Thèse de docteur en Pharmacie








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Les principaux médicaments utiles en ophtalmologie : (48, 118, 180)


Il ne faut pas sous estimer la fréquence de ces pathologies qui augmente avec la puissance et la vitesse des nouveaux navires. Les embruns, le vent et la salinité ambiante favorisent l’irritation de la cornée ou du conduit auditif externe. Les lunettes de soleil sont indispensables, il sera conseillé de toujours posséder une paire de plus sur le bateau.

Les produits antiseptiques locaux sont à prévoir en nombre, associés aux traitements des surinfections.

Les formes unidoses seront préférées : absence de conservateur, respect de la stérilité…

En cas de conjonctivite (ou d’otite), la présence d’un décongestionnant tel que l’éphédrine dans le collyre (ou les gouttes auriculaires) permet de soulager la douleur.


        1. Désinfectants oculaires:


Il faut choisir un antiseptique peu irritant et peu toxique ; l’irritation mécanique, solaire ou allergique est souvent retrouvée dans la pathogénie des conjonctivites en bateau, l’antiseptique doit surtout prévenir la surinfection. De nombreuses spécialités existent (exemple : Désomedine®)
La lotion oculaire à l’acide borique (Dacryoserum®) permet de réaliser des bains yeux (lavage « sous pression » ou goutte à goutte); elle permet éventuellement de se passer d’un collyre antiseptique.


        1. Cicatrisants :


Ils seront particulièrement conseillés pour des navigations lointaines, notamment en cas de traumatismes oculaires. La vitamine A en pommade ophtalmique est particulièrement appréciée. Néanmoins, il existe des cas d’hypersensibilité à ce produit et ce produit ne restera valable que 15 jours après son utilisation.


        1. Collyres anesthésiques :


Ils sont intéressants en cas de traumatismes oculaires ou de corps étrangers pour explorer le globe dans de bonnes conditions ; Plusieurs spécialités existent : Cebesine®, Novésine®. Ces collyres font partis de la dotation médicale de certaines courses au large ; mais ils seront à déconseiller pour le plaisancier.

En effet, ces médicaments sont réservés à l'usage professionnel des ophtalmologistes. Ils ne peuvent être délivrés qu'à ces spécialistes (article R5121-80 du Code de la Santé Publique). En effet, les anesthésiques locaux font tous courir, même à faible concentration, un risque d'altération de l'épithélium cornéen. Il est impératif de toujours leur préférer comme antalgiques les analgésiques généraux.


        1. Collyres antiallergiques : (118)


Les collyres antiallergiques enrayent la réaction allergique par inhibition de la dégranulation mastocytaire en empêchant la libération d’histamine. Ils présentent une action préventive et curative et permettent d’éviter les corticoïdes. Ils peuvent être administrés jusqu’à 6 fois par jour.
Exemple : Levocabastine (LEVOPHTA®), cromoglycate de sodium (MULTICROM®)



        1. Collyres antibiotiques : (26, 118)


Ils ne seront à prévoir qu’uniquement pour des navigations lointaines et après avis médical. En effet, les topiques antibiotiques sont suspectés de participer à l’émergence des souches bactériennes multi-résistantes du fait d’une utilisation massive dans des indications qui ne relèvent généralement pas d’une antibiothérapie. De plus, les principes actifs (polymyxine B, néomycine, framycétine) sont allergisants.

Exemple :

- Néomycine et polymyxine B (CEBEMYXINE®) sera utile en cas d’infections des voies lacrymales,

- Acide fucidique (FUCITHALMIC®) sera utile en cas d’orgelet.
Des associations avec des corticoïdes seront également très utiles pour des navigations lointaines en cas affections inflammatoires surinfectés. On peut citer notamment :

- l’association dexaméthsone + néomycine + polymyxine B (Maxidrol®),

- l’association oxytétracycline et dexaméthasone (STERDEX®) pommade ophtalmique en unidose, à ne pas utiliser de manière prolongée sans avis médical qui sera très utile dans le traitement des chalazions et blépharites.

Un flacon ne devra servir qu’à un seul utilisateur sous peine de risquer de disséminer l’infection. L’utilisation de ces produits nécessite un avis médical ; une mauvaise utilisation peut induire des retards de cicatrisation des plaies cornéennes, mais aussi des aggravations d’infections oculaires d’origine virale ou encore des risques de glaucome cortisonique chez les patients prédisposés.


        1. Traitement de la sécheresse oculaire : (118)


Pour des navigations lointaines, il pourra être éventuellement utile. En bateau, les collyres à base d’acide hyaluronique (Oxyal®, Hydralis®, Vismed®…) semblent les mieux adaptés. Ils ont un rôle analogue de celui de la couche muqueuse de l’œil et évitent l’évaporation naturelle des larmes. Les collyres Hylo-Comod®, Hylo-Care® et Ilast® seront particulièrement conseillés puisqu’ils peuvent se conserver jusqu’à 3 mois après ouverture.


        1. Cholinergiques oculaires : (1, 64)

L’usage de collyre à la pilocarpine est essentiel dans le traitement de la crise de glaucome aigu dont le risque de survenue peut être apprécié par un bon examen ophtalmologique avant le départ. Les sujets à risque devront prendre leur propre médication.


      1. Le traitement de l’eau : (67, 71, 87, 120, 121, 122, 123, 124)


A bord, l’eau pose le problème de sa qualité et de sa quantité. Il faut compter environ 2,5 litres par personne et par jour. Cette dose devra être majorée d’un litre sous les tropiques. Cette quantité suffit pour la boisson, la cuisine et une toilette sommaire. Il faut une réserve d’environ 1/5ème de la totalité estimée en eaux minérales (bouteille plastique de préférence) pour éviter les désagréments que peuvent entraîner la pollution et la fuite éventuelle d’un réservoir. L’usage de bouteilles en plastique et de petits jerrycans (moins de 5 litres) limite le risque de contamination de l’eau.
Le problème de la qualité de l’eau sera, quant à lui, décrit par :

  • son goût : beaucoup de personnes supportent mal le goût que prend l’eau dans les réservoirs. On peut pallier à cet inconvénient en versant dans les réservoirs 1 litre de sirop de menthe pour 1000 litres d’eau ; l’eau n’aura absolument pas le goût de menthe et perdra par contre « son goût bizarre venu d’ailleurs »,

  • sa potabilité : il faut toujours se renseigner afin de savoir si l’eau proposée est potable avant de remplir les réservoirs, essayer de garder son tuyau propre, de ne pas le faire traîner dans l’eau du port. Il est nécessaire, une fois par an au moins de bien nettoyer les réservoirs qui sont facilement accessibles dans la plupart des bateaux modernes,

  • désinfecter l’eau suspecte : Si on ne dispose pas des produits spécifiques, on peut utiliser l’eau de javel, à raison de 2 gouttes par litre d’eau à désinfecter. Il faut mettre l’eau de javel en début de remplissage, l’eau ne devra être consommée qu’une dizaine d’heures plus tard. Sous les tropiques, on conseillera de faire bouillir l’eau quelques minutes pour tuer d’éventuels parasites et on la laissera reposer dans des bouteilles propres remplies au 2/3.


Le traitement de l’eau est essentiel car une eau de mauvaise qualité pourra être à l’origine de maladies comme la typhoïde, l’hépatite A, la diarrhée du voyageur, l’amibiase…On reconnaît ainsi 3 types d’agents pathogènes :

  • des bactéries : E.Coli, salmonelles, shigelles responsables de diarrhées du voyageur ; vibrio cholerae responsable du choléra.

  • Des virus : en règle générale, ils sont fragiles dans le milieu extérieur mais le virus de l’hépatite A pourrait survivre 3 mois dans les sols et eaux usées à 25°C.

  • Des parasites : giardiase, amibiase…Leur capacité à s’enkyster leur confère une grande résistance dans le milieu extérieur et aux agents chimiques.


Avant tout traitement, il est nécessaire d’éliminer les matières en suspension par une décantation de quelques heures associée ou non à une filtration sur filtre papier ou à défaut sur plusieurs épaisseurs de gaze ou encore de tissus propres. Cette opération est primordiale car elle permet d’éliminer les substances organiques et minérales en suspension dans l’eau auxquelles s’agrègent la plupart des micro-organismes.


        1. Désinfection par ébullition


C’est le moyen de désinfection le plus simple et le plus sûr. Toutes les bactéries, virus et protozoaires seront détruits après une exposition plus ou moins prolongée selon les microorganismes. Il est conseillé de porter l’eau à ébullition pendant une minute. Pour éliminer le virus de l’hépatite A, il faudra rallonger ce temps à 5 minutes.

Pour améliorer le goût rendu désagréable de l’eau par ce procédé, le plaisancier pourra ajouter une pincée de sel par litre. L’eau se recontaminera néanmoins très vite en l’absence de conservation efficace.


        1. Désinfection chimique


Les sels d’argent ne sont pas assez efficaces pour permettre la désinfection. Ils resteront utiles pour conserver l’eau désinfectée par un autre procédé.
Le chlore est un désinfectant d’action rapide contre la plupart des bactéries et de nombreux virus dont celui de l’hépatite A, mais il est peu efficace contre les bactéries sporulées, les œufs et les kystes des parasites. Trois produits sont disponibles :

- l’hypochlorite de sodium ou eau de javel : elle a une activité bactéricide de virucide prouvée (normes AFNOR). L’eau de javel à 12° chlorométrique peut être utilisée à la dose de 3 gouttes par litre d’eau qui ne sera consommée qu’après une heure de contact et dans les 24 heures. Son effet n’est pas rémanent.

- la chloramine ou tosylachloramide (Hydroclonazone®) est peu stable à la chaleur et son activité est insuffisante. Il faudra un comprimé par litre d’eau qui ne sera consommé qu’après une heure de contact et dans les 24 heures.

  • le dichloro isocyanurate de sodium ou dichloro-s-triazenetrione de sodium ou DCCNa

(Aquatabs®, Micropur® forte) aurait une activité supérieure aux autres dérivés chlorés. Il fait partie du kit sanitaire d’urgence de l’OMS.
L’iode est efficace contre les bactéries, certains virus, dont celui de l’hépatite A, et contre les protozoaires, y compris les kystes. 5 gouttes d’une solution alcoolique d’iode à 2% par litre d’eau pendant 30 minutes permettront la désinfection de l’eau, si la contamination par giardia est suspectée, on augmentera la dose à 12 gouttes. L’usage de l’iode devra rester occasionnel et de quelques jours maximum en raison de ses effets indésirables thyroïdiens.

Ce procédé sera déconseillé en cas de dysthyroïdies et durant la grossesse. L’iode est aussi utilisé sous formes de résines poly-iodées dans divers appareils de microfiltration.


        1. La microfiltration :


Un appareil de filtration sera efficace s’il est équipé d’un microfiltre dont les pores sont de tailles inférieures à 20µm pour les parasites, 3 à 5 µm pour les protozoaires, et 0,4 µm pour les bactéries. Aucun filtre ne peut retenir les virus (0,01µm).

A ces filtres peuvent donc être ajoutés :

- une résine poly-iodée, qui pourra agir contre les virus avec les mêmes inconvénients que l’iode en solution,

- du charbon activé qui permet de retenir les polluants organiques de saveur et d’odeur désagréable ainsi que les résidus d’iode,

- de l’argent, inclus dans le microfiltre qui vise à protéger l’élément filtrant contre la contamination an arrêtant la prolifération des bactéries.

Ces appareils fonctionnent, soit par un système de pompage, soit par gravitation soit par fixation directe au robinet d’eau. De nombreux modèles sont disponibles ; pour s’orienter, il faudra connaitre toutes les caractéristiques : diamètre des pores, éléments incorporés, durée de vie des filtres et des cartouches, le poids…



        1. Principales propriétés de ces différents traitements :

Le tableau ci-dessous résume les principales propriétés de ces différents traitements


Procédés de traitement

Particule en suspension

Purification microbiologique

Avantages ou inconvénients

Bactéries

Virus

Parasites

Ebullition

0

++

++

++

Goût désagréable de l’eau

Hypochlorite de sodium : eau de javel, DRINKWELLCHLORE®

0

++

+

0

A laisser en contact une heure et à consommer dans les 24 heures.

Chloramine T ou Tosylchloramide : Hydroclonazone®

0

+

+/-

0

A laisser en contact 60 minutes sur une eau claire et 2 heures sur une eau trouble.

A conserver 24 heures maximum à moins de 15° !

Moins efficaces

DCCNa

Aquatabs®

0

++

+

0

A laisser en contact 30 minutes et à conserver 24 heures si l’eau est trouble et 72 heures si l’eau est claire

Très efficace et d’un goût neutre pour les boissons.

DCCNa + ions argent :

Micropur®forte

Peut être laissé en contact jusqu’à 2 heures pour détruire giardia et amibes et l’eau peut être conservée jusqu’à 6 mois.

Iode

0

++

+

+/-

Risques thyroïdiens

Argent

Micropur® Classic

0

+

+/-

0

Durée d’action longue : 3 à 6 mois

Filtre charbon activé

+

0

0

+/-

Pas d’action désinfectante mais capte odeur et substances organiques

Microfiltre à pores de 0,2µ à 0,4µ

++

++

+/-

++

Action immédiate

Microfiltre + iode

++

++

+

++

Risques thyroïdiens

Microfiltre + iode + charbon

Bottle®, Katadyn®

++

++

+

++

Iode résiduel contenu dans le charbon

Microfiltre + argent

Microceramic®, Katadyn®

++

++

+/-

++




Microfiltre + Charbon

Vario®, Katadyn®

++

++

+/-

++

Capte substances organiques et odeurs
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