Essais utopiques libertaires de «petite»








télécharger 1.23 Mb.
titreEssais utopiques libertaires de «petite»
page9/46
date de publication21.01.2020
taille1.23 Mb.
typeEssais
ar.21-bal.com > loi > Essais
1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   ...   46

BAKOUNINE éducation complète et liberté


Michel BAKOUNINE (1814-1876) est un partisan de l'éducation libertaire, mais globalement, il privilégie l'émancipation générale (essentiellement économique et sociale), ce qui place donc les problèmes éducatifs, soit au second plan, soit après la révolution dans la future société nouvelle.

Au niveau éducatif il y a très peu d’écrits de l’auteur concernant exclusivement l’éducation (sauf les 4 articles sur L’instruction intégrale parue dans l’Égalité de Genève en été 1869 note F. CODELLO), mais il en parle assez souvent dans l’ensemble de ses écrits. Le terme instruction ne doit pas être interprété dans un sens réducteur, BAKOUNINE traitant en fait de toute la formation au sens le plus large et le plus ouvert du terme (totale, intégrale, complète…).

En fait il reprend et développe les idées proudhoniennes d’une école antiautoritaire à la fois cause et conséquence de la révolution et de l’émancipation sociale. Comme PROUDHON il met l’accent sur la nécessité de la société dans la formation de l’individu, et rejette donc sur ce point autant ROUSSEAU que STIRNER dans leurs aspects les plus systématiques. Cela n’empêche pas l’anarchiste russe de revendiquer également une nécessaire personnalisation de l’éducation car « pour être parfaite, l’éducation devrait être beaucoup plus individualisée qu’elle ne l’est aujourd’hui, individualisée dans le sens de la liberté et uniquement par respect de la liberté »141.

Comme PROUDHON il est sensible à la primauté du travail et de l’aspect polyvalent et polytechnique, à ce qu’il nomme « instruction intégrale et complète ». La formation manuelle et celle intellectuelle doivent être menée conjointement, et sans hiérarchie entre elles. La vision utopique de sa pédagogie est évidente puisque cette proposition doit « permettre pour tous, égalitairement, de devenir des hommes complets »142, c'est-à-dire dans son esprit libres (autonomes vis-à-vis des absolus et des institutions) et libérés (par l’action révolutionnaire).

Pour lui également, le point de départ doit être l’instinct vital, les qualités de chaque individu, de même que toutes les activités productives. Il réactualise en ce sens les positions fouriéristes.
Dans l’œuvre émancipatrice, l’éducation a donc toute sa place, au côté de l’instinct de révolte. Éduquer, c’est libérer l’individu et ses potentialités révolutionnaires, et respecter bien sûr la liberté de l’apprenant, y compris s’il s’agit d’un jeune élève.

Mais plus que ses prédécesseurs (notamment PROUDHON), BAKOUNINE met l’accent sur la nécessaire rupture révolutionnaire, dont l’éducation n’est alors qu’un élément, une préparation, un moyen. L’école s’inscrit ainsi chez BAKOUNINE dans la tactique et la stratégie de changements révolutionnaires, elle n’est donc pas totalement coupée du projet social anarchiste.
En dépassant PROUDHON sur ce point et en anticipant largement MALATESTA, il pense que seule une « société libre » peut assurer une formation humaine réelle, d’autant que dans la société présente, les élites intellectuelles et les savants sont peu sûrs, en terme d’émancipation143. Il approfondit de manière systématique la méfiance vis à vis de savants dont les dérives « despotiques » et « métaphysiques » sont déjà mises en avant par SAINT-SIMON au début du XIXème siècle. Il note avec justesse que l'épanouissement proposé par l'école sera réduit ou rendu nul dans une société restant autoritaire et inégalitaire, ce qui est tout l'opposé de ce que la pédagogie libertaire aurait mis en place.

La vraie action pédagogique sera donc postrévolutionnaire, car « l’éducation socialiste est impossible dans les écoles et les familles actuelles ». L’être aura alors la possibilité d’un riche développement, de manière égalitaire, mais non uniformisant. La variété et la diversité sont indispensables à une société libertaire.

C’est pourquoi, en pensant au prolétariat, il rappelle que « La première tâche est celle de son émancipation économique, qui engendrera nécessairement et son émancipation politique, et son émancipation intellectuelle et morale »144.
1   ...   5   6   7   8   9   10   11   12   ...   46

similaire:

Essais utopiques libertaires de «petite» iconEssais utopiques libertaires de «petite»
«L’Enfance Heureuse», une «société populaire d’éducation» aux teintes libertaires 88

Essais utopiques libertaires de «petite» iconEssais utopiques libertaires de «petite»
«L’Enfance Heureuse», une «société populaire d’éducation» aux teintes libertaires 88

Essais utopiques libertaires de «petite» iconVI. Traces utopiques et libertaires dans le temps et l'espace…
«primitives» peuvent-elles apparaître libertaires et servir de référence aux rêves utopiques ? 3

Essais utopiques libertaires de «petite» iconUtopie et autogestion du kibboutz. Mouvements libertaires et utopiques...
«éthique» : à mes yeux, le fait d’être ou non d’origine juive n’a aucune espèce d’importance. Les indications données n’ont qu’une...

Essais utopiques libertaires de «petite» iconEssais normalises, autres essais 4
«Transformation du Bois» dans le cadre du Transfert de technologie vers les entreprises

Essais utopiques libertaires de «petite» iconEssais de type et essais de routine 10
«risque minimisé» suivant le C2-112 édition de mars 2015, édité par Synergrid, la fédération des gestionnaires de réseaux électricité...

Essais utopiques libertaires de «petite» iconIV. dystopies et anti-utopies sont-elles libertaires ?

Essais utopiques libertaires de «petite» iconBibliographie sur mouvements et théories libertaires et autogestionnaires en France

Essais utopiques libertaires de «petite» iconBibliographie sur mouvements et théories libertaires et autogestionnaires en France

Essais utopiques libertaires de «petite» iconEssais de Montaigne








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
ar.21-bal.com