison du Peuple, puis dans la maison de Chailly d’une sympathisante Mme SCARGINSKY, et enfin dans une maison appartenant à Jean WINTSCH. Elle se veut avant tout une école de classe, liée au monde du travail : intervention d'ouvriers et d'artisans, création de matériels scolaires et initiation aux travaux manuels et professionnels : bref elle a su, comme le souhaitait «le grand PROUDHON», «unir l'atelier à l'école»384. Cette forte relation avec le monde réel empêche de considérer l’école comme une microsociété utopique isolée. Au contraire, les liens entre enseignants, élèves, parents, proches, militants, milieux socio-économiques extérieurs… sont systématiquement sollicités. De Genève, l'Institut ROUSSEAU apporte parfois son aide. La Société de l’École FERRER regroupe toutes les bonnes volontés, de manière assez pluraliste ; ses Statuts (sans doute rédigés par Jean WINTSCH ou ROORDA ?) sont imprimés en 1910 par L’Imprimerie des Unions ouvrières. L’école va toucher une cinquantaine d’enfants de 5 à 14 ans, avec une nette composante internationale (présence notamment d’enfants italiens) ; des cours pour adultes, le soir, se tiennent dès 1912. Les élèves proviennent massivement des milieux populaires et des familles peu aisées. En avril 1913 serait ( ?) édité à Lausanne un Bulletin de l’École FERRER ; mais il semble que ce soit seulement en octobre 1916 que commence une publication régulière jusqu'en 1921. Parmi les usages dans l’école, la pratique de la coéducation des sexes posait problème par rapport aux écoles romandes, mais fut largement assumée, y compris accompagnée d'une éducation à la sexualité. Peu novatrice par rapport aux matières enseignées, c’est surtout dans les pratiques actives d’ouverture et dans le respect de l’enfant et de l’autonomie, sans prix ni sanction, qu’elle est bien dans la ligne du modèle barcelonais, mais également de ROBIN385. Le concret, la découverte, l’ouverture (visites, fêtes…), l’expression artistique, les expérimentations, les travaux pratiques et préprofessionnels, les activités ludiques et sportives… semblent nettement prioritaires par rapport aux contenus. Les élèves, individuellement et collectivement, sont les premiers éducateurs, par leurs initiatives, le développement de « l’entr’aide à l’école », l’expression de leurs besoins. Nous avons affaire à une expérience anarchiste (« sans dieu et sans dogme ») plus que pédagogique, vécue comme « une œuvre de propagande par le fait »386 affirme son fondateur. La morale anarchiste, sans bourrage de crâne, hors de toute référence religieuse ou étatique est apparemment omniprésente. Ce qui engendre des dissensions inévitables avec le modéré Émile DUVAUD, remplacé dès 1911 par Théodore MATTHEY, puis par Louis-Joseph AVENNIER en 1913, et par Théodore ROCHAT en 1915. Les dissensions en camp libertaire, liées partiellement à la position pro-Entente de WINTSCH pendant la Guerre, et à la dissolution de la FUOSCR sont parmi les causes de la fermeture en mai 1919, tout autant que les raisons économiques souvent avancées. Le Bulletin se prolonge encore quelques années. Jean WINTSCH renoue avec le mouvement libertaire (revue parisienne Plus Loin, soutiens à l’Espagne républicaine…) et continue ses analyses psychopédagogiques, tout en reprenant son métier de docteur en milieu scolaire, jusqu’à sa mort en 1939. Mais avec honnêteté Jean WINTSCH reconnaît que n'ont été atteint ni l'autogestion (qu'il nomme self-government) ni la totale autonomie de l'élève387.

  • En Uruguay, une école rationaliste fonctionne vers 1908 sur la colline (el Cerro) autour du maître d'origine espagnole LEREDO388. Elle est liée au mouvement ouvrier, car elle forme un grand nombre de prolétaires. La FORU, comme toute fédération anarcho-syndicaliste, maintient un rôle culturel et pédagogique important : rencontres, théâtres, bibliothèques… Il faudrait également mieux connaître cette école lancée par José CASTRO et Nicolás CAPPO dans les années 1920 à Montevideo : Escuela de Naturismo Eutrofológico.
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